La face cachée de Rachida Dati : celle d’un système et pas seulement un individu

rachida_dati.jpgLe journal l’Express présente un dossier sur Rachida Dati, on y découvre un personnage d’un arrivisme extraordinaire, faisant une cour sans frein aux puissants, un être jeune mais tendu vers sa seule réussite, prête à tout pour cela. Ce ne doit pas être la seule dans l’entourage trés balzacien du président où la réussite sociale tient lieu de morale, les exemples se multiplient et rien que le ministère de Bachelot doit faire face à un arriviste affairiste au sport et un ami du président installé à Neuilly qui bloque tout intervention sur l’ordre des médecins pourtant convaincu de prévarication. Donc rien de tout cela n’a rien d’extraordinaire et les Rachida Dati ne sont que les produits du système d’abord celui du « enrichissez-vous! » , qui fut déjà le mot d’ordre  de la Restauration peinte par Balzac.

Mais il y a un ridicule qui ne pardonne pas en France, du moins jusqu’ici, c’est l’usurpation de diplôme. Dans ce cas c’est pire. Il est regrettable en effet que celle qui aurait pu  représenter la victoire contre les préjugés, être le témoin d’une promotion dont chacun pourrait se réjouir, devenir  le symbole du courage qu’il faut déployer pour étant issu du monde ouvrier, de l’immigration, une femme, et néanmoins pourtant accéder au pouvoir par son travail et son goût de l’étude, soit une tricheuse. Que cette femme fasse alors la démonstration que la voie royale est non seulement celle d’une flagornerie sans limite mais celle de la fasification des titres.

Dans ce cas, une escroquerie au diplôme constitue sur le fond la remise en cause d’un parcours au mérite qui aurait pu être exemplaire. Dans ce portrait, il y a effectivement des traits qui forcent l’admiration parce que l’on mesure à quel point il existe dans ce peuple que l’on méprise des trésors de courage, de solidarité. Quel drame qu’il faille les dévoyer pour les rendre efficaces, qu’ils n’aient plus l’héroïsme, l’engagement dans le bien public comme débouchés mais la courtisanerie, la falsification et finisse par aller  jusqu’à la dénégation du collectif dont les individus sont issus pour la seule ambition personnelle… La brutalité, la violence faite aux autres comme à soi-même… mais allons plus loin que la simple tricherie… Cette jeune femme, est prête à tout pour plaire à celui qui détient le pouvoir, elle menera ses « missions » dans cette logique et aujourd’hui elle prétend réformer les milieux judiciaires au pas de charge, elle le fait en collant à la logique présidentielle, elle va de faits divers en faits divers pour s’allier l’opinion publique contre la magistrature. Donc ce portrait que nous présente l’Express n’est pas un simple viol de l’intimité, une nouvelle pipolisation d’un pouvoir qui se nourrit de ce type de manipulation publicitaire, mais bien la révélation d’un système qui mérite d’être étudié au delà de l’anecdote sur telle ou telle personnalité.
Nous sommes arrivés au stade ultime de la présidentialisation de la Ve République, déjà au départ il y a l’élection du président de la République au suffrage universel, puis grâce à Jospin, le passage au quinquennat, désormais c’est la monarchie.

Si l’on ajoute à cela la manipulation de l’opinion publique par les techniques publicitaires, les jeux dans lesquels ont excellé le couple présidentiel, le mépris du débat politique au profit d’un « contact direct avec le peuple par le biais des magazines », nous avons Gala devenu la base d’un référendum permanent sur le prince et ses courtisans. La politique en temps direct avec la communication et le sondage d’opinion. L’élection présidentielle remplace toutes les institutions de la société civile, avoir été élu permet de mépriser les syndicats, de refuser les négociations, de s’appuyer sur l’émotion du fait divers, la caricature pour imposer des réformes choc dont on affirme au peuple bouche bée qu’il les a voulues et que des syndicats corporatistes, conservateurs voudraient l’en priver…

Si l’on ajoute à cela, le fait que pour accéder à la lumière des plateaux de télévision, il faut savoir se glisser dans l’événement. Non pas le fait mais sa représentation orientée par une politique basée sur les effets d’annonce, il devient impérieux de se situer dans le sillage des foucades présidentielles et l’agitation dans tous les domaines, comme nous le voyons dans « le grenelle de l’environnement ». Il faut approuver si l’on veut être entendu quitte à tenter de timides réserves sur les moyens réels des dites annonces. Le mensonge de hier (les 3 milliards vendus au Maroc) devient vérité d’aujourd’hui et nul ne s’en souviendra parce que demain il sera recouvert d’autres frivolités, d’autres mensonges.  Il y aura d’autres Rachida Dati, il y en a d’autres…

Nous ne pouvons pas sortir individuellement d’un tel système, il faut reconstruire des collectifs, syndicaux, politiques.

Danielle bleitrach

La face cachée de Rachida Dati,  article de l’Express
 
par Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut

La ministre de la Justice est aujourd’hui une star de la galaxie Sarkozy. Mais cette ascension est le fruit d’un parcours aussi atypique que méconnu. Famille, réseaux, études, politique : contre-enquête sur une réussite balzacienne, avec ses ombres et ses lumières.

Une brindille sur un volcan : à 41 ans, Rachida Dati porte les dossiers brûlants du gouvernement, de la loi sur la récidive à la réforme de la carte judiciaire. En propulsant Place Vendôme cette jeune femme frêle et séduisante, ni élue ni énarque, Sarkozy joue le velours de l’opinion contre la bure des préjugés. Rachida : le prénom claque comme une promesse d’avenir pour les enfants d’immigrés. Dati : le nom symbolise une France enfin égalitaire. Du jour au lendemain, la ministre, forte d’une belle cote de popularité, est devenue une héroïne républicaine et glamour.

Sommaire

1. Sa famille
2. Ses réseaux
3. Ses études
4. La politique

Son bilan de compétences

Chouchoute du président

Une ministre très tendance

Pourtant, son ascension sociale et politique ne se réduit pas à cette geste sarkozyenne. Le personnage cadre mal avec cette image trop lisse. « Je n’avais pas un destin tracé », résume l’intéressée, qui n’aime pas qu’on gratte le vernis de l’icône. Sa réussite révèle en effet de formidables ressources intérieures, mais aussi une stratégie éprouvée de conquête du pouvoir. Elle recèle des blessures intimes et des zones d’ombre alimentant les rumeurs. Raconter la vie de Rachida Dati? « Vous n’y arriverez jamais, prévient cette dernière. Je suis la seule à en posséder toutes les clefs. » Nous en avons retrouvé quelques-unes. Certaines étaient, il est vrai, bien cachées. Elles se nomment famille, réseaux, études et politique. 1. Sa famille

Les Dati débarquent d’Algérie au début des années 1960, à Gergy, un bourg de Saône- et-Loire. Le père, Mbarek, paterfamilias sévère et conservateur, offre à ses enfants des études dans un collège catholique privé, le bien nommé Le Devoir. En retour, il exige discipline et excellence. S’ils ne regagnent pas l’appartement HLM de la cité du Stade, à Chalon-sur-Saône, avant 20 heures, les garçons doivent se débrouiller pour trouver de quoi passer la nuit, un banc ou une banquette de voiture. Ce carcan devient vite insupportable à l’un des jeunes frères, Jamal, qui dévisse et tombe dans le ravin de la dope. Au contraire, Rachida, comme la plupart des 12 enfants, puise dans cette sévérité paternelle les racines de sa réussite. Durant l’émission Vivement dimanche consacrée à la garde des Sceaux, le 7 octobre, Michel Drucker note l’attention soutenue du patriarche dans le public : « On avait l’impression qu’elle passait un véritable examen, a expliqué l’animateur sur RTL. On sent le poids de cet homme qui a dirigé sa famille d’une main de fer avec succès […]. ça m’a rappelé la présence physique et silencieuse de M. Zidane face à son fils. » Ils allaient chercher l’eau au puits

