FRENCH PAKISTANI CONNEXION

COMAGUER

Au fil des jours et des lectures… n°49
02.07.2009

AFFAIRES SOUS MARINES

Ces dernières semaines gazettes et blogs français se sont emparés de la question des

commissions et rétro-commissions dans l’affaire des sous-marins vendus par la France au

Pakistan et SARKOZY lui-même a été mis dans l’embarras par un journaliste de l’AFP qui l’a

interrogé sur cette affaire remontant à une période où il était Ministre du Budget dans le

gouvernement BALLADUR et où il était le principal organisateur de la trahison de CHIRAC par

son « ami de trente ans ».

Cette obscure affaire dont on le sait un des effets pourrait bien être, c’est au moins un

hypothèse sur laquelle travaillent les juges d’instruction, l’attentat mortel dont furent

victimes à Karachi des ouvriers et techniciens français qui travaillaient sur le chantier de

construction des sous-marins en cache une autre dont voici quelques éléments accessibles sur

divers sites Internet pakistanais :
- La marine pakistanaise a lancé récemment une consultation pour acheter trois nouveaux

sous-marins
- La France en la personne de la DCNS, entreprise nationalisée qui a construit les

trois précédents, s’est portée candidate mais elle s’est trouvée en concurrence avec l’

Allemagne qui a été choisie par les militaires pakistanais.
- Le Président pakistanais ZARDIRI, veuf de BENAZIR BHUTTO était Ministre des

investissements dans le gouvernement de son épouse au moment de l’affaire des trois premiers

sous-marins. Il est couramment surnommé au Pakistan « Monsieur 10% ».
- Le président français actuel était à la même époque Ministre du Budget et donc en

capacité de virer des fonds d’Etat à l’étranger et son collègue ZARDIRI était en position de

les recevoir
- Le président ZARDIRI a été reçu par l’actuel Président Français au mois de Mai 2009

et à l’issue de cette rencontre officielle l’Elysée a publié un communiqué surprenant faisant

état, dans des termes vagues, d’une future aide de la France à l’industrie nucléaire

pakistanaise

Ces éléments conduisent actuellement des journalistes pakistanais et des militaires de haut

rang pakistanais qui s’expriment sur des forums Internet à analyser ainsi la situation :

1 – La France tente par tous moyens de récupérer le contrat des sous-marins et veut pousser

ZARDIRI à remettre en cause le choix de la marine pakistanaise en faveur des sous-marins

allemands. Les pots de vin et les rétro-commissions font partie de ces moyens et sur ce

terrain les deux présidents pourraient s’entendre comme larrons en foire.

2- Pour obtenir les faveurs – et la commande des sous-marins – de son visiteur pakistanais,

le chef de l’Etat français a joué sur une corde très sensible : la corde nucléaire. En effet,

le face à face nucléaire indo-pakistanais est un souci permanent des dirigeants d’Islamabad

et ils sont tous très inquiets du nouvel accord de coopération nucléaire entre l’Inde et les

Etats-Unis initié par G.W. BUSH qui semble faire pencher la balance en faveur de l’adversaire

historique. En soulignant qu’une future coopération nucléaire avec le Pakistan ne viendrait

finalement que restaurer l’équilibre entre Inde et Pakistan rompu par les Etats-Unis, le chef

de l’Etat français mettait donc du baume au cœur des dirigeants pakistanais et jetait une

pierre dans le jardin de « l’ami américain », concurrence inter-impérialiste oblige !

3- L’industrie nucléaire pakistanaise, qui s’est développée toute seule malgré l’embargo

international, a-t-elle vraiment besoin de l’aide technique et scientifique de la France ?

Cette question est débattue par les militaires pakistanais. Elle l’est d’autant plus qu’il

est question dans les très laconiques communiqués français publiés après la visite de ZARDIRI

à Paris de coopération en matière de « sécurité nucléaire ». La formule les inquiète.

En effet, au moment où la campagne de déstabilisation du régime pakistanais orchestrée par

Washington et Tel Aviv fait grand tapage sur le risque de voir les « TALIBANS » s’emparer

des armes ou des combustibles nucléaires pakistanais, les militaires pakistanais imaginent

volontiers, et ils l’écrivent , des experts français visitant les sites nucléaires

pakistanais, vérifiant les mesures de sécurité, testant les consignes et revendant, sitôt

rentrés au pays, leurs rapports de visite directement au MOSSAD.
Pourquoi au MOSSAD ? Tout simplement parce que les services de renseignement pakistanais sont

compétents et n’ignorent rien des rapports particuliers et très étroits qu’entretient l’

actuel chef de l’Etat français avec le gouvernement israélien pas plus qu’ils n’ignorent la

volonté d’Israël de faire disparaitre la « bombe nucléaire islamique » comme les stratèges

sionistes appellent la bombe pakistanaise, ni les multiples coopérations indo-israéliennes en

matière d’armement et de renseignement.

Voici donc une partie de poker international à haut risque dont les éventuelles retombées

sous forme de commissions et de rétro-commissions sont des arbrisseaux cachant une forêt

épaisse et pleine de dangers.

HONDURAS, NEGROPONTE A ENCORE FRAPPE

COMAGUER

NEGROPONTE A ENCORE FRAPPE

JOHN NEGROPONTE est un diplomate US connu. Il a effectué une carrière brillante que l’a conduit aux postes les plus élevés.

S’il n’occupe plus de poste officiel depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration OBAMA,il a été au sommet de sa puissance pendant les deux mandats de BUSH II qui a fait de lui successivement :
- Le représentant US à l’ONU en 2001 chargé de manipuler l’institution pour lui faire

accepter l’invasion de l’Irak en utilisant les écoutes téléphoniques, le vol et le charcutage

de documents en particulier les rapports d’inspection des installations nucléaires de l’Irak

- Le second ambassadeur US dans l’Irak occupé à la tête de la plus grosse « ambassade » du monde, en fait le quartier général de l’armée d’occupation et des bandes de mercenairesannexes

- Le premier directeur national du renseignement poste créé spécialement pour lui par BUSH pour chapeauter toutes les institutions étasuniennes du renseignement et de l’espionnage pour pouvoir à l’occasion interdire la diffusion de vraies nouvelles par la CIA – un service de renseignement est conçu pour fournir des données exactes à son gouvernement – et leur substituer des mensonges d’Etat

pour finir au poste de vice- ministre des Affaires Etrangères (Département d’Etat) comme second de CO NDOLEEZA RICE.

Mais ce reaganien pur jus, fils d’un riche armateur grec et apparenté par sa femme à la famille royale d’Angleterre s’était fait connaitre comme diplomate meurtrier, adepte de la politique du « gros bâton » appliquée par les USA en Amérique latine depuis deux siècles lorsqu’il a occupé de 1981 à 1985 le poste d’ambassadeur des Etats-Unis au Honduras. C’est depuis Tegucigalpa, la capitale de ce petit pays, où le pouvoir était occupé par une dictature militaire mise en place par les Etats-Unis qu’il a organisé la contre-révolution au Nicaragua voisin qui devait aboutir à la chute du régime sandiniste à Managua. C’est là également qu’il a mis au point l’IRANGATE opération secrète consistant à fournir clandestinement des armes à l’Iran pour que la République Islamique, ennemi officiel des Etats-Unis , ne perde pas la guerre contre l’Irak, soutenu lui officiellement , et à armer avec l’argent touché des iraniens –hors budget officiel bien entendu – les contre révolutionnaires (CONTRAS) nicaraguayens formés, entraines et stationnés entre deux expéditions sanglantes sur le territoire hondurien où ils sévissaient également. Autant dire qu’il a laissé un très mauvais souvenir dans la région et la condamnation des Etats-Unis en 1986 par la Cour Internationale de Justice de La Haye pour violation du territoire nicaraguayen concernait directement les activités de JOHN NEGROPONTE. On sait que les Etats-Unis n’ont jamais payé l’amende de 17 millions de dollars qui leur avait été infligée par la CIJ.

Pour la mise au point de l’IRANGATE, NEGROPONTE a négocié secrètement avec le premier ministre iranien de l’époque, un certain MOUSSAVI candidat malheureux aux élections présidentielles iraniennes dont il a été beaucoup parlé ces dernières semaines JOHN NEGROPONTE a effectué l’an dernier en Juin un voyage officiel sur les lieux de ses crimes et a rendu visite aux dirigeants du Salvador, du Guatemala et du Honduras. Il n’a pas été accueilli au Nicaragua où il est persona non grata depuis le retour au pouvoir du leader sandiniste DANIEL ORTEGA.

Le motif officiel de la visite était la lutte contre la drogue, laquelle on le sait est le nouveau « faux nez » des ingérences étasuniennes en Amérique Centrale et fait écho aux plans « Colombia » et « Merida » mis en œuvre en Colombie et au Mexique. NEGROPONTE et le Président Hondurien ZELAYA se sont alors rencontrés mais ce dernier a refusé au dernier moment de tenir une conférence de presse commune et a fait ses propres commentaires sur la visite de l’ancien ambassadeur :

« Ce pays n’est plus celui des années 80 car aujourd’hui nous avons appris une nouvelle tolérance à une ouverture du système démocratique. »

Dans cette phrase ZELAYA homme politique conservateur annonçait un tournant à gauche de sa politique qui allait se concrétiser par une alliance avec le seul parti de gauche organisé au Honduras le parti de l’unification démocratique. (Il a été annoncé que CESAR HAM, leader de ce parti aurait été assassiné par les putschistes le lendemain de l’éviction de ZELAYA, mais aux dernières nouvelles il semblerait que lui et les autres responsables et élus de ce parti se soient cachés pour échapper aux tueurs.)
ZELAYA déclarait également à l’attention de NEGROPONTE :

« Cette Amérique Centrale que vous visitez n’est pas la même que celle du temps de la guerre froide, quand des troupes étaient entrainées pour violer les droits du peuple au nom d’une idéologie » et il ajoutait « Aujourd’hui nous mettons l’accent sur la paix et la démocratie et plus du tout sur le business lié à la doctrine sécuritaire »

Ayant ainsi très officiellement et très explicitement desserré le carcan idéologique impérialiste, ZELAYA allait continuer sur le chemin d’une indépendance politique accrue par rapport à Washington. Il y était encouragé par un environnement régional favorable marqué par: le processus bolivarien en cours, l’arrivée au pouvoir des anciens guérilleros du FMLN au Salvador venant après celle des sandinistes au Nicaragua, le développement de l’ALBA, la critique du boycott de Cuba par l’OEA …

C’en était trop pour l’appareil terroriste clandestin des Etats-Unis et NEGROPONTE ne pouvait que rêver de vengeance.

