Une des sources de Kémi Séba : Cheikh Anta Diop, un crypto-fasciste méconnu (1/2) Par Marc Harpon

Marc Harpon

Première partie : Dialectique ou métaphysique? (la deuxième partie se trouve )

« Quelle est autour de nous la conception que l’on se fait de la pensée? Nous croyons que la pensée humaine est et fut éternelle. Nous croyons que, si les choses ont changé, notre façon de raisonner est la même que celle des hommes qui vivaient il y a un siècle. Nos sentiments, nous les considérons comme étant les mêmes que ceux des Grecs, la bonté et l’amour comme ayant toujours existé. » (George Politzer)

On oublie trop souvent qu’il y a une droite du FN et que cette droite n’est pas sans effet sur les choix de ce parti. Or, la droite du FN évolue et, d’une certaine façon, se renforce. Les « identitaires » ont déjà annoncé qu’ils auraient un candidat en 2012, ce qui montrent à quel point ils se sentent le vent en poupe.

Cela fait longtemps que deux ou trois égarés issus des empires coloniaux militent au Front National. De temps en temps, on voit apparaître une nouvelle tête. Mais ces gens sont habituellement insignifiants et inconnus. C’est ce qui a changé avec l’affaire Dieudonné. Pour la première fois, un noir connu, auquel pouvaient s’identifier des milliers d’autres, a délibérément mis en scène son passage du côté de la droite extrême, entraînant une partie de ceux qui l’admiraient vers une plus grande tolérance vis-à-vis du fascisme. Tout à coup, l’ennemi des noirs et des arabes, devenait leur allié contre une ennemi commun, le « mondialisme » judéo-maçonique.

Alors même que Dieudonné venait renforcer symboliquement le lepénisme et son excroissance soralienne, on commençait à entendre parler de Kémi Séba et des quelques illuminés qui gravitent autour de lui. La différence entre Séba et Dieudonné c’est qu’ils ne viennent pas renforcer le même secteur de la droite fasciste. C’est avec des ordures situées plus à droite que le FN que Séba travaille.  Pour l’instant, il ne touche qu’un public d’intellectuels râtés, par exemple des gens qui souffrent d’une inculture tellement sévère qu’ils ne se rendent pas compte que, Cheikh Anta Diop, l’un des maîtres à penser de Séba, n’avait probablement pas lu Aristote au-delà du livre I de la Physique , ce qui est un comble quand on prétend qu’Aristote avait piqué une large partie de sa pensée…aux noirs! Mais avec la crise, il faut craindre l’influence que pourraient prendre ces gens. Car Diop jouit d’un prestige énorme non seulement au Sénégal, son pays d’origine, où l’Université de Dakar porte son nom, mais dans l’ensemble de la diaspora noire. Ses disciples sont nombreux dans le monde universitaire américain, à commencer par un de ses amis, Théophile Obenga.

Ce nouveau secteur qui se forme au sein de l’extrême droite n’est pas, à proprement parler, pire que les anciens. Diop n’est ni plus ni moins qu’un Alain de Benoît noir. Mais parce que le secteur « diopien » ou plutôt afrocentrsite de l’Extrême Droite est relativement nouveau, on risque de ne pas toujours le reconnaître pour ce qu’il est et ce d’autant plus que, suivant la tradition la plus pure du fascisme, il joue sur les confusions entre droite et gauche. Ainis, Kémi Séba a fondé, en détournant Lénine et Fanon et à travers eux, toute une série de références empruntées au mouvement communiste, un « Mouvement des Damnés de l’Impérialisme », dont l’actuel dirigeant, Henry Djéhuty Sechat, regrette le déclin de l’engagement « civique-racial » (sic). Par ailleurs le MDI est organisé en secteurs raciaux, comme pour préfigurer l’apartheid qu’il appelle de ses voeu, et le « secteur francophile » accueille des négationnistes puants comme Serge Thion, « éminent camarade » d’après cet article. Enfin, alors même que le MDI fait parfois référence à…Léon Trotsky (ici), il est lié au Parti Solidaire Français, groupuscule fasciste dont la devise est « contre le chaos, l’ordre social »! La même logique confusionniste est à l’oeuvre dans une organisation dont Séba est le « ministre francophone » :  le New Black Panthers Party, qui a remplacé les références maoïstes des Black Panthers des origines, par un faux « anti-impérialisme » et des délires « historiques » empruntées à la secte antisémite des Black « Muslims »‘. Le confusionnisme de la Nouvelle Extrême Droite « kémite » a déjà été abordé sur ce blog ( « Marine Séba née Le Pen ou l’Extrême Droite de demain » et « La Nouvelle Extrême Droite, le PCf et 2012 »). En revanche, ses sources (des élucubrations de Cheikh Anta Diop à l’antisémitisme des Black « Muslims »), n’ont fait l’objet d’aucune publication sur Changement de Société.

