Un référendum oublié, 17 mars 1991 : quand les peuples russes et ukrainiens ont voté ensemble pour garder l’URSS !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le référendum de Crimée est plein de dangers. Laissons les occidentaux et les Russes à leur sombre partage du gâteau, leurs dénonciations hypocrites. Rappelons plutôt un autre référendum, il y a 23 ans jour pour jour, qui avait uni Russes et Ukrainiens.

L’Union soviétique, renversée par un mouvement populaire irrésistible, une défiance généralisée ou plutôt trahie par ses propres dirigeants déterminés à un changement de régime, de système économique, prompt à assurer leur domination ?

Les résultats du référendum du 17 mars 1991 portant sur le maintien ou non de l’Union des républiques socialistes soviétiques – neuf mois avant la dissolution effective de l’URSS par Gorbatchev – peuvent nous apporter une réponse guère contestable. Lire la suite

Est-ce que cela a un sens pour quelqu’un d’autre que moi, par Danielle Bleitrach

danielle bleitrach

source : Histoire et Société, 11 janvier 2014

C’est étrange j’écoutait ce soir le débat de Taddei et je suis passée sur la 5 où se raconte l’histoire de l’assassinat d’Heydrich, le supérieur d’Eichmann, le véritable promoteur de la solution finale.

Pendant trois ans j’ai travaillé sur un livre qui à partir du film de Brecht et Lang racontait son exécution par la Résistance Tchèque. Lire la suite

Ils croient (ou veulent faire croire) qu’ils ne sont pas antisémites, par Marc Harpon

 

 

 

Yahia Gouasmi du "Parti antisioniste" et ses compères Dieudonné et Soral

Yahia Gouasmi du « Parti antisioniste » et ses compères Dieudonné et Soral

L’écrivain allemand Klaus Mann, dans un texte sur la « notion » de « bolchévisme culturel » inventée par les nazis, écrit ce qui suit :

 

 

L’expression « bolchevisme culturel » est l’arme dont usent les puissances régnant aujourd’hui en Allemagne pour étouffer toute production intellectuelle qui ne serait pas au service de leurs tendances politiques. Il serait malaisé de donner une définition précise du « bolchevisme culturel ». Il en a de ce concept comme de tout le pathos de la « nouvelle Allemagne » : il est plus commode de l’expliciter par la négative. (Le nouveau pathos allemand se montre beaucoup plus facilement contre que pour quelque chose : contre le marxisme, contre le traité de Versailles, contre les Juifs). Pour commencer donc, l’esprit du « bolchevisme culturel » n’est pas nationaliste, ce qui suffit déjà à le condamner. Du reste, le bolchevisme culturel n’a pas besoin d’avoir le moindre lien avec le bolchevisme, généralement il n’en a aucun. Il faut juste qu’il en ait avec la culture, laquelle est en soi motif à suspicion. Quoi qu’il en soit, il mérite de mourir parce qu’il est « antiallemand», « réfractaire », « judéo-analytique », dépourvu de respect devant les bonnes vieilles traditions (à savoir les corporations étudiantes et les défilés militaires), pas assez « attaché à la terre », pas assez « dynamique », et de ce fait- de tous les reproches le plus épouvantable- « pacifiste ». Le bolchevique culturel s’est ligué avec la France, les Juifs et l’Union Soviétique. Il est à la fois marxiste et anarchiste (on met tout dans le même sac). Il reçoit tous les jours de l’argent des franc-maçons, des sionistes et de Staline. Il faut l’exterminer.

 

 

Mann donne ici un exemple de ce qu’on peut, me semble-t-il, tenir pour un caractère essentiel du fascisme comme idéologie : le flou conceptuel ou balancement notionnel. Lire la suite

L’impérialisme, son rôle structurel, par Marc Harpon

 

Impérialisme

Ci-dessous est donnée la version écrite de ma conférence lors de la journée de formation organisée par les Jeunes Communistes du 92 sur le thème de l’impérialisme. Les militants assemblés pour entendre les intervenants se sont vu remettre une copie des principaux textes cités (Marx, Hobson, Lénine, Galeano),  ainsi que d’un article de Libération et d’un extrait d’un site consacré à l’histoire d’une tristement célèbre entreprise américaine. C’est que j’ai la conviction que l’apprentissage de la pensée critique et autonome ne peut pas se faire sans supports, notamment issus des œuvres classiques traitant de telle ou telle question.