Une habitante de Gergy (Saône-et-Loire) se souvient de l’arrivée des Dati, avant la naissance de Rachida. « Ses parents ont débarqué dans le village avec leur fille aînée et deux valises, pendant l’hiver 1962 ou 1963. J’en garde un excellent souvenir. Je crois qu’ils venaient de quitter leur pays. Mais ils n’aimaient pas en parler. Les Dati logeaient avec trois familles maghrébines dans une ancienne grange refaite sommairement. Il fallait aller chercher l’eau au puits, les toilettes se trouvaient à l’extérieur. La mère, une femme très douce, était enceinte. Lui était un homme très travailleur. Je le voyais partir tous les matins vers 6 heures, par tous les temps, pour se rendre à son travail à Chalon-sur-Saône. Je lui ai d’ailleurs prêté une bicyclette pour qu’il puisse faire ces 30 kilomètres quotidiens, avant qu’il achète une Mobylette. La maman venait souvent dans notre ferme acheter du lait et des oeufs. Au début, elle parlait à peine français. Je me souviens d’avoir écrit deux lettres pour elle. Les Dati? C’étaient des gens très honnêtes. Quand ils nous commandaient 3 kilos de pommes de terre la semaine, nous étions sûrs d’être payés dès le samedi. » Propos recueillis par Eric Pelletier

Au collège, la petite Rachida ne passe pas inaperçue. Du roseau elle n’a que l’allure. Déjà, elle préfère rompre plutôt que plier : née le 27 novembre 1965, à 15 h 30 précises, elle affiche le caractère entier d’un Sagittaire. Christian Morin, le directeur du Devoir, se souvient d’une écolière attachante, « curieuse de tout, bosseuse, un peu meneuse, qui avait soif de connaissances et de reconnaissance ». La mère, Fatim-Zohra, qui élève sans faillir les enfants, reste un modèle absolu d’amour et d’abnégation aux yeux de Rachida, qui souffre encore du vide laissé par son décès, voilà six ans.

« La famille? Rachida y fait sans arrêt référence. C’est même un trait structurant de sa personnalité, souligne une amie de longue date. Elle a toujours mis un point d’honneur à ce que chacun réussisse. » Rachida Dati s’est beaucoup impliquée, hébergeant une sœur et une nièce dans le petit appartement qu’elle occupe rue du Faubourg-Poissonnière, dans le Xe arrondissement de Paris, au milieu des années 1990. Elle reverse alors une grande partie de ses revenus pour aider la fratrie. Ce qui lui vaut d’ailleurs un sérieux problème avec le fisc en 1997. Alors qu’elle vient tout juste d’intégrer l’Ecole nationale de la magistrature (ENM), elle fait l’objet d’un redressement pour avoir, de 1992 à 1994, déduit ces aides de son revenu au titre de « pensions alimentaires ». L’administration exige donc un remboursement sur trois ans, d’un montant considérable par rapport à son salaire (20 000 francs par mois chez Matra, mais 9 000 depuis son entrée à l’ENM). Conseillée par ces relations qu’elle sait si bien tisser, elle obtient un étalement sur trente mois et rembourse l’intégralité de la somme.

A peine a-t-elle entamé ses études supérieures que Rachida est rattrapée par un diktat familial : elle est mariée sans qu’elle le veuille à un proche de la famille. « Je ne pouvais pas refuser, confiera-t-elle à des amis. A partir de 22 ou 23 ans, les filles devaient être mariées. » Cet épisode se conclut finalement par une annulation pure et simple, pour défaut de consentement mutuel. Une procédure exceptionnelle, suivie en son temps par Me Coralie Blum et justifiée par le fait qu’elle a été longtemps harcelée par son ex-mari. Pour échapper à la pression, Rachida Dati s’installera même un temps à Londres, où elle travaille pour la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Le passage dans cette banque, de l’autre côté de la Manche, à la fin de 1992, auprès de Jacques Attali, l’ancien conseiller de François Mitterrand, tient autant de la fuite que de l’avancée d’une carrière. « Quelque chose de très personnel me lie à lui », a-t-elle révélé sur France 2. « Cette femme est faite de fidélités, résume Attali. Elle se ferait tuer pour ceux qui l’ont aidée. » Rachida Dati sort en effet de cette épreuve grâce à son entregent. Un impressionnant réseau qui, depuis des années, veille sur elle. 2. Ses réseaux

En quelques années, la jeune Chalonnaise de la cité du Stade se construit un carnet d’adresses parisien digne d’un énarque bien né. « Elle m’a ouvert les yeux sur une réalité, souligne un ami. La France, c’est Liberté, Egalité, Réseaux. » Rachida Dati, la jeune et pétillante étudiante, ne sait pas se servir des couverts à poisson lors de ses premiers déjeuners dans le monde. Qu’importe ! Elle s’adapte vite. Dans ces cercles compassés, son extraordinaire vitalité, son incroyable débit verbal – « Rachida, apprenez à faire des silences », lui conseille l’un de ses mentors – séduisent. Ces énarques, ces puissants, sont heureux de donner un coup de pouce à une jeune femme douée issue de l’immigration. « En l’aidant à ce moment-là, certains d’entre nous se sont peut-être donné bonne conscience », reconnaît l’un d’eux. Elle sait que le destin se tricote grâce aux rencontres, une maille à l’envers, une maille à l’endroit. Jamais plus elle ne laissera la tradition ou le hasard abîmer la tapisserie que, patiemment, elle tisse grâce à une stratégie balzacienne. Dès 1986, lors d’une réception à l’ambassade d’Algérie, elle accoste le garde des Sceaux, dont elle a repéré la présence en lisant un article dans un journal. Albin Chalandon revoit encore cette « boule noire aux yeux vifs » fondre sur lui : « « Mon père m’a beaucoup parlé de vous », m’a-t-elle dit. Elle a été tellement convaincante que je l’ai invitée à déjeuner à la chancellerie. » Ce sera son premier mentor. Il recommande cette femme, « mélange de culot et d’habileté », aux dirigeants d’Elf. Et lorsque, quittant la Place Vendôme, Chalandon rachète l’entreprise Texmaille, près de Saint-Quentin (Aisne), il l’embauche pour superviser la gestion. « Elle a même découvert que mon comptable piquait dans la caisse », s’amuse aujourd’hui l’ancien garde des Sceaux, qui reste l’un de ses indéfectibles amis. « Cette jeune fille était un vrai diamant », souligne Pierre de Bousquet de Florian, ex-collaborateur de Chalandon, aujourd’hui préfet des Hauts-de-Seine.

A l’époque, Rachida Dati écrit à tous les décideurs : capitaines d’industrie, ministres, hauts fonctionnaires ou même chanteurs et journalistes… Les secrétaires des grands patrons apprennent à reconnaître au milieu de mille écritures masculines ses mots de remerciement « personnel et confidentiel », d’une graphie dynamique et rapide. « Elle m’a envoyé un jour un mot évoquant des « moments inoubliables passés ensemble », se souvient un ancien dirigeant. Ce qui m’a valu des ennuis avec ma femme. » Qui lui a répondu directement… « J’ai passé vingt-cinq ans dans les milieux d’affaires. J’y ai vu de tout, remarque cette assistante de direction qui la connaît depuis dix ans. Pour ma part, je suis une inconditionnelle. » D’autres qui l’ont croisée, comme cet ancien d’un cabinet ministériel, ont une vision plus sombre du personnage : « L’effusion dont elle fait preuve relève en réalité d’une froide manipulation, digne des plus grands escrocs. » Lorsqu’elle n’écrit pas, Mlle Dati téléphone. « Je ne veux pas que vous m’oubliiez », se défend-elle auprès de l’un de ses parrains qui, un jour, s’agace de ces coups de fil.