Dans cette première partie, il n’est pas question des conclusions de Diop, mais de la logique de sa recherche. Il me semble en effet qu’à s’interroger dans les termes racistes hérités de l’esclavage et de la colonisation on se condamne à des conclusions elles-mêmes racistes et qu’on ne résout aucun problème ni scientifique ni politique en se posant de fausses questions. Seule la deuxième partie de cet article traitera du contenu de la « pensée », ou plutôt de la névrose de Cheikh Anta Diop.

Une métaphysique naïve

Pour qu’une question soit possible il faut déjà que les termes dans lesquels elle s’énonce soient donnés. Ainsi, je ne peux m’interroger sur le bleu du ciel que si je dispose du concept de bleu et du concept de ciel. Or, les termes dans lesquels je suis susceptible de m’interroger ont une histoire , une géographie et une sociologie. Par exemple, le bleu n’existe pas toujours et partout puisque le spectre des couleurs est découpé arbitrairement par les langues.

Il en va de même des concepts relevant du champ des sciences de l’homme. Par exemple, la sexualité est une notion historique qui pré-existe seulement de quelques siècles à l’apparition, récente, du mot. C’est ainsi que, comme l’a montré Michel Foucault dans L’Usage des plaisirs, le tome 2 de L’Histoire de la sexualité, il n’y a pas chez les grecs de concept équivalent à celui de sexualité. Comme l’indique le fait que les traités de diététique grecs s’intéressent autant au régime alimentaire qu’au « régime » sexuel, les grecs de l’antiquité rangent sous la catégorie des aphrodisa tous les plaisirs liés au toucher. Autrement dit, ce qui, pour nous, relève du champ de la sexualité, se trouve dans la conscience grecque uni à ce qui relève de l’alimentation. De là il suit que s’interroger sur la sexualité des grecs c’est s’interroger sur quelque chose qui ne pouvait pas avoir de sens pour eux!

La seule façon de légitimer ce type d’interrogation consiste à supposer que la sexualité est un universel anthropologique, dont les grecs n’avaient pas une conscience claire. Cela revient cependant à dire que le bleu, tel que les langues indo-européennes l’isolent du reste du spectre des couleurs est un universel physique méconnu de certaines cultures. Dans la langue des certaines tribus Na du Nord de la Chine, les mots « père » et « oncle » n’existent pas.. Il n’y a rien qui ressemble dans la société Na à ce qui dans la notre prend le nom de « paternité » : les jeune femmes, suivant la tradition, peuvent avoir plusieurs partenaire dans une nuit, ce qui rend impossible la détermination d’une « paternité » biologique. Par conséquent, dire que les jeunes Na ne souffrent pas de ne pas connaître leur père revient à faire preuve de naïveté : ce n’est pas qu’ils ignorent qui est leur père mais que, pour eux, le père n’existe pas. Si on appelle « naïveté transcendantale » l’attitude théorique et pratique de celui qui néglige le fait que les catégories dans lesquelles il pense sont limitées par leur caractère historique, alors le propos qu’on vient d’exclure sur les Na, comme ceux sur le spectre des couleurs et la sexualité, relèvent d’une telle naïveté : tous consistent pour le sujet à transposer dans un contexte totalement différents du sien des catégories de pensée produites par son contexte historique, géographique et social. C’est de cette naïveté transcendantale que la dialectique est l’antidote, puisqu’elle s’oppose à l’erreur métaphysique qui consiste à croire que : «  la pensée humaine est et fut éternelle. Nous croyons que, si les choses ont changé, notre façon de raisonner est la même que celle des hommes qui vivaient il y a un siècle. Nos sentiments, nous les considérons comme étant les mêmes que ceux des Grecs, la bonté et l’amour comme ayant toujours existé ».