Aujourd’hui NEGROPONTE n’occupe plus de fonctions officielles Il se contente de faire des cours à l’Université de Yale dont il est diplômé (comme GEORGES W. BUSH et JOHN KERRY). Il fait également des conférences et au cours de l’une d’elles il a récemment déclaré que la politique étrangère de l’administration OBAMA lui convenait. Le putsch hondurien vient donc éclairer très précisément les rapports de force et de pouvoir au sein de la classe dirigeante US.

Les républicains néoconservateurs se sont organisés pour contraindre l’équipe OBAMA à exécuter leur politique extérieure. Pour le contraindre ils utilisent la tactique du bon flic et du mauvais flic. DICK CHENEY, le mauvais flic, cogne médiatiquement sur OBAMA comme une brute tandis que le bon flic NEGROPONTE trouve lui sa politique étrangère satisfaisante mais tient en même temps dans sa main tous les fils des évènements extérieurs récents (services de renseignement dont il a été le maitre pendant deux ans , anciens élèves de l’ECOLE DES AMERIQUES, dirigeants iraniens corrompus …) qui font partie de la contre-révolution qu’ils ont programmée et que BARACK JANUS OBAMA, l’homme qui parle toujours deux langages doit « couvrir ».JANUS OBAMA a été choisi par la grande bourgeoisie US pour tenir un discours moins primaire (et volontairement ambigu) sur une politique de domination mondiale qui n’a pas changé mais qui prend des formes de plus en plus caricaturales – le putsch hondurien est la réédition pitoyable d’un scénario déjà joué des dizaines de fois – et qui, heureusement, rencontre des oppositions internationales de plus en plus vives.

Les jours à venir le confirmeront.

Réflexions du compañero Fidel, UNE ERREUR SUICIDAIRE

J’ai écrit voilà trois jours dans mes Réflexions du jeudi 25 au soir : « Nous ignorons ce qu’il se passera cette nuit ou demain au Honduras, mais la conduite courageuse de Zelaya passera à l’Histoire. »

J’avais aussi écrit deux paragraphes plus haut : « Ce qu’il se passe dans ce pays sera un test pour l’OEA et pour l’administration étasunienne. »

L’antédiluvienne institution interaméricaine, qui s’était réunie le lendemain à Washington, avait promis dans une résolution en demi-teinte et tiède de faire aussitôt les démarches pertinentes pour chercher une harmonie entre les parties en conflit. Autrement dit une négociation entre les putschistes et le président constitutionnel du Honduras.

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Dépêches ABN sur le coup d’Etat au Honduras

Chavez propose aux soldats du Honduras de se mettre au service du peuple et non de l’oligarchie

p_26_06_2009_pCaracas, 28 juin. ABN. Le président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chavez Frias, a fait un appel aux soldats du Honduras pour qu’ils répondent aux intérêts du peuple et non de l’oligarchie de la nation de l’Amérique centrale.

Durant une transmission spéciale depuis le Palais de Miraflores de la chaîne VTV, le président Chavez a signalé que les militaires latino-américains ont toujours été utilisés par l’oligarchie du continent pour renverser des gouvernements démocratiques.

« J’ai vu le visage de ces gorilles, de ceux qui sont utilisés pour aller à l’encontre des gouvernements qui obéissent aux intérêts du peuple, comme Bolivar je leur dis : Maudit soit le soldat qui retourne son arme contre son peuple », a-t-il jugé.

« Je fait un appel aux soldats qui sont contre ce coup d’Etat en Honduras pour qu’ils se soulèvent et restituent la constitutionnalité de cette nation de l’Amérique centrale, ce qui commence par la restitution de ses charges au président Manuel Zelaya », a-t-il ajouté.

Enfin, Chavez a souligné le fait que le Venezuela n’intervient pas dans la politique interne du Honduras mais clarifie que son gouvernement agit en défense de la démocratie latino-américaine.

Malgré le coup d’Etat, le peuple du Honduras assiste au référendum

abn-28-06-2009-28609145572honduras28Pendant que le président du Honduras, Manuel Zelaya, se retrouve au Costa Rica emmené de force par les forces militaires du Honduras, son peuple a ratifié l’appui à son président légitime en organisant par le bas le référendum, qui fut le détonateur de l’actuel coup d’Etat selon le propre Zelaya.

Des milliers de citoyens du Honduras se font entendre dans la capitale pour réclamer le retour de Zelaya, tout en maintenant sa ferveur démocratique dans les urnes qu’ils ont eux-mêmes récupérées, avec le président jeudi passé.

Un peuple qui persiste démocratiquement pour la vie

L’indignation est le sentiment qui règne chez des milliers de Honduriens qui se sont concentrés dans les abords du Palais du Gouvernement à Tegucigalpa, la capitale, pour exiger le retour du président légitimement élu, Manuel Zelaya.

C’est ainsi que le directeur de l’Agence Bolivarienne de Nouvelles, Freddy Fernandez, a informé par contact téléphonique le président Chavez.

Fernandez se retrouve à Tegucigalpa au motif du référendum qui allait se réaliser ce dimanche dans ce pays pour déterminer si le peuple était d’accord de convoquer une assemblée national constituante.

Le fonctionnaire a indiqué que la mobilisation populaire était très grande dans la capitale et a précisé que des personnes de toutes les régions s’y sont rendus, qui ont réagi avec stupeur face aux décisions du parlement du Honduras, qui a retiré la légitimité de Zelaya et a assermenté le président du Congrès, Roberto Micheletti, comme nouveau président du pays d’Amérique centrale.

« Les gens ont été informés, malgré la censure qui existe dans tous les médias du pays et grâce aux déclarations que Zelaya a donné sur TeleSur », a dit Fernandez, en se référant aux paroles du président Hondurien, à son arrivé au Costa Rica, où il fut envoyé sans son consentement par des militaires.

Publié et traduit par EM

T’SAR-KOZY A L’OIT

CONTRE LA GUERRE, COMPRENDRE ET AGIR
Bulletin n°208– semaine 26 – 2009

T’SARKOZY A L’OIT
UN NIVEAU DE CONTRADICTION ENTRE LA PAROLE ET LES ACTES QUI DEFIE L’IMAGINATION

Pour préparer le sketch qu’il allait jouer devant l’Assemblée générale annuelle de l’OIT, le grand bonimenteur avait fait appel à une équipe de conseillers bienveillants
Nous avons nommé messieurs :
Bernard THIBAULT Secrétaire général de la CGT
François CHEREQUE Secrétaire général de la CFDT
Jean-Claude MAILLY Secrétaire général de la CGT-FO
Bernard VAN CRAEYNESTY Président de la CFE-CGC
Jacques VOISIN Président de la CFTC

Ces 5 compères supposés parler au nom du salariat en souffrance sur le territoire de la république bonapartiste française lui ont fourni la matière d’un discours social qu’il devait prononcer le 15 Juin à Genève en se parant du manteau de Saint Vincent de Paul mais en ne donnant aux pauvres qu’un Kleenex pour essuyer leurs larmes.

EXPLICATION DE TEXTE

L’OIT a célébré ce mois-ci son 90° anniversaire. L’Organisation internationale du Travail se trouve être ainsi la plus ancienne des institutions internationales en activité.
Créée en 1919 dans le cadre de la mise en place sous la conduite du Président US WILSON d’un nouvel ordre international, l’OIT a été décrite ainsi par T’SARKOZY dans le discours qu’il a prononcé le 15 Juin à Genève devant l’assemblée générale de l’Organisation
« La création de l’OIT ce fut la réaffirmation que l’Homme devait cesser d’être regardé comme un moyen pour être reconnu comme une fin en soi. Opposer le travail comme un moyen d’accomplissement et d’émancipation au travail comme une aliénation et un asservissement, faire de la justice sociale l’une des voies de la paix, voilà ce que fut dès l’origine la vocation de l’OIT. Voilà ce qu’elle est encore. »

En vérité ce lyrisme social débridé ne doit pas faire oublier que dans le temps où Messieurs les vainqueurs de la première guerre mondiale chantaient leur hymne à la paix retrouvée (après l’avoir sauvagement violentée dans le cadre des rivalités entre puissances coloniales impérialistes) ils continuaient la guerre sur le territoire de la toute jeune URSS dont ils voulaient par tous les moyens abréger les jours et ils allaient le faire jusqu’en 1922.

La raison en est simple : la révolution soviétique avait suscité un immense espoir dans la classe ouvrière mondiale : espoir d’amélioration des conditions de vie du prolétariat, espoir de mise un terme à la boucherie des conflits entre puissances capitalistes impérialistes, deux espoirs indissolublement liés puisque la guerre, qui venait de passer au stade de guerre industrielle et technologique avec des capacités de destruction inconnues jusqu’alors , était devenu le point le plus extrême de l’exploitation des grandes masses de la population par les oligarchies politiques et financières .