A l’occasion de la remise d’un prix à l’une de ses sœurs, elle se rue sur le patron de Matra pour lui dire toute son admiration. « Jean-Luc Lagardère était à la fois amusé et flatté, se souvient, attendri, Patrick Déchin, directeur de cabinet à l’époque. Il me l’avait décrite comme étonnante. Je l’ai trouvée impressionnante. » Rachida Dati est embauchée au contrôle de gestion, en 1990. « J’ai même obtenu que Jean-Luc lui fasse un chèque pour payer ses études », se souvient le directeur de cabinet, qui a toujours gardé le contact. Quant à Marceau Long, vice-président du Conseil d’Etat, il la voit débarquer alors qu’il réfléchit au nouveau Code de la nationalité. Il se souvient d’une jeune femme « directe, dotée d’une extraordinaire audace, symbole d’une intégration réussie ».

 3. Ses études

La rumeur a enflé pendant l’été. Elle court désormais tout Paris : la garde des Sceaux aurait usurpé ses diplômes. L’affaire est devenue tellement sensible que même le ministère de l’Intérieur a fini par s’en émouvoir. Jusqu’à présent, Rachida Dati n’a pas voulu se justifier face à ces « ragots ». L’Express a enquêté sur la véracité de ses diplômes. Un seul de ses titres reste sujet à caution.

En 1985, la jeune femme s’inscrit à l’université Dijon-Bourgogne, en Deug de sciences économiques. Trois ans plus tard, en juin 1988, elle est diplômée. L’un de ses profs de l’époque, Jean-Jacques Friboulet, devenu économiste de renom, enseigne à l’université suisse de Fribourg. « Je ne l’ai jamais revue, mais je l’ai immédiatement reconnue lors de sa nomination, confie-t-il à L’Express. C’était un cas d’école. A cette époque, dans mon cours sur la répartition des revenus, les enfants de la deuxième génération étaient très rares, surtout les filles. J’avais remarqué sur sa fiche qu’elle travaillait de nuit dans une clinique, mais elle ne se plaignait jamais. Elle était animée d’un vrai fighting spirit. » L’esprit de combat…

A l’automne de 1988, l’étudiante s’inscrit à l’université Paris II-Panthéon-Assas, à deux pas du Luxembourg. La faculté confirme qu’elle en est sortie, en 1991, avec en poche une maîtrise de sciences économiques, option « gestion des entreprises ». Peu après, Rachida Dati bénéficie, on l’a vu, d’une aide de Matra pour s’inscrire au prestigieux Institut supérieur des affaires (ISA), qui dépend du groupe HEC. Elle se présentera dans toutes ses biographies comme une « ancienne élève » de l’ISA. Ce qui est exact. Elle n’a, en revanche, jamais obtenu le diplôme final. Selon l’école, il lui manquait deux « électifs », des matières à option indispensables pour obtenir le titre. La ministre reconnaît aujourd’hui que son diplôme n’a pas été validé, mais affirme avoir obtenu tous ses modules. Elle évoque un « différend » avec HEC. Toujours est-il qu’en 1995 Simone Veil et Marceau Long l’incitent à opter pour la magistrature. Rachida Dati doit donc se remettre aux études et obtenir au minimum une maîtrise de droit, indispensable pour devenir juge. Elle opte pour le droit public général et s’inscrit à Paris I-Panthéon-Sorbonne. Elle bénéficie alors d’un dispositif en vigueur à l’époque, la validation des acquis professionnels (VAP) – l’administration retient ses douze années d’expérience dans le monde du travail – ce qui lui épargne de passer au préalable sa licence de droit. Selon Paris I, elle obtient sa maîtrise en 1996.

Du fait de son âge, 30 ans, elle ne peut prétendre emprunter la voie royale : le concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature. Il lui faut par conséquent miser sur une « procédure d’intégration sur titres ». Son dossier est instruit par la hiérarchie judiciaire. Il fait état de deux maîtrises, de cours suivis à l’ISA. Et – curieusement – de l’obtention d’un « MBA européen du groupe HEC-ISA ». Or, rappelons-le, selon la grande école, elle n’a jamais obtenu le diplôme… Erreur, maladresse ou, comme souvent, volonté d’aller vite, trop vite?

En tout cas, le 18 novembre 1996, le parquet général de Versailles (Yvelines), sous la signature de Vincent Lamanda et de Jean-Pierre Plantard, émet un « avis favorable » à l’intégration à la magistrature de « Mlle Dati ». Le rapport de quatre pages évoque une « jeune femme déterminée, à la personnalité affirmée et brillante », disposant d’une « expérience professionnelle variée, à dominante économique et politique ». Le dossier relève ses « excellentes attestations », dont celles de Simone Veil et de Marceau Long. Deux magistrats reçoivent la candidate, à l’époque. Jean-Pierre Bonthoux est toujours sous le charme : « Son dossier, marqué par le caractère éblouissant des avis émis par les personnalités sollicitées, sortait du lot. Mais j’ai surtout été frappé par sa personnalité pétillante. On ne pouvait qu’accrocher. » Maryvonne Caillebotte est également séduite : « J’ai passé deux heures avec elle. En conclusion, je lui ai dit : « Vous allez intégrer notre corps, mais je pense que vous ne resterez pas longtemps parmi nous, car vous vous y sentirez à l’étroit. » »

4. La politique

Longtemps Rachida Dati a manqué son rendez-vous avec la politique. Elle l’approche pour la première fois en 1989, lorsqu’elle présente sa candidature aux Groupes européens de mobilisation, un cercle de réflexion lancé par la ministre socialiste des Affaires européennes, Edith Cresson. « Nous avons été séduits par son côté volontaire, témoigne l’un de ses « parrains », Bernard Esambert, aujourd’hui président de la Fédération pour la recherche sur le cerveau. Nous l’avons un peu couvée. » Au cours des années 1990, le chemin de Dati croise ceux de la gauche et du centre, mais, curieusement, aucun de leurs dirigeants n’exploite cette pépite politique. En 1995, François Bayrou, alors ministre de l’Education, lui confie une médiation sur l’affaire du voile. Mais le courant ne passe pas. En 1997, elle écrit, à son domicile, à Pierre Moscovici, qui se souvient de cette lettre qu’il a longtemps conservée et qui s’en veut de n’avoir pas répondu : « J’ai « procrastiné »… »

Le tournant se produit en 2002. Les cinq envois adressés à Nicolas Sarkozy finissent par payer : le nouveau ministre de l’Intérieur accepte de la prendre au sein de son cabinet. Les premiers temps sont durs. Rachida Dati n’est encore qu’un obscur conseiller, peu considéré. Cécilia Sarkozy, pourtant, remarque cette jeune femme, spontanée et drôle, qui partage la vie d’un grand patron. A dire vrai, l’épouse du ministre se méfie de cet inclassable ovni. Mais, durant l’escapade amoureuse de Cécilia à New York, en 2005, les deux femmes restent en contact régulier. Au retour, lors d’un dîner entre collaborateurs, en janvier 2006, tous remarquent cette complicité nouvelle. Rachida s’en émerveille : les Sarkozy l’ont « à la bonne ». Son étoile brille comme jamais.

http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/dati/dossier.asp
De : Eric Pelletier et Jean-Marie Pontau
jeudi 25 octobre 2007

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33 commentaires

  1. je signale pour ceux qui ont des difficultés à lire jusqu’au bout un texte un peu long, le point central de ce dossier tel que toute la presse l’a relevé:

    La ministre de la Justice aurait été reçue à l’Ecole de la Magistrature en présentant un dossier mentionnant un diplôme qu’elle n’a en fait jamais eu.

    Rachida Dati, ministre de la justice, a été reçue à l’Ecole de la Magistrature en présentant un dossier falsifié, peut-on lire dans le magazine L’Express. Un scoop retentissant, puisque, comme l’expliquent nos confrères, une « rumeur » courrait Paris depuis cet été : « la Garde des Sceaux aurait usurpé ses diplômes. L’affaire est devenue tellement sensible que le ministère de l’Intérieur a fini par s’en émouvoir ».

