Koull 3âm wa antom bikhaïr

22aid.gifSalam, Bonjour,
 
Celles et ceux qui ont la chance de comprendre un peu l’Arabe reconnaîtront la phrase transcrite comme sujet de ce courriel.

« Koull 3âm wa antom bikhaïr » est une formule de vœux qu’on s’échange lors des fêtes dans le monde arabe. Elle pourrait se traduire : « Que [cette occasion joyeuse se renouvelle] tous les ans et que vous soyez bien ».
 
Aujourd’hui, le jeudi 11 octobre est le 29e jour du mois de Ramadan et il y a une forte chance que ce soit le dernier jour (on le saura ce soir au coucher du soleil incha-Allah J). Si c’est le cas, demain sera le jour de la fête de la rupture du jeûne ou « 3îd al-Fitr » en Arabe.


 
Permettez-moi de vous faire part de cette pensée.
 
Nous nous connaissons à travers cette liste de diffusion, des adresses de courriel avec des pseudos ou des vrais noms, un monde presque virtuel. Mais en vérité, derrière cette façade, nous sommes tous là, des vraies créatures du Bon Dieu, en chair et en os et surtout en âme et esprit.
 
Nous sommes là avec nos différences et nos similitudes, nos forces et nos faiblesses, nos espoirs et nos inquiétudes, nos certitudes et nos doutes, et au-delà de tout, avec une volonté de source divine qui nous permettra toujours de nous surpasser. C’est un mélange sacré qui fait que nous soyons, de fait, des êtres ennoblis. Cependant c’est à nous de prouver que nous méritons cette noblesse et ceci est à la portée de tout le monde.
 
Il y a peut-être parmi nous des croyants et des non croyants, et des personnes d’origines et de cultures diverses, mais ensemble nous formons la « famille » du Dieu, une famille en arc-en-ciel. Et à propos de cette famille, le Prophète de l’Islam nous apprend que :

« Les créatures, toutes, sont la famille du Dieu. Les plus aimées parmi elles auprès du Dieu sont les plus utiles à sa famille ».
 
En toute sincérité, à l’occasion joyeuse et bénie de « 3îd al-Fitr » où l’on est invité à redoubler d’effort pour pardonner et se faire pardonner, et pour répandre la paix, l’amour et la miséricorde, je voudrais simplement vous souhaiter :
 
Koull 3âm wa antom bikhaïr

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22 commentaires

  1. Le premier qui me fait une crise d’anticléricalisme primaire je le censure impioyablement, parce que je vous signale que ma fille djouida, mes petits enfants Adelin, Willem et Maya m’ont déjà souhaité la même chose? alors il faut vous faire une raison, mon blog vous parlera à la fois de la Chine, de Cuba, d’evo Morales, de l’iran, vous dira tout le mal possible de ce vieux con de Proudhon et on fêtera l’Aïd, Noêl et le Yom Kippour en chantant l’internationale… Et le Che, Fidel et moi pourrons tranquillement vivre notre athéisme sans provoquer le moins du monde le disciple du vaudou tout habillé de blanc, comme à Cuba.israêl n’existera plus, mais juifs et palestiniens vivront en paix en se racontant des blagues comme ils l’ont fait pendant des siècles avant que les chrétiens européens s’en mêlent… Cholem Alekheim sera enfin accepté et plus progromé, Einstein fondera sa grande université à jérusalem, et ils m’accepteront en auditrice libre… Karl marx y donnera des cours…
    On respectera la femme qui veut porter le voile et on expliquera que « l’origine du monde » de Courbet est un trés grand tableau… Plus personne ne me prendra pour un sous produit intellectuel parce que je suis une femme, ma voix sera entendue… On me respectera comme un être humain…
    J’aimerai fonder un pays où on vive comme ça, l’île Utopie de Moore, un des fondateurs du communisme… J’y emporterai une bibliothèque fantastique, tant de tableaux et d’oeuvres d’art qu’il faudra des siècles pour les contempler, de la musique (à dose contrôlée)… Et comme aujourd’hui j’irai tous les jours me baigner (à Marseille l’eau est à 21°)…

    Je n’ai besoin de rien d’autre que cette paix… Alors que cette occasion joyeuse se renouvelle tous les ans et que vous soyez bien…

    Danielle Bleitrach

  2. ça fait du bien hein danielle de respirer ?