Constantin-François de Volney, au dix-huitième siècle, s’est demandé si les égyptiens n’étaient pas des « nègres ». Quelles sont les conditions de possibilité d’un tel questionnement? En fait, pour que la question de Volney soit formulable, pour ne pas dire formable, il a fallu que, comme une langue isole arbitrairement une zone du spectre, la culture européenne détache les « nègres » du reste de l’humanité. Le spectre des couleurs est continu en ce sens que l’on y passe imperceptiblement d’une nuance à une autre. La langue fait du continuum des couleurs un ensemble discret, c’est-à-dire caractérisé par des coupures nettes et non par la continuité et la progressivité. La réponse à la question de savoir pourquoi et comment telle zone a été isolée du reste pour devenir le bleu se perd dans la nuit des temps.

En revanche, on devine aisément pourquoi telle ou telle zone du spectre des phénotypes s’est trouvée isolée des autres : comme le fait remarquer à bon droit Christine Delphy, classer, c’est dominer. La question que se pose Volney, les Egyptiens n’étaient-ils pas des nègres, suppose que les besoins de la domination esclavagiste aient rendue nécessaire l’invention du nègre. De là, il suit que la question de savoir si les égyptiens étaient ou non des « nègres » n’a pas de sens, pas plus que celle de savoir si les pères Na s’accommodent ou non de ne pas connaître leurs enfants. La seule réponse possible à la question de Volney consiste à…remettre en question la question elle-même. La race ne peut être antérieure au processus de racisation.

Le racisme comme pilier de la pensée diopienne

En fait, il faut remettre en question toutes les questions qui portent sur la race, du moins en tant qu’elle serait autre chose qu’une construction sociale. La blessure narcissique de certains colonisés et descendants de colonisés les a poussés à reprendre à leur compte l’interrogation naïve de Volney. Si la civilisation égyptienne est nègre, alors le colonisé africain peut relever la tête! Mais l’Afrique ne se relèvera pas en se posant de fausses questions. Quant aux descendants de colonisés africains vivant en Europe ils n’ont rien à gagner à la diffusion des thèses de Diop. Au contraire. Car pour étayer leur thèse, les adeptes de l’Egypte Nègre sont contraints et forcés de développer des stratégies argumentatives prouvant que le « nègre » existe en dehors de toute construction et qu’il pré-existe à la domination. Autrement dit, ils n’ont d’autre choix que de développer des théories racistes. C’est ce qui explique la double page ci-dessous de Cheikh Anta Diop, le « savant » sénégalais qui constitue la principale référence idéologique de Kémi Séba et de la Nouvelle Extrême-Droite :

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Mais les « lois » comme la « loi du phénotype » ne résument pas à elles seules le racisme de Diop. Parce qu’il écrit à une époque de transition entre le racisme classique et le néorasime, Cheikh Anta Diop a recours aux procédés de l’un et de l’autre. A ce propos, il est assez intéressant de remarquer que des internautes auxquels j’ai proposé l’extrait ci-dessus sans donner de nom d’auteur l’aient instinctivement placé dans une tradition politique qui va de Mein Kampf au Choc des civilisations, (voir cet article : https://socio13.wordpress.com/2010/10/18/une-petite-colle/)c’est-à-dire du pire de l’idéologie raciste de l’impérialisme allemand au pire de l’idéologie raciste de l’impérialisme américain! Et je ne parle même pas de cet ami que j’ai persuadé sans difficulté que ce texte avait été écrit par un ancien nazi réfugié en Argentine!

Le dépassement dialectique de l’oppression raciste comme antidote à la pensée diopienne

Au racisme classique, Diop emprunte l’idée qu’il y aurait un fondement biologique, génétique, à la notion de race, ce qui, est aussi intelligent que de chercher une raison génétique à l’existence de la caste intouchable en Inde -ce que font certains illuminés de son espèce :

« Malgré le polymorphisme génétique des populations, révélé par la biologie moléculaire, et qui a amené des savants humanistes et généreux, comme J. Ruffie, A. JACQUARD et d’autres à nier la race, l’hémotypologie, qui est la fine fleur de cette science, nous apprend l’existence des « marqueurs raciaux »  » (Cheikh Anta Diop, Civilisation ou barbarie, p.11)

Il est assez significatif que Diop, dans les lignes qui suivent ce passage, cite Ruffie…contre Ruffie! Physicien de formation, Diop donne des leçons d’égyptologie aux historiens et de biologie aux biologistes! Ruffie aurait eu tort de nier le concept de race. Pourquoi? Tout simplement parce que Diop a besoin de la race, sans laquelle son projet politique s’effondre.

