Réflexions du compañero Fidel, UNE ERREUR SUICIDAIRE

J’ai écrit voilà trois jours dans mes Réflexions du jeudi 25 au soir : « Nous ignorons ce qu’il se passera cette nuit ou demain au Honduras, mais la conduite courageuse de Zelaya passera à l’Histoire. »

J’avais aussi écrit deux paragraphes plus haut : « Ce qu’il se passe dans ce pays sera un test pour l’OEA et pour l’administration étasunienne. »

L’antédiluvienne institution interaméricaine, qui s’était réunie le lendemain à Washington, avait promis dans une résolution en demi-teinte et tiède de faire aussitôt les démarches pertinentes pour chercher une harmonie entre les parties en conflit. Autrement dit une négociation entre les putschistes et le président constitutionnel du Honduras.

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Dépêches ABN sur le coup d’Etat au Honduras

Chavez propose aux soldats du Honduras de se mettre au service du peuple et non de l’oligarchie

p_26_06_2009_pCaracas, 28 juin. ABN. Le président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chavez Frias, a fait un appel aux soldats du Honduras pour qu’ils répondent aux intérêts du peuple et non de l’oligarchie de la nation de l’Amérique centrale.

Durant une transmission spéciale depuis le Palais de Miraflores de la chaîne VTV, le président Chavez a signalé que les militaires latino-américains ont toujours été utilisés par l’oligarchie du continent pour renverser des gouvernements démocratiques.

« J’ai vu le visage de ces gorilles, de ceux qui sont utilisés pour aller à l’encontre des gouvernements qui obéissent aux intérêts du peuple, comme Bolivar je leur dis : Maudit soit le soldat qui retourne son arme contre son peuple », a-t-il jugé.

« Je fait un appel aux soldats qui sont contre ce coup d’Etat en Honduras pour qu’ils se soulèvent et restituent la constitutionnalité de cette nation de l’Amérique centrale, ce qui commence par la restitution de ses charges au président Manuel Zelaya », a-t-il ajouté.

Enfin, Chavez a souligné le fait que le Venezuela n’intervient pas dans la politique interne du Honduras mais clarifie que son gouvernement agit en défense de la démocratie latino-américaine.

Malgré le coup d’Etat, le peuple du Honduras assiste au référendum

abn-28-06-2009-28609145572honduras28Pendant que le président du Honduras, Manuel Zelaya, se retrouve au Costa Rica emmené de force par les forces militaires du Honduras, son peuple a ratifié l’appui à son président légitime en organisant par le bas le référendum, qui fut le détonateur de l’actuel coup d’Etat selon le propre Zelaya.

Des milliers de citoyens du Honduras se font entendre dans la capitale pour réclamer le retour de Zelaya, tout en maintenant sa ferveur démocratique dans les urnes qu’ils ont eux-mêmes récupérées, avec le président jeudi passé.

Un peuple qui persiste démocratiquement pour la vie

L’indignation est le sentiment qui règne chez des milliers de Honduriens qui se sont concentrés dans les abords du Palais du Gouvernement à Tegucigalpa, la capitale, pour exiger le retour du président légitimement élu, Manuel Zelaya.

C’est ainsi que le directeur de l’Agence Bolivarienne de Nouvelles, Freddy Fernandez, a informé par contact téléphonique le président Chavez.

Fernandez se retrouve à Tegucigalpa au motif du référendum qui allait se réaliser ce dimanche dans ce pays pour déterminer si le peuple était d’accord de convoquer une assemblée national constituante.

Le fonctionnaire a indiqué que la mobilisation populaire était très grande dans la capitale et a précisé que des personnes de toutes les régions s’y sont rendus, qui ont réagi avec stupeur face aux décisions du parlement du Honduras, qui a retiré la légitimité de Zelaya et a assermenté le président du Congrès, Roberto Micheletti, comme nouveau président du pays d’Amérique centrale.

« Les gens ont été informés, malgré la censure qui existe dans tous les médias du pays et grâce aux déclarations que Zelaya a donné sur TeleSur », a dit Fernandez, en se référant aux paroles du président Hondurien, à son arrivé au Costa Rica, où il fut envoyé sans son consentement par des militaires.

