Arrêtons de prendre les classes populaires pour des demeurées auxquelles nous devons apporter la lumière, par Bernard Trannoy

Bernard Trannoy 279-a72fb

source : Faire Vivre et Renforcer le PCF, 02 Mai 2014

Première remarque, pour l’essentiel ceux qui produisent des contributions aux débats, limitent leur champ de réflexions au seul champ institutionnel. Il y a là, le résultat d’une lente, mais certaine dérive du PCF en parti d’élus. Pour ceux-ci, la place dans l’institution prend inévitablement le dessus sur les enjeux des affrontements de classes. Ce qui conduit très vite à limiter son champ d’interrogations aux seuls paramètres d’un rassemblement politicard, préoccupé par les seules constructions d’appareils, de prébandes, de sommets où ne peuvent que s’affronter les « egos » où le seul enjeu est la place dans le système institutionnel existant, donc de fait sans véritable volonté de le mettre en cause.

Et si notre dérive en dégénérescence n’était pas à rechercher ailleurs que dans le système des alliances, mais bien plutôt, dans notre incapacité ou absence de véritable volonté de prendre en compte les attentes sociales des classes populaires ?

Et arrêtons de dire que ce divorce n’est que le résultat d’une incompréhension de leur part, et de la nôtre un manque de pédagogie. Arrêtons de prendre les classes populaires pour des demeurées auxquelles nous devons apporter la lumière. Et mettons-nous plutôt à leur écoute. Ce n’est évidemment pas la bouillie à chats servie par la tribu Bocarra qui nous aidera à avancer ; tribu, mais pas qu’elle, qui est dans une recherche effrénée d’une réponse technocratique à un problème fondamentalement politique.

Mauriac déclarait au lendemain de la Libération « Seule dans sa masse, la classe ouvrière est restée fidèle à la France profanée« . Ce constat reste plus que jamais d’actualité, car c’est bien la question de la souveraineté qui est au cœur des interrogations, et la trahison des « élites » sur cette question, y compris dans son versus dit « communiste » est évidente.

Le refus des dirigeants actuels du PCF de répondre à cette attente, fait UN, le jeu inespéré du FN, pour ne pas dire, ses alliés de fait, pour cause de désertion. DEUX nous conduit à l’inutilité pour le monde du travail qui préfère se réfugier dans l’abstention. Abstention qui est un fait politique majeur.

Ce qui dans un scénario à l’italienne ne peut que conduire le PCF à sa disparition justifiée pour cause d’inutilité pour les classes populaires. Les stratégies dite de Front, d’états généraux de la gauche ne sont que des raccourcis. Rassembler, en bas, et d’abord sur les lieux de travail, ouvrir une véritable perspective de sortie du capitalisme, être porteur d’un projet, d’une véritable visée, voilà autant de moyens de produire du rassemblement.

Il est à remarquer que dans cette phase nous voyons proliférer ce que Paul-Vaillant Couturier appelait à son époque les jeteurs de mots, où l’incantatoire tient lieu de ligne politique, substitut à l’absence de véritable visée stratégique.

Bernard Trannoy

2 commentaires

  1. Tout à fait en phase avec l’article ! Il faudra arrêter et vite à s’entendre dire de certains élus Communistes : « Il faut bien que l’on ait des élus » ! Tous les coups sont donc permis à l’image des rapaces gérants du capitalisme? Il faut vite en revenir sur des positions de combat de classe pour cibler les vrais responsables de la crise économique : la caste privilégiée du régime capitaliste ! Faute d’éclairer par la vérité les travailleurs qui ne vivent que de leur revenu du travail, ils chercheront des responsables de leurs malheurs ailleurs , le fascisme notamment pour réécrire l’histoire ! N’oublions pas que le fascisme est enfanté par le capitalisme pour le sauvetage coûte que coûte de ses privilèges ! Il est violent par nature (MARX) , violences économique et destructive par les armes si besoin est ! Laisser encore croire que le capitalisme porte en lui la démocratie quelle erreur fondamentale . Il porte en lui la guerre, la haine (Jean Jaurès) Ne pas en revenir à nos valeurs Révolutionnaires c’est aller droit dans le mur ! Enfin, nous en avons aujourd’hui la preuve que nous apporte le VENEZUELA. Le capitalisme ne supporte pas l’opposition politique et économique ! C’est à ajouter à l’argumentaire Révolutionnaire actualisé !

  2. En phase,et pas en phase, tardivement en plus, avec l’article. Oui, il y a un moment où les instances du mouvement, aux prises avec la détention du pouvoir, privilégient l’approche institutionnelle (alliances) au détriment du rapport de force vécu par les militants et le peuple.
    Bravo pour la citation du catho-bourge Mauriac. Mais est-ce une question de souveraineté ? Les classes populaires demandent à être respectées par leurs dirigeants. Une « reconnaissance’ légitime. Elles n’acceptent aucun pouvoir méprisant. Le capitalisme est antinomique de cette demande. Mais le nationalisme en est un leurre propagandiste !


Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s