Ceux qui parlaient de paix à Versailles en 1919 faisaient la guerre contre le socialisme naissant en URSS. Et en même temps qu’ils le combattaient par les armes en URSS ils cherchaient à éviter son extension chez eux. Pour ce faire il fallait faire des concessions et lancer quelques réformes sur des sujets qui avaient fortement mobilisé les classes ouvrières des premiers pays industrialisés dans les décennies précédentes comme le droit de créer des syndicats et la durée du travail journalier.

La fonction de l’OIT fut donc dés l’origine d’élaborer des textes de compromis accordant sur le papier des droits nouveaux au monde du travail.Compromis puisque la méthode de travail de l’OIT est, pour chaque sujet qu’elle aborde, de mettre autour de la table trois délégations : une des gouvernements, une du patronat, une des syndicats de travailleurs et de leur laisser trouver un accord sous forme d’un texte de portée générale qui va devenir une CONVENTION de l’OIT un document qui sur le papier ressemble à une sorte de CONVENTION COLLECTIVE INTERNATIONALE. Il est à remarquer au passage qu’au Conseil d’administration de l’OIT, les Etats occupent la moitié des sièges, le patronat et les syndicats se partageant équitablement l’autre moitié.

Bien entendu, vu l’extrême diversité des régimes politiques et des niveaux de développement, de telles conventions ne peuvent avoir qu’un caractère de texte cadre ou de texte de référence et pour l’application il faut redescendre au niveau national.
Pour avoir force de droit au niveau national, toute convention signée à l’OIT doit donc comme tout accord international être ratifiée par l’instance politique compétente, en général le Parlement national. Mais il n’existe aucun lien entre la participation de délégations nationales aux travaux d’élaboration d’une convention OIT ni même entre leur accord sur le texte et la ratification nationale.

La conséquence concrète de cette absence de lien se mesure à l’aune des ratifications.
Depuis sa fondation l’OIT a signé 187 Conventions mais elles ont eu des fortunes très diverses : une minorité d’entre elles ont été ratifiées par la très grande majorité des 185 Etats-membres de l’OIT (c’est-à-dire la quasi-totalité des Etats du monde) et à l’inverse beaucoup d’entre elles ne sont ratifiées que par quelques Etats et peuvent l’être des décennies après leur signature (la liberté des Etats est totale en la matière et les autres parties à la négociation internationale en particulier les syndicats de travailleurs n’ont en cette matière aucun poids)

Ce qui conduit à une première conclusion : le poids réel du droit social à vocation mondiale élaboré par l’OIT est faible sur l’ensemble du monde et la lourde machine de l’OIT est bien peu performante. Rien de surprenant puisque la première raison de la création de l’institution était bien de donner l’apparence d’une préoccupation nouvelle des gouvernements et des patronats pour l’amélioration de la condition ouvrière. La liste est nombreuse des interventions des représentants de tel ou tel gouvernement à l’OIT dont le caractère très social ou très progressiste était infirmée par la pratique très antisociale et réactionnaire de leur gouvernement et le discours de T’Sarkozy à Genève s’est pleinement inscrit dans ce dispositif du grand mensonge médiatique.
La deuxième conclusion est tirée de l’analyse du palmarès des ratifications : certains pays ne ratifient presqu’aucune convention tout en ayant participé activement aux négociations, d’autres au contraire en ratifient beaucoup.

Les Etats-Unis sont l’exemple le plus achevé de la première position : fondateurs de l’OIT ils l’ont conçue comme un outil de résistance au communisme mais sur leur propre territoire ils ont appliqué d’autres méthodes de lutte, voir Hay Market, Sacco et Vanzetti, Mac Carthysme visant plus à l’élimination physique des militants qu’à la recherche de compromis négociés. De plus et d’une façon générale, les Etats-Unis considèrent le droit international comme un droit qui s’applique aux autres nations mais pas à la leur choisie par Dieu et dotée d’une VOCATION MANIFESTE à éclairer le reste de l’humanité. Les Etats-Unis n’ont donc ratifié que 14 conventions sur les 183 existantes, la plupart d’entre elles concernant les marins qui voyageant beaucoup auraient pu comparer leur condition à celle des marins des autres pays …

La France a ratifié 116 conventions et se situe à l’opposé comme quasi recordman des ratifications. Ayant vu se développer un fort parti communiste et un syndicalisme de classe qui lui était étroitement lié, la bourgeoisie française qui, la première, a ouvert en 1920 un bureau de l’OIT sur son territoire (aujourd’hui dirigé par un ancien dirigeant national de la CFDT) a beaucoup investi dans la social-démocratie et parallèlement dans le syndicalisme « réformiste », c’est-à-dire anticommuniste et les représentants français tant gouvernementaux que syndicaux réformistes ont occupé de très nombreux postes de responsabilité à l’OIT. Sur les 9 titulaires du poste de Directeur général de l’OIT en 90 ans deux ont été français et ont exercé la fonction pendant 28 ans au total : Albert Thomas de 1919 à 1932, Francis Blanchard de 1974 à 1989. De 1932 à 1973 le poste a été occupé par des anglo-saxons dont 22 ans par l’étasunien DAVID A.MORSE ce qui n’a pas conduit son pays à ratifier plus de conventions mais lui a permis de superviser de 1948 à 1970 depuis Genève le volet syndical de la guerre froide.

Le cas d’Albert Thomas mérite d’être rappelé. Premier directeur général de l’OIT il en est considéré comme le véritable organisateur. Sa biographie situe bien le personnage. Venu au socialisme par le haut : Ecole Normale Supérieure, agrégation d’Histoire il participe au gouvernement d’Union Sacrée et se retrouve Ministre de l’Armement en 1916. Socialiste et adversaire farouche de la révolution bolchévique il écrit le 9 novembre 1918 dans l’Humanité où il tient la rubrique sociale « Ou Wilson ou Lénine ; ou la démocratie née de la révolution française fortifiée par la grande république des Etats-Unis, ou bien les formes primitives, incohérentes, brutales du fanatisme russe. Il faut choisir ! » Avec de telles positions, il va se retrouver tout naturellement à la tête de l’OIT.
Actuellement, Les représentants français à l’OIT sont : pour le gouvernement GILLES DE ROBIEN pour le patronat EMMANUEL JULIEN (MEDEF) et pour les syndicats YVES VEYRIER (CGT-FO). Gilles de Robien, ancien ministre centriste rallié à T’SARKOZY en 2007, a été nommé par celui-ci à l’OIT dés Aout 2007.

Dans son discours devant l’OIT, T’SARKOZY n’a pas manqué de critiquer les Etats-Unis pour leur faible implication dans la ratification des Conventions ce qui lui a permis de tenter de sauvegarder à l’étranger son image de « Président du Pouvoir d’achat » devenue totalement irrecevable en France y compris dans une large partie de son électorat et d’envoyer une nouvelle pierre dans le jardin de « son ami » OBAMA qui lui fait décidément trop d’ombre.
Pour autant il ne faut pas se laisser abuser par le poids d’une convention de l’OIT sur le droit du travail national. Pour plusieurs raisons :
1- Les représentants du gouvernement et du patronat français ne vont pas laisser entériner par l’OIT une mesure à laquelle ils s’opposent au plan national

2- Le gouvernement garde la faculté de ne pas ratifier une convention qu’il désapprouve ou de la ratifier à un moment politiquement opportun *1

3- L’OIT n’a pas prévu de sanctionner un Etat qui ne respecterait pas sur son territoire une Convention qu’il aurait ratifiée. L’OIT peut être saisie par une organisation syndicale d’un cas de non-respect d’une convention ratifiée mais si, après enquête, cette accusation est reconnue comme justifiée l’Etat coupable recevra des « observations » de l’OIT, ce l’équivalent diplomatique d’un « froncement de sourcils » !
Ainsi la Colombie où le gouvernement laisse se pratiquer l’assassinat de militants et responsables syndicaux à un niveau qui dépasse ce qui se fait dans le monde entier : en 2008, 80 % des militants syndicaux assassiné dans le monde l’ont été en Colombie. La Colombie , signataire en 1949 de la convention 98 de l’OIT sur le droit d’organisation et de négociation collective aurait dû, sinon être exclue de l’organisation ce qui n’est pas prévu dans les statuts, au moins sanctionnée sévèrement par l’ONU mais les Etats-Unis s’y seraient opposés puisqu’une bonne partie des assassinats sont commandités pas des multinationales US opérant sur le territoire colombien. Le donneur de leçons T’SARKOZY s’est évidemment abstenu de critiquer le régime narco-fasciste et antisyndical de son ami URIBE.

La notion de sanctions n’est pourtant pas étrangère aux organisations internationales et la comparaison entre l’OMC qui peut infliger de lourdes pénalités à un Etat qui ne respecte pas un accord de libre-échange et l’OIT impuissante est édifiante. Les droits du Capital sont vraiment défendus, ceux du Travail ne le sont pas.

4- L’OIT a encore moins prévu de sanctionner un Etat qui revient sur une ratification antérieure (les cas sont rares, mais les Pays-Bas l’ont fait récemment)

T’SARKOZY et le rédacteur de son discours à l’OIT, HENRI GUAINO*2, savent donc très bien que l’OIT est l’endroit le mieux adapté pour tenir un discours social progressiste auquel il ne sera donné aucune suite concrète puisqu’il n’y aura aucun compte à en rendre à quiconque ni aucune sanction possible. Quand dans ce discours T’SARKOZY a le front d’affirmer : « Nous avons besoin de règles qui deviennent des normes qui s’imposent à tous » il se moque du monde et il prend ses auditeurs pour des nigauds.

