Culture et colonisation : l’équilibre antillais par edouard Glissant

Du mythe persistant des « îles » paradisiaques à la fausse réalité des Départements d’outre-mer, il semblait que le destin des Antilles de langue française fût toujours d’être en porte à faux sur la réalité. Comme s’il n’était jamais donné à ces pays de rejoindre leur vraie nature, paralysés qu’ils étaient par leur conformation géographique et aussi par une des formes les plus pernicieuses de la colonisation : celle par quoi on « assimile » un territoire sans permettre pour autant qu’il atteigne à son plein développement, à sa liberté.
En la matière, les occasions sont nombreuses qui furent perdues par les Antillais eux-mêmes, et nous y reviendrons. La donnée brutale est que la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique souffrirent une longue suite de révoltes, de luttes, ceci depuis le XVIIe siècle ou à peu près, et qu’il n’en est résulté chaque fois qu’une démission de plus en plus fondamentale de l’esprit collectif, de la volonté commune qui seules permettent à un peuple de se réaliser en tant que peuple.


Il est de nombreuses raisons à cet état de choses. Notre rôle est aujourd’hui d’essayer de les pénétrer, afin que le mouvement qui anime à cette heure les Antilles de langue française ne s’enlise pas, une fois de plus, dans les mirages les plus étrangers à la réalité antillaise. Le peuple antillais n’a jamais cessé de se battre. Les « élites » antillaises, hormis de rares exceptions, l’ont toujours abandonné.
Donc, la conformation géographique. Il semblerait que cet éparpillement des îles dans la mer Caraïbe, qui en effet constitua une barrière naturelle à la pénétration entre les divers territoires, ne dût plus jouer dans un monde ouvert par les moyens modernes de communication. Mais en réalité la colonisation a passé par là, qui a divisé en terres anglaises, françaises, hollandaises, etc., une région peuplée en majorité d’Africains. C’est là une des premières réussites de la colonisation des Antilles : de constituer en étrangers les uns par rapport aux autres des gens qui en réalité ne le sont pas. La récente poussée de la « négritude » chez les intellectuels antillais, en vérité, n’est peut-être qu’un obscur besoin, par référence à une souche commune, de retrouver l’unité (c’est-à-dire l’équilibre) par-delà ce qu’on ne peut qu’appeler la balkanisation des Antilles.
C’est donc au caractère très spécial de la colonisation des Antilles qu’on est en droit d’attribuer la démission collective signalée plus haut. En même temps que se développaient les rapports très naturels de domination économique qui caractérisent les relations d’une métropole avec une colonie, il s’établit progressivement aux Antilles une double croyance : d’abord que ces pays ne peuvent vivre par eux-mêmes, ensuite que leurs habitants sont des Français, au contraire des autres colonisés, qui restent Africains ou Indochinois. On voit alors les Antillais fournir des cadres ou des sous-cadres à la colonisation en Afrique, où ils sont considérés comme des blancs et, hélas ! se conduisent comme tels. La politique française est alors de favoriser l’éclosion de ces sous-cadres, ce qui peut expliquer en partie la formation d’une pseudo-élite, plus que toute autre persuadée qu’elle participe à la vie de la Nation. Derrière cet écran, l’exploitation des ouvriers agricoles et des paysans peut continuer. Chaque employé des Postes, chaque petit fonctionnaire est français. Les grands colons, qui n’hésitaient pas jadis à réclamer l’indépendance (l’indépendance pour eux) comprennent que ce système est leur meilleur garant, et ils ne s’opposent que pour la forme à la loi de départementalisation de 1946, comme ils ne s’étaient opposés que par réflexe à l’abolition de l’esclavage, laquelle en 1848 ne lésait pas véritablement leurs intérêts.
Il a manqué aux Antilles une assise nationale qui eût permis la résistance organique à un tel phénomène de dépersonnalisation. La difficulté d’établir une synthèse entre le fonds culturel africain et les structures occidentales laissait peu de temps pour une réflexion nationale profonde. Pire, pendant que se réalisait justement cette synthèse, le peuple antillais était soumis à une opération par quoi on lui représentait comme inférieure, indigne de l’humanité, ce qui constitue au moins une moitié de ses composantes. On voyait ainsi, à la Martinique et à la Guadeloupe, un peuple de descendance africaine pour qui le mot africain était généralement une insulte. Pendant que les ouvriers agricoles dansaient le laghia ou le bel-air, si manifestement hérités de l’Afrique, des juges antillais condamnaient en Afrique même ceux qu’ils aidaient ainsi à coloniser. Quand une collectivité renie une partie de son être, il ne peut en résulter que déséquilibre et vanité.