Publié et traduit par EM

T’SAR-KOZY A L’OIT

CONTRE LA GUERRE, COMPRENDRE ET AGIR
Bulletin n°208– semaine 26 – 2009

T’SARKOZY A L’OIT
UN NIVEAU DE CONTRADICTION ENTRE LA PAROLE ET LES ACTES QUI DEFIE L’IMAGINATION

Pour préparer le sketch qu’il allait jouer devant l’Assemblée générale annuelle de l’OIT, le grand bonimenteur avait fait appel à une équipe de conseillers bienveillants
Nous avons nommé messieurs :
Bernard THIBAULT Secrétaire général de la CGT
François CHEREQUE Secrétaire général de la CFDT
Jean-Claude MAILLY Secrétaire général de la CGT-FO
Bernard VAN CRAEYNESTY Président de la CFE-CGC
Jacques VOISIN Président de la CFTC

Ces 5 compères supposés parler au nom du salariat en souffrance sur le territoire de la république bonapartiste française lui ont fourni la matière d’un discours social qu’il devait prononcer le 15 Juin à Genève en se parant du manteau de Saint Vincent de Paul mais en ne donnant aux pauvres qu’un Kleenex pour essuyer leurs larmes.

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KAFKA : « LA METAMORPHOSE » c’est déjà réglé

kafka[1]

 Le 7décembre 1912 Franz Kafka terminait « La Métamorphose ». Il s’agit d’une nouvelle dans laquelle le héros, Kafka lui-même sous le nom de  Grégor Samsa, s’éveille un matin transformé en un insecte repoussant,  on ne sait pas de quoi il s’agit, d’une vermine, d’un  cafard ou d’un cancrelat provoquant la répulsion. le bruit suggère l’écrasement, le chuintement de la carapace sous  les gigantesques semelles des bottes du père lorsque celui-ci marche vers lui. Mais il faudrait également songer à la punaise puisqu’il y a alors une odeur insoutenable.  Qui est-il, ce blog ou celle qui l’a un jour créé ?

Ceci pour les interprétations réductrices et univoque y compris celle de l’abandon d’un blog parce que l’envie de vomir vous est venu devant tout ce à quoi vous avez tenté de croire dans une vie et qui s’est avéré une pitoyable illusion.. M le maudit… Le juif est devenu un goy et le communiste est un négationniste antisémite ou quelqu’un qui a renoncé à changer le monde… Freud avait sans doute raison quand au comble du desespoir il dénonçait ceux qui en proie à une paranoïa imaginent que l’on peut changer les êtres humains, et l’ignoble société… Le projet de ce blog n’était que paranoïa.

L’analogie s’est imposée à moi à cause de la petite fable de je ne sais plus qui, narquoise, méprisante, paternaliste: Danielle s’enfuit et elle se trompe de sortie, elle est dans un placard, elle est obligée de sortir du placard et de revenir d’une manière hilarante. Je me suis donnée le temps de réflexion et le mépris ne m’a pas quitté. Mépris pour ceux qui ont osé nier l’extermination des camps de concentration, comme si cela concernait seulement les juifs et pas toute l’humanité, mépris pour ceux qui ou plutôt celle qui m’a harcelée en m’appelant la « tribale », mépris pour ceux qui comme le président iranien croient faire avancer la cause palestinienne en pronant la banalisation de l’antisémitisme, comme ce minable physicien qui après avoir nié Freud, se prend pour russel parce qu’il aspire à l’oubli et à la négation de l’humanité. Fin de toute espérance, le contrat qui liait la petite fille juive aux communistes parce que eux étaient allés en camp de concentration par idéal, comme des combattants a été dénoncé, quand ce type m’a dit à Avignon « je ne suis pas plus qu’un juif mais pas moins, le complexe du goy » et il se croyait communiste… Il n’était pas le seul… Tous se croyant anti-capitalistes parce que antisémites, c’était leur dernier refuge… Comparer gaza à l’holocauste… Un tout petit pogrom comme il y en a eu des centaines des milliers depuis 2000 ans… Et cette obsession sur madoff… Tous ces textes dignes de Drumont, et vous croyez que vous allez changer de société avec ce genre de chose, pas plus qu’un mollah iranien… Ou qu’un catholique sud américain confit en bondieuseries et haissant les juifs par amour névrotique d’un christ sanguinolant… Un Petras, un noir américain raciste… On finit par se dire qu’Obama est un moindre mal…