    Quelques lignes plus loin, arrive la réponse de l’Express : « Son dossier (pour intégrer l’école de la magistrature, ndlr) fait état de deux maîtrises, de cours suivis à l’Isa et -curieusement- de l’obtention d’un ’MBA européen du groupe HEC-ISA’ », détaille l’hebdomadaire. « Or, rappelons-le, selon la grande école, elle n’a jamais obtenu le diplôme… ».

    je me suis personnellement refusé à isoler ce fait et j’ai aucontraire voulu montrer que le cas Rachida Dati était celui d’un système… Comme je le fais dans ce « journel » en essayant de dépasser la stupide pipolisation souvent imposée aux journalistes salariés par leurs patrons de presse.

    PITIE LISEZ AVANT D’INTERVENIR POUR ETALER VOTRE EGO… j’ai été contrainte de censurer quelqu’un qui ne cesse d’intervenir pour insulter sans lire les textes, pour lui…

  2. Danielle, je comprends ne comprends pas ta réaction et je maintiens ma position.
    Et… j’ai lu le texte.
    Il est une analyse plus pertinente à faire sur le sujet que le parcours personnel de la ministre de la justice. En effet, on ne compte pas le nombre de personnes ayant été intégrés dans un corps par la même procédure! La non mention du diplome que n’a pas mme DATI n’aurait en aucun cas empéché sa nomination. On ne compte pas non plus le nombre de certifiés intégrés dans le corps des agrégés par la même méthode, d’un certain nombre de contractuels de services municipaux intégrés dans la fonction publique par la même voie, parfois même sans concours.
    Le problème est que Mme DATI est ministre de la justice et que ses reponsabilités impliquent une morale dont elle semble dépourvue (un comble). G.Marchais était bien secretaire général du parti des fusillés (un comble aussi non? a t il présenté un dossier falsifié?).
    Comprends moi bien: non que j’accepte les trafics supposés de titres de notre ministre, ou encore que son parcours personnel ruisselle l’arrivisme, je veux l’attaquer sur sa politique et non sur l’aspect people de son personnage (la fille d’une famille de 12enfants d’immigrés qui a gravi tous les échelons pour reussir etc…). C’est pourquoi je n’apprécie pas cet article. Il est tout ce que tu condamne Danielle!
    La réponse que va se faire l’homme de la rue est toute trouvée: « si elle avait fait autrement elle n’y serait jamais arrivée! Elle a bien eu raison la petite, sans magouille on arrive à rien dans cte fichu pays! » Et elle en sortira renforcée.
    La vraie problèmatique est, à mon humble avis la suivante:
    – combien d’avocats d’affaires dans ce gouvernement ?
    J’en compte environ 6 + notre président.
    Au fait, aurait-on accepté un enseignant « seulement » certifié au ministère de l’éductation nationale (a peu près le niveau d’un avocat d’affaire encore que je pense que le certifié d’aujourd’hui est quelqu’un d’excellent alors qu’un avocat d’affaires bof!)? Cela aurait fait un tolé général en avançant le risque corporatiste. Aujourd’hui personne ne reproche cela à Mme DATI. Pas plus qu’on ne critique le trustage du gouvernement par les valets les plus serviles (viles?) du grand capital que sont les avocats d’affaires.
    Tu peux encore me censurer Danielle, mais j’ai au moins essayé cette fois d’argumenter mes dires.

    Tu peux me zapper, ou m’expliquer que je me trompe et pourquoi dans ce cas!

  3. là je pense que ta position est plus argumentée, qu’elle ouvre le débat et ne se contente pas d’affirmations gratuites.

    Nous sommes d’accord que ce qu’il faut dénoncer c’est la politique, c’est ce que je fais dans la présentation du texte ou je tente de montrer qu’il y a un sytème qu’il faut à la fois rattacher à une classe sociale, qu’il faut analyser, mais je l’ai fait par ailleurs et longuement…

    C’est une classe sociale qui part à l’assaut d’une nouvelle vague d’enrichissement, les dernières fortunes datent de l’ère Mitterrand et de l’opération nationalisations, épurations et privatisations à bon compte, tous les amis de Sarkozy à commencer par Arnaud, Bolloré sont issus de cette vague… Il y a des contradictions mais surtout un appetit de spéculation, un besoin d’en finir avec les freins… C’est ça le « enrichissez-vous » de la Restauration (Guizot)…

    Dans cet univers là qui pour moi qui suis une fanatique de Balzac (marx aussi qui lui emprunte l’opium du peuple, Lukcs aussi est un fanatique et ce n’est pas pour rien), il ya toute une série d’étoiles mineures qui tentent de partir à l’assaut… Il faut relire les illusions perdues, splendeurs et misère des courtisanes… C’est étonnant de modernité. Comme le style de Marx lui-même d’ailleurs qui tranche sur le dogmatisme de ceux qui ne l’ont pas lu… Marx est admirateur de toute une littérature, il a de la culture et il ne se contente pas de répéter des phrases toutes faites sur la nécessité d’analyser les fondamentaux du marxisme, il donne de la chair à ses analyses, relis la lutte des classes en france…

    Je crois que la question de comment s’en sortir pour un enfant d’immigré quand il n’existe plus de parti communiste aurait interessé Marx, relis le livre I du capital et la section consacrée aux « invalides du capital », je crois que c’est la 8… C’est là où à travers une analyse des gens qui errent dans les campagnes Marx commence une description du lumpen… Très vivante qu’il met en relation avec l’accumulation, en étudiant les dispositions juridiques autant que les moeurs…

    C’est ce panorama là que je tente de brosser à petites touches ça et la crise des institutions, une crise trés prfonde qui là encore renvoit à l’analyse de Marx dans la contribution à la critique de l’économie politique…

    je crois Dimitri que tu ne vois pas ce que je tente d’une manière impressionniste de construire dans ce blog, mais je suis toujours prête à m’en expliquer pour peu que la critique soit argumentée… et que tu ne sois pas inutilement brutal…

    Danielle Bleitrach

  4. A LALALA ces sauvageons du net qui écrivent comme ils parlent c’est rageant j’en conviens! Mea culpa ! (mais bon la violence des mots peut être une acoucheuse remarquable non???)

    Convenons tout de même que l’hunanimisme ne nous a pas fait de bien de par le passé tu ne crois pas ? Alors chaque fois que je le peux je pousse un cri. (parfois un peu brutal c’est vrai (juste un peu ohh!) mais sois bien sure qu’il n’est jamais injurieux tout juste grossier!).

    Bon j’arrête de fair le troll, mais tu sais Danielle, il en faut des trolls pour faire tourner le monde, on ne les vois qu’épisodiquement, furtivement, délicatement, violemment parfois, mais c’est comme pour l’éboueur, on ne le voit que peu mais n’est il pas indispensable à l’humanité du monde qui trop sale sans l’éboueur deviendrait trop lisse sans les trolls.

    A quand une analyse serieuse de la communauté des trolls?

    Sans rire as tu une études qui t’interesserait ( l’organisation de l’entreprise de service par exemple )
    A +
    DIM

  5. Bravo pour ce long article, qui met bien en évidence un fait qui me paraît hautement nuisible: la glorification de la « réussite » en tant que telle par ceux qui la vivent ou en sont témoin.
    Cette vénération du succés (qu’il soit le fait de politiciens, chefs d’entreprise, chanteurs ou joueurs de foot) dispense ou empêche souvent de s’interroger sur sa nature et sur les moyens employés pour l’obtenir.
    Rachida Dati a apparemment mis tout en oeuvre pour atteindre le but qu’elle s’était fixé. Flagorneries et petits mensonges sont des moyens peu glorieux certes, mais qui pourraient être rachetés s’ils étaient au service d’un noble but. Celui d’être ministre au sens éthymologique, par exemple, c’est-à-dire de servir le peuple. Mais si la fonction de ministre n’est que le prétexte d’un succès, quel qu’il soit, alors c’est lamentable.
    Je ne crois pas que R. Dati ait fait de menus sacrifices personnels sur l’autel du bien public; les méprisables moyens qu’elle emploit sont le reflet de sa personnalité, et vu la position qu’elle occupe, ce n’est pas des plus rassurant.
    Pour m’éloigner un poil du sujet-Dati, mais pas trop: c’est souvent ceux qui s’en sortent en dépit des origines sociales qui font les « libéraux » les plus hargneux. Le fait d’avoir pu s’extirper d’une situation inégalitaire défavorable, donc d’une injustice, génère parfois une réaction du type « si moi j’y suis arrivé, c’est que c’est faisable, et ceux qui n’obtiennent pas le même résultat n’ont qu’à s’en prendre à eux-même ». On peut gloser sans fin sur la possibilité ou non de s’arracher à la fatalité de sa condition sociale, il n’en reste pas moins qu’une inégalité de naissance, surmontable ou pas (là n’est pas la question), est intolérable.