Au néoracisme, Diop emprunte la stratégie de l’unité non plus biologique mais culturelle des groupes raciaux, dont son ouvrage sur L’Unité culturelle de l’Afrique noire, qui pourrait passer pour une prémisse théorique de la légitimation moderne du racisme impérialiste en termes de « choc des civilisations », porte la trace. Au-delà de L’Unité culturelle, la totalité de l’oeuvre de Diop semble calibrée pour nourrir les discours à la Huntington, un peu comme les travaux de Dumézil semblent formatés pour alimenter l’idéologie de la Nouvelle Droite, avec laquelle il a eu des liens ambigus.

Quel que soit l’avenir des secteurs de l’Extrême Droite inspirés de Diop, il est urgent de réaffirmer qu’un groupe opprimé ne peut se battre que pour sa propre disparition. Cette conception de l’émancipation, c’est à la source du mouvement ouvrier, que les autres groupes en luttes doivent la puiser, comme l’a fait par exemple Monique WITTIG, en affirmant que, comme le résultat de la lutte du prolétariat était l’abolition des classes sociales, donc du prolétariat lui-même, les combats féministes pouvaient et devaient aboutir au dépassement dialectique de « la femme » :

« Or, pour nous, il n’y a pas d’être-femme ou d’être-homme. « Homme » et « Femme » sont des concepts d’opposition, des concepts politiques. Et dialectiquement, la copule qui les réunit est en même temps celle qui les abolit, c’est la lutte de classes entre hommes et femmes qui abolira les hommes et les femmes ». (Monique WITTIG, La Pensée straight, p. 59)

La contradiction de race, résultat du processus de racisation indispensable à la domination impérialiste, peut et doit déboucher sur la dissolution de cette construction qu’est la race.

Bibliographie (seuls sont référencés les ouvrages utilisés pour cette partie première partie)

Etienne Balibar et Immanuel Wallerstein, Race, Nations, Classe, Les identités ambiguës, La Découverte
Christine Delphy, Classer, Dominer, La Fabrique

Christine Delphy, L’Ennemi Principal, t I, Economie politique du patriarcat, Éditions Syllepses

Christine Delphy, L’Ennemi Principal, t. II, Penser le genre, Éditions Syllepses

Cheikh Anta Diop, Civilisation ou barbarie, Présence Africaine

Cheikh Anta Diop, L’Unité Culturelle de l’Afrique Noire, Présence Africaine

François-Xavier Fauvelle-Aymar, La mémoire aux enchères. L’idéologie afrocentriste à l’assaut de l’histoire, Editions Verdier.

Michel Foucault, Histoire de la sexualité, t. II, L’usage des plaisirs, Gallimard, coll. Tel ,

Cai Hua, Une Société sans père ni mari, les Na de Chine, Presses Universitaires de France, coll. Ethnologies.

George Politzer, Principes élémentaires de philosophie, Éditions Delga

Monique Wittig, La Pensée straight, Éditions Syllepse

Voir aussi sur ce blog :

https://socio13.wordpress.com/2010/09/28/la-nouvelle-extreme-droite-le-pcf-et-2012-par-marc-harpon/

https://socio13.wordpress.com/2010/10/18/une-petite-colle/

https://socio13.wordpress.com/2010/10/11/eric-fassin-la-famille-noire-est-toujours-un-probleme-pour-ce-culturalisme/

https://socio13.wordpress.com/2010/10/18/misere-du-culturalisme-par-eric-et-didier-fassin/

https://socio13.wordpress.com/2010/09/04/marine-seba-nee-le-pen-ou-lextreme-droite-de-demain-par-marc-harpon/

https://socio13.wordpress.com/2010/10/04/le-genre-et-la-race-penses-avec-et-un-peu-contre-staline-par-marc-harpon/

https://socio13.wordpress.com/2010/09/19/penser-le-minoritaire-avec-colette-guillaumin/