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Réflexions du compañero Fidel : UNE RÉPONSE RIDICULE À UNE DÉFAITE

N’en déplaise à Fidel, je mettrai plutôt cette révélation du « couple d’espions » en rapport avec le fait que, d’ici une quinzaine de jours au maximum, la Cour suprême doit décider si elle accepte ou non d’analyser le cas des Cinq, qui est l’ultime recours qu’il leur reste pour éviter de pourrir en prison jusqu’à la fin de leurs jours (du moins les trois condamnés à la perpétuité). Venant après la toute récente prise de position du département de Justice (donc, de l’administration) lui demandant de pas revoir le cas, quelle coïncidence que cette révélation de l’espionnage au profit de Cuba, alors que ce couple (selon l’histoire racontée à la presse) était sous surveillance depuis trois ans ! Pour moi, le message est tout à fait clair : Cuba a des espions partout, jusque dans le département d’Etat, et les Cinq en étaient aussi.

Pendant ce temps, comme le rappelle Fidel, l’administration continue de traiter avec des pincettes des terroristes avérés comme Posada Carriles, acceptant non seulement d’ajourner une fois de plus la date de son procès pour « mensonge à l’émigration », mais demandant en plus au tribunal d’El Paso (hier, 5 juin) d’émettre un ordre pour éviter que des tiers, dont la presse, aient accès à des informations sensibles. Il faut protéger les secrets du terroriste. Et le département de Justice doit en arriver à cette extrémité parce que les avocats de Posada Carriles, des salauds mais pas des idiots, ont refusé, de l’aveu même des procureurs signataire du document, de parvenir à un accord en vue de protéger l’information. Menacer de tout révéler de l’acoquinement des différents administrations avec le terrorisme contre Cuba, c’est pour Posada Carriles la meilleure manière de ne pas être condamné, si tant est que le gouvernement ait envie de le faire.

Là encore, le message est clair : au nom de la sécurité nationale, nous continuerons de protéger « nos » terroristes et de punir les ennemis de « nos » terroristes.

Curieusement l’administration étasunienne ne se rend pas compte que tout ceci est cousu de fil blanc : elle continue de juger Posada Carriles, non comme un terroriste, mais comme un émigré menteur, alors que pourtant elle demande au juge d’El Paso de protéter l’information « sensible » que pourrait donner Posada Carriles. Elle informe le juge : « Le Gouvernement a un intérêt spécial à empêcher que certaine documentation sensible, mais non encore classifiée, se retrouve aux mains de n’importe qui qui ne serait pas l’une des parties au procès de ce cas et qui pourrait inclure une information relative à la sécurité nationale actuelle ou en rapport avec des investigations criminelles tant étrangères que nationales ». Les informations aux mains d’un simple émigré mettant en danger la sécurité nationale!! Quant aux « investigations criminelles », il faut lire bien entendu, je présume, tout ce qui a rapport avec la demande d’extradition vénézuélienne de ce sinistre individu.

Bien que l’administration Obama ait fait un petit pas en avant, en l’accusant aussi de parjure et d’obstruction pour avoir menti au sujet de sa prétendue participation à des attentats à l’explosif à Cuba en 1997, elle continue de protéger ce terroriste, d’autant que celui-ci a menacé de révéler bien des choses s’il était accusé et condamné. Et, bien évidemment, ça ne convient à personne à Washington. Sous Obama ou sous Bush ou sous n’importe quel défenseur de l’Empire.

Obama pense régler les problèmes et améliorer les rapports avec le monde avec de beaux discours comme tout récemment au Caire! Comme si ça suffisait… Il y faut des faits, du concret. Mais beaucoup se laissent prendre aux beaux discours, quand on voit le choeur angélique que lui fait la presse internationale.

Dernière petite remarque qui montre bien que celle-ci a toujour le petit doigt sur la couture du pantalon: alors qu’elle n’a jamais rien publié sur les Cinq, on trouve partout l’information sur le « couple d’espions » au service de Cuba.

Jacques-François Bonaldi

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ZHAO ZIYANG , UN GORBATCHEV CHINOIS ?

COMAGUER
Bulletin n°207– semaine 23 – 2009

Pour rédiger ses bulletins comme pour préparer ses chroniques radiophoniques, COMAGUER lit, traduit, recoupe, pioche à de multiples sources.