Pourtant si l’assise nationale, la matrice en quelque sorte, fait défaut, les Antillais sont depuis longtemps amenés à se constituer en entité, en peuple, et cela à partir des réalités culturelles composites qu’ils ont harmonisées. Tous les peuples naissent un jour, et ce n’est pas parce que les Antillais n’ont pas une culture nationale autochtone qu’ils sont condamnés à la déculturation éternelle. Au contraire. Littéralement suscité par l’entreprise occidentale de colonisation, le peuple antillais bénéficie (ou plutôt, bénéficiera) de participer à la fois de plusieurs courants culturels. Cette vocation de synthèse ne peut que le favoriser, dans un monde désormais voué à la synthèse et au « contact de civilisations ». L’essentiel est que les Antillais prennent déjà conscience d’un tel contexte, qu’ils ne sacrifient pas une telle chance en s’en remettant à d’autres du soin de formuler leurs valeurs. Deux événements accéléreront le processus : la prise en main de son destin par le peuple lui-même, et l’apparition des États africains sur la scène internationale, apparition qui fait voler en éclats la croyance coloniale à « l’infériorité africaine ».
Il ne faut pas oublier que jusqu’à la guerre de libération de Toussaint-Louverture, les peuples de la Martinique, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue (qui devint Haïti) étaient en quelque sorte solidaires dans leur lutte anti-coloniale. Les exemples abondent de l’interpénétration entre ces pays. Tant du côté des colons que du côté des esclaves en révolte ou du côté des hommes libres, les mouvements de déplacement, limités, n’en sont pas moins permanents. Et la solidarité aussi. Il n’est que de rappeler l’exemple de Delgrès, Martiniquais libre tombé avec ses troupes guadeloupéennes au Fort Matouba, et dont l’exemple était si cher au cœur du Haïtien Dessalines. Haïti libre, mais pratiquement coupé du monde (en ce temps-là, l’assistance internationale n’existait pas, ni les pays socialistes, ni les États du tiers-monde, ni l’ONU), le mouvement d’échanges qui aurait pu créer les Antilles, tarit. La révolte des esclaves, écrasée dans les petites Antilles, était condamnée à se réduire désormais à une suite de jacqueries désespérées, sans soutien ni possibilité géographique d’implantation ou d’expansion. De plus, aux relations entre les îles se substituent de plus en plus des relations de chaque île avec la France exclusivement, ou avec l’Angleterre. La balkanisation des Antilles est alors consommée. Et après la libération des esclaves en 1848, la lutte pour l’émancipation fait place à une lutte pour la citoyenneté ou l’égalité des droits. Les grands colons lancent leurs créatures dans la vie politique qui devient presque une fin en soi. La classe moyenne aux Antilles, avide d’honneur et de respectabilité, se prête volontiers à ce jeu qui lui procure des postes et des titres. Dès lors, et jusqu’à la loi de 1946 qui constitue en la matière une sorte d’apothéose, les Antillais sont amenés à se nier en tant que collectivité, afin de conquérir une illusoire égalité : sans réfléchir que de la sorte ils s’amputent du seul moyen qu’ils ont de garantir une réelle égalité. L’assimilation parachève l’œuvre de la balkanisation.
L’observateur effaré diagnostique aux Antilles, pendant toute cette période, un manque total, disons, de vie spirituelle. Une incroyable pusillanimité. L’imitation est la règle, et réputé crime tout ce qui s’en éloigne. Ce qu’on appelle alors les élites antillaises, suscitées et créées pour les besoins de l’action coloniale, n’a qu’un souci : de parfaire la copie du Français. On dira peut-être un jour les monstrueuses créations d’un tel état d’esprit. C’est l’époque de la littérature « des îles », où la sensibilité antillaise se donne libre cours. De cette époque date aussi, sans aucun doute, le « Vous n’êtes pas noir », ou le « Vous êtes comme nous, pas comme les Nègres » que les Antillais ont tant de fois reçus dans les gencives et, disons-le, qu’ils ont tant autorisés. Le mythe du « lambeau de la France palpitant sous d’autres cieux » prend lentement consistance ; mais c’est dans la souffrance des masses agricoles opprimées, vouées aux révoltes périodiques chaque fois réprimées dans le sang. Seize années d’exercice du régime de départementalisation ouvrent enfin les yeux des Antillais sur la vérité de leurs pays.
