Sondages : les travailleurs demandent à sortir de l’UE sortir de l’Euro, la detestation de l’UE grandit

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source : Réveil Communiste/Initiative Communiste,

Les enseignements de quelques enquêtes récentes au sujet de l’hydre européenne.

Alors qu’à  l’unanimité les grands medias ne cessent de chanter les louanges d’une Union Européenne et d’un Euro protecteur, alors que les partis de gouvernement du PCF tendance PGE à l’UMP ne cessent d’enfoncer un peu plus notre pays dans la machine mortifère de désintégration européenne – sans oublier le FN et son discours hypocrite au sujet de l’UE lui qui oublie de dire qu’il n’a pas voter contre l’Acte Unique, lui qui dans son programme ne prévoit pas de sortir de l’UE, deux enquêtes d’opinions réalisées en ce début d’année 2014 viennent confirmer le discrédit total de la construction européenne auprès des classes populaires. Sortir de l’UE sortir de l’Euro, voila une revendication plus forte que jamais dans l’opinion.

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Le shutdown américain : un lock-out contre le peuple, parArt Perlo (2/2)

source : People’s World (USA), 03 octobre 2013

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

La première partie est disponible ici.

Guerre des classes

Depuis l’entrée en fonction d’Obama en 2009 et en particulier depuis la victoire républicaine à la Chambre en 2010, le gouvernement fédéral a été frappé par des crises répétées sur le budget et le plafonnement de la dette. Les médias dominants parlent du problème en termes génériques comme « gouvernement dysfonctionnel », « tension parlementaire », « polarisation » et « incapacité au compromis ». Mais dans le mouvement ouvrier et chez les progressistes, y compris ceux du Congrès, des descriptions beaucoup plus précises sont faites : « prise en otage » et « guerre des classes », et même « trahison ». L’AFL-CIO parle du shutdown du gouvernement comme d’un lock-out. Lire la suite

Le fascisme aujourd’hui, par Marc Harpon.

Ci-dessous, le texte de la conférence prononcée le 16 mai 2013, dans le cadre de la Semaine de l’Antifascisme, organisée à l’Université Paris X par les Jeunes Communistes de Nanterre et l’Union des Etudiants Communistes de l’Université. Ce texte diffère quelque peu de la conférence réellement prononcée, car j’ai dû la raccourcir au maximum.

Il est à peine utile de mentionner que le terme de « fascisme » renvoie à plusieurs réalités distinctes bien que liées les unes aux autres. Le fascisme peut d’abord être un type de régime politique, caractérisé entre autres par l’abolition des libertés démocratiques, la violence contre le mouvement ouvrier et un nationalisme extrême débouchant, dans le cas allemand du moins, sur le déchaînement de la violence raciste. Ce n’est pas de ce fascisme là qu’il sera question, puisqu’on est ici pour parler du fascisme aujourd’hui. Or, en Europe en tout cas, il n’existe aucun régime de type fasciste, bien que le qualificatif de « fasciste » soit fréquemment utilisé comme insulte politique contre les réactionnaire de tout poil. Le fascisme, c’est ensuite un type d’organisation politique. Les partis fascistes traditionnels- j’entends allemand et italien- se distinguent par certaines propriétés structurelles comme par le recours à certains moyens au service de certains objectifs. On verra lesquels et on se demandera dans quelle mesure certaines organisations existant aujourd’hui, s’y apparentent, par leur action comme par leur fonctionnement. Le fascisme, c’est également, bien sur, une famille d’idéologies. Je dis « famille », parce que, dans les cas classiques de l’Allemagne et de l’Italie, on distingue assez facilement, derrière les points communs, des différences. C’est peut-être même l’inverse : comme le suggère Roger Bourderon, on perçoit peut-être d’abord les différences avant de découvrir, en approfondissant l’examen, le point commun essentiel de ce qu’il appelle « antimarxisme de principe » des idéologies fascistes. J’y reviendrai. Dans ce qui suit, je traiterai du faisceau- excusez le jeu de mot- de caractères qui relient certaines idéologies présentes dans notre champ politique aux fascismes traditionnels. Je le dis d’avance, je ne suis que très imparfaitement satisfait du travail que je partagerai avec vous ce soir. D’abord, parce que, dans le temps imparti, il me semblait difficile de dire tout ce qui me semblait devoir être dit. Ensuite et surtout parce que je ne suis pas universitaire et je ne travaille pas du tout dans un domaine de compétence voisin de ce dont je vais parler. Mais je crois avoir fait une recherche honnête et j’espère que le débat suppléera au défaut de mon exposé. Lire la suite