Aujourd’hui COMAGUER a choisi de transmettre directement un document très important
Il s’agit du texte de l’historien italien DOMENICO LOSURDO qui s’inscrit à contre courant de la campagne de propagande antichinoise lancée à l’occasion du 20° anniversaire des évènements de la place TIEN AN MEN.

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ZHAO ZIYANG , UN GORBATCHEV CHINOIS ?

COMAGUER
Bulletin n°207– semaine 23 – 2009

Pour rédiger ses bulletins comme pour préparer ses chroniques radiophoniques, COMAGUER lit, traduit, recoupe, pioche à de multiples sources.

Aujourd’hui COMAGUER a choisi de transmettre directement un document très important
Il s’agit du texte de l’historien italien DOMENICO LOSURDO qui s’inscrit à contre courant de la campagne de propagande antichinoise lancée à l’occasion du 20° anniversaire des évènements de la place TIEN AN MEN.

DOMENICO LOSURDO sera l’invité de COMAGUER

sur RADIO GALERE (88.4 mhz)

Le MERCREDI 10 JUIN DE 20H A 21H 30

Tienanmen 20 ans après

Domenico Losurdo

Ces jours ci la grande presse d’ « information » s’emploie à rappeler le vingtième anniversaire du « massacre » de la place Tienanmen. Les évocations « émues » des événements, les interviews des « dissidents » et les éditoriaux « indignés », les multiples articles qui se succèdent et se préparent visent à couvrir la République Populaire Chinoise d’infamie perpétuelle, et à rendre un hommage solennel à la civilisation supérieure

VOLS NOIRS DE CORBEAUX

COMAGUER
Bulletin n°206 – semaine 23 – 2009

L’ARMEE DE L’AIR US S’ORGANISE COMME FORCE D’OCCUPATION PERMANENTE DES CIEUX SUDAMERICAINS

Avec la remise en activité de la quatrième flotte L’année 2008 a vu la marine de guerre US reprendre possession des eaux sud-américaines qu’elle considérait comme sa chasse gardée tant qu’aucun étranger au continent ne s’y aventurait.
Le tour de l’USAIRFORCE est maintenant venu de redéfinir ses objectifs et ses moyens pour la même zone géographique.
Elle le fait en publiant sous la forme d’un livre blanc un document stratégique intitulé « GLOBAL EN ROUTE STRATEGY »
La décision du gouvernement de l’Equateur de ne pas renouveler le bail de la base de MANTA qui s’achève cette année a évidemment accéléré cette réflexion de l’Etat Major aérien.

Pour autant les stratèges ne s’arrêtent pas à de tels détails et se préoccupent de mettre en place un réseau de bases aériennes sûres permettant l’accès dans le délai d’une journée maximum à n’importe quel « théâtre d’opérations » en intégrant à leur réflexion les rayons d’action des avions – de combat ou de transport – et celui des avions ravitailleurs aptes à permettre l’allongement du trajet des précédents.

Ce type de raisonnement est analogue à celui utilisé lors de la mise en place des relais de poste aux époques où le cheval n’avait pas encore été remplacé par le turboréacteur. L’échelle a simplement changé, la vitesse passant du galop à celle du son.

Le document confirme que pour le théâtre eurasiatique les relais sont bien établis *(voir liste des principaux relais en Europe et en Orient). Mais deux préoccupations nouvelles se font très nettement jour : celle de la couverture de l’Amérique du Sud et celle de l’Afrique.

L’Amérique du Sud, continent jusqu’à présent docile et sous contrôle, n’inquiétait guère le pouvoir militaire US. Les activités déstabilisantes de basse et moyenne intensité (aides aux coups d’Etat, financement des oppositions, assassinats politiques, formation d’escadrons de la mort…..) y suffisaient. Réfléchir à l’envoi rapide de bombardiers et de transports de troupes est un changement manifeste de niveau d’intervention. Les militaires US, la marine l’an dernier, l’armée de l’air cette année s’organisent pour réaliser des interventions militaires directes en Amérique du Sud. Message destiné aux gouvernements vénézuélien, bolivien, équatorien, brésilien et à ceux de leurs voisins qui auraient aussi des velléités de souveraineté nationale.
La réponse à la question posée ne peut évidemment se trouver qu’en Colombie. La base aérienne centrale de l’US AIR FORCE en Amérique du Sud sera donc installée à PALANQUERO dans le centre du pays. Cette décision n’a pas encore été confirmée par le gouvernement colombien mais pur les militaires US elle ne fait aucun doute.