Certes, on essaiera encore, on essaie déjà de leur proposer une formule faussée d’unité, basée sur des exigences stratégiques et prenant corps dans une sorte de condominium, par quoi on continuerait à les régir1. Cette nouvelle orientation possible de leur destin, inutile d’expliquer que les Antillais n’y ont pris aucune part. Matière première que les Puissances occidentales triturent et malaxent, tantôt on les balkanise, tantôt on les assimile, tantôt on les fédère. Jamais ils n’occupent la scène de leur propre histoire. Il est temps de réfléchir sur les réelles données de l’union antillaise, et en particulier sur l’unité des Antilles de langue française. Il est temps d’affirmer que cette unité nécessaire, faute d’aboutir à une nouvelle forme de domination, ne peut être décidée que par les Antillais eux-mêmes.
L’importance de cette unité est primordiale. Dans la même mesure où se rapprochent par exemple la Martinique et la Guadeloupe, sont exorcisées les forces de déséquilibre et de démission qui seules maintiennent l’Antillais hors de lui-même. Si les raisons économiques et politiques d’une telle unité sont impérieuses, les raisons fondamentales, disons culturelles, n’en sont pas moins évidentes.
Cette vocation unitaire des Antilles est aujourd’hui combattue par le biais de deux arguments apparemment contradictoires. Le premier argument assimile purement et simplement Martinique, Guadeloupe et Guyane à la France : c’est la vieille formule des colonialistes. Il n’est pas rare de voir des hommes d’extrême gauche s’y référer plus ou moins obscurément, tellement est profonde sur ce point l’aliénation de certains Antillais. Le second argument est d’ordre nationaliste, au sens étroit : « Je suis martiniquais, je le suis d’abord ; nous verrons à nous entendre avec nos voisins, oui, mais construisons avant tout l’autonomie martiniquaise. » Sans mettre en ligne de compte ce qu’une telle proposition renferme de naïf (l’autonomie martiniquaise en effet ne pourra jamais s’obtenir en dehors, avant ou après l’autonomie guadeloupéenne, et vice versa), il faut dénoncer là une des dernières séquelles du décervelage auquel les Antillais furent soumis. Habitués à penser leurs problèmes en fonction de la France, certains parmi eux n’ouvrent pas les yeux sur leur réalité, même au moment où ils s’opposent à l’oppression coloniale. Il y a eu un confinement assimilationniste de chacune des îles (réduite à la seule relation avec la France) ; il y a un danger de confinement nationaliste étroit aujourd’hui et au moment même de la revendication. Or il faut inlassablement expliquer ceci : à cause de la tentative de balkanisation colonialiste, la décolonisation aux Antilles exige l’ouverture sur les autres îles. L’un et l’autre arguments signalés plus haut relèvent de la même attache à un passé paralysant. Nous pouvons poser cet axiome : au sortir du leurre centenaire de l’assimilation, plus on devient véritablement guadeloupéen, plus on devient réellement antillais. Il en est de même, évidemment, pour les Martiniquais et les Guyanais.
La nécessité d’union au niveau de ces trois pays est d’autant plus impérieuse qu’ils se trouvent aujourd’hui placés devant le même problème : sortir du cadre de la départementalisation. Il y a bien d’autres raisons à une telle nécessité d’union. Mais l’idée même de l’unité antillaise est une reconquête culturelle. Elle réinstalle l’Antillais dans la vérité de son être, elle milite pour son émancipation totale.
Répétons qu’une fédération possible des trois pays antillais de langue française, pour être viable, doit provenir d’une volonté populaire (et non être imposée du dehors), doit être égalitaire (ce qu’elle sera forcément si elle résulte d’une véritable poussée populaire) et doit être ouverte (afin qu’elle ne renonce à aucune chance d’élargissement ou d’amélioration).
Retrouver l’équilibre, c’est donc se penser antillais. Une réelle unité, basée sur la libre coopération entre les îles, ouvrira la perspective des Antilles, et les rendra aptes à assumer dans le monde actuel leur vraie nature, à exercer leur vraie liberté. De quelle nature s’agit-il ? Quel est donc cet équilibre qu’il faut reconquérir ?
