La Baie des Cochons et l’écrivain qui défia la CIA, par Gabriel Garcia Marquez

Garbiel Garcia Marquez, photographié ici dans les années 1960, est décédé le 17 avril 2014.

source : El Pais (Madrid), 16 décembre 1980/Cubadebate (Cuba), 19 avril 2014

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

La manière dont le Gouvernement révolutionnaire de Cuba s’informa, avec plusieurs mois d’avance, du lieu et de la façon dont s’entraînaient les troupes qui devaient débarquer à la Baie des Cochons est un de mes meilleurs souvenirs de journaliste. La première information fut connue au bureau central de Prensa Latina, à La Havane, où je travaillais en décembre 1960 et cela par un hasard presque invraisemblable. Jorge Ricardo Masetti, le directeur général, dont l’obsession dominante était de faire de Prensa Latina une agence meilleure que toutes les autres, tant capitalistes que communistes, avait installé une salle spéciale équipée de télétypes pour centraliser puis analyser en comité de rédaction l’activité quotidienne des services de presse du monde entier. Il passait de nombreuses heures à scruter les immenses rouleaux de nouvelles qui s’accumulaient sans cesse sur son bureau, jaugeait le torrent d’informations, tant de fois répétéesde tant de points de vues et avec tant de perspectives contradictoires et sorti des bureaux d’agences si différentes et, enfin, les comparait avec nos propres services. Lire la suite

Fernando Perez : psychanalyse de la Révolution Cubaine et phénoménologie du regard désirant, par Marc Harpon

Le cinéaste cubain Fernando Pérez.

Le grand public se trompe, me semble-t-il, doublement sur le cinéma cubain. D’une part, on ignore généralement son existence. D’autre part, on s’imagine que tous les modes d’expressions, donc aussi le septième art, sont soumis à la « censure » de la « dictature ». Or, il existe un cinéma à la fois riche et critique, soutenu par l’Etat et le Parti. Fresa y Chocolate de Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío est sans doute l’exemple le plus connu de ces films cubains qui prétendent dénoncer certains travers de la société cubaine. Mais ce n’est pas le seul. J’ai récemment vu La vida es silbar (La vie consiste à siffler), de Fernando Pérez et ce film, à mon sens, illustre bien l’existence d’un grand cinéma critique soutenu par le « régime ». Lire la suite

Letras cubanas : La Sorpresa de Virgilio Piñera, (5/6)

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

La Révolution a eu lieu et Marta, la latifundiaire, revient chez « ses » paysans. Elle doit « leur parler ». Mais pour leur dire quoi?

 Pour lire les parties précédentes de cette traduction cliquez sur ce lien. Lire la suite

Letras cubanas : La Sorpresa de Virgilio Piñera, (4/6)

fidel-castro_che

traduit de l’espagnol, présenté et annoté  par Marc Harpon pour Changement de Société

La révolution est passée. Le vent a tourné pour la Marta, la ci-devant propriétaire. Les deux paysans, ont échappé, grâce à la victoire de Fidel, à l’expulsion. C’est donc tout naturellement que la Caridad del Cobre, la Vierge nationale des cubains, a été remplacée, au mur, par une photographie du Commandant en chef du Mouvement du 26 Juillet et Premier Ministre de Manuel Urrutia, le premier président de Cuba après l’effondrement de Batista.

Lire la suite

Batman et ses mystères, par Javier Montenegro

 

source : http://www.cubadebate.cu/opinion/2013/02/12/batman-y-sus-misterios/

 Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit cet article.

Cela fait plusieurs semaines que je pense au dernier Batman réalisé par Christopher Nolan. Une question simple me turlupine chaque fois que je me trouve vacant ; pourquoi Bane est-il choisi comme le méchant ? Tout ceci vient de la critique du film de Perez Betancourt, où le chroniqueur de Granma « découvre » un lattis à l’encontre des mouvements sociaux comme Occupy Wall Street. Derrière les près de trois heures d’images, un message est clair ;  » Oui, les choses vont mal, mais les 99% ne peuvent pas s’en occuper, qu’ils laissent, laissons cette tâche aux bons du l% « .
Lire la suite

Letras cubanas : La Sorpresa, de Virgilio Piñera (3/6)

Le Commandant Fidel signant la première loi de Réforme agraire, dont parle la pièce La Sorpresa, de Virgilio Piñera.

source : Virgilio Piñera, Teatro Completo, textes rassemblés et introduits par Rine Leal, Editorial Letras Cubanas, La Havane, 2006.

Traduit de l’espagnol et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société

Ci-dessous se trouve la troisième partie de la traduction de la pièce La Surprise, du grand dramaturge Virgilio Piñera, dont les cubains ont célébré le centenaire il y a peu. La première et la deuxième partie sont disponibles ici et . Sur l’auteur, on lira également « Wikipedia raconte n’improte quoi. ».

Lire la suite

Difficulté de reconnaître la violence Brecht et Danielle Bleitrach

source : Histoire et société, 23 septembre 2012.

Beaucoup sont disposés aujourd’hui à combattre la violence dont on use contre ceux qui sont sans défense. Mais sont-ils capables de reconnaître la violence?

Certains actes de violence sont facile à reconnaître. QUAND à cause de la forme de leur nez ou de la couleur de leur cheveux, des hommes sont foulés aux pieds, l’acte de violence est évident aux yeux de la plupart des gens. De même lorsque des hommes sont enfermés dans des cachots où l’on étouffe, on voit là l’oeuvre de la violence.

Mais nous voyons partout des gens qui ont l’air aussi mal en point que si on les avait passés par les baguettes, des gens qui à l’âge de trente ans ont déjà l’air de vieillards sans que cependant aucune violence ne soit visible. Des gens habitent d’un bout de l’année à l’autre dans des trous qui ne sont pas plus accueillants que des cachots, et ils n’ont pas plus la possibilité d’en sortir que s’il s’agissait de cachots.Il n’y a pas,il est vrai, de geoliers devant les portes. Lire la suite