  3. Je suis socialiste (non galvaudé), j’ai servi la messe jusqu’à 14ans, milité chez les verts 4ans, au alternatifs 1 ans, au PCF 7ans, j’aime bien Bové quand il refuse la soumission(pas quand il se moque de cuba rassure toi)
    Je respecte tous ceux qui refusent l’injustice. En rouge, en vert ou en rose peu importe. J’ai un peu de tout cela en moi. J’aime le soleil mais parfois il me brule les yeux.
    J’ai des clientes voilée d’autres pas…etc…je les aimes tous même si parfoisc’est plus difficile.
    Je t’aime bien Danielle, parfois moins quand tu as le spleen.
    Le monolythe on ne l’aime pas trop de toute façon, c’est celuici qui nous broie.
    C’est pourquoi nous avons vaincu le tce ensemble, dans la diversité et le joie.
    L’arc en ciel oui et en plus il y a un trésor à ses pieds!

  4. Bonsoir Danielle et bravo! Je crois aussi qu’il est possible de respecter le ramadan et de chanter l’Internationale ! Je crois aussi que l’anticléricalisme primaire est à banir de nos pratiques, surtout lorsque au nom d’une vertueuse « laïcité » anticléricale nous est vendu le « choc des civilisations » et son corollaire islamophobe …

    C’était la même pensée qui me faisait écrire , il y aura bientot un an, à la fin du ramadan dernier dans une circonstance tragique le texte « L’Aîd et les barbares »…

    http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2776

    En toute modestie je crois que le relire encore peut nous aider à mesurer combien est profond ce qui peut nous rapprocher et combien est abject ce qui peut nier l’existence d’une communauté humaine en recherche d’un destin commun, partagé si possible, fraternel peut-être dans un avenir qui ne peut dépendre que de nous tous.
    Jacques Richaud

  5. merci jacques, je me souviens effectivement comment nous avions réagi toi et moi à l’assassinat de Saddam Hussein, le jour de l’Aid, mais c’était l’entrée de l’Aid. La nous sommes dans la joie du pardon, comme après le jour de jeune de yom kippour où Dieu lui-même efface tout sur le grand livre… Un ami musulman m’a dit récemment qu’il refusait cette année de faire le ramadam parce qu’il ne se sentait pas dans l’état spiurituel de pardonner, de ne pas désirer la femme d’autrui et il a ajouté: « Si tu te contentes de jeuner sans tenter de te transformer, le prophète a dit que tu n’en retirerais que la soif et la faim »… Cet homme était un sage, le plus dur est de faire ce travail sur soi-même que l’on croit au ciel ou que l’on n’y croit pas…
    Dimitri, tu es sans le savoir cruellement injuste, toute ma vie il en a été ainsi! Danielle, tu es la révolutionnaire, la communiste, alors explique-nous que le paradis socialiste ça existe, que demain le monde sera beau et qu’un jour un grand soleil rouge se levera… Voilà ce que j’ai entendu toute ma vie, y compris de l’homme que j’ai tant aimé et qui quand je l’interrogeais « est-ce que tu m’aimes?  » me répondait « pas toi, pas ces naiaiseries! » Quand il allait mourir, paralysé par le cancer, je lui ai dit « Bon maintenant tu vas me le dire que tu m’aimes! » Il m’a répondu « je suis paralysé, je ne peux plus bouger, je vis de toi, par toi, ces mots sont si faibles pour exprimer ce qui a existé entre toi et moi! » et il a ajouté deux choses « N’oublies pas de signer la pétition pour les dix de Soweto dans l’huma! » et une déclaration (enfin): « je ne me suis pas ennuyé une minute avec toi! »
    A l’école j’étais « la fille qui ne pleurait jamais »…
    Mais comme l’expliquait Goethe, l’homme qui serait toujours heureux ne le serait jamais… Pour se battre il faut savoir ramasser les morceaux de son âme brisée… Le bonheur est à ce prix…
    Et je ne peux inventer mon île utopie que parce que j’ai ces moments de spleen où non seulement je suis malheureuse mais où personne ne m’aime, ne vient me consoler et me tenir la main… Je ne sais pas pourquoi je provoque si peu la pitié quand je suis malheureuse… Remarque les rares fois où quelqu’un a tenté de me plaidre au bout de quelques minutes j’ai trouvé ça odieux « faut pas pousser, c’est pas la mort du petit cheval »… En fait je dois ennuyer les autres comme ceux qui me plaignent me donnent envie de leur dire « et si on parlait d’autre chose »… Il n’empêche le temps des cerises s’est conduit comme un sacré porc… Mais j’ai la chance infinie de penser sincérement que l’essentiel est qu’il existe une maison d’édition où peuvent paraître encore des livres qui disent nos idées, c’est notre liberté qui se joue, elle se raréfie, il faut la défendre tous ensemble.
    Quand l’horizon s’obscurcit et que je me dis que jamais le jour ne se levera je ne peux pas demeurer dans une telle idée… Alors je suis bien obligée d’être à nouveau joyeuse, de rire, d’espérer… Puisque j’ennuie tout le monde quand je suis malheureuse… Je suis condamnée à l’espérance et au rire, à être soulevée de colère non contre l’injustice que je subis, mais celle vécue par les autres, et effectivement cela me réveille, me donne envie de vivre mais soyez assuré qu’un jour j’en mourrai.
    Danielle Bleitrach