*1
En 1980, Giscard d’Estaing soucieux d’arracher quelques voix communistes à Mitterrand avant les présidentielles de 1981 donne instruction à Raymond Barre de faire ratifier la Convention de l’OIT de 1973 sur le travail portuaire qui reconnait le droit au monopole légal des dockers sur la manutention des conteneurs. Le patronat portuaire s’accommodera alors de cette ratification sachant que le rapport de forces sur le terrain ne lui permet pas de toute manière de faire autrement.

*2
Dans sa vive critique du CPE (voir ci-dessous), HENRI GUAINO a été un des acteurs de l’assassinat politique de DE VILLEPIN par les sarkozystes
Henri Guaino
Les Echos 21 MARS 2006

Le CPE, désormais, à tort ou à raison, s’inscrit psychologiquement dans ce sentiment de régression sans fin et de fragilisation croissante. Et la politique se fait aussi avec de la psychologie et des symboles.
Pour aller au-delà des deux cas extrêmes que constituent la France et les Etats-Unis il est possible de faire quelques observations générales sur la pratique des différents Etats en matière de ratification des Conventions de l’OIT :

1- Les pays européens ratifient beaucoup mais inégalement : outre la France, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas ratifient régulièrement, le Royaume-Uni beaucoup moins et les nouveaux venus pas beaucoup

2- Une véritable Europe sociale devrait agir dans le sens d’une harmonisation des législations sociales et pourrait au minimum exiger de tous ses membres qu’ils ratifient les mêmes conventions au même moment ce qui construirait un socle social commun. Il n’en est rien et le même personnage qui a donné des leçons de « social » à la tribune de l’OIT n’a jamais abordé cette question pendant les six mois d’exercice de la Présidence française de l’UE pas plus qu’il n’a invité l’OIT à la réunion du G 20 à Londres montrant ainsi , s’il était possible d’en douter un seul instant, que pour lui l’avenir du monde était entre les mains des banquiers publics et privés.

Voir liste détaillée des ratifications
http://www.ilo.org/ilolex/french/newratframeF.htm

Il est également très intéressant de relever les « oublis ». La France qui s’honore donc de ratifier la majorité des Conventions de l’OIT s’est bien gardée de ratifier la Convention 169 concernant les peuples indigènes et tribaux entrée en vigueur le 5 Septembre 1991 dont suit ci-après le préambule comme si elle n’était pas concernée.
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
Convention (No 169) concernant les peuples indigènes
et tribaux dans les pays indépendants
Adoptée par la Conférence générale de l’Organisation internationale du Travail
à sa soixante-seizième session, le 27 juin 1989
Entrée en vigueur : le 5 septembre 1991

La Conférence générale de l’Organisation internationale du Travail,
Convoquée à Genève par le Conseil d’administration du Bureau international du Travail, et s’y étant réunie le 7 juin 1989, en sa soixante-seizième session,
Notant les normes internationales énoncées dans la convention et la recommandation relatives aux populations aborigènes et tribales, 1957;
Rappelant les termes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et des nombreux instruments internationaux concernant la prévention de la discrimination;
Considérant que, étant donné l’évolution du droit international depuis 1957 et l’évolution qui est intervenue dans la situation des peuples indigènes et tribaux dans toutes les régions du monde, il y a lieu d’adopter de nouvelles normes internationales sur la question en vue de supprimer l’orientation des normes antérieures, qui visaient à l’assimilation;
Prenant acte de l’aspiration des peuples en question à avoir le contrôle de leurs institutions, de leurs modes de vie et de leur développement économique propres et à conserver et développer leur identité, leur langue et leur religion dans le cadre des Etats où ils vivent;
(souligné par Comaguer)
Notant que, dans de nombreuses parties du monde, ces peuples ne peuvent jouir des droits fondamentaux de l’homme au même degré que le reste de la population des Etats où ils vivent et que leurs lois, valeurs, coutumes et perspectives ont souvent subi une érosion;
Appelant l’attention sur la contribution particulière des peuples indigènes et tribaux à la diversité culturelle et à l’harmonie sociale et écologique de l’humanité ainsi qu’à la coopération et à la compréhension internationales;
Notant que les dispositions ci-après ont été établies avec la collaboration des Nations Unies, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture et de l’Organisation mondiale de la santé ainsi que de l’Institut indigéniste interaméricain, aux niveaux appropriés et pour leurs domaines respectifs, et que l’on se propose de poursuivre cette coopération en vue de promouvoir et d’assurer leur application;
Après avoir décidé d’adopter diverses propositions concernant la révision partielle de la convention (No 107) relative aux populations aborigènes et tribales, 1957, question qui constitue le quatrième point à l’ordre du jour de la session;
Après avoir décidé que ces propositions prendraient la forme d’une convention internationale révisant la convention relative aux populations aborigènes et tribales, 1957,
Adopte, ce vingt-septième jour de juin mil neuf cent quatre-vingt-neuf, la convention ci-après, qui sera dénommée Convention relative aux peuples indigènes et tribaux,
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
La France coloniale n’a pas pu ratifier ce texte qui, à l’exception de l’ile de la Réunion inhabitée avant la colonisation, remet directement en cause le statut des départements et territoires d’Outre-mer, et aurait interdit la tenue récente du référendum organisé pour accorder le statut de DOM à Mayotte.

A QUOI JOUENT LES SYNDICATS FRANÇAIS ?
Sachant qu’ils n’ignorent évidemment rien de tout ce que vient d’être rappelé sur l’OIT, sachant que l’annonce faite par T’Sarkozy à la tribune de l’OIT de sanctions contre les Etats qui ne ratifient pas les Conventions de l’OIT est un vœu pieux sans aucune chance de concrétisation, que diable les 5 secrétaires généraux des confédérations syndicales sont –ils donc allés faire à l’Elysée ?
La réponse est assez simple : historiquement, seule la CGT avait compris le rôle dévolu à l’OIT par ses fondateurs et elle n’a jamais entretenu d’illusions, pas plus au plan international qu’au plan national, sur la possibilité de progrès sociaux acquis par la seule négociation sans luttes à la base. Aujourd’hui sa stratégie de front uni des 5 confédérations syndicales françaises et son ralliement à la Confédération Syndicale Internationale, outil syndical de la guerre froide toujours en activité, la conduit inévitablement à partager les illusions des 4 autres sur le rôle de l’OIT comme sur celui des négociations d’état-major sans rapport de forces.
Se rendre à l’invitation de T’SARKOZY pour l’aider à préparer son discours à l’OIT c’était manifester un soutien implicite à sa politique de poudre aux yeux à l’extérieur et de déconstruction sociale à l’intérieur, c’était réduire les confédérations syndicales au rôle de boite à idées pour la classe au pouvoir et ses dirigeants.
Ce naufrage général sera confirmé dès l’automne qui verra les syndicats français organiser à l’appel de la CONFEDERATION SYNDICALE INTERNATIONALE une journée de soutien en faveur du dernier gadget médiatique et inopérant de l’OIT : le travail décent, misérable prêchi prêcha destiné à ensevelir la lutte de classes sous de bons sentiments de fraternisation et de dialogue entre exploiteurs et exploités.

Comaguer, mode d’emploi
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KAFKA : “LA METAMORPHOSE” c’est déjà réglé

kafka[1]

 Le 7décembre 1912 Franz Kafka terminait “La Métamorphose”. Il s’agit d’une nouvelle dans laquelle le héros, Kafka lui-même sous le nom de  Grégor Samsa, s’éveille un matin transformé en un insecte repoussant,  on ne sait pas de quoi il s’agit, d’une vermine, d’un  cafard ou d’un cancrelat provoquant la répulsion. le bruit suggère l’écrasement, le chuintement de la carapace sous  les gigantesques semelles des bottes du père lorsque celui-ci marche vers lui. Mais il faudrait également songer à la punaise puisqu’il y a alors une odeur insoutenable.  Qui est-il, ce blog ou celle qui l’a un jour créé ?

Ceci pour les interprétations réductrices et univoque y compris celle de l’abandon d’un blog parce que l’envie de vomir vous est venu devant tout ce à quoi vous avez tenté de croire dans une vie et qui s’est avéré une pitoyable illusion.. M le maudit… Le juif est devenu un goy et le communiste est un négationniste antisémite ou quelqu’un qui a renoncé à changer le monde… Freud avait sans doute raison quand au comble du desespoir il dénonçait ceux qui en proie à une paranoïa imaginent que l’on peut changer les êtres humains, et l’ignoble société… Le projet de ce blog n’était que paranoïa.