L’Afrique est désormais une préoccupation centrale des stratèges US comme l’a démontré la création du nouveau commandement pour l’Afrique, AFRICOM, en 2008. Il s’agit de contrecarrer militairement l’influence économique et politique chinoise croissante sur ce continent et subsidiairement de mettre sur la touche les capitalistes européens qui y ont encore des intérêts. Pour l’heure l’USAIRFORCE ne dispose en Afrique que de la base de Djibouti aimablement mise à sa disposition par la France. Mais Djibouti est trop excentrée pour permettre l’accès facile à l’Ouest et au Sud-Ouest africain. Où s’installer ?

La réponse à la question devrait être fournie par la France. Certes la France n’a plus de colonies en Afrique mais il existe une Guyane française qui est plus proche de Dakar ou de Bamako que ne l’est Djibouti de ces pays de l’Ouest africain.
Le document « GLOBAL EN ROUTE STRATEGY ne dit pas que la France a déjà donné son accord à ce projet mais il souligne que les militaires US préféreraient de beaucoup cette solution dans un Département français bien gardé par ce qu’il faut de gendarmes et de légionnaires, à celle d’une base au Brésil voisin, pays aujourd’hui considéré à Washington comme moins « amical » et ils invitent donc indirectement le pouvoir politique à régler cette question.

Réflexions du compañero Fidel

LE CHEVAL DE TROIE

Rafael Correa, le président équatorien, a affirmé en Honduras à la veille de la réunion de l’OEA : « Je crois que l’OEA a perdu sa raison d’être ; peut-être d’ailleurs n’en a-t-elle jamais eue. » La dépêche d’ANSA ajoute que Correa « a auguré « la mort » de cette organisation à cause de nombreuses erreurs qu’elle a commises. »

Selon lui, « les pays du continent, pour des conditions géographiques, ne peuvent pas être « tous mis dans le même sac », raison pour laquelle l’Équateur a proposé voilà plusieurs mois de créer l’Organisation des Etats latino-américains. »

« « Il n’est pas possible de discuter des problèmes de la région à Washington ; construisons quelque chose à nous, sans pays étrangers à notre culture, à nos valeurs, en incluant bien entendu les pays qui ont été séparés inexplicablement du système interaméricain, et je veux parler du cas concret de Cuba… qui a été une vraie honte et qui prouve le deux poids deux mesures régnant dans les relations internationales ». A son arrivée au Honduras, aussi bien lui que le président Zelaya ont déclaré que « l’OEA doit être réformée et doit réintégrer Cuba ; sinon, elle devra disparaître ». »

Une autre dépêche de l’agence DPA affirme :

« La réintégration de Cuba à l’Organisation des États américains (OEA) a cessé d’être un point en soi à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’organisme qui se déroule à San Pedro Sula (Honduras) pour se convertir une fois de plus en prétexte d’une lutte d’intérêts qui dépasse les frontières de l’île caribéenne et pourrait remettre en cause (de nouveau) les relations continentales. »

« Le président vénézuélien Hugo Chávez l’a laissé clairement entendre quand il a qualifié la rencontre continentale qui débute ce mardi-ci au Honduras en termes quasi militaires »

« Ce sera, a-t-il dit, « une bataille intéressante » à l’issue de laquelle, s’il est prouvé que l’OEA « reste un ministère des colonies » qui ne se transforme pas pour « se subordonner à la volonté des gouvernements qui la constituent », il faudra dès lors envisager « d’en sortir » et créer une autre solution. »

« « L’Amérique latine fait de Cuba l’épreuve clef pour tester la sincérité de l’administration Obama quant à ses intentions de se rapprocher vraiment » de la région, a soutenu Julia Sweig, experte pour Cuba au Council of Foreign Relations de Washington, au journal The Washington Post à la veille de la rencontre au Honduras. »

En résistant aux agressions de l’Empire le plus puissant qui ait jamais existé, notre peuple a lutté pour les autres peuples frères de ce continent. L’OEA a été complice de tous les crimes commis contre Cuba.