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11 commentaires

  1. Les blancs n’ont plus besoin de parler… Vous le faîtes très bien pour eux (même si je n’aime pas cette opposition blanc vs noir, force est de constater que c’est une opposition historique inventé par les envahisseurs blancs qui ont d’abord été accuiellis par les noirs, leurs hôtes). Personnellement pour être aujourd’hui encore victime du racisme et de la discrimination des blancs et pas seulement pour trouver un logement ou du travail, mais aussi dans des textes écrits par des savants occidentaux au-dessus de tout soupçon, je ne me permettrait pas la désinvolture que vous avez osé ici. Vouloir faire de Cheikh Anta Diop un raciste ou un chantre du racisme, c’est soit ne l’avoir pas vraiment lu ou ne l’avoir pas du tout compris. Franchement, quand je vous vois déployer autant d’énergie pour discréditer l’un des rares intellectuels africains qui ont eu à coeur de porter les débats occidentalo-centrés autour de l’infériorité de l’homme noir et de sa sauvagerie sur le terrain de la science pour réfuter ces préjugés qui ont permis aux blancs de nous « esclavagiser », puis de nous coloniser et de continuer à nous dominer injustement aujourd’hui encore sur la seule base des arguments de la force plutôt que de celle de la force de l’argument, les bras m’en tombe! L’unique souci des CAD était de rétablir la rupture d’égalité entre les « races » humaines introduite sciemment par « nos maîtres blancs » à leur avantage strictement.

    • Ecoutez monsieur…J’ai été un lecteur assidu de Diop jusqu’à la fin de l’adolescence…Ce que vous appelez de la science repose sur une ignorance éhontée. Vu que mon argumentation « épistémologique » sur la réification diopienne de concepts raciaux indissociables de l’époque récente ne fait pas effet, je suis forcé de descendre sur le terrain empirique vulgaire de l’étude des sources, le pire défaut défaut de Diop.

      Je n’ai pas besoin de vous poser la question pour savoir que vous n’êtes certainement familier ni de Platon ni d’Aristote. Quoi qu’il en soit, vous devez savoir compter. Eh bien je vous demande de m’indiquer, en reprenant les passages de Civilisation ou barabarie où il est question de philosophie, les références à Platon extérieures au Timée et les citations d’Aristote autres que celles tirées du Livre I de la Physique. Si vous savez compter, vous arriverez à la même conclusion que moi : Diop n’a tout simplement pas lu les auteurs qu’il mentionne. Il s’est arrêté au livre I de la Physique. Dans le même esprit, son disciple Biyogo, dans un opuscule dont le titre m’échappe (mais je peux vous le retrouver), traite de la philosophie grecque mais ne fait, sur une soixante de pages qu’une unique citation d’un texte philosophique grec : une pauvre page du Traité de l’âme d’Aristote. Et je ne parle même pas de son contresens sur l’interprétation heideggerienne de la philsophie antique : Biyogo reprend une interprétation qu’il ne comprend même pas.Par ailleurs, les hypothèses de Diop sur le soi-disant matérialisme du berceau septentirionnal (corrélat de l’idéalisme du berceau méridional ) ne tiennent la route qu’auprès des incompétents : comment expliquer, si le berceau spetentironnal est matérialiste, que le sommet de l’idéalisme soit atteint par Berkeley, qui va jusqu’à nier l’existence de la matière?

      Les diopiens ne sont pas capables de produire une seule trace de théorie « égypto-nubienne » allant aussi loin dans la direction opposée à celle du matérialisme. Au contraire, la cosomogonie héliopolitaine, telle que la présente Diop à la fin de civilisation ou barbarie, est proprement matérialiste, du moins dans son premier moment, où tout l’être se réduit au « noun », à la matière primoridale. Si vous voulez on peut aller plus loin, et noter combien Diop dépend de sources extrêmement tardives, comme les néoplatoniciens : le fait qu’il ne voit pas plus loin que le bout du Timée (lorsqu’il parle de Platon) en est une preuve : ce dialogue de Platon est resté marginal dans le platonisme jusqu’à Plotin.