  6. Dimitri,

    je suis obligée de reconnaître que c’est toi qui avait raison… cet article connait une affluence extraordinaire… A l’ordinaire ce blog a une moyenne journalière de visites entre 450 et 600. Il est 16 heures et il a dépassé les 1600 visites, toutes ou plutôt l’immense majorité pour cet article…

    J’ai tenté un détournement d’article de la presse pour montrer une crise de société qui dépasse les individus, ceux-ci n’étant que les porteurs momentanés de courants qui les traversent… Ils sont moins acteurs qu’agis…

    Le système Sarkozy est celui qui offre des opportunités à une bande de ruffians dans le sillage d’une phase spéculative, de cadeaux offerts sous prétexte de relance…

    L’analyse que je fais est celle de cette phase d’accumulation comparable à celle qui sous Thatcher va correspondre à une recomposition du capital et à une mise au pas des syndicats, le système Sarkozy tente vingt ans après, en pleine crise financière la même opération . Loin d’être la période d’atonie des luttes sociales, celles-ci montent partout, donc je crois que ce sera un échec retentissant…

    Mais il y a effectivement un danger d’être pris au premier degré sans que l’on perçoive que je tente effectivement de mettre à jour une crise systémique avec des individus détruits de l’intérieur, une espèce d’avidité, le conflit à la faust dont parle Marx entre jouissance et accumulation…

    Peut-être alors Dimitri avais-tu raison de me mettre en garde sur la manière dont ce texte serait compris…Bref, j’avais l’habitude de mes 450 à 600 fantômes visiteurs journaliers et je me demande pourquoi il y a tant de monde, qu’ai-je pu faire de pas trés clair ? Cela dit j’ai eu la curiosité d’aller voir les blogs d’où proviennent les visiteurs, il n’y a pas d’erreur, ce sont des gens proches… Qui partagent nos valeurs, inquiétudes..

    merci Alex,
    je crois effectivement qu’il y a une destruction de l’esprit de la chose publique, un pillage, une mise en coupe réglée qui ne se limite pas aux petites tricheries d’une arriviste qui fait songer au film de Mankiewicz, Eva. Mais elle est révélatrice et c’est seulement en ce sens que son portrait m’intéresse… C’est un « caractère » témoignage d’une époque.

    Danielle Bleitrach

  7. Danielle, tes visiteurs supplémentaires ne seraient-ils pas ceux que t’envoit Rézo.net?

  8. pour l’essentiel c’est ça mais pas seulement… Rezo a déjà repris plusieurs de mes articles, celui sur les suicides au travail, celui sur les techniques financières LBO, d’autres encore… L’article de ce blog qui connait encore aujourd’hui la plus grande affluence (5000 visiteurs et plus) c’est la crise financière pour les nuls…
    Peut-être suis je impressionnée par les critiques de Dimitri mais je crains de donner dans la faicilité et d’encourager ce que je prétends dénoncer. Les autres sujets s’y prêtaient moins…
    C’est mon côté prof, j’avais toujours peur de ce que je mettais dans la tête des étudiants, je crois que c’est la correction des copies qui produit ça. Quand vous avez 300 copies à corriger et que 25% d’entre elles font la même erreur vous savez que c’est de votre faute… C’est redoutable, un effet de masse qui vous dénonce… A un moment vous commencez à regarder le paquet de copies avec suspicion comme si elles allaient se mettre à crier « ouh! Ouh! L’incapable! » Je me demande si les autres profs ressentent la même chose ?
    Danielle Bleitrach

  9. Dans l’absolu, le fait qu’elle n’ait pas obtenu ce diplôme n’a rien de honteux ou d’illégitime. Au contraire même, cela aurait pu renforcer le côté autodidacte d’une « success story » à l’américaine. Le fond du problème est qu’elle a menti – ou triché – probablement guidée par une ambition et une soif de reconnaissance démesurée. Personnellement j’estime qu’on ressent trés fortement chez elle une tension à fleur de peau que sa séduction calculatrice ne parvient pas toujours à dissimuler. Ses prises de bec avec Besancenot pendant les élections avaient révélé sa vraie nature.
    Un vrai personnage balzacien en effet…

  10. Le « système » que révèle cette nouvelle affaire est fondé d’abord sur le mépris et le brouillage de tous les repères qui faisaient « sens » dans la « France d’avant », celle de gauche comme celle de droite.

    Le soir même de son élection notre président s’est ostensiblement affiché au « Fouquet » en compagnie d’un célèbre chanteur « migrant fiscal » notoire qui avait sans pudeur décidé de ne plus payer d’impots en France et d’un champion cycliste déchu et condamné pour dopage…Le message était clair: voyou ou délinquant, si vous êtes avec moi vous ne risquez rien…Au côté de telles énormités jetées à la face du pays qui venait de l’élire, véritable bras d’honneur du souverain à tout ce que le pays pouvait compter de vertu, le diplôme défaillant fait figure d’anecdote mineure…

    Interessons nous à l’évolution de la justice et à celle de la désormais non-séparation des pouvoirs, cela me semble plus essentiel. Par exemple à ce texte parlementaire en préparation:
    La « simplification » du Droit dans la France d’après est en marche…Voir en particulier dans le texte nos 38, le Chapitre 2 relatif à la « Simplification des obligations des employeurs »… et aussi le Chapitre 5 relatif à la « Simplification du fonctionnement de la justice »….
    Amis juristes à vos études ! Aidez nous à décrypter et contrer la part de ces mesures qui seront inacceptables.
    http://www.senat.fr/dossierleg/ppl07-020.html

  11. Le plus grave n’est pas le fait d’usurper des diplômes. Là, la personne s’est faite mal pour elle même. Et on s’en fou !

    Le plus grave est de faire mal à cette société en prenant des décisions à l’encontre de l’intérêt du citoyen. Encore plus plus grave, de profiter du poste pour se faire de l’argent. Encore plus grave, profiter du poste pour faire mal aux gens.

    Peut être, faut il creuser dans le plus grave et non des papiers diplômes ?

  12. je suis d’accord avec vous sur la plus ou moins grande gravité des faits, mais je crois qu’il y a aussi dans cette « tricherie » une sorte de logique qui éclaire le système sarkozien…
    Le président dit « enrichissez-vous! », mais les dès sont pipés… Ces amis les lagardère et autres Bolloré, Arnault, ne peuvent s’enrichir que sur l’exploitation, l’appauvrissement et ceux qui disent autre chose, qui inventent la méritocratie qui permettrait à un enfant d’ouvrier de devenir l’égal du banquier trichent, ils sont les nouveaux « oncles Tom », ceux qui racontent une histoire édifiante pour mieux aider à l’exploitation, à une justice à plusieurs vitesses…
    C’est pour cela que je trouve l’histoire exemplaire… Une sorte de fable qui, comme chacun le demande ici, donne envie d’aller plus loin, sur le plus fondamental… la tricherie est une porte qui s’ouvre sur un système…

    Maintenant je prie ceux qui n’ont jamais été acceptés sur ce boog ou « journel », d’attendre un peu pour être « modérés » et que leurs interventions passent, mais je vais faire une petite randonnée au bord de la mer et je rentrerai en début d’après-midi.
    amitiés
    à bientôt

    Danielle Bleitrach

  13. Moi aussi je me pose ces questions lorsque je corrige mes copies.
    Je suis arrivé aussi par rezo.net, c’est mon portail d’entrée sur le Net. Excellent lieu pour aller vers des choses importantes.