L’analogie s’est imposée à moi à cause de la petite fable de je ne sais plus qui, narquoise, méprisante, paternaliste: Danielle s’enfuit et elle se trompe de sortie, elle est dans un placard, elle est obligée de sortir du placard et de revenir d’une manière hilarante. Je me suis donnée le temps de réflexion et le mépris ne m’a pas quitté. Mépris pour ceux qui ont osé nier l’extermination des camps de concentration, comme si cela concernait seulement les juifs et pas toute l’humanité, mépris pour ceux qui ou plutôt celle qui m’a harcelée en m’appelant la “tribale”, mépris pour ceux qui comme le président iranien croient faire avancer la cause palestinienne en pronant la banalisation de l’antisémitisme, comme ce minable physicien qui après avoir nié Freud, se prend pour russel parce qu’il aspire à l’oubli et à la négation de l’humanité. Fin de toute espérance, le contrat qui liait la petite fille juive aux communistes parce que eux étaient allés en camp de concentration par idéal, comme des combattants a été dénoncé, quand ce type m’a dit à Avignon “je ne suis pas plus qu’un juif mais pas moins, le complexe du goy” et il se croyait communiste… Il n’était pas le seul… Tous se croyant anti-capitalistes parce que antisémites, c’était leur dernier refuge… Comparer gaza à l’holocauste… Un tout petit pogrom comme il y en a eu des centaines des milliers depuis 2000 ans… Et cette obsession sur madoff… Tous ces textes dignes de Drummond, et vous croyez que vous allez changer de société avec ce genre de chose, pas plus qu’un mollah iranien… Ou qu’un catholique sud américain confit en bondieuseries et haissant les juifs par amour névrotique d’un christ sanguinolant… Un Petras, un noir américain raciste… On finit par se dire qu’Obama est un moindre mal…

Tous ces gens ne représentent pas plus que le minable Dieudonné et son score dérisoire mais ils sont le symptôme qu’il n’y a pas d’issue. De cette crise du capitalisme, il ne peut sortir que cette mort du cafard parce qu’il n’y a pas d’espérance et que seule la haine est votre horizon. Résultat non seulement il n’y a pas d’issue, mais l’écoeurement, l’abstention que vous engendrez entraîne la victoire d’un cohn bendit… Vous tous qui vous prenez pour des communistes, pour des révolutionnaires et il n’est que justice que vous n’engendriez que l’abstention, le mépris, parce que chacun sent bien que vous n’êtes plus des communistes mais des fascistes, vous avez besoin de l’antisémitisme et de détruire le cancrelat métamorphosé. La métamorphose est celle de cette humanité qui a tenté comme je l’ai fait desespérement de croire qu’un changement de société était possible, mais vous n’étiez que torture, haine,je n’ai jamais eu une main tendue. j’ai vécu les pires cauchemars qu’un individu puisse subir, la mort de l’être aimé, la maladie mentale d’un enfant, j’ai du me cacher, j’ai connu la peur et vous vous êtes tous réjouis de mes souffrances, j’ai continué à me battre pour vous, pour l’espérance d’une autre humanité et j’ai eu pour seule réponse samira le corbeau, d’autres heureux de ma solitude et de me voir me déchirer le coeur… je vous méprise… je me suis donnée plusieurs semaines … Je suis partie dans une autre ville, j’ai démménagé, quitté marseille, parce que ce qui se passait était trop grave, trop inhumain, trop dérisoire et jamais plus vous ne pourrez me faire du mal, c’est déjà réglé.

En fait, Kafka l’a bien précisé à son éditeur, l’insecte ne doit pas être dessiné, représenté…Car il est voué à n’être que “ça”: “devant ce monstre, dit la sœur, je n’ai pas l’intention de prononcer le nom de mon frère.” Et un peu plus loin, la femme de service découvrant son cadavre s’écrit : “Venez voir un peu, c’est crevé; c’est là, par terre, complètement crevé.” La chose  meurt des suites de la blessure provoquée par son père autant que de son propre jeûne et elle n’a cessé de susciter des interprétations multiples:   transformation de l’image du corps, perte du langage et de l’identité, rivalité père-fils, désirs incestueux, incommunicabilité, culpabilité, voire prémonition par Kafka de sa propre mort par tuberculose pulmonaire ( la pomme pourrie rongeant le dos de Grégor ) et du génocide du peuple juif. Peut-être que j’y ajouterais volontiers l’horreur de voir une partie de ce peuple transformé en goy. C’est le programme de Fichte le philosophe allemand, un des pères spirituels d’Hitler qui proposait de débarrasser l’Europe de toute la juiverie, menace à l’unification allemande, en créant une Etats juif en palestine, son complément étant de” “couper toutes les têtes en une seule nuit et leur en greffer de nouvelles qui ne contiennent aucune idée juive”. 

La métamorphose est ouverte à l’infini sur tous les détournements pervers, sur ces espaces fantasmatiques sociologiques, psychanalytiques, anthropologiques, littéraires que nous investissons quand la réalité devient insoutenable et qui contribuent à la rendre insoutenable. Parce que ce qui est insupportable ce n’est pas tellement l’existence de cette répulsion pour un être humain transformé en vermine dont on se débarrasse hygiéniquement, mais qu’une société ait besoin de cette métamorphose pour tenter de créer de solidarité, de remplir le vide existentiel de chacun des individus avec cette solidarité de haine.

Ont été relevés plus de 130 interprétations possibles de la métamorphose. Kafka décrit la famille mais l’élève au mythe, comme un Oedipe et une Antigone qui auraient renoncé à la tragédie du pouvoir, à l’héroïsme pour revendiquer la banalité et atteindre cet “être pour la mort” dont parlait Lacan. “Il n’y a ici rien d’autre, disait ce dernier, que la véritable et invisible disparition qui est la sienne [celle du héros]. L’entrée dans cette zone est faite pour lui de ce renoncement aux biens et au pouvoir en quoi consiste la punition, qui n’en est pas une…”

L’insecte de kafka est enfermé dans le placard, il tente de sortir par la fenêtre, il se défenestre. Gregor, donc se réveille insecte, il veut se lever, aller travailler, il reste un être humain mais il ne peut pas puisqu’il est cet insecte si lent, si aisément fatigué. Tout ceux qui le voient s’enfuient effrayés et sa famille l’enferme. la mère exige que la soeur le nourrisse et c’est une terrible corvée pour cette dernière et lui malgré son besoin d’amour se cache d’elle, pour la préserver. Il est un poids mort pour la famille qui est obligée de louer des chambres, un jour les locataires le voient et s’en vont s’en payer leur dû. La famille estime avoir fait pour lui plus qu’il n’est possible, il faut le tuer ou l’expulser Gregor meurt le lendemain. La famille s’en réjouit et fait des projets d’avenir.La soeur devient libre et belle, il fallait que la chose meure, que ça meure.

130 interprétations d’un conte qui obsède son auteur sur son impossibilité à continuer à vivre . Qu’il doit prendre une décision et si sortir il y a que ce soit comme le suicide de Walter banjamin, parce qu’”il est traqué comme juif à la frontière espagnole mais surtout parce qu’il n’a cessé de chercher un sens à cette vie et qu’il vient de perdre la dernière chose à laquelle il tenait : sa collection de livre. Mon père avait raison, un juif ne doit s’attacher à rien, il doit pouvoir s’enfuir à chaque moment, les livres c’est trop lourd comme une carapace qui vous cloue sur le lit.

 Réduire “La Métamorphose” à un rapport sado-masochiste de Kafka à son père ou au désir incestueux pour la mère et la sœur, l’aplatir à cette banalité renvoit à cette remarque de Kafaka lui-même:   “ayant eu connaissance de quelques lignes écrites par le psychanalyste Wilhelm Stekel sur “La Métamorphose”, Kafka lui-même dira de leur auteur qu’il ” fait de la petite monnaie avec l’œuvre de Freud”. Est-ce un drame bourgeois, celui de la famille seulement ?

 Il est vrai qu’en 1912, Kafka tente d’échapper à la pression familiale qui l’empêchent d’écrire ”Je les hais tous à tour de rôle, écrit-il à Max Brod à propos de sa famille, mais la haine – et de nouveau cela se retourne contre moi – est évidemment mieux à sa place de l’autre côté de la fenêtre que tranquillement couchée sur un lit.” Peut-être faut-il lire la métamorphose en même temps que sa correspondance à Felice Bauer dont il a fait connaissance le 13 août 1912. C’est la plus étrange des correspondances, un psychanalyste y verrait le transfert mais  jamais correspondance  amoureuse ou prétendant l’être ne fut aussi centrée sur la question de la levée du courrier, les horaires du facteur. La lettre distribue la place comme dans la lettre volée et la place de kafka est dans cette anxiété impuissante qui veut que tout ce qui  l’entoure soit obstacle à la pulsion, lui interdit de ne plus que se consacrer qu’à l’écriture, ne jamais devenir l’homme que l’on exige de lui. Il écrit d’ailleurs à Felice qu’une petite histoire l’osède, s’impose à lui et elle deviendra la métamorphose. La lettre à Felice comme l’écriture est l’espace de la perversion, du détournement de la pulsion vers le lieu où peut se développer le fantasme et plus seulement la satisfaction du besoin vital de reproduction de l’espèce ce qu’il ne peut donner à sa fiancée. Cette Chose, cette vermine est en perte d’humanité; mais cette perte d’humanité est aussi l’humanité elle-même et son auto-dévalorisation est celle des objets de son désir auquel est dénié la possibilité d’être des sujets.

Grégor Samsa se découvre insecte sur son lit, mais une fois mort et les parents sortis de la chambre, “la servante ferma la porte derrière eux et ouvrit la fenêtre en grand…” puis, avant de partir, leur dit: “vous n’avez pas besoin de vous inquiéter pour savoir comment vous débarrasser du machin d’à côté. C’est déjà réglé.” Elle a donc fait le ménage! Dans “Le Verdict”, écrit dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912 (peu de temps, donc, avant “La Métamorphose”) Georg exécute lui-même la sentence de son père et va se noyer…On connaît également la fin de K. dans “Le Procès”. La mort est là mais parce qu’il y a littérature, elle est vaincue.

Ce déchet à balayer est bien sûr Kafka et sa pulsion destructrice et autodestructrice moteur de l’écriture, différence insupportable aux autres qui lui nient l’humanité,  mais c’est  aussi la dénonciation de ce qui monte dans cette époque là et qui prend encore plus d’acuité aujourd’hui, du moins pour moi en ces moments que nous traversons.