      Diop est simplement le nom d’une mythologie, ce que son disciple Obenga reconnaît lui-même (sans s’en rendre compte, l’imbécile) dans un ouvrage sur lequel je pourrais faire un article d’ici quelques mois. D’ailleurs, l’argument principal d’Obenga contre ceux qui n’arrivent pas à être convaincus par Diop consiste à les accuser de racisme ou, quand ils sont noirs, de trahison. C’est exactement ce que vous faites avec moi sans vous rendre compte qu’il s’agit d’un argument ad hominem, qui vise l’homme plutôt que son discours et qui donc n’a aucune conséquence conceernant la vérité de son propos. D’autre part, il s’agit d’un argument politique et pas scientifique. C’est l’attitude des lâches et des incultes : au lieu de répondre aux arguments, on accuse ceux qui les formulent d’être des racistes, des traîtres ou n’importe quoi d’autre qui les discrédite. C’EST UNE FICELLE DE POLITICIEN DE BAS ETAGE OU D’AVOCAT VEREUX. ALORS MONSIEUR (j’ai presque envie de vous appeler jeune homme mais vous êtes peut-être mon aîné) FERMEZ-LA ET LISEZ PLATON, ARISTOTE ET LES SOURCES DE DIOP…PS : si cela ne vous suffit pas nous pouvons aussi parler de la brillantissime interprétation de la physique quantique proposée par ce crétin fini de Diop…On peut également disserter sur la « loi du phénotype » exposée par Diop dans le passage reproduit plus haut et sur la façon dont elle contrevient au principe du rasior d’Occkham, un des fondements de la science moderne, puisqu’il suffit d’invoquer l’avantage évolutionniste conféré par la mélanine pour expliquer les différences de phénotype.

  2. C’est bien ce que je pensais, vous faites exactement ce que vous me reprochez : « C’est exactement ce que vous faites avec moi sans vous rendre compte qu’il s’agit d’un argument ad hominem, qui vise l’homme plutôt que son discours et qui donc n’a aucune conséquence conceernant la vérité de son propos. » Ce sont vos propres mots, Ne préjugez ni de ma culture ni de mon âge, parce que je ne tiens pas à vous étaler mes années de philosophies à l’UCAD, à l’UPMF et à l’UQAM. Si vous connaissez bien mon ami Hady Ba, demandez lui de vous renseigner sur ma connaissance de Platon ou d’Aristote. En lisant votre texte je ne savais pas que vous étiez capable d’autant de prétention… Je m’excuse d’avoir froissé votre ego. Bien entendu, la science n’est ni noire ni blanche, mais accuser Cheikh Anrta Diop de tous les maux dont vous l’accusez c’est de l’ignorance ou de la mauvaise foi intellectuelle. On en reparlera lorsque vos livres et autres publications auront le même écho que celui du Pharaon noir (argument d’autorité certes, mais il en faut parfois). Cependant, vous avez le droit de penser ce que vous voulez, mais ce n’est pas en faisant de la surenchère critique que vous arriverez à égaler les monuments africains que vous piétinez sur ce blog. Je vous remercie de faire preuve de plus de retenue vis-à-vis de vos pauvres lecteurs et des « africainistes » à l’avenir et d’être plus magnanime avec les simples d’esprit que nous sommes et qui ne vous arrivons pas à la cheville. Une tête bien pleine, s’il en est, n’est certainement pas une tête bien faite…

    • Vous avez réduit ma réponse à une attaque personnelle : vous ne répondez à aucun de mes arguments, si ce n’est à ceux qui mettent en doute VOTRE compétence et VOTRE maturité intellectuelles. Pourtant, le sujet, c’est bien Diop, non? Peut-être que mon « ego froissé » m’aveugle et m’empêche de me rendre compte que la question qui m’intéresse (Diop et ses « théories ») ne vous intéresse pas : vous ne parlez que de votre compétence et de la vanité de mes prétendus désirs (égaler des monuments africains).

      Je n’ai rien à faire de votre curriculum vitae ni du nombre de fois où vous êtes allé au rattrapage d’une session de partiels de philosophie. Vous prétendez connaître Platon et Aristote, très bien. Pourquoi ne pas mettre à profit cette connaissance pour mener des analyses précises sur les textes mêmes de ces auteurs afin de montrer que Diop ne raconte pas n’importe quoi? Voyez par exemple mon tout dernier article sur votre idole, disponible sur ce blog.

      Si vous souhaitez apporter une critique constructive, vous êtes le bienvenu. Si cependant vous ne cherchez que la chamaillerie, je cesserai de vous répondre.

