L’OTAN sur le chemin de la guerre en Ukraine, par LIndsey German

source : Stop the War coalition (Royaume-Uni)/Green Left Weekly (Australie)

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Les barrages se mettent en place dans le Sud du pays de Galles. D’énormes clôtures barrent l’accès à des immeubles, y compris le château de Cardiff. Les routes sont fermées. Les enfants auront une journée d’école raccourcie, ou peut-être pas école du tout. Les trains sont perturbés.

Tout cela pour qu’un groupe de politiciens et de militaires se rencontrent dans un hôtel de la campagne environnant Newport, pour un sommet de l’OTAN les 4 et 5 septembre , pour planifier des interventions militaires du genre de celles qui ont contribué à faire un monde plus près que jamais depuis 1945 de basculer dans des conflits majeurs.

L’OTAN devrait voir ce sommet comme une occasion de réfléchir sur ce qui ne va pas dans ses politiques. Il y a de nombreux problèmes.

L’Afghanistan a beau se préparer au retrait de la plupart des troupes de l’OTAN l’an prochain, la nouvelle que les talibans ont repris le contrôle de la province de Sangin- où ont eu lieu la majorité des pertes britanniques dans ce pays- prouve tout sauf le succès [de la guerre de l’OTAN, ndt]

Ce n’est rien à côté de la Libye, toutefois. Là, deux camps de miliciens s’affrontent. L’un a pris le contrôle de l’aéroport de Tripoli et l’a détruit.

Pendant ce temps, des avions des Emirats Arabes UNis, opérant à partir de bases égyptiennes, bombardaient la milice islamique. Les européens ont, massivement, fui le pays, bombardé il y a seulement trois ans au nom de l’intervention humanitaire.

Ceux qui attendraient un mot de regret à propos de ces interventions ne réalisent manifestement pas que l’OTAN ne s’excuse pas. Ressasser les désastres passés ne fait qu’entraver le besoin d’aller de l’avant.

Donc, ce matin, c’est la même chanson. Mon cœur s’emballe toujours quand j’entends le Secrétaire Général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, que je viens d’écouter dans BBC Today. Rasmussen semble incapable d’ouvrir la bouche sans en appeler à de nouvelles guerres.

Il a loué les exercices militaires étendus qui ont lieu en Europe de l’Est cet été, démonstration de force de l’OTAN contre la Russie. Interrogé sur la guerre en Ukraine, Rasmussen a répondu en disant que si un membre de l’OTAN était attaqué, il serait défendu par l’OTAN dans son ensemble, conformément à la Charte.

Sauf que l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN et donc les termes de l’adhésion à l’OTAN ne s’appliquent pas. Ce qui est en jeu en réalité c’est le conflit de l’OTAN et de la Russie, adversaire historique de la Guerre Froide.

La stratégie de l’OTAN depuis la fin de la Guerre Froide a consisté à s’élargir en Europe de l’Est dans les territoires de l’ancien Pacte de Varsovie. Ses États membres vont maintenant jusqu’à la frontière russe. Ses manœuvres dans la région visent presque exclusivement à une répétition générale pour de futurs conflits avec la Russie.

L’appartenance de l’OTAN est considérée comme obligatoire pour ceux qui ont rejoint l’Union Européenne ces dix dernières années. L’accord d’association signé entre l’Union Européenne et l’Ukraine est à juste titre vu comme un prélude à une alliance militaire plus étroite.

L’OTAN parle d’arrêter une invasion russe de l’Ukraine, mais ne dit rien du refus du gouvernement ukrainien d’accepter le cessez-le-feu, en dépit des plus de 2000 morts, ni de son recours à des mercenaires « volontaires » (lisez « militants d’extrême droite ») qui mènent de nombreux assassinats de membres de la communauté russe dans l’Est de l’Ukraine.

Rasmussen a poursuivi en disant qu’au Sommet de l’OTAN des 4 et 5 septembre, de nouvelles mesures seraient prises pour consolider la présence de l’Organisation en Europe de l’Est.

Il a par ailleurs déclaré au Financial Times que des forces supplémentaires de l’OTAN seraient postées en Europe de l’Est « aussi longtemps que nécessaire », ajoutant « vous constaterez une présence plus visible de l’OTAN à l’Est à l’avenir ».

Le conflit en Syrie et en Irak a été largement aggravé par l’intervention, aussi bien ouverte que couverte, de l’Occident. Il en va de même pour l’Afghanistan et la Libye. Nous voyons seulement maintenant le lourd tribut payé par les peuples de la région. L’OTAN nous promet les mêmes déboires, cette fois-ci au cœur de l’Europe.

C’est pourquoi des milliers de gens viendront protester contre le Sommet de l’OTAN. C’est un acte humanitaire.

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s