Les pays latino-américains ont tous été, à un moment ou à un autre, victimes d’interventions et d’agressions politiques et économiques. Pas un seul ne peut le nier. Il serait naïf de croire que les bonnes intentions d’un président étasunien pourraient justifier l’existence de cette institution, qui a ouvert les portes au cheval de Troie qui a appuyé les sommets des Amériques, le néolibéralisme, le trafic de drogues, les bases militaires et les crises économiques. L’ignorance, le sous-développement, la dépendance économique, la pauvreté, l’émigration de ceux qui cherchent du travail et sont expulsés de force, le vol de cerveaux et même les armes perfectionnées de la criminalité organisée ont été les conséquences des interventions et du pillage en provenance du Nord. Cuba, un petit pays, a prouvé qu’on peut résister au blocus et progresser dans de nombreux domaines, voire coopérer avec d’autres pays.

Le discours prononcé aujourd’hui par le président hondurien, Manuel Zelaya, à l’Assemblée générale de l’OEA contient des principes qui pourraient passer à l’histoire. Il a dit des choses admirables de son pays. Je me bornerai à ce qu’il a dit de Cuba :

« A cet assemblée de l’Organisation des États américains qui s’ouvre aujourd’hui à San Pedro Sula (Honduras), nous devons commencer à rectifier sagement de vieilles erreurs. »

« Nous, Latino-Américains qui sommes ici, nous avons eu, voilà peu, voilà deux semaines ou deux mois, un grand sommet du Groupe de Rio, à Salvador de Bahia (Brésil). Là, nous avons pris un engagement. L’engagement que nous avons pris par écrit et à l’unanimité de toute l’Amérique latine, est que cette assemblée de San Pedro Sula devait, à la majorité ou par consensus, amender la vieille erreur faite en 1962 d’expulser le peuple cubain de cette organisation. »

« Nous ne devons pas clore cette Assemblée, chers présidents, sans avoir dérogé le décret de la Huitième Réunion qui avait puni tout un peuple pour avoir proclamé des idées et des principes socialistes, précisément des principes appliqués aujourd’hui partout dans le monde, y compris aux États-Unis et en Europe (applaudissements). Les principes de chercher de solutions de développement différentes sont aujourd’hui évidents dans le changement qu’il y a eu justement aux États-Unis qui ont élu le président Barack Obama… »

« Nous ne pouvons pas nous retirer de cette Assemblée sans avoir réparé cette erreur et cette infamie, parce que c’est en se fondant sur cette résolution de l’Organisation des États américains, qui remonte à plus de quatre décennies, qu’on a maintenu contre le peuple frère cubain un blocus injuste et inutile, justement parce qu’il n’a atteint aucun objectif. Tout ce qu’il a prouvé, c’est qu’à quelques kilomètres de notre pays, dans une petite île, il y a un peuple prêt à résister et à faire tous les sacrifices pour son indépendance et sa souveraineté. »

« … ne pas le faire nous rendrait complices, nous, d’une résolution de 1962 en vertu de laquelle un pays a été expulsé de l’Organisation des États américains, simplement pour avoir d’autres idées, d’autres pensées, et avoir proclamé des principes d’une démocratie différente. Et nous n’allons pas en être complices. »

« Nous ne pouvons pas partir de cette Assemblée sans avoir dérogé ce qui a été fait à cette époque. »

« Un Hondurien exceptionnel, un de nos grands hommes, José Cecilio del Valle, nommé dans notre pays Valle le Sage, affirmait le 17 avril 1826, dans un article fameux : « Souveraineté et non-intervention », alors que nous venions de proclamer notre indépendance de la couronne espagnole : « Les nations du monde sont indépendantes et souveraines. Quelle que se soit son étendue territoriale ou sa quantité d’habitants, une nation doit traiter les autres comme elle voudrait être traitée par elles. Une nation n’a pas le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’une autre nation. » »

C’est sur ces paroles de Cecilio del Valle et après avoir mentionné le Mahatma Gandhi, Jésus-Christ, Martin Luther King, Abraham Lincoln, Morazán, Martí, Sandino et Bolívar, qu’il a conclu son discours.

Quelques minutes après, à la conférence de presse ayant suivi l’ouverture de l’Assemblée, il a répondu à des questions et réitéré des principes. Il a ensuite cédé la parole à Daniel Ortega, qui a présenté l’une des communications les plus profondes et les mieux argumentés à l’Assemblée de l’OEA. Invités par Zelaya à prendre la parole à la conférence, Fernando Lugo, le président paraguayen, et Rigoberta Menchú se sont prononcés dans le même sens que le président hondurien et Daniel.