      Cordialement

      Marc Harpon

  3. C’est incroyable! Vous êtes la mauvaise fois personnifiée. Je vous ferais remarquer que je n’ai fait que répondre à vos attaques personnelles qui ne sont favorables à aucun débat d’idées. Si vous ne vous intéressiez pas à mon cv pourquoi avez-vous préjugé de ma non connaissance d’Aristote ou de Platon alors que vous ne me connaissez même pas (Je vous cite vos propres mots : « Je n’ai pas besoin de vous poser la question pour savoir que vous n’êtes certainement familier ni de Platon ni d’Aristote. »). Vous vous permettez de traiter lâchement les gens d’imbécile devant votre clavier alors que vous n’auriez jamais osé le faire en face (Encore vos mots : « Diop est simplement le nom d’une mythologie, ce que son disciple Obenga reconnaît lui-même (sans s’en rendre compte, l’imbécile) dans un ouvrage sur lequel je pourrais faire un article d’ici quelques mois. »). Franchement, pour qui vous prenez-vous ? Je suis sûr vous n’oseriez pas insulter le Pr. Théophile Obenga si vous le rencontriez ni la plupart des gens avec qui vous vous autorisez des écarts de langage inacceptables au lieu de vous contenter d’argumenter et de démontrer ce que vous avancez contre eux si vous en êtes vraiment capable. Voici un autre extrait des libertés que vous êtes autorisé avec moi parce que la magie d’Internet vous le permet : « ALORS MONSIEUR (j’ai presque envie de vous appeler jeune homme mais vous êtes peut-être mon aîné) FERMEZ-LA ET LISEZ PLATON, ARISTOTE ET LES SOURCES DE DIOP…PS : si cela ne vous suffit pas nous pouvons aussi parler de la brillantissime interprétation de la physique quantique proposée par ce crétin fini de Diop… » Je pourrais être votre père, si ça se trouve, et même si j’étais votre cadet, rien ni personne ne vous autorise autant de mépris et d’insolence. Cependant, vous êtes libre de faire de la masturbation intellectuelle sur un blog que vous contrôlez totalement. Mais, il est clair que je me suis trompé de blog en m’aventurant sur le vôtre que je croyais sérieux et constructif un minimum. Vous parlez d’arguments et vous n’arrêtez pas d’insulter vos lecteurs et les auteurs avec qui vous n’êtes pas d’accord. Votre prétention me sidère et je trouve votre attitude abjecte, lâche et totalement discourtoise! Je sais que cela ne sert à rien de vous dire tout ça parce que vous n’êtes pas assez lucide et mature ou tout simplement intelligent pour vous rendre compte de vos excès, de vos abus et des inepties que vous essayez de vendre aux lecteurs piégés comme moi à coup d’insulte, d’injure et d’accumulation de sources et de nom sans aucune forme de démonstration… Je reconnais que vous me faites perdre mon temps et des gens comme vous sur le Net, il y en a à profusion et je n’en reviens pas de m’être fait piégé et de perdre autant de temps à vous tenir un discours dont votre aveuglement et votre haine ne vous permettront jamais de saisir la moindre bribe. Arrêtez la mer avec vos bras si vous le pouvez… L’histoire ne retiendra que ceux que vous calomniez et insultez dans ces pages.

  4. Je ne connais guère Diop mais il ne peut pas être plus mauvais dans le genre que par exemple Heidegger. Mais les discours réactionnaires essentialistes mystiques ne sont pris au sérieux que du haut des chaires occidentales.

  5. Je trouve que l’argumentation d’Harpon tient. C’est en cherchant l’universel qu’on combat le racisme, pas en créant des identités.
    Et Harpon a raison d’être audacieux, virulent, de faire de la philosophie avec un marteau.

  6. MR harpon, tgfg, gq…Prouvez-moi que les premiers hommes n’étaient pas noirs, que la premiere civilisation n’était pas noire, que les pharaons n’étaient pas noirs, que les grecs et les romains n’ont pas étudiés en égypte (Kémet)…Au lieu de faire comme les leucodermes, c’est-à-dire étaler votre culture de mensonge et de peur qui n’amène à aucune preuve tangible, devenez plus sage afin de répandre la vérité…Répondez aux questions que j’ai citées plus haut si vous avez le courage !

    • Le retournement de la charge de la preuve, vous connaissez? N’hésitez pas à publier sur ce blog et à nous faire rire à vos dépens…

      Cordialement

      Marc Harpon

  7. De toute les manieres, les kémites ont gagné sur INTERNET, en faisant prendre la poudre d’escampette à tous ces prétentieux, racistes et bounties.Je ne parle même pas des médias (merdias) qui n’osent pas nous inviter sur un plateau de télévision…On se moque de faire rire ou pas car on n’est pas du même paradigme ; ce qu’on cherche c’est la « MAÂT » : la vérité, justice, rectitude…Donc, continuez à faire de l’esprit, à tourner les mots comme un rubicube, le rouleau compresseur kémites pointe à l’horizon.
    Et puis…A quoi bon discuter avec vous, puisque la vérité est de notre côté.


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