La crise du progrès et le marxisme, par Marc Harpon

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Mon camarade Gilles Questiaux a récemment publié deux textes de théorie sur Réveil Communiste. Je suis d’accord avec l’un des deux, son « Manifeste pour un mouvement révolutionnaire des exploités », si ce n’est que je suis plus pessimiste que lui sur l’avenir proche. Est-ce l’effet démobilisateur de la lecture de l’Ecole de Francfort ? En revanche, le second texte, « Le mouvement révolutionnaire et les lois du développement historique », ne me semble pas prendre la mesure de la crise du progrès dans laquelle l’Occident a commencé à s’enliser avec Nietzsche.

L’humanité, écris-tu, Gilles, progresse vers un but. Ce but est-il conscient? Cela me semble peu vraisemblable. Chacun, façonné (comme un Homo Economicus) par le capitalisme, recherche au contraire ses petites fins privées. Lire la suite

Le marxisme analytique et la conscience de classe, Par Erik OliN Wright

 

Chaîne de montage des automobiles Peugeot à Sochaux en 1931

 

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Le texte ci-dessous est traduit des pages 242 à 244 de Classes, (Verso, Londres, 1985) d’Erik Olin Wright. Il s’agit du début de la section intitulée « Qu’est-ce que la conscience de classe ? », par laquelle s’ouvre le chapitre VII. Wright appartient au courant de pensée du marxisme dit analytique, dont il a déjà été question sur ce blog, ici ou encore . Ce courant de pensée a parfois donné naissance à un « marxisme » totalement défiguré et méconnaissable, avec les travaux de Jon Elster, en philosophie morale et politique, et de John Roemer, en économie. En sociologie et en philosophie de l’histoire, cependant, avec l’excellent Karl Marx’s theory of history. A Defense, de GA Cohen, ou encore les travaux d’Erik Olin Wright sur la domination de classe, le marxisme analytique est fidèle au projet suggéré dans le titre de son texte fondateur, l’ouvrage de COHEN cité plus haut : défendre les acquis théoriques de Marx (ou du moins, du Marx sociologue et théoricien de l’histoire, mais moins du Marx économiste) à l’aide d’une boîte à outil marxiste rénovée. Cette rénovation implique bien entendu un moment (auto)critique, où il s’agit de mettre à jour les faiblesses de versions du marxisme jugées erronées et c’est dans ce moment autocritique que se situe l’extrait ci-dessous de Wirght. Le lecteur français, généralement peu familier du marxisme anglo-saxon, sera surpris de lire ses attaques contre un des auteurs capitaux du marxisme d’Europe continentale, Georg Lukacs. Changement de Société ne prend pas ici parti pour ou contre Lukacs, mais propose simplement à la lecture une pièce importante du débat interne au marxisme (que Wright n’a jamais cessé de revendiquer et de pratiquer, contrairement à beaucoup d’autres auteurs de son école) anglo-saxon. Lire la suite

Le matérialisme historique et le capitalisme (1/2) par G.A. Cohen

source : Gerald Allen COHEN, Karl Marx’s theory of history. A defence, Oxford University Press, 1978, chapitre VII, “The productive forces and capitalism” (extraits)

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Né dans une famille juive communiste du Canada, G.A Cohen (1941-2009) est un auteur méconnu en France. Cet ancien professeur de l’Université d’Oxford est peu traduit dans l’Hexagone, alors qu’il a été à l’origine d’un important courant marxiste dans l’Université anglo-saxonne : le marxisme dit “analytique”, Lire la suite