La place de la femme cubaine dans le nouveau modèle économique, par Yenia Silva Correa

source : Granma (Cuba), 15 Mai 2014

CUBA, en tant qu’État signataire de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, présente des résultats encourageants en matière de sécurité sociale, d’éducation sexuelle, d’emploi et de prise de responsabilité féminine.


Les Cubaines abordent le processus de mise à jour du modèle économique avec beaucoup d’avantages, comme celui d’avoir un niveau de qualification professionnelle élevé.

La professeure Magalys Arocha Dominguez, représentante du Comité cubain pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, entre 2005 et 2012, a livré des informations à Granma International sur l’application de cette Convention à Cuba.

Comment applique-t-on les principes de la Convention dans un contexte marqué par la mise à jour du modèle économique et la tenue du récent Congrès de la Fédération des femmes cubaines (FMC) ?

La volonté politique de Cuba concernant les droits de la femme est manifeste. Nous avons été le premier pays à signer la Convention et le deuxième à la ratifier.

L’égalité hommes-femmes est inscrite dans la Constitution, et il ne saurait y avoir aucune modification actuellement. Cependant, la mise à jour du modèle économique soulève des questions concernant les droits à l’égalité, dans le cadre des modifications de la gestion de la propriété et de l’organisation du travail.

Maintenir les droits acquis jusqu’à aujourd’hui dans le cadre professionnel et les promouvoir dans ces nouvelles conditions représentent un grand défi. Les Cubaines abordent ce processus de mise à jour avec beaucoup d’avantages, comme celui d’avoir un niveau d’instruction et de qualification professionnelle élevé. Reste le défi d’en finir avec certains obstacles d’ordre subjectif afin que les femmes entrent en concurrence sur le plan professionnel.


Le nouveau modèle économique permet aux femmes d’explorer les possibilités d’emplois non traditionnels.

Nous devons faire face à cette subjectivité rétrograde selon laquelle la femme ne peut pas s’insérer dans un travail qualifié dans la nouvelle forme de gestion. Nous devons procéder à des analyses conjoncturelles avec les gouvernements locaux afin de déterminer les sources d’emploi féminin et comment les femmes peuvent s’adonner au travail de la terre en usufruit en milieu rural et à toutes les formes d’emploi qui existent dans le pays.

Ces nouvelles conditions devraient permettre aux femmes de s’insérer dans le travail à leur compte en tant que propriétaires et gestionnaires, et ne pas rester cantonnées dans le traditionnel modèle d’employée.

On ne peut pas ignorer certains risques. Avec ces nouvelles formes de gestion, il est possible de voir se perpétuer la conception du confinement de la femme aux tâches ménagères, aux soins, et autres services…

La nouvelle femme cubaine pourra difficilement être exploitée. Cependant, ce qui me préoccupe le plus, c’est qu’elle puisse se contenter d’un travail à son compte mieux rémunéré en renonçant à un emploi qui lui apporte plus de satisfactions dans un autre domaine pour se contenter d’un travail ménager.

Ces risques ne doivent pas nous alarmer. Nous devons faire un travail auprès des femmes. Je crois qu’elles sont bien intégrées à leur poste de travail et que celles qui rejoignent la nouvelle forme de gestion le font pour réussir.

Comment concilier cela avec la baisse de la natalité dans le pays ?

Les défis auxquels nous devons faire face aujourd’hui dans le cadre de la mise à jour du nouveau modèle économique, ainsi qu’après les débats qui se sont déroulés lors du Congrès de la FMC, concernant la participation de la femme dans la vie économique du pays, sont nuancés par les modifications qui se sont produites en matière de fécondité et de natalité.

Les changements qui ont eu lieu à Cuba – avec l’éducation des femmes, l’accès au travail et au monde professionnel – ont été révolutionnaires parce qu’ils ont été accompagnés d’une meilleure qualité de vie et d’une reconnaissance sociale plus importante.

Mais lorsque nous avons commencé à courir le risque d’une décroissance de la population, c’est devenu un phénomène préoccupant pour la société, et non pour la femme en particulier.

Il y a également l’influence de facteurs économiques. Le report de la maternité a eu pour conséquence que souvent les femmes n’ont eu qu’un seul enfant.

Nous devons poursuivre le travail. Je crois que c’est un défi pour le pays de créer de meilleures conditions pour les couples qui décident d’avoir un enfant. Le gouvernement en a conscience, et il en a été beaucoup question au sein de la Fédération, au Congrès et dans d’autres lieux.

La reproduction et la natalité ne sont pas un problème spécifique des femmes, même s’il ne peut se résoudre sans elles. C’est un problème de la société tout entière qui a besoin de se reproduire pour assurer sa pérennité, et c’est à elle d’y faire face.

 

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