Cela a été dit par Adorno, par Walter benjamin, mais aussi par Freud, la guerre n’a rien résolu au contraire  et quelques années après en 1927, Freud écrira “l’avenir d’une illusion” “tandis que l’humanité a fait de constants progrès dans la domination de la nature et qu’elle est en droit d’en attendre de plus grands encore, il n’est pas certain qu’on puisse constater un progrès analogue dans la régulation des affaires humaines, et il est vraisemblable que de tout temps, aujourd’hui comme hier, bien des hommes se sont demandés si cette part d’acquis culturel vallait seulement d’être défendu. On pourrait penser qu’une nouvelle réglementation des relations humaines ne serait pas forcément impossible, qui fasse échec aux sources du mécontentement envers la culture en renonçant à la contrainte et à la répression pulsonnielle, de sorte que les hommes pourraient sans être perturbés par leur discorde interne, s’adonner à l’acquisition des biens et à la jouissance de ceux-ci. Ce serait l’âge d’or, mais reste à savoir si un tel état sera réalisable. il semble bien plutôt que toute culture doive nécessairement s’édifier sur la contrainte et le renoncement pulsionnel: il ne parait même pas assuré que, la contrainte cessant, la majorité des individus humains sera prête à assumer la prestation de travail dont on a besoin pour se procurer de nouveaux biens vitaux. Il faut selon moi compter avec le fait que, chez tous les hommes sont présentes des tendances destructives, donc antisociales et anticulturelles, et qu’elles sont, chez ungrand nombre de personnes, suffisamment fortes pour déterminer leur comportement dans la société humaine”. Ainsi parla Freud et il en rajouta dans le pessimisme de la pulsion de mort dans malaise dans la civilisation. Comme d’ailleurs dans son fameux échange avec Einstein “pourquoi la guerre?”

Ce déchet à balayer, cette chose inhumaine, innommable, irreprésentable ou seulement ébauchée, ne serait-ce pas alors, par delà l’auto dévalorisation de l’auteur, ce qui vient rappeler la vanité de ceux qui l’entourent ?…

Si j’ai écrit ce texte après mure réflexion c’est pour vous dire à quel point cette phrase m’est apparue dérisoire, cette phrase qui vivait mon départ comme un anéantissement, qui prétendait que je m’enfermais dans un placard. Quel anéantissement ? J’ai quitté marseille, j’ai acquis un appartement avec une magnifique terrasse, je change totalement de vie et je reprends un travail universitaire. Le temps de l’espérance politique n’existe plus…

“Le thème de “La Métamorphose”, dit Maurice Blanchot, est une illustration de ce tourment de la littérature qui a son manque pour objet et qui entraîne le lecteur dans une giration où espoir et détresse se répondent sans fin…L’œuvre de Kafka, c’est la mort, et c’est aussi l’acte de le rendre obscur et de l’effacer. Mais, comme la mort, elle n’a pu s’obscurcir, et au contraire elle brille admirablement de ce vain effort qu’elle a fait pour s’éteindre…”

Adieu, il n’y a plus de changement de société, plus de combattante…

 

Réflexions du compañero Fidel : UNE RÉPONSE RIDICULE À UNE DÉFAITE

N’en déplaise à Fidel, je mettrai plutôt cette révélation du “couple d’espions” en rapport avec le fait que, d’ici une quinzaine de jours au maximum, la Cour suprême doit décider si elle accepte ou non d’analyser le cas des Cinq, qui est l’ultime recours qu’il leur reste pour éviter de pourrir en prison jusqu’à la fin de leurs jours (du moins les trois condamnés à la perpétuité). Venant après la toute récente prise de position du département de Justice (donc, de l’administration) lui demandant de pas revoir le cas, quelle coïncidence que cette révélation de l’espionnage au profit de Cuba, alors que ce couple (selon l’histoire racontée à la presse) était sous surveillance depuis trois ans ! Pour moi, le message est tout à fait clair : Cuba a des espions partout, jusque dans le département d’Etat, et les Cinq en étaient aussi.

Pendant ce temps, comme le rappelle Fidel, l’administration continue de traiter avec des pincettes des terroristes avérés comme Posada Carriles, acceptant non seulement d’ajourner une fois de plus la date de son procès pour “mensonge à l’émigration”, mais demandant en plus au tribunal d’El Paso (hier, 5 juin) d’émettre un ordre pour éviter que des tiers, dont la presse, aient accès à des informations sensibles. Il faut protéger les secrets du terroriste. Et le département de Justice doit en arriver à cette extrémité parce que les avocats de Posada Carriles, des salauds mais pas des idiots, ont refusé, de l’aveu même des procureurs signataire du document, de parvenir à un accord en vue de protéger l’information. Menacer de tout révéler de l’acoquinement des différents administrations avec le terrorisme contre Cuba, c’est pour Posada Carriles la meilleure manière de ne pas être condamné, si tant est que le gouvernement ait envie de le faire.

Là encore, le message est clair : au nom de la sécurité nationale, nous continuerons de protéger “nos” terroristes et de punir les ennemis de “nos” terroristes.

Curieusement l’administration étasunienne ne se rend pas compte que tout ceci est cousu de fil blanc : elle continue de juger Posada Carriles, non comme un terroriste, mais comme un émigré menteur, alors que pourtant elle demande au juge d’El Paso de protéter l’information “sensible” que pourrait donner Posada Carriles. Elle informe le juge : “Le Gouvernement a un intérêt spécial à empêcher que certaine documentation sensible, mais non encore classifiée, se retrouve aux mains de n’importe qui qui ne serait pas l’une des parties au procès de ce cas et qui pourrait inclure une information relative à la sécurité nationale actuelle ou en rapport avec des investigations criminelles tant étrangères que nationales”. Les informations aux mains d’un simple émigré mettant en danger la sécurité nationale!! Quant aux “investigations criminelles”, il faut lire bien entendu, je présume, tout ce qui a rapport avec la demande d’extradition vénézuélienne de ce sinistre individu.

Bien que l’administration Obama ait fait un petit pas en avant, en l’accusant aussi de parjure et d’obstruction pour avoir menti au sujet de sa prétendue participation à des attentats à l’explosif à Cuba en 1997, elle continue de protéger ce terroriste, d’autant que celui-ci a menacé de révéler bien des choses s’il était accusé et condamné. Et, bien évidemment, ça ne convient à personne à Washington. Sous Obama ou sous Bush ou sous n’importe quel défenseur de l’Empire.

Obama pense régler les problèmes et améliorer les rapports avec le monde avec de beaux discours comme tout récemment au Caire! Comme si ça suffisait… Il y faut des faits, du concret. Mais beaucoup se laissent prendre aux beaux discours, quand on voit le choeur angélique que lui fait la presse internationale.

Dernière petite remarque qui montre bien que celle-ci a toujour le petit doigt sur la couture du pantalon: alors qu’elle n’a jamais rien publié sur les Cinq, on trouve partout l’information sur le “couple d’espions” au service de Cuba.

Jacques-François Bonaldi

Réflexions du compañero Fidel

UNE RÉPONSE RIDICULE À UNE DÉFAITE

Hier après-midi, alors que j’analysais avec soin l’allocution qu’Obama a prononcée à l’Université musulmane du Caire, des agences de presse ont fait circuler une étrange nouvelle : deux retraités plus que septuagénaires ont été arrêtés et accusés d’avoir fait de l’espionnage pour le gouvernement cubain pendant trente ans. La quasi-totalité des importantes agences de presse occidentales, huit d’entre elles, ont divulgué l’information.

Les accusés sont Walter Kendall Myers et sa femme Gwendolyn Steingraber Myers. Le premier a travaillé comme spécialiste des questions européennes ; en 1995, voilà quatorze ans, ils ont voyagé à Cuba et je les ai reçus. Durant tout ce temps-là, je me suis réuni avec des milliers d’Étasuniens pour différentes raisons, individuellement ou en groupes, parfois avec plusieurs centaines à la fois, comme les élèves qui venaient à Cuba à bord d’un navire de plaisance dans le cadre du voyage du projet « Semestre en mer », si bien que j’aurais du mal à me souvenir des détails d’une rencontre avec deux personnes. Je me rends compte à présent de la raison pour laquelle George W. Bush a interdit aux étudiants de ce voyage de plaisance de venir à Cuba : bien qu’appartenant à des familles de la haute classe moyenne, ils conversaient avec moi pendant des heures.

L’accusation précise que le couple a reçu de nombreuses décorations, mais n’a jamais cherché de l’argent ou des avantages personnels.

Je peux garantir pour ma part que, par principe, nous n’avons jamais torturé ni payé qui que ce soit pour obtenir des informations. Ceux qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à protéger la vie de Cubains face aux nombreux plans terroristes et projets d’assassinat de dirigeants orchestrés par plusieurs administrations étasuniennes l’ont fait par impératif de leur conscience et méritent à mon avis tous les honneurs du monde.

Il est curieux que cette nouvelle apparaisse vingt-quatre heures après la défaite essuyée par la diplomatie étasunienne à l’Assemblée générale de l’OEA.

Si ces personnes étaient déjà sous surveillance puisque des agents du FBI les avaient découvertes en se faisant passer pour des espions cubains, pourquoi n’ont-elles pas été arrêtées avant et pourquoi l’ont-elles été maintenant ? Vraiment étrange…

La soi-disant justice commencera maintenant son jeu contre deux personnes, broyées moralement d’avance par des accusations qui prédétermineront l’attitude du jury chargé de décider de leur culpabilité ou de leur innocence. Elles ne bénéficieront sûrement pas du traitement aimable dispensé aux terroristes que le gouvernement étasunien a recrutés pour détruire en plein vol l’avion de Cubana de Aviación et tuer la totalité des gens à bord et commettre contre notre pays des crimes horribles, et qui ont même violé les lois étasuniennes en perpétrant de nombreux actes terroristes méprisables aux USA mêmes.

La campagne contre le couple a commencé. On les présente comme des traîtres passibles de trente-cinq ans de privation de liberté, qu’ils devront purger jusqu’au-delà de leur cent ans. Les procureurs pourront orchestrer leurs manœuvres habituelles en quête d’objectifs politiques.