Chaque fois que le peuple antillais s’est révolté contre le sort qui lui est fait, on a assisté à une explosion de colère, à une répression impitoyable, chaque fois aussi, suivies d’un étalement et d’un engluement. C’est la longue théorie des occasions perdues. La raison en est qu’au peuple qui se battait contre des conditions misérables d’existence, les pseudo-élites antillaises n’ont jamais proposé une perspective claire de lutte. En la matière, le mimétisme politique qui a caractérisé les Antilles (on y retrouve exactement les mêmes partis qu’en France, qui naissent ou disparaissent selon les fluctuations de la politique intérieure française) fut une géniale création du grand colonat antillais. En bref, les Antillais ne se sont jamais, depuis l’abolition de l’esclavage, battus pour eux-mêmes, dans une perspective qu’ils auraient eux-mêmes sécrétée.
Aujourd’hui, la synthèse semble accomplie. L’Antillais ne renie plus la part africaine de son être ; il n’a même plus, par réaction, à la prôner comme unique. Il comprend que de toute cette histoire est née une réalité homogène qui bientôt deviendra une culture. Il ne renie pas davantage ses composantes occidentales ; il sait maintenant qu’il peut choisir, et que l’aliénation réside d’abord dans l’impossibilité du choix, dans l’imposition arbitraire des valeurs. Il conçoit que la synthèse n’est pas l’opération d’abâtardissement qu’on lui a dite, mais au contraire qu’elle est une entreprise féconde, par quoi les composantes s’enrichissent mutuellement, et qui correspond avec justesse à sa propre vocation. Il est enfin devenu Antillais.
D’autre part, la relation rétablie entre les îles lui permet de situer son effort dans le cadre naturel, dans la vraie réalité qui est la sienne. Les Antillais découvrent qu’ils ont un destin commun, des intérêts, des valeurs, des combats communs. Enfin, le hiatus se comble peu à peu entre le peuple et l’élite. L’analyse correcte de la relation métropole-colonie (car qui pourrait douter que les Antilles sont en fait des colonies ?) persuade les classes favorisées que leur intérêt le plus immédiat et solidaire de celui du peuple. Il y a désormais une revendication antillaise, et le vieux mythe est par terre. Ces terres peuvent s’ouvrir sur le monde.
Et d’abord à l’Afrique. À l’Afrique qui se fait et qui peu à peu prend sa place dans l’humanité actuelle. Le contact fécond avec l’Afrique doit certes annuler l’entreprise séculaire de décervelage à quoi on a soumis les Antillais. La connaissance de l’Afrique leur permettra d’éclairer les bases et les structures de leur héritage culturel, et par là même de le parfaire et de le prolonger dans le sens qu’ils auront choisi.
Ensuite les Antilles constitueront un lien naturel, idéal, entre l’Afrique et l’Amérique du Sud. Leur vocation africaine se double, tout naturellement, d’une vocation américaine. Carrefour des cultures, les Antilles peuvent être amenées à être un lien organique, vivant, libre, entre des mondes qui aujourd’hui encore s’ignorent. En cela résident aussi leur destinée et leur équilibre. Voilà pourquoi la synthèse qu’elles réalisent ne peut être une dégénérescence : mais au contraire un privilège (une fonction à accomplir et qu’il faut accomplir) dans le monde moderne.
Tout cela ne sera possible, nous l’avons dit, qu’à partir du moment où le peuple antillais se dirigera lui-même. Il a, loin des affadissements imposés, merveilleusement préservé la semence de l’originalité antillaise. Il lui reviendra aussi de rendre possible le généreux destin évoqué plus haut. La lutte pour la décolonisation, où qu’elle se situe, est aussi une lutte pour la culture et l’enrichissement de l’homme.
Je voudrais achever ces quelques notes trop rapides, et ce numéro spécial, sur un hommage qui certes ne sortira pas de mon propos. Car il est vrai que le véritable équilibre antillais réside dans l’ouverture au monde, et il fut beaucoup d’Antillais à illustrer cet axiome. C’est Padmore, des Antilles britanniques, qui devient le premier théoricien du panafricanisme. C’est Césaire, dont le Cahier d’un Retour au pays natal est déjà une sorte de charte spirituelle pour les Africains aussi bien que pour les Antillais. Mais nul parmi ces derniers, dans le monde agité qui est le nôtre, n’a préfiguré le destin des Antilles avec autant de grandeur que Frantz Fanon, mort au service de l’Algérie. Il est mort algérien, totalement algérien. Et le peuple antillais chérira le souvenir de cet Algérien, car il pourra y trouver l’image même, combien exaltante et sublimée, de sa propre vocation.