  6. Merci pour ce rayon de soleil. Pour cet aveu si confiant au fond qui nous permet d’entrevoir l’individu derrière la militante farouche. Cet aveu qui ne peut qu’entrainer celui de l’autre qui dit aussi tout son amour et son désespoir. Mais aussi l’espoir d’un lendemain meilleur où nous serons humain seulement, sans couleur ou étiquettes, mais humain complètement.

    Koull 3âm wa antom bikhaïr, non seulement pour ce texte mais aussi pour tout ce que nous nous apportons grâce à toi. Amicalement,

    John V. Doe

  7. merci pour cette phrase « pour tout ce que Nous Nous apportons grace à toi »
    DB

  8. Ce blog est un bol d’oxygène, de tolérance, bravo !
    Nos intervenants, qu’ils soient hâtés, agnostiques ou que sais-je, ont délivré un message de paix, qu’il est hélas rare d’observer en ces temps.

    Vivent les blogs, et tout particulièrement le vôtre,
    J’apporte ma contribution en traduisant l’expression, du mieux je puisse.

    koul = chaque
    3âm = année
    ouantoum = Que vous soyez
    bikaîr = by comme (by bus, by car) en anglais et khaïr = le bien.

    Je récapitule :

    Je vous souhaite de voyager en première classe du côté fenêtre, ce qui est bien mieux qu’au mileu de la populasse fauchée.

    jamal.

  9. « Sans couleur ni étiquette », john V. Doe ? Sans « étiquette », d´accord. Mais sans couleur !!??? quelle horreur !
    La couleur c´est la vie ! Et vive le rouge bien vif, couleur de sang, couleur de vie, et vivent les couleurs de la terre.

    Koull youm wa anta bikhair

    wa aidan saidan

  10. Pas cruel du tout envers toi danielle, simplement je te préfère combative ! On a tous des hauts et des bas. Mais a t on « le droit au désespoir le droit de s’arreter un moment ». Bé non, dans nos cocons occidentaux cela serait trop facile de baisser les bras et de dire, de toute façon je n’y peux rien. Je souffre trop. Songe à ceux « qui ne discutent même pas leurs cages ». On nous a jeté du haut de l’acropole. Mais je me relève encore et toujours, comme toi Danielle. Toujours, preuve en est ce blog.

    Bises et à bientot

  11. mida son jamal, merci pour la traduction exacte, mais la vile populace j’en suis, c’est même une des bases de ce blog, nous traversons la planète dans les vieux autocars des pays, ou dans les taxis brousse, entassés… Valérie la rectification est juste, les couleurs sont belles…
    Amitiés à vous tous et toutes qui faites de ce blog un espace de tolérance et pourtant de respect et de tenue…
    Danielle

  12. SOMMES-NOUS DIFFERENTS ?

    A Dimitri qui écrit/

    « Mais a t on “le droit au désespoir le droit de s’arrêter un moment”. Bé non, dans nos cocons occidentaux cela serait trop facile de baisser les bras et de dire, de toute façon je n’y peux rien. Je souffre trop. Songe à ceux “qui ne discutent même pas leurs cages”. »,…je dis que SI, on a le droit de se poser un peu parfois…

    Moi je n’ai pas eu honte des moments où la couleur d’un ciel, la finesse d’un sable, le petit chant d’un oiseau, me rendaient centre de ma propre vie dans la perception de ce que toute la nature nous offre ; et c’est sans parler de ces temps partagés intimes qui transforment le plus fébrile des intellectuels torturés en enfant joyeux… Non seulement je n’ai pas eu honte de cela, mais c’est cela qui nous fait humain, cela aussi, cela d’abord et cela nécessairement… Non ?