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À propos des vagues et des tsunamis de l’émancipation de l’Amérique latine, par Ana Esther Ceceña

 

 

source : Cubadebate, 23 août 2013

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit ce texte.

 

Ana Esther Ceceña  est l’une des économistes et chercheuses mexicaines de l’Institut de Recherches Économiques de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

Elle prend part à l’Observatoire Latino-américain de Géopolitique, au Mexique.

 

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Le fascisme aujourd’hui, par Marc Harpon.

Ci-dessous, le texte de la conférence prononcée le 16 mai 2013, dans le cadre de la Semaine de l’Antifascisme, organisée à l’Université Paris X par les Jeunes Communistes de Nanterre et l’Union des Etudiants Communistes de l’Université. Ce texte diffère quelque peu de la conférence réellement prononcée, car j’ai dû la raccourcir au maximum.

Il est à peine utile de mentionner que le terme de « fascisme » renvoie à plusieurs réalités distinctes bien que liées les unes aux autres. Le fascisme peut d’abord être un type de régime politique, caractérisé entre autres par l’abolition des libertés démocratiques, la violence contre le mouvement ouvrier et un nationalisme extrême débouchant, dans le cas allemand du moins, sur le déchaînement de la violence raciste. Ce n’est pas de ce fascisme là qu’il sera question, puisqu’on est ici pour parler du fascisme aujourd’hui. Or, en Europe en tout cas, il n’existe aucun régime de type fasciste, bien que le qualificatif de « fasciste » soit fréquemment utilisé comme insulte politique contre les réactionnaire de tout poil. Le fascisme, c’est ensuite un type d’organisation politique. Les partis fascistes traditionnels- j’entends allemand et italien- se distinguent par certaines propriétés structurelles comme par le recours à certains moyens au service de certains objectifs. On verra lesquels et on se demandera dans quelle mesure certaines organisations existant aujourd’hui, s’y apparentent, par leur action comme par leur fonctionnement. Le fascisme, c’est également, bien sur, une famille d’idéologies. Je dis « famille », parce que, dans les cas classiques de l’Allemagne et de l’Italie, on distingue assez facilement, derrière les points communs, des différences. C’est peut-être même l’inverse : comme le suggère Roger Bourderon, on perçoit peut-être d’abord les différences avant de découvrir, en approfondissant l’examen, le point commun essentiel de ce qu’il appelle « antimarxisme de principe » des idéologies fascistes. J’y reviendrai. Dans ce qui suit, je traiterai du faisceau- excusez le jeu de mot- de caractères qui relient certaines idéologies présentes dans notre champ politique aux fascismes traditionnels. Je le dis d’avance, je ne suis que très imparfaitement satisfait du travail que je partagerai avec vous ce soir. D’abord, parce que, dans le temps imparti, il me semblait difficile de dire tout ce qui me semblait devoir être dit. Ensuite et surtout parce que je ne suis pas universitaire et je ne travaille pas du tout dans un domaine de compétence voisin de ce dont je vais parler. Mais je crois avoir fait une recherche honnête et j’espère que le débat suppléera au défaut de mon exposé. Lire la suite

Letras cubanas : La Sorpresa de Virgilio Piñera, (4/6)

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traduit de l’espagnol, présenté et annoté  par Marc Harpon pour Changement de Société

La révolution est passée. Le vent a tourné pour la Marta, la ci-devant propriétaire. Les deux paysans, ont échappé, grâce à la victoire de Fidel, à l’expulsion. C’est donc tout naturellement que la Caridad del Cobre, la Vierge nationale des cubains, a été remplacée, au mur, par une photographie du Commandant en chef du Mouvement du 26 Juillet et Premier Ministre de Manuel Urrutia, le premier président de Cuba après l’effondrement de Batista.

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