    Pour en venir à la discussion sur Dati, je pense que l’atttraction vers ton blog (on tutoie apparement ici)est due au personnage Dati et au coté croustillant de l’affaire.
    de façon plus générale,la morgue et le mépris, sans limite désormais, du Capital et de ses serviteurs (journalistes-communicants,héros de pacotille…)ne doit pas nous étonner. Mais l’histoire de Dati contient un ingédient supplémentaire : la bonne conscience, comme il est dit dans le papier de l’Express, que peuvent s’acheter tous les foireux du Pouvoir.
    Ce spectacle est fort réjouissant, mais sa dénonciation peut-il faire ouvrir les mirettes au bon peuple. Je crains que non.
    En même temps, comme toi je pense que les temps balzaciens que nous vivons peuvent laisser présager des lendemains sanglants pour les élites et/ou pour le peuple. On les voit déjà se goinfrer de toutes les prébendes possibles, dans la plus parfaite impunité. Les temps louis-philippards sont de retour, avec l’immense vulgarité qui accompagne toujours la bourgeoisie lorsqu’elle triomphe. ça, ça devrait se voir, non ?

    Il y a eu, parait-il, hier, dans la boite noire, des images de Sarkozy, humiliant les cheminots ? Avez-vous vu ça ? pour finir sur le mépris et la dangerosité de ce Pouvoir.

  14. Oui j’avais bien compris que cette attraction soudaine qui nous fait passer d’environ 500 à 600 interventions journalières à un pic de 2700, était dû au « croustillant » de l’affaire, c’était même le sujet du débat ^puisque ce blog est plutôt un lieu de réflexion.
    Non le style du blog n’est pas de se dire « tu », j’ai même le « tu » personnellement assez difficile, mais il s’avère que Dimitri a été mon étudiantt, et il y a des gens que je connais, donc je vous conseille de faire comme cela viendra le plus aisément.
    A propos de Sarkozy humiliant les cheminots, je viens de placer un article sur le sujet parce qu’en fait le président est bien venu comme au zoo, mais il a fait une boulette que les cheminots ont tout de suite relevée (voir l’article).

    A propos pour terminer de Rachida Dati, elle aussi joue la politique spectacle et je vous conseille donc de lire l’article dans ce blog sur « la bourde » de Sarkozy et sa visite aux chaminots et de méditer ce que vient de concevoir Rachida Dati : car pour que le panorama soit plus complet, il faudrait montrer que Sarkozy imprime son « style » à tous ses ministres, en particulier à sa disciple en politique Rachida Dati. Ainsi dans les Echos du 26 et 27 novembre est rapportée la bourde de Rachida Dati. Celle-ci adoptant le style présidentiel a joué la provocation, a voulu mener des réformes au pas de charge. Les avocats mènent depuis 15 jours une fronde contre la chancellerie, leurs représentants ont quitté à grand fracas le comité consultatif de réforme de la carte judiciaire. Rachida Dati s’est aussitôt lancé dans une tentative maldroite de récupération après avoir médiatiquement affirmé que la réforme passerait coûte que coûte comme son président. Elle a écrit une lettre à Paul-Albert Iweins, le président du Conseil national des barreaux le 24 octobre en lui proposant de faire aboutir sa demande de retraite anticipée à taux plein à 55 ans pour les avocats gênés par la carte. Bien évidemment la gauche a dénoncé ces passe-droits alors que l’on impose aux cheminots la fin des régimes spéciaux. le ministre du Budget a du trancher « le gouvernement n’est pas favorable à cette demande sans fondement ». La réunion prévue le samedi matin entre la chancellerie et les avocats menace d’être houleuse.

  15. La lecture de cette analyse de fait de société aussi sur Dati ne me laisse pas indifférent, car sans être un émigré ,et sans avoir la volonté du pouvoir,il est vrai que notre société ne favorise pas
    toujours l’ascencion des plus démunis.
    Mais ministre de justice ,c’est autre chose.
    Par ailleurs souvenez-vous d’un certain ministre de la justice qui
    se nommait Chalendons,dont l’essentiel de son devoir de ministre,était
    de noyer une certaine affaire « Colbert »ou une sinistre affaire de banque illégal pour l’époque.
    S.F.A.M.Rosay.

  16. Sans préjuger des mérites de Rachida Dati, cette analyse permet de la situer dans notre contexte actuel… Le succès des réflexions à son sujet se comprend, me semble-t-il du fait qu’elle est d’une certaine manière une figure de proue du « modernisme » sarkozien (avec Yade et Amara) qui répond comme n’a pas su le faire la gauche, aux nécessités d’actualisation du logiciel politique et de ses représentants…
    .

    Mais vous avez su souligner que ses mérites réels, incontestables, et rares, se mêlent à une manipulation médiatique et politique d’envergure.
    .
    Son adhésion et sa participation à d’autres valeurs, plus discutables (j’euphémise: je devrais dire rédhibitoires pour un personnage politique qui se respecte et respecte sa fonction et ce qu’elle représente) méritaient d’être évoquées. Vous l’avez fait de belle manière. Je l’ai apprécié. J’ai donc prélevé votre texte pour conclure un dossier sur RD, sur mon blog… Si vous n’y voyez pas d’inconvénient?

    http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2007/11/01/6738112.html#comments

  17. je vous remercie de saisir les nuances que j’ai volontairement introduites dans ce texte, en particulier qu’il y a là des vertus dévoyées…
    Cela dit Rachida Dati s’enfonce, elle a nié avoir utilisé de fausses références pour entrer à l’Ecole de la magistrature, le canard enchaîné de cette semaine a déniché son CV qui fait bien mention du faux diplôme. Il semble également qu’elle ait téléphoné au Canard pour se plaindre qu’on la traite ainsi à cause de ses origines… Le Canard bien sûr a répondu qu’il ne fallait qu’encenser la ministre autrement… etc…
    Cela dit je trouve que Kouchner s’est un peu « planqué » derrière Rama Yade, la laissant patauger et prendre tous les coups… Alors que visiblement sur les enfants de l’Arche de Zoé, ils étaient deux et c’est la grande affaire de Kouchner… Donc sans accepter l’excuse de Rachida Dati sur ses origines je crois qu’il y a des gens plus destinés que d’autres à jouer les fusibles…

    Je vous autorise bien sûr à utiliser ce texte et d’avoir eu la courtoisie de me le demander.
    Danielle Bleitrach

  18. Au moment où, à la suite de la mort de deux adolescents des bagarres éclatent dans les banlieues, et où toute une jeunesse s’indigne devant le sdort qui lui est réservé, je découvre cette video où Rachida Dati témoigne du mépris du monde dont elle est pourtant issue. L’ambition personnelle, l’arrivisme a des limites. Elles m’avaient paru presque atteintes avec le faux CV, mais là cela me paraît pire… Mais écoutez plutôt, je ne sais pas si vous ressentirez la même chose que moi… Il est vrai que quand on est capable de rester ministre dans un gouvernement qui légifère sur l’ADN de l’immigration, on peut tout dire… Et cette espèce de connivence avec les journalistes…

    Voilà ce que dit Rachida dati, alors porte parole de Sarko.
    Regarder la vidéo – 56 s –
    http://www.youtube.com/watch?v=roinVVb480s

  19. Comme les remarques sont modérées et nayant pas trouvé d’adresse courriel, je me permets d’utiliser cette voie.

    « Je vous autorise bien sûr à utiliser ce texte et d’avoir eu la courtoisie de me le demander.
    Danielle Bleitrach »

    Je me suis permis de mettre en ligne votre texte cette nuit et les références.
    Si cela ne vous convenait pas, faites le moi savoir et j’effacerais bien sûr cette partie.
    Vos remarques et suggestions seront le bien venu.

    ADL

  20. Je trouve triste qu’il faille presque passer par là (arrivisme forcené, usurpation de diplôme, manipulation) pour arriver au plus hautes fonctions. Je suis avocate, j’ai toujours travaillé fort et honnêtement. J’ai certainement plus de qualifications juridiques que Mme Dati et je ne suis pas Garde des Sceaux. Un peu d’humilité Mme Dati, sachez reconnaître vos faiblesses et un peu plus de considération pour ceux que vous gouvernez, qui ont pour la plupart plus de qualification que vous et pour beaucoup, autant sinon plus de mérite.