    Ce qui nous différencie peut-être ? …Oui une petite différence, l’image qui s’interpose dans nos plus beaux rêves et nos plus beaux instants… L’enfant de Soweto de Danielle qui fait irruption au moment décrit ; chacun a son Soweto dans la tête et dans sa vie et les journaux nous en dessinent chaque jour de nouveaux…

    Ce qui nous différentie peut-être ? C’est que cette image intruse nous ne la rejetons pas, nous ne l’écartons pas, parce que nous savons qu’a elle aussi nous désirons rester fidèles…

    Ce qui nous différentie peut-être c’est le lourd « handicap » d’une inaptitude à l’indifférence… Et que cette « tare » nous semble légère au point de moquer ceux qui n’en comprennent la nature ou la profondeur. Etre capable de sourire à cette si incongrue question «Tu es communiste ? Tu crois encore à tout cela ? »…Instants ou le temps plane et dans lequel nous savons que celui là qui pose la question possède en lui déjà une partie de la réponse, car son instant de doute est une victoire sur sa propre humanité menacée.

    Ce qui nous différentie peut-être, c’est de savoir pourtant aussi la faiblesse immense et l’insuffisance presque constante de nos disponibilités et de nos volontés à modifier l’Ordre du Monde, le caractère toujours éphémère de nos victoires et la vigilance indispensable encore dans les moments d’épuisement. Nous savons que «le monde doit changer de base » mais que ce temps n’est pas advenu, que toutes les tentatives ont été imparfaites et parfois cruellement trahies . Nous savons que ce projet ne peut être réalisé que par nous-mêmes et ici bas…Pas lors d’un grand soir victorieux mais par une lutte éternelle contre nos propres démons…C’est aussi le sens vrai ; le sens profond du mot « djihad » que de désigner le combat contre soi-même… contre le mal à l’intérieur de soi.

    Alors, à la fin ou au début du Ramadan, avant ou après l’Aïd, ici ou là bas, nous savons que des semblables à nous vivent les mêmes sentiments, avec ou sans croyance à une quelconque transcendance sécurisante ou inquiétante.

    Ce qui nous protège des conséquences de notre lucidité ce n’est que la fraternité souvent, l’amour parfois… Rien d’autre que cette banale essence humaine que nous refusons de voir plier sous le joug ou dénaturer en objet privé de sens. C’est bien ce qui nous tient debout, même si comme le redit Danielle, nous finirons par en mourir…

    Mon plaisir du jour c’est que mon fils ait remplacé dans sa chambre un vieux poster du CHE, la photo conventionnelle, par celui magnifique que nous a offert le supplément de « l’huma »…Il l’a fait parce que la brève phrase en haut à droite l’a transpercé «Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire » (Lettre d’adieu de Che Guevara a ses enfants, mars 1965)…Il a aussi reçu une « colle » pour chahut mais c’est pas grave…

    Jacques Richaud 13 octobre 2007

  13. je ne comprends même pas que l’on imagine un révolutionnaire qui ne vit pas ces moments de solitude, de repli… Il est vrai que Fidel Castro par exemple donne le sentiment d’être totalement désincarné, il n’est que son engagement, il s’est totalement idéntifié à Cuba, le Che parlait de « symbiose » entre Fidel et le peuple cubain…
    En revanche pour avoir lu certaines lettre de Rosa Luxembourg où elle parle de son amour de la nature, de la corvée qu’est parfois la cohabitation au sein d’un mouvement révolutionnaire,il y a des traces de joie et de mélancolie, d’humanité dirait Jacques Richaud. Sans parler de José marti, si vous lisez ses lettres politiques (extraordinaires) traduites par J.F.Bonaldi et publiées à l’Harmattan, vous verrez un être déchiré, par moment c’est un véritable chemin de croix…
    Je ne veux pas dire que Fidel ne soit pas humain, ce qui est frappant est au contraire son attention, son désir de convaincre… Un ami me racontait que quelquefois il se mettait à entreprendre un brave homme qui ne le suivait qu’avec peine et qui n’en demandait pas tant… Tout le monde lui disait « Fidel, il faut s’en aller! » Et lui continuait, son interlocuteur était devenu trés important, le plus important… Je crois qu’il partageait cette passion obstinée de comprendre et de convaincre avec le Che…
    Mais ce sont des gens que personne ne peut remplacer, alors que nous autres pouvons nous détourner un moment sans que cela nuise… Ce sont les circonstances qui créent l’exigence. Si tu es le seul ou la seule à pouvoir accomplir une chose essentielle tu ne peux pas te dérober, si la situation est telle que beaucoup de tes efforts paraissent vains (ce qui est le cas aujourd’hui), tu ne peux t’empêcher d’être en état de mélancolie.
    Danielle Bleitrach

