« Le Capital au XXIème siècle », ouvrage de Thomas Piketty, commenté par Jean-Claude Delaunay

Thomas Piketty

source : Faire Vivre et Renforcer le PCF

Ce livre a été publié en septembre 2013 par les Editions du Seuil (Paris), puis en avril 2014 (7 mois plus tard) par les Presses de l’Université de Harvard (Cambridge, MA). Compte tenu de la taille du livre (950 pages, table des matières exclue), cette publication scientifique est en même temps une opération idéologique et commerciale très réfléchie, comme Le Seuil sait le faire. Y aurait il, derrière et à terme, la recherche d’un prix Nobel ? Ce livre est fort bien écrit. Je ne dirai pas que c’est un livre facile à lire, mais c’est un livre que l’on peut lire aisément, plume à la main, ayant été l’objet d’un important travail éditorial.

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La sortie de l’UE et la maîtrise des flux migratoires, par Marc Harpon

EU UE Europe Union Européenne Flag Drapeau

« Quant aux patrons et au gouvernement français, ils recourent à l’immigration massive, comme on pratiquait autrefois la traite des Noirs, pour se procurer une main-d’œuvre d’esclaves modernes, surexploitée et sous-payée. Cette main d’œuvre leur permet de réaliser des profits plus gros et d’exercer une pression plus forte sur les salaires, les conditions de travail et de vie, les droits de l’ensemble des travailleurs de France, immigrés ou non. » Georges Marchais, Lettre ouverte au Recteur de la Mosquée de Paris, 1981

Si l’on pouvait supposer que les problèmes liés à l’immigration n’aient pas subi de modification majeure depuis les années 1980, il n’y en aurait pas moins une différence profonde entre le contexte de la Lettre ouverte de Marchais et le nôtre. A l’époque, la souveraineté nationale était encore largement intacte. Autrement dit, il était encore possible d’imaginer une solution politique relativement simple aux questions de gestions des flux migratoires. Trois décennies plus tard, la France se noie dans une Union Européenne unifiée sur les plans économique et monétaire, au profit de laquelle elle a perdu une large partie de sa souveraineté. C’est pourquoi, dans ce qui suit, j’argumente qu’un prérequis à une politique migratoire rénovée sur des bases anticapitalistes est la reconquêtes de notre souveraineté. Lire la suite

Acclimater la leçon vénézuélienne : les prix mais aussi les salaires, par Marc Harpon

Posée sans référence au problème des salaires, la question des « prix justes » est le signe d’une régression de Marx à Proudhon (ci-dessus).

Le Venezuela est dans une mauvaise passe. L’inflation sur un an y atteint 54% et les pénuries se multiplient. Pourtant, la Révolution Bolivarienne a été, contrairement à la légende colportée par la presse, couronnée de succès et notamment sur le plan économique. Pour le mesurer, il suffit d’observer quelques indicateurs  : le taux de croissance du PIB passe ainsi de 1,3% à 4,3% entre les années 1990 et la période postérieure à 2003, celui du PIB par tête monte à 2,5%, contre – 0,8% auparavant. L’inflation, qui monte en flèche depuis de nombreux mois, avait baissé et s’était stabilisée durant la présidence d’Hugo Chavez. Lire la suite

L’impérialisme, son rôle structurel, par Marc Harpon

 

Impérialisme

Ci-dessous est donnée la version écrite de ma conférence lors de la journée de formation organisée par les Jeunes Communistes du 92 sur le thème de l’impérialisme. Les militants assemblés pour entendre les intervenants se sont vu remettre une copie des principaux textes cités (Marx, Hobson, Lénine, Galeano),  ainsi que d’un article de Libération et d’un extrait d’un site consacré à l’histoire d’une tristement célèbre entreprise américaine. C’est que j’ai la conviction que l’apprentissage de la pensée critique et autonome ne peut pas se faire sans supports, notamment issus des œuvres classiques traitant de telle ou telle question.

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Vertus rhétoriques et vices théoriques du « coût du capital », par Marc Harpon

IMG_0622A la demande de la CGT et de l’IRES, un groupe d’économistes s’est interrogé sur le « coût du capital ». En effet, pour produire, il faut semble-t-il, des biens de production (consommations intermédiaires et capital fixe) d’une part et du travail productif, d’autre part. De là, il suit que, capital et travail ou, en termes marxistes, « capital constant » et « capital variable » sont les deux facteurs de la production, les deux choses qui font qu’il y a production. La compétitivité s’entend comme le fait de produire à un coût inférieur à celui des concurrents. Or, puisqu’il y a deux « facteurs de production », on devrait s’attendre à ce que la compétition entre entreprises (ou entre nations) concurrentes se fasse par l’action sur l’un comme par l’action sur l’autre. Lire la suite

Ne comptez plus sur sur Keynes pour sauver la France, par Marc Harpon

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Comme prévu, la France est incapable de tenir ses engagements vis-à-vis de l’Europe anti-sociale. Les déficits publics, notamment, sont au-dessus des 3% attendus. Nous avons donc un an et demi de délai supplémentaire pour atteindre, en 2015, les 2,8%. Pendant ce temps, la légitime opposition à l’austérité devrait, à gauche du moins, en rester à ses jérémiades sur « l’Europe sociale », ses bavardages sur la mise au pas de la « finance » et ses rêves de politique keynésienne à l’échelle de la zone euro, avec une BCE subordonnée au politique, et une politique européenne elle-même subordonnée aux peuples- et non plus technocratiquement contrôlée par les experts de la Commission. Lire la suite

L’autre Mario et l’autre Marx, par Michael Roberts

Le Cardinal Reinhard Marx

source : The Next Recession,01 mars 2013

traduit de l’anglais et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société

Mario Monti a peut-être perdu lors des élections générales en Italie et il ne sera peut-être plus premier ministre à la fin de ce mois, mais l’autre Super Mario italien est encore en place. Mario Draghi est le chef de la Banque Centrale Européenne et il a pour responsabilié d’assurer que le capitalisme italien n’explose pas. Il se tient prêt à injecter du liquides dans les poche de l’Etat italien en achetant des bonds du Trésor, au cas où les marché financiers abandonneraient l’Italie dans les prochains mois, provoquant une nouvelle crise de l’euro. Lire la suite