Toute cette manigance a été peaufinée après l’entrée d’Obama à la Maison-Blanche. Il se peut que le lourd revers essuyé à San Pedro Sula, mais aussi les nouvelles faisant état de contacts entre les gouvernements cubain et étasunien sur des questions importants d’intérêt mutuel aient influé sur cette arrestation.

Selon une dépêche d’ANSA, Walter Kendall Myers aurait déclaré avoir faire preuve « de beaucoup de prudence » en collectant et en transmettant des secrets à Cuba.

D’autres parlent d’un journal confisqué à Gwendolyn. Si tout ceci était vrai, je ne manquerai pas d’admirer leur conduite désintéressée et courageuse envers Cuba.

Notre affrontement aux États-Unis est idéologique, il n’a rien à voir avec leur sécurité.

Hier, trois autres dépêches d’agences de presse informaient toutefois sur trois points qui ont, eux, en revanche, beaucoup à voir avec la morale politique et la sécurité des États-Unis.

AFP : « Une nouvelle discussion a éclaté vendredi quand des législateurs démocrates ont accusé leurs adversaires républicains d’avoir révélé des informations secrètes sur des techniques de tortures dénoncées durant une séance du Congrès à huis-clos.
« La représentante de l’Illinois, Jan Schakowski, a signalé : “Tout le monde à la commission comprend ce qu’implique une séance à huis-clos”. »
« Elle a ajouté dans un communiqué : “C’est une irresponsabilité de la part de membres de cette commission d’avoir abandonné cette rencontre confidentielle avant la fin et de s’être adressés aussitôt à la presse.” »

Agence AP : « Des procureurs fédéraux ont accusé un homme d’avoir proféré des menaces contre le président Barack Obama après avoir dit censément à un employé de banque d’Utah que sa mission était de tuer les président. »
« Daniel James Murray aurait fait part de ses intentions à un caissier de banque, le 27 mai, tout en retirant 13 000 dollars de son compte, selon la page Internet du journal local Salt Lake Tribune, de jeudi. »
« On ne sait pas où se trouve l’accusé. Un document présenté devant la justice affirme que Murray est à New York et qu’il a été voilà peu de temps en Californie, en Utah, en Georgie, en Oklahoma et peut-être au Texas. »
« Selon le journal, les services secrets affirment que Murray possédait au moins huit armes à feu enregistrées. »
« Malcolm Wiley, porte-parole des services secrets à Washington, a déclaré à l’AP qu’il ne ferait aucun commentaire à ce sujet. »

AFP : « Il est facile d’acquérir aux États-Unis des technologies militaires sensibles nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires puis de les exporter illégalement, a averti le Government Accountability Office (GAO), un organe du Congrès. »
« “Utilisant une société bidon et des faux papiers, le GAO a acheté des produits sensibles, tels que des lunettes à infrarouge utilisées par les troupes en Iraq et en Afghanistan pour identifier des cibles nocturnes, des électrodes permettant de faire détoner des armes nucléaires, des capteur électroniques utilisés dans la fabrication de bombes artisanales et des puces d’occasion de missiles téléguidés”, écrit l’organisme dans un rapport récent. »

Cet énorme arsenal de pointe livré sur le marché ne met-il pas le monde au bord du précipice ?

Cette B.D. de l’espionnage cubain ne vous semble-t-elle absolument ridicule ?

Fidel Castro Ruz
Le 6 juin 2009
15 h 12

ZHAO ZIYANG , UN GORBATCHEV CHINOIS ?

COMAGUER
Bulletin n°207– semaine 23 – 2009

Pour rédiger ses bulletins comme pour préparer ses chroniques radiophoniques, COMAGUER lit, traduit, recoupe, pioche à de multiples sources.

Aujourd’hui COMAGUER a choisi de transmettre directement un document très important
Il s’agit du texte de l’historien italien DOMENICO LOSURDO qui s’inscrit à contre courant de la campagne de propagande antichinoise lancée à l’occasion du 20° anniversaire des évènements de la place TIEN AN MEN.

DOMENICO LOSURDO sera l’invité de COMAGUER

sur RADIO GALERE (88.4 mhz)

Le MERCREDI 10 JUIN DE 20H A 21H 30

Tienanmen 20 ans après

Domenico Losurdo

Ces jours ci la grande presse d’ « information » s’emploie à rappeler le vingtième anniversaire du « massacre » de la place Tienanmen. Les évocations « émues » des événements, les interviews des « dissidents » et les éditoriaux « indignés », les multiples articles qui se succèdent et se préparent visent à couvrir la République Populaire Chinoise d’infamie perpétuelle, et à rendre un hommage solennel à la civilisation supérieure de l’Occident libéral. Mais qu’est-il réellement advenu il y a vingt ans ?

En 2001 furent publiés et traduits, ensuite, dans les principales langues du monde ce qu’on a appelé les Tienanmen Papers qui, si l’on en croit les déclarations de ceux qui les ont présentés, reproduisent des rapports secrets et des procès-verbaux réservés, du processus décisionnel qui a débouché sur la répression du mouvement de contestation. Livre qui, toujours selon les intentions de ses promoteurs et éditeurs, devrait montrer l’extrême brutalité d’une direction (communiste) qui n’hésite pas à réprimer une protestation « pacifique » dans un bain de sang. Si ce n’est qu’une lecture attentive du livre en question finit par faire émerger un tableau bien différent de la tragédie qui se joua à Pékin entre mai et juin 1989.

Lisons quelques pages ça et là :

« Plus de cinq cents camions de l’armée ont été incendiés au même moment à des dizaines de carrefours
[…] Sur le boulevard Chang’an un camion de l’armée s’est arrêté à cause d’un problème de moteur et deux cents révoltés ont assailli le conducteur en le tabassant à mort […] Au carrefour Cuiwei, un camion qui transportait six soldats a ralenti pour éviter de heurter la foule. Un groupe de manifestants a alors commencé à lancer des pierres, des cocktails Molotov et des torches contre celui-ci, qui à un moment a commencé à s’incliner du côté gauche car un de ses pneus avait été crevé par des clous que les révoltés avaient répandus. Les manifestants ont alors mis le feu à des objets qu’ils ont lancé contre le véhicule, dont le 1 réservoir a explosé. Les six soldats sont tous morts dans les flammes».

Non seulement l’on a eu recours à la violence mais parfois ce sont des armes surprenantes qui sont utilisées :

« Une fumée vert-jaune s’est élevée de façon subite à une extrémité d’un pont. Elle provenait d’un blindé endommagé qui était ensuite lui-même devenu un élément du blocus routier […] Les blindés et les chars d’assaut qui étaient venus déblayer la route n’ont rien pu faire d’autre que de se retrouver en file à la tête du pont. Tout d’un coup un jeune est arrivé en courant, a jeté quelque chose sur un blindé et a pris la fuite. Quelques secondes après on a vu sortir la même fumée vert-jaune du véhicule, tandis que les soldats se traînaient dehors, se couchaient par terre sur la route, et se tenaient la gorge en agonisant. Quelqu’un a dit qu’ils avaient inhalé du gaz toxique. Mais les officiers et les soldats, malgré leur rage sont arrivés à garder le 2contrôle d’eux-mêmes».

Ces actes de guerre, avec recours répété à des armes interdites par les conventions internationales, croisent des initiatives qui laissent encore plus penseurs : comme la « contrefaçon de la couverture du « Quotidien du peuple »(3) .

Du côté opposé, voyons les directives imparties par les dirigeants du parti communiste et du gouvernement chinois aux forces militaires chargées de la répression :

« S’il devait arriver que les troupes subissent des coups et blessures jusqu’à la mort, de la part des masses obscurantistes, ou si elles devaient subir l’attaque d’éléments hors-la-loi avec des barres de fer, des pierres ou des cocktails Molotov, elles doivent garder leur contrôle et se défendre sans utiliser les armes.

1 Nathan, Link 2001, p. 444-45.
2 Nathan, Link 2001, p. 435.
3 Nathan, Link 2001, p. 324.

Les matraques seront leurs armes d’autodéfense et les troupes ne doivent pas ouvrir le feu contre les masses. Les transgressions seront immédiatement punies ».

S’il faut en croire le tableau tracé dans un livre publié et promu par l’Occident, ceux qui donnent des preuves de prudence et de modération ne sont pas les manifestants mais plutôt l’Armée Populaire de Libération !

Le caractère armé de la révolte devient plus évident les jours suivants. Un dirigeant de premier plan du parti communiste va attirer l’attention sur un fait extrêmement alarmant : « Les insurgés ont capturé des blindés et y ont monté des mitrailleuses, dans le seul but de les exhiber ». Se limiteront-ils à une exhibition menaçante ? Et pourtant, les directives imparties par l’armée ne subissent pas de changement substantiel : « Le Commandement de la loi martiale tient à ce qu’il soit clair pour toutes les unités qu’il est nécessaire de n’ouvrir le feu qu’en dernière instance » (4).

Même l’épisode du jeune manifestant qui bloque un char d’assaut avec son corps, célébré en Occident comme un symbole de l’héroïsme non-violent en lutte contre une violence aveugle et sans discrimination, est perçu par les dirigeants chinois, toujours à en croire le livre maintes fois cité, dans une grille de lecture bien diverse et opposée :

« Nous avons tous vu les images du jeune homme qui bloque le char d’assaut. Notre char a cédé le pas de nombreuses fois, mais le jeune restait toujours là au milieu de la route, et même quand il a tenté de grimper dessus, les soldats se sont retenus et n’ont pas tiré sur lui. Ce qui en dit long ! Si les militaires avaient fait feu, les répercussions auraient été très différentes. Nos soldats ont suivi à la perfection les ordres du Parti central. Il est stupéfiant qu’ils soient arrivés à maintenir le calme dans une situation de ce genre ! » (5) .