Edouard Glissant

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Un commentaire

  1. Il me semble que ce texte d’Edouard Glissant digère en quelque sorte, trois siècles de l’histoire du peuple dans lequel il vit. Il participe ainsi à l’élaboration d’une conscience antillaise de classe. C’est l’élément qui me parait important. Il s’agit là en quelque sorte d’un TP sur ce qu’il avait nommé « mondialité ». Cette chose là se travaille localement, dans l’histoire longue. Elle nait des racines d’un très vieil arbre. C’est Toussaint Louverture qui avait dit je crois à ses geôliers qu’il avaient coupé le tronc d’un arbre qui repousserait de ses racines. Eh bien voilà.

    L’emprunt par « Réflexions pour aller au bout des choix de la base commune et nommer clairement ce que nous voulons » de ce mot « mondialité » ;
    – s’accompagne du vide concernant l’histoire du prolétariat de France et des pays d’Europe. Si Benjamen Stora tourne les pages d’histoire et se refuse à en déchirer certaines, il semble qu’au pcf, la direction en place ait décidé de déchirer, outre celle de l’époque stalinienne notamment -la question de la critique de cette période est ainsi réglée!- celles du prolétariat !
    – expédie la construction des solidarités utiles en la réduisant à l’emprunt de ce mot de « mondialité » plaqué sur l’Europe en particulier.
    – s’érige en porte drapeau d’une autre Europe contre les « nationalismes protectionnistes » en particulier.

    Il est intéressant de relever dans ce texte de Glissant l’importance accordée à la « matrice nationale » afin que le peuple antillais puisse se constituer. C’est ce qui peut être aujourd’hui réalisable, mais aujourd’hui seulement, ceci rendant possible l’ouverture au monde, soit la mondialité. Il serait souhaitable que cette dernière soit prolétarienne, mais Glissant ne dit pas la chose comme ça ! bien que nombre d’occurrences en ce sens y soient présentes -le colonialisme et ses méthodes de gestion locales-.

    Je reviens au texte « Réflexions pour aller au bout des choix de la base commune et nommer clairement ce que nous voulons » pour le mettre de nouveau en parallèle avec celle de Glissant. Tout se passe comme si une couche issue de la classe moyenne d’Europe, et donc de France aussi, intéressée par la respectabilité pouvant lui amener postes et titres nous engageait à revendiquer une autre Europe, les peuples de cette Europe engagés à se nier comme tels en vue d’une illusoire égalité du fait que cette construction n’a été dès le départ et n’est toujours que la réalisation d’un marché subordonné à l’impérialisme en vigueur, c’est à dire à s’amputer eux mêmes du seul moyen qu’ils ont de garantir une réelle égalité. C’est également le message de Kant.

    Bien à vous.

    Maurice Lecomte

    J’ai trouvé intéressant l’interview de Christiane Taubira par Rue 89. Elle a la possibilité de parler assez longuement et dit des choses intéressantes et respectueuses, notamment du LKP ;

    http://www.rue89.com/2009/02/20/taubira-pour-sarkozy-loutre-mer-cest-terra-incognita


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