  21. Correction: « aux plus hautes fonctions… »

  22. J’aimerais ajouter que Mlle Dati n’est qu’un outil de travail pour Sarkozi, et lui-même pour ceux qui sont derrière lui . Nous pouvons certainement discuter longtemps de si c’est bien ou mal mais pendant ce temps, la mise au pas de l’administration judiciaire est faite (plus de séparation des pouvoirs) et la dépénalisation des chefs d’entreprises passera sans aucune difficulté comme les multiples remaniements constitutionnels précédents à travers un seul homme….

    Malraux souhaitait que notre avenir soit spirituel.
    michel.boussekeyt@univ-lille1.fr

  23. De mon point de vue d’expatrie (en Angleterre, d’ou l’abscence des accents sur mon clavier…), cet acharnement sur un diplome est bien caracteristique de l’esprit francais: on EST a travers des diplomes !

    Je ne remets pas en question que, si le mensonge est avere, c’est en effet impardonnable, mais en meme temps je ne peux m’empecher de penser que si au lieu de voir les gens a travers des diplomes on les jugeait sur leur experiences et competences reelles alors on ne se poserait pas ces questions !
    L’exemple de Madame Dati est frappant, elle n’avait nullement besoin de ce diplome aux vues des references qu’elle avait deja. Savoir seduire des chefs d’entreprise, des personnalites politiques et savoir diriger n’est pas a la portee du premier venu (desole Christine, vous etes peut etre tres doue dans votre domaine mais vous n’etes apparament pas faite pour une fonction ministerielle).

    Personnellement, je suis choque par des reactions telles que celle d’Alex. Doit-on etre honteux de reussir dans la vie ?
    Doit-on preferer donner en exemple la mediocrite plutot que la reussite ?
    La encore, on reconnait une certaine marque de l’esprit francais qui n’accepte les differences, surtout celles qui marquent la reussite!

    En conclusion, la facon dont Madame Dati est parvenu a ses fonctions est, de mon point de vue, tout a fait legitime: c’est une personne volontaire ayant su forcer son destin, donc proactive, capable de mener une politique de changement et de s’imposer.
    Cela change des politiques (hommes ou femmes) passifs de crainte de la critique et les dirigeants politique dynamiques ont su le comprendre.

    Sa facon de s’habiller, ses amis ou sa famille m’importe peu.
    Si les reformes prises s’averent infructueuses, alors ce n’est pas complique, je m’exprimerai comme tout citoyen par mon vote aux prochaines elections.
    Danielle, vous voulez juger le systeme Dati, mais cela rejoins indeniablement le systeme du gouvernement actuel. D’apres ce que j’ai compris, il n’est deja pas vraiment dans vos orientations politiques…

    (Une petite parenthese concernant le message de Jacques Richaud et les amis de Nicolas Sarkozy: n’oubliez pas que Judas avait des amis irreprochables…n’y voyait pas de comparaison de NS a Judas ou a un apotre, mais seulement une critique du jugement attif.)

  24. Oui, bravo c’est çà.
    La « faim » justifie les moyens ?
    Faim de pouvoir, d’argents et de reconnaissances !!!!
    Plus, toujours plus une faim insatiable de réussite. Une vie à la Sarko en grand (ou plutôt petit :p).

    Maintenant, cela reste un choix de vie je privilegie le chemin à ma destination finale, la façon d’arriver au top, une fois en haut se dire que l’on mérite cette place et que l’on ne la pas obtenue par de plus ou moins viles procédés.

    Qui plus est dans ce type de sphères ou évolue Rachida ce genre de méthode et récurrent, le « piston » est incontournable, mais le revers c’est que ce genre de réusite est fragile car basé sur des relations qui sont également plus ou moins solides.

    En politique quand quelqu’un plonge et qu’il essaye de se sauver en se retenant à son réseau, ces mêmes personnes qui vous ont aider à arriver au sommet vous regarderons plonger dans le ravin, si ils ne vont pas jusqu’à vous y pousser plus vite.

    Les places sont cheres en haut il y en aura toujours qui voudrons aussi leurs parts du gateau ou une plus grosse part.

  25. Mme Dati et la discrimination! Oups…

    Madame la ministre de la justice ne s’intéresse pas beauccoup aux droits de l’homme, surtout quand il s’agit des prisons…
    Voici ce que l’on peut lire sur le site du ministère de la justice suite au passage de la ministre à Aix le 16 mai 2008, la page s’appelle « lutte contre les discriminations »…
    « Rachida Dati, qui rencontrait quelques heures plus tard les associations de quartier et les acteurs locaux de la lutte contre les discriminations, de l’égalité des chances et de l’accès au droit, leur a rendu hommage. «C’est vous que les victimes viennent voir, c’est vous qui êtes informés des situations discriminatoires. Vous devez servir de relais entre les victimes et le pôle » a-t-elle insisté. »

    J’étais dans la salle lors de cette rencontre et je ne me souviens pas vraiment avoir entendu cette phrase bien qu’elle fut peut-être prononcée en conclusion à la « discussion » qui a duré environ 2h. En revanche je me souviens plutôt de la réponse à la question que lui a posé la représentante dune association de défense des droits de l’homme. Après avoir parlé de la surpopulation carcérale et à propos de la loi sur la rétention de sûreté cette dame lui fait remarquer, très calmement au demeurant, qu’elle va à l’encontre des droits de la personne, en effet on ne peut retenir une personne en prison pour un crime qu’il n’a pas encore comis. D’autant qu’aucun psychiatre ne se mouillera jamais pour dire « Je peux vous assurer que cette personne ne récidivera pas ». La représentante a également abordé tout un tas d’autres problèmes en prison et de manière général le fait que le gouvernement voyait les détenus comme des « monstres » (il s’agissait de l’une des question les plus longues mais aussi l’une des plus pertinentes de cette rencontre. Et que répond madame Rachida Dati à celà? Simplement qu’elle connait mieux les prisons que cette dame qui l’interroge (en effet pour annoncer qu’il n’y a que 6% des établissements pénitenciaires qui ont un problème de surpopulation, il faut être extrèmement calé sur le sujet, je rappelle que les vrais chiffres sont de 63% et que même après s’être fait largement huer, notre ministre ne semblait pas voir son erreur). Elle répond surtout que c’est à cause de gens de gauche comme cette personne qui servent de porte parole et qui rapportent soit-disant de faux faits et qui ne savent pas ce qui se passe dans les prisons que ces problèmes existent (je rappelle la phrase que l’on trouve sur le site du ministère: « c’est vous qui êtes informés des situations discriminatoires. Vous devez servir de relais entre les victimes et le pôle »). Et elle en rajoute encore en retournant contre cette dame un reproche qu’elle lui avait fait: « comment pouvez-vous traîter ces gens de monstres », lance-t’elle. Le tout enrobé d’agréssivité et de la technique de discours choc à la Sarkozy: « Et qu’est-ce que j’aurais dû faire?Est-ce qu’il fallait que je laisse un meurtrier en liberté? Et qu’est-ce que je raconte aux parents de la petite fille? Et ce cannibale qui voulait manger la cervelle de son codétenu? etc. »

    Bref voilà ce qui transpirait du discours de Dati, de l’agressivité, du mensonge, de l’ignorance et du fouttage de gueule! On a pu constater l’irrespect qu’elle avait pour les droits de l’homme et les « gauchistes. » Bravo la lutte contre les discriminations, bravo madame Dati! Encore un dernier effort et on mettra les enfants de trois ans en prison car personne ne pourra dire qu’ils ne commettront jamais de crime!