  14. Wa Anti kadalik (et toi aussi)

    Merci Danielle d’avoir pensé à nous, à moi en ce jour de grande fête.

    merci ma soeur

    t’adore

    leila

  15. Leila, quelle joie d’avoir des nouvelles de toi, promets moi que tu vas nous apporter tout ton savoir et ta sensibilité sur ce monde arabe, je rêve d’aller en Andalousie (je vais y aller) à sa rencontre…
    Je t’aime aussi
    Danielle Bleitrach

  16. Comment j’ai passé mon aid ?

    Le matin, j’ai travaillé : 4h heures de cours à rattraper n’est pas chose facile.

    L’après midi, j’ai proposé aux enfants d’aller au ciné et au resto mais ils ont refusé « nous sommes en période de contrôles et nous avons beaucoup de travail» m’ont-ils dit.

    Je me suis donc retrouvée seule dans mon salon oriental avec mon café à la fleur d’oranger, mes gâteux au miel et mon film indien.

    Lorsque j’ai acheté ce film au marché (il m’a coûté 2 euros !!), le vendeur, un indien, m’a averti « beaucoup de pleurs, beaucoup de pleurs madame, prépare tes mouchoirs».

    J’ai donc mis mon film, c’était une histoire de romance où l’amour est roi.

    Puis là tous les souvenirs se bousculent dans ma tête.

    Ce film a réveillé des joies et des douleurs. Lorsque j’étais enfant (j’étais en Algérie), la télé algérienne passait un film indien le deuxième jour de l’aïd, les routes devenaient alors désertes et tous les gens se précipitaient vers leur petit écran pour regarder le film. A la fin du film, les gens sortaient d’un seul jet de chez eux les yeux encore rouges et ils parlaient, parlaient du film et de l’aïd.

    L’aïd n’évoque presque rien pour mes enfants mais pour moi, l’aïd c’est ma grand-mère, mes tantes, mes voisins, mes parents et mes neuf sœurs. C’est aussi le film indien, le soleil brulant et la lumière éblouissante; c’est l’odeur du café et de la fleur d’oranger, la voix du mouazin. L’aïd ce sont tous ces enfants qui portent des habits neufs de la tête aux pieds.

    J’ai donc mis mon film, c’était une histoire de romance où l’amour est roi et j’ai chialé, chialé et chialé. Le vendeur indien avait raison, j’ai eu besoin de beaucoup de mouchoirs.

    Je me suis rendue compte à quelle point les cuisses chaudes de ma grand-mère sur lesquelles je posaient ma tête pour regarder le film indien que la télé Algérienne passait le deuxième jour de l’aïd, me manquent.

  17. « mes neuf sœurs », non mes huit soeurs je suis la neuvième. Parmi elles deux sont des soeurs adoptives.

  18. Ne m’en parle pas les habits neufs c’est la ruine, en plus Maya est née le 19 octobre et Adelin le 6 novembre… La fin du mois d’octobre d’un point de vue financier, c’est terrible et puis les gâteaux moi qui cherche à maigrir… Mais Marseille c’est Alger, alors quand on voit sortir toutes les familles propres comme des sous neufs, le cheveu brillant et la peau tendue à force d’avoir été savonnée, on se dit qu’on fera le régime demain, aujourd’hui c’est la fête…
    Est-ce que tu veux une neuvième soeur, je suis là…
    danielle Bleitrach

  19. tu l’es déjà mon adorable neuvième soeur

  20. Mais bien sur que nous avons tous des moment de mélancolie, bien que c’est difficile de ne pas laisser tomper, qu’il faut prendre du recul parfois pour mieux revenir.
    Tel n’était pas mon idée que de dire qu’un révolutionnaire devait être de bois!
    Ma volonté ét

  21. ait juste de rappeler à Danielle (mais en a t elle besoin?) qu’on avait besoin d’elle, de son savoir , de ses coup de gueule, de son fichu caractère, de son amour, son immense culture.
    Bises a toi

  22. Voila je continue à me « ballader » parmi les textes de ce bloc , celui ci est un joyau que de belles et profondes choses passent par ces interventions pleines de chaleur Humaine. cela à propos de l’aid touche le Musulman (communiste aussi) que je suis et j’en arrive à me dire non ce n’est pas possible que tout s’arréte ,il y a tant d’aids à venir!


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