Voilà des heures que l’Assemblée discute. Alors que je conclus ces Réflexions, il fait presque nuit et nous n’avons aucune nouvelle de la décision. On sait que le discours de Zelaya a exercé une influence. Chávez converse avec Maduro et l’exhorte à maintenir fermement sa position : aucune résolution qui poserait des conditions à la dérogation de la sanction injuste contre Cuba n’est admissible. On n’a jamais vu une telle contestation. La bataille est rude, sans aucun doute. De nombreux pays dépendent de l’index du gouvernement étasunien pointé vers le Fonds monétaire, la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement ou vers toute autre direction pour châtier des rébellions. L’avoir livrée est déjà un soi un exploit des plus rebelles. Le 2 juin 2009 sera rappelé par les générations futures.

Cuba n’est pas ennemie de la paix, ni rétive aux échanges ou à la coopération entre pays à systèmes politiques différents. Mais elle a défendu et elle défendra ses principes d’une manière intransigeante.

Fidel Castro Ruz
Le 2 juin 2009
18 h 56

Réflexions du compañero Fidel LES APPLAUDISSEMENTS ET LES SILENCES

Réflexions du compañero Fidel

LES APPLAUDISSEMENTS ET LES SILENCES

Une dépêche de l’AFP informait hier, 31 mai :

« Cuba a accepté de rouvrir les négociations avec les États-Unis sur la migration et sur l’envoi direct de courrier, nouveau signe du dégel qui intervient à la veille d’un sommet de l’Organisation des États américains (OEA) où le cas Cuba dominera les débats.

« Selon un haut fonctionnaire du département d’État qui a demandé à conserver l’anonymat, le chef de la Section des intérêts de Cuba à Washington, Jorge Bolaños, a fait savoir samedi que Cuba « espérait reprendre les négociations sur l’émigration et le service de courrier direct ».

« Depuis El Salvador où elle assiste à une réunion ministérielle sur le commerce régional, la secrétaire d’État Hillary Clinton a dit que Washington se félicitait de reprendre les conversations avec La Havane sur ces points. »

Et aussitôt une pique en rien diplomatique :

« « Il y aura un dialogue ouvert dès qu’il y aura des changements sur les droits de l’homme et une avancée vers la démocratie à Cuba », a-t-elle dit selon l’agence EFE. »

Quels sont donc la « démocratie » et les « droits de l’homme » que défendent les États-Unis ? Était-il vraiment nécessaire de lancer cet avertissement humiliant et arrogant ?

J’ai suivi aujourd’hui à la télévision la passation des pouvoirs présidentiels en El Salvador à Mauricio Funes. Quand il a parlé de rétablir les relations avec Cuba, des applaudissements assourdissants et des cris de joie ont éclaté dans cette salle comme à aucun autre moment antérieur de son allocution. Hillary Clinton était là, parmi les invités. L’orateur, qui s’écartait bien des fois de son texte écrit, avait commis auparavant l’impair de saluer Clinton, secrétaire d’État, avant même Lula da Silva, président du géant sud-américain, présent au milieu d’un groupe de présidents de notre région.

L’orateur, alors que les applaudissements prolongés envers Cuba ne s’étaient pas encore éteints – auront-ils blessé Mme Clinton ? – a repris la parole et a mentionné de nouveau les États-Unis dans les meilleures intentions du monde. Bien peu pourtant dans cette grande salle ont applaudi.

Un moment culminant et très applaudi du discours de Mauricio avait eu lieu avant, quand il avait évoqué l’illustre archevêque Oscar Arnulfo Romero sur la tombe duquel il s’était rendu dans la matinée. Ce défenseur des pauvres fut assassiné impunément, quand il disait la messe, par la tyrannie sanglante du parti ARENA que l’impérialisme a imposée en El Salvador. Il y avait aussi dans cette salle les législateurs et les hauts fonctionnaires représentant le parti qui l’assassina, dont plusieurs des rares personnes ayant applaudi les États-Unis.

Dans des circonstances données, ce ne sont pas seulement les paroles qui sont éloquentes, mais aussi les applaudissements et les silences.

Fidel Castro Ruz

Le 1er juin 2009

14 h 36