  26. C’est accorder trop d’importance à une beurette qui a cru un moment user de méthodes « indigènes » pour tromper son monde et abuser ainsi des « soutiens » qui lui ont permis d’acceder à des situations qu’elle ne pouvait mériter par des capacités qui expriment plus l’indigence que l’intelligence.Son parcours illustre par delà son inconséquence un déni de personnalité qui la pousse à user d’artifices pour paraitre autrement que ce qu’elle peut être.Elle aime tant partager l’intimité des couples et pour être disponible à jouer ce rôle elle n’a pas hésité à sacrifier un mariage qui ne lui permettait pas de réaliser ses ambitions avec le même sens de la démeusure et de la tromperie.Elle est prise à son propre jeu et les réactions qu’elle peut réveler à l’epreuve du fonctionnement des institutions républicaines la ramèneront à ses dimensions réelles,en dépit de tous les soutiens qu’elle peut avoir.

  27. Oula!
    là danielle je crois qu’une censure s’impose pour le précedent commentaire où on est carrément dans du racisme !
    Même si on déteste mme dati ce n’est pas avec des argument de ce genre qu’on avancera. Ne donnons pas l’occasion à nos adversaires de nous attaquer.

  28. La dernière illustration de l’arrivisme de cette demi-mondaine, dont la nomination comme Garde des Sceaux atteste du peu d’égard de notre Président pour l’institution judiciaire, est bien sûr sa grossesse médiatisée. Il n’est que de lire la façon dont l’intéressée parle de ce futur heureux évènement aux médias: pour justifier son prudent mutisme sur la paternité présumée de cet enfant (imputable semble-t’il à un play-boy quinquagénaire multi-millionnaire amateur de call-girls et grand ami de notre Président)et évoquer les incertitudes liées à cette grossesse, Mme Dati explique que celle-ci « n’est pas consolidée ». Ce terme comptable,rarement utilisé par une femme enceinte, n’a pas été relevé par les chroniqueurs…il en dit long pourtant sur la personnalité de notre Ministre la Justice.

    Derrière les pages de plus en plus écornées de ce Carnet Rose, se cache la réalité de plus en plus odieuse d’une justice en pleine déliquescence.

    affaireterrasson@wordpress.com

  29. IL est évident que les « grands oraux » des concours d’admission aux grandes écoles sont d’une impartialité absolue On devient maintenant magistrat de pére en fille !Ce n’est pas une garantie de compétence :cf le procés calamiteux des évadés de la prison de Fresnes.De toutes façons elle n’avait nul besoin de ce MBA pour integrer l’ENM !En revanche son expérience de la vie et son passage en juridiction lui ont permis d’évaluer à leur juste valeur les  » petits pois « ….bienveillants avec les puissants ,répréssifs avec les pauvres

  30. si je puis me permettre « consolidé » est un terme médical.. utilisé pour les Accidents du Travail .. :0)

  31. Je trouve cet article bien naïf; je connais une faculté de droit (celle d’Orléans pour ne pas la nommer) qui délivre des diplômes de master 1 de droit privé à des étudiants qui n’ont quasiment pas fait de droit pendant leur quatre années d’étude (et quand je dis quasiment pas, c’est quasiment pas : ils n’ont qu’une licence d’administration-gestion et ils peuvent choisir leurs propres matières en master 1 droit privé parmi celles qui leur sont proposées, ils choisissent bien-sûr des matières de gestion, de « management », d’histoire, d’économie, de politique, de sociologie,… mais pas de matières juridiques (ou une ou deux histoire de faire plus ou moins crédible).La faculté fait cela dans le but de gonfler fictivement les effectifs de master 1 droit privé (plus de 50% du master 1 droit privé n’a pas de licende de droit) et d’obtenir ainsi des subventions. Ils sont en concurrence avec ceux qui ont une licence de droit et une (vraie) maîtrise de droit pour accéder aux masters 2 de droit (dont les places sont très limitées),la séléction se fait par entretien devant une seule personne. Souvent, le directeur du master 2 qui fait passer l’entretien a une activité de praticien à côté de celle d’enseignant: il aime donc les gens ayant des diplômes de faible valeur pour pouvoir les exploiter dans son cabinet, surtout quand il s’agit de très charmantes jeunes-filles (quels que soient leurs diplômes). Ces faux diplômés ont accès de surcroît à tous les concours de la fonction judiciaire (avocat, magistrat…). J’ai tenté de faire quelque chose, mais depuis la loi d’autonomie des universités (de Mme Pécresse) cette magouille est légale (avant cette loi, il était encore possible de contester).

    Vous voyez donc, socio 13, que l’injustice, à’instar de l’usurpation par Mme Dati d’un titre universitaire lui ayant permis d’accéder à la magistrature et ce faisant de prendre la place d’un honnête candidat, est aujourd’hui la règle et que rien n’empêchera l’aggravation des choses. Les diplômes ne vaudront intellectuellemnet bientôt plus rien, mais seront juste, comme dans les pays anglo-saxons, des titres garantissant à l’embaucheur que papa a eu les moyens de me payer « l’université ».

    Si j’écris cela, c’est simplement pour montrer que le cas dati est un cas parmi tant d’autres, et qui révèle l’effondrement du peu de vertu qui restait dans la société française (notamment dans les systèmes scolaires et universitaires).

    Veuillez croire à l’expression de ma respectueuse considération.

  32. Je suis loin d’être un proche de cette femme, je suis marocain, j’ai l’âge de son père. avec mon passé et comme une pierre qui roule n’amasse pas ? Je me permets de vous poser cette question. et si cette femme était de villefranche du Rouergue ou de Bègles ou bien de je ne sais où d’une famille bien Gauloise, est ce que vous la critiqueriez avec la même âpreté, fichez lui la paix, car elle ne doit sa réussite qu’à ses capacités et sa débrouillardise quand à ce qu’elle doit à Sarkosy, je reste convaincu qu’il lui doit aussi un peu de sa réussite, juste retour des choses, quand au bébé de cette dame, un peu de retenu, s’il vous plaît, pensez un peu aux rois de France, ils n’ont pas été si légitimes que ça. madame Dati a un cœur comme nous et un corps aussi, elle est libre de l’accorder à qui lui semble le mériter, puisque vous partagerez avec moi cette dernière maxime ne vous faites pas colporteur de médisance gratuite à tout va en faisant surtout à ses proches, son père l’a élevée comme le mien m’a élevé, sévère ou pas ce sont nos coutumes, c’est le résultat qui compte, merci de m’avoir lu.

  33. Abdelsalm, la webmaitresse du site et l’auteur de l’article ne fustigent pas les origines de R. Dati, ni le milieu d’où elle vient ni la façon dont son père l’a élevée. Ce qu’ils fustigent, c’est la totale dépolitisation actuelle (d’autant plus grave quand on gère un portefeuille comme la Justice) pour verser dans le storytelling le plus médiocre (à lire absolument le livre de Salmon). La politique sarkozyste, berlusconneriste ou obamaniaque c’est juste de raconter une histoire plaisante : le joli métis de Hawaï qui devient Empereur du Monde et joue le rôle du gentil flic après le méchant flic joué par Bush, le p’tit hongrois qui est devenu Maire d’une banlieue chic, puis mari d’une top-modèle italienne et Président, etc. Compare leurs discours à ceux de Castro, ya pas photo.
    La politique devrait s’activer sur un projet commun, et le fait d’avoir tué cette idée de projet commun (quelle horreur, ça fait communiste !) pour ne focaliser que sur la vie et les photos d’individus vedettes, vaguement politiciens, est symptomatique du néolibéralisme.
    La démonstration du livre de C. Salmon « Storytelling » est implacable : autant la mythique Shéhérazade se maintenait en vie en improvisant une belle histoire chaque soir, autant chez ces vedettes politiques, ce ne sont que des clichés de marketing.
    Même la disgrâce actuelle de Dati n’est pas le retour de bâton légitime du à son impopularité (et son imcompétense manifeste) : c’est juste le nouveau chapitre écrit par son armée de conseillers en communication, pour qu’elle revienne en force dans quelques années (Hollywood est très friand de ce type de schéma : partie de nulle part, ascension, chute, résurrection). To be continued…
    Je préfère Schéhérazade, moi !


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