Position de classe contradictoire et position de classe indirecte, par Erik Olin Wright

source : Class Counts : comparative studies in class analysis, Cambridge University Press (1997)

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Le texte ci-dessous est tiré de la conclusion (pp.254-256) de Class Counts : comparative studies in class analysis (La classe compte : analyses de classe comparatives), publié par le sociologue Erik OliN Wright, professeur à l’Université du Wisconsin à Madison, chez cambridge University Press (1997). Changement de Société a eu recours à la version « allégée » de l’ouvrage, conçue pour les étudiants. Wright appartient à la tradition du marxisme analytique. On découvrira ici le concept de « contradictoray class location » (position de classe contradictoire) forgé par Wright pour penser les couches intermédiaires entre la bourgeoisie et le prolétariat, et pour rendre compte des errances de la conscience de classe. Il s’agit d’ailleurs d’une alternative à la fausse conscience de Lukacs, à propos duquel on a déjà publié ici la critique de Wright. On notera que Wright, comme tous les marxistes analytiques (et une partie des marxistes anglo-saxons étrangers à cette tradition), rejette la théorie de l’exploitation du Capital. Lorsqu’il est question d’exploitation, dans la deuxième partie du texte traduit ici, il s’agit non du concept économique d’exploitation de Marx mais d’un concept sociologique propre à Wright. Changement de Société rappelle que le fait de proposer une traduction n’implique pas accord (même partiel) avec l’auteur du texte original. Lire la suite

Le marxisme analytique et la conscience de classe, Par Erik OliN Wright

 

Chaîne de montage des automobiles Peugeot à Sochaux en 1931

 

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Le texte ci-dessous est traduit des pages 242 à 244 de Classes, (Verso, Londres, 1985) d’Erik Olin Wright. Il s’agit du début de la section intitulée « Qu’est-ce que la conscience de classe ? », par laquelle s’ouvre le chapitre VII. Wright appartient au courant de pensée du marxisme dit analytique, dont il a déjà été question sur ce blog, ici ou encore . Ce courant de pensée a parfois donné naissance à un « marxisme » totalement défiguré et méconnaissable, avec les travaux de Jon Elster, en philosophie morale et politique, et de John Roemer, en économie. En sociologie et en philosophie de l’histoire, cependant, avec l’excellent Karl Marx’s theory of history. A Defense, de GA Cohen, ou encore les travaux d’Erik Olin Wright sur la domination de classe, le marxisme analytique est fidèle au projet suggéré dans le titre de son texte fondateur, l’ouvrage de COHEN cité plus haut : défendre les acquis théoriques de Marx (ou du moins, du Marx sociologue et théoricien de l’histoire, mais moins du Marx économiste) à l’aide d’une boîte à outil marxiste rénovée. Cette rénovation implique bien entendu un moment (auto)critique, où il s’agit de mettre à jour les faiblesses de versions du marxisme jugées erronées et c’est dans ce moment autocritique que se situe l’extrait ci-dessous de Wirght. Le lecteur français, généralement peu familier du marxisme anglo-saxon, sera surpris de lire ses attaques contre un des auteurs capitaux du marxisme d’Europe continentale, Georg Lukacs. Changement de Société ne prend pas ici parti pour ou contre Lukacs, mais propose simplement à la lecture une pièce importante du débat interne au marxisme (que Wright n’a jamais cessé de revendiquer et de pratiquer, contrairement à beaucoup d’autres auteurs de son école) anglo-saxon. Lire la suite