Arrêtons de prendre les classes populaires pour des demeurées auxquelles nous devons apporter la lumière, par Bernard Trannoy

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source : Faire Vivre et Renforcer le PCF, 02 Mai 2014

Première remarque, pour l’essentiel ceux qui produisent des contributions aux débats, limitent leur champ de réflexions au seul champ institutionnel. Il y a là, le résultat d’une lente, mais certaine dérive du PCF en parti d’élus. Pour ceux-ci, la place dans l’institution prend inévitablement le dessus sur les enjeux des affrontements de classes. Ce qui conduit très vite à limiter son champ d’interrogations aux seuls paramètres d’un rassemblement politicard, préoccupé par les seules constructions d’appareils, de prébandes, de sommets où ne peuvent que s’affronter les « egos » où le seul enjeu est la place dans le système institutionnel existant, donc de fait sans véritable volonté de le mettre en cause.

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Relever le défi du FN, par André Gerin

André Gerin est candidat à la candidature communiste.

source : Faire vivre et renforcer le PCF, 28 avril 2014

L’abstention massive et structurelle, qui en est une caractéristique et à laquelle il faut rajouter les votes blancs et nuls, poursuit une courbe ascendante et continue depuis les années 1980.

A cette grève des urnes, s’accole un Front national qui s’enracine depuis 30 ans et est devenu le premier parti ouvrier de France.

Le Parti communiste, quant à lui, continue inexorablement son déclin. Le communisme municipal s’étiole et est menacé de disparition.

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Le catéchisme « antipédago », le « gender » et la nouvelle extrême droite soralo-dieudonniste

source : Interro écrite, 24 janvier 2014

J’avais déjà montré comment une enseignante de Tarascon, Valérie Lauprêtre, appartenant à une famille de militants communistes avait été « retournée » par Soral et une certaine conception de l’Ecole vers l’extrême-droite… voici encore le récit d’un autre retournement, celui de Farida Belghoul, militante de l’UEC à la fac de Tolbiac qui a conduit la marche des beurs et qui est désormais une disciple de Soral et Dieudonné sur la base d’un double fantasme celui de la domination juive et de la théorie des genres. Ce texte très intéressant témoigne à la fois de la perméabilité entre la manière dont les communistes ont cru pouvoir prendre les problèmes de l’école, de l’immigration et de ce qui m’intéresse la rupture de la frontière entre faits et opinion, la nécessaire réflexion de la gauche et des communistes sur ces questions. (note de Danielle Bleitrach) Lire la suite

Racismes asymétriques, par Marc Harpon

Dans un article récent, mon camarade Gilles Questiaux a écrit que les juifs et les musulmans n’étaient plus opprimés en tant que tels, c’est-à-dire en tant que juifs et musulmans. Il veut dire par là, me semble-t-il, que c’est désormais pour autant qu’il est un travailleur que l’ouvrier musulman est opprimé et non plus parce qu’il est musulman. Si par oppression on entend la seule oppression institutionnelle, alors mon camarade a tout à fait raison. Si maintenant on ne réduit pas l’oppression à ses formes les plus « cristallisées », il me semble qu’il n’y à qu’à ouvrir les journaux pour réaliser que les uns et les autres font encore l’objet de mépris et de haines débouchant sur des faits concrets de discrimination, d’humiliation ou de violence. Lire la suite

Le fascisme aujourd’hui, par Marc Harpon.

Ci-dessous, le texte de la conférence prononcée le 16 mai 2013, dans le cadre de la Semaine de l’Antifascisme, organisée à l’Université Paris X par les Jeunes Communistes de Nanterre et l’Union des Etudiants Communistes de l’Université. Ce texte diffère quelque peu de la conférence réellement prononcée, car j’ai dû la raccourcir au maximum.

Il est à peine utile de mentionner que le terme de « fascisme » renvoie à plusieurs réalités distinctes bien que liées les unes aux autres. Le fascisme peut d’abord être un type de régime politique, caractérisé entre autres par l’abolition des libertés démocratiques, la violence contre le mouvement ouvrier et un nationalisme extrême débouchant, dans le cas allemand du moins, sur le déchaînement de la violence raciste. Ce n’est pas de ce fascisme là qu’il sera question, puisqu’on est ici pour parler du fascisme aujourd’hui. Or, en Europe en tout cas, il n’existe aucun régime de type fasciste, bien que le qualificatif de « fasciste » soit fréquemment utilisé comme insulte politique contre les réactionnaire de tout poil. Le fascisme, c’est ensuite un type d’organisation politique. Les partis fascistes traditionnels- j’entends allemand et italien- se distinguent par certaines propriétés structurelles comme par le recours à certains moyens au service de certains objectifs. On verra lesquels et on se demandera dans quelle mesure certaines organisations existant aujourd’hui, s’y apparentent, par leur action comme par leur fonctionnement. Le fascisme, c’est également, bien sur, une famille d’idéologies. Je dis « famille », parce que, dans les cas classiques de l’Allemagne et de l’Italie, on distingue assez facilement, derrière les points communs, des différences. C’est peut-être même l’inverse : comme le suggère Roger Bourderon, on perçoit peut-être d’abord les différences avant de découvrir, en approfondissant l’examen, le point commun essentiel de ce qu’il appelle « antimarxisme de principe » des idéologies fascistes. J’y reviendrai. Dans ce qui suit, je traiterai du faisceau- excusez le jeu de mot- de caractères qui relient certaines idéologies présentes dans notre champ politique aux fascismes traditionnels. Je le dis d’avance, je ne suis que très imparfaitement satisfait du travail que je partagerai avec vous ce soir. D’abord, parce que, dans le temps imparti, il me semblait difficile de dire tout ce qui me semblait devoir être dit. Ensuite et surtout parce que je ne suis pas universitaire et je ne travaille pas du tout dans un domaine de compétence voisin de ce dont je vais parler. Mais je crois avoir fait une recherche honnête et j’espère que le débat suppléera au défaut de mon exposé. Lire la suite

Soral fait son numéro, par Marc Harpon

 

Je suis en train de préparer des formations militantes que je dois animer, à la demande de lecteurs, sur le néofascisme contemporain. J’ai relu énormément de documents sur les versions anciennes et modernes de ce qu’incarnent aujourd’hui des gens comme Soral, Dieudonné ou Kémi Séba. L’historien Roger Bourderon, dans son excellent ouvrage, Le fascisme, idéologie et pratique, depuis longtemps épuisé, écrivait que la propagande fasciste «  se donne des apparences révolutionnaires, pour attirer, dans une période de crise, des éléments sans aucune culture politique » (p. 153). Chez Soral et Dieudonné, manque certes la propagande par le fait que constitue la violence physique contre l’adversaire, et que seul, pour l’instant, Kémi Séba, avec le triste épisode de l’expédition punitive dans un quartier juif de Paris, a pour l’instant repris à son compte. Mais il n’y a aucun doute sur le fait qu’égalité et Réconciliation, l’association de Soral, cherche à attirer des « éléments sans aucune culture politique », voire des éléments sans aucune culture quelle qu’elle soit- ce qui ne serait pas un mal s’il ne s’agissait pas de les embobiner mais de les former. Lire la suite