Le recours de la part des manifestants à des gaz asphyxiants ou toxiques, et, surtout, l’édition pirate du « Quotidien du peuple » démontrent clairement que les incidents de la Place Tienanmen ne sont pas une affaire exclusivement interne à la Chine. D’autres détails ressortent du livre célébré en Occident : « ‘Voice of America’ a eu un rôle proprement peu glorieux dans sa façon de jeter de l’huile sur le feu » ; de façon incessante, elle « diffuse des nouvelles sans fondements et pousse aux désordres ». De plus : « D’Amérique, de Grande-Bretagne et de Hong Kong sont arrivés plus d’un million de dollars de Hong Kong. Une partie des fonds a été utilisée pour l’achat de tentes, nourritures, ordinateurs, imprimantes rapides et matériel sophistiqué pour les communications »(6).

Ce que visaient l’Occident et les Etats-Unis nous pouvons le déduire d’un autre livre, écrit par deux auteurs étasuniens fièrement anti-communistes. Ceux-ci rappellent comment à cette période Winston Lord, ex-ambassadeur à Pékin et conseiller de premier plan du futur président Clinton, n’avait de cesse de répéter que la chute du régime communiste en Chine était « une question de semaines ou de mois ». Cette prévision apparaissait d’autant plus fondée que se détachait, au sommet du gouvernement et du Parti, la figure de Zhao Ziyang, qui –soulignent les deux auteurs étasuniens-est à considérer « probablement comme le leader chinois le plus pro-américain de l’histoire récente »(7).

Ces jours ci, dans un entretien avec le « Financial Times », l’ex-secrétaire de Zhao Ziyang, Bao Tong, aux arrêts domiciliaires à Pékin, semble regretter le coup d’Etat manqué auquel aspiraient

4 Nathan, Link 2001, p. 293.
5 Nathan, Link 2001, p. 428-9.
6 Nathan, Link 2001, p. 486.
7 Nathan, Link 2001, p. 391.
8 Bernstein, Munro 1997, p. 95 et 39.

3 des personnalités et des cercles importants en Chine et aux USA, en 1989, tandis que le « socialisme réel » tombait en morceaux : malheureusement, « pas un seul soldat n’aurait prêté attention à Zhao » ; les soldats « écoutaient leurs officiers, les officiers leurs généraux et les généraux écoutaient Den Xiaoping » (8) .

Vus rétrospectivement, les événements qui se sont passés il y a vingt ans Place Tienanmen se présentent comme un coup d’Etat manqué, et une tentative échouée d’instauration d’un Empire mondial prêt à défier les siècles…

D’ici peu va arriver un autre anniversaire. En décembre 1989, sans même avoir été précédés d’une déclaration de guerre, les bombardiers étasuniens se déchaînaient sur Panama et sa capitale. Comme il en résulte de la reconstruction d’un auteur -encore une fois -étasunien, des quartiers densément peuplés furent surpris en pleine nuit par les bombes et les flammes ; en très grande partie, ce furent des « civils, pauvres et à la peau foncée » qui perdirent la vie ; plus de 15.000 personnes se retrouvèrent sans toit ; il s’agit en tout cas de l’ « épisode le plus sanglant » de l’histoire du petit pays (10). On peut prévoir facilement que les journaux engagés à répandre leurs larmes sur la Place Tienanmen voleront très au dessus de l’anniversaire de Panama, comme d’ailleurs cela s’est produit toutes ces dernières années. Les grands organes d’ « information » sont les grands organes de sélection des informations, et d’orientation et de contrôle de la mémoire.

Références bibliographiques:

Jamil Anderlini 2009

« Thanks were roaring and bullets flying », in « Financial Times », p. 3 (“Life and Arts”)

Richard Bernstein, Ross H. Munro 1997

The coming Conflict with China, Knopf, New York

Kevin Buckley 1991

Panama. The Whole Story, Simon & Schuster, New York

Andrew J. Nathan, Perry Link (éditeurs) 2001

The Tienanmen Papers (2001), traduction italienne de Michela Benuzzi et alt. Tienanmen, Rizzoli,
Milan

Reçu de l’auteur et traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Article paru lundi 1er juin 2009 sur le blog de l’auteur :

http://www.domenicolosurdoblogtienanmen.blogspot.com/

9 Anderlini 2009.
10 Buckley 1991, p. 240 et 264.

ZHAO ZIYANG , UN GORBATCHEV CHINOIS ?

COMAGUER
Bulletin n°207– semaine 23 – 2009

Pour rédiger ses bulletins comme pour préparer ses chroniques radiophoniques, COMAGUER lit, traduit, recoupe, pioche à de multiples sources.

Aujourd’hui COMAGUER a choisi de transmettre directement un document très important
Il s’agit du texte de l’historien italien DOMENICO LOSURDO qui s’inscrit à contre courant de la campagne de propagande antichinoise lancée à l’occasion du 20° anniversaire des évènements de la place TIEN AN MEN.

DOMENICO LOSURDO sera l’invité de COMAGUER

sur RADIO GALERE (88.4 mhz)

Le MERCREDI 10 JUIN DE 20H A 21H 30

Tienanmen 20 ans après

Domenico Losurdo

Ces jours ci la grande presse d’ « information » s’emploie à rappeler le vingtième anniversaire du « massacre » de la place Tienanmen. Les évocations « émues » des événements, les interviews des « dissidents » et les éditoriaux « indignés », les multiples articles qui se succèdent et se préparent visent à couvrir la République Populaire Chinoise d’infamie perpétuelle, et à rendre un hommage solennel à la civilisation supérieure

VOLS NOIRS DE CORBEAUX

COMAGUER
Bulletin n°206 – semaine 23 – 2009

L’ARMEE DE L’AIR US S’ORGANISE COMME FORCE D’OCCUPATION PERMANENTE DES CIEUX SUDAMERICAINS

Avec la remise en activité de la quatrième flotte L’année 2008 a vu la marine de guerre US reprendre possession des eaux sud-américaines qu’elle considérait comme sa chasse gardée tant qu’aucun étranger au continent ne s’y aventurait.
Le tour de l’USAIRFORCE est maintenant venu de redéfinir ses objectifs et ses moyens pour la même zone géographique.
Elle le fait en publiant sous la forme d’un livre blanc un document stratégique intitulé « GLOBAL EN ROUTE STRATEGY »
La décision du gouvernement de l’Equateur de ne pas renouveler le bail de la base de MANTA qui s’achève cette année a évidemment accéléré cette réflexion de l’Etat Major aérien.

Pour autant les stratèges ne s’arrêtent pas à de tels détails et se préoccupent de mettre en place un réseau de bases aériennes sûres permettant l’accès dans le délai d’une journée maximum à n’importe quel « théâtre d’opérations » en intégrant à leur réflexion les rayons d’action des avions – de combat ou de transport – et celui des avions ravitailleurs aptes à permettre l’allongement du trajet des précédents.

Ce type de raisonnement est analogue à celui utilisé lors de la mise en place des relais de poste aux époques où le cheval n’avait pas encore été remplacé par le turboréacteur. L’échelle a simplement changé, la vitesse passant du galop à celle du son.

Le document confirme que pour le théâtre eurasiatique les relais sont bien établis *(voir liste des principaux relais en Europe et en Orient). Mais deux préoccupations nouvelles se font très nettement jour : celle de la couverture de l’Amérique du Sud et celle de l’Afrique.

L’Amérique du Sud, continent jusqu’à présent docile et sous contrôle, n’inquiétait guère le pouvoir militaire US. Les activités déstabilisantes de basse et moyenne intensité (aides aux coups d’Etat, financement des oppositions, assassinats politiques, formation d’escadrons de la mort…..) y suffisaient. Réfléchir à l’envoi rapide de bombardiers et de transports de troupes est un changement manifeste de niveau d’intervention. Les militaires US, la marine l’an dernier, l’armée de l’air cette année s’organisent pour réaliser des interventions militaires directes en Amérique du Sud. Message destiné aux gouvernements vénézuélien, bolivien, équatorien, brésilien et à ceux de leurs voisins qui auraient aussi des velléités de souveraineté nationale.
La réponse à la question posée ne peut évidemment se trouver qu’en Colombie. La base aérienne centrale de l’US AIR FORCE en Amérique du Sud sera donc installée à PALANQUERO dans le centre du pays. Cette décision n’a pas encore été confirmée par le gouvernement colombien mais pur les militaires US elle ne fait aucun doute.

L’Afrique est désormais une préoccupation centrale des stratèges US comme l’a démontré la création du nouveau commandement pour l’Afrique, AFRICOM, en 2008. Il s’agit de contrecarrer militairement l’influence économique et politique chinoise croissante sur ce continent et subsidiairement de mettre sur la touche les capitalistes européens qui y ont encore des intérêts. Pour l’heure l’USAIRFORCE ne dispose en Afrique que de la base de Djibouti aimablement mise à sa disposition par la France. Mais Djibouti est trop excentrée pour permettre l’accès facile à l’Ouest et au Sud-Ouest africain. Où s’installer ?

La réponse à la question devrait être fournie par la France. Certes la France n’a plus de colonies en Afrique mais il existe une Guyane française qui est plus proche de Dakar ou de Bamako que ne l’est Djibouti de ces pays de l’Ouest africain.
Le document « GLOBAL EN ROUTE STRATEGY ne dit pas que la France a déjà donné son accord à ce projet mais il souligne que les militaires US préféreraient de beaucoup cette solution dans un Département français bien gardé par ce qu’il faut de gendarmes et de légionnaires, à celle d’une base au Brésil voisin, pays aujourd’hui considéré à Washington comme moins « amical » et ils invitent donc indirectement le pouvoir politique à régler cette question.

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