Dossier dalaÏ Lama : Les Britanniques viennent de faire sauter l’ultime base légale internationale de l’autonomie du Tibet.

cashemire_physiqueC’est clair sur le fond, les puissances occidentales ont décidé, de favoriser les séparatismes, d’user « la bête » comme un picador avant de passer peut-être à des choses sérieuses… Mais il y a les faits stupéfiants, le degré d’inculture et de jobardise auquel nous sommes parvenus, enfin notre politico-médiatique…. Par exemple la question du statut du Tibet est absolument inconnue des français qui jugent avec les informations-déformations qu’on leur fournit. Par exemple ils ignorent totalement que le seul pays, à savoir la Grande Bretagne, qui reconnaissait non pas l’indépendance du Tibet mais une autonomie sous suzerainté de la Chine, a changé récemment sa position (octobre 2008). Qu’il n’y a donc plus un seul gouvernement en Europe y compris le notre pour avoir une quelconque raison légale pour s’occuper de la question du Tibet. Parce que, comme le signalent les Chinois, le Dalaï lama joue un double jeu, il utilise l’ambiguïté de son statut de chef religieux et de chef politique pour faire avaler le brouet non pas de l’autonomie que ce bon apôtre revendique officiellement mais de l’indépendance dont il favorise les menées terroristes et les expéditions criminelles comme on l’a vue lors des événements de cette année. C’est cela que le petit président français pour faire oublier ses multiples fiasco soutient en fait, ce qui provoque la colère de la Chine. Et elle peut agir ainsi non seulement parce que Sarkozy est déconsidéré mais parce qu’elle sait que l’Europe ne peut pas légalement soutenir une telle politique provocatrice alors même que le seul gouvernement,; le britannique qui reconnaissait « l’autonomie » tibétaine vient de revoir sa position.

Londres a besoin économiquement de Pékin et vient de revoir le statut officiel du Tibet

Soyons clair la manière dont Londres vient de changer de position n’est qu’un avatar de la crise financière et de la quête auprès de la Chine. Mais regardons les faits. Après un siècle ou presque de reconnaissance du Tibet comme entité autonome, reconnaissance liée au grand jeu mené sur l’Inde par les Anglais et aux affrontements avec la Russie tsariste sur cette zone himayenne, donc une histoire de brigand, avec des fumets lointains de guerre de l’opium… La Grande bretagne n’avait tout de même jamais osé aller jusqu’à reconnaître l’indépendance du Tibet,  puisqu’une sorte de droit suzerain était néanmoins reconnue à la Chine sur sa province éloignée. La Chine y avait “position spéciale” . C’était en  1914 dans la Convention dite de Smila, C’est vrai que cette position de reconnaissance d’une autonomie sous protectorat chinois n’a jamais été acceptée par la Chine, ^pas plus que la Convention de Smila de 1914 qui l’entérine.  Elle est le produit d’un épisode peu glorieux de l’histoire coloniale, l’invasion à cheval du Tibet par Francis Younghusband en 1903 [pour y établir un protectorat britannique destiné à contrer les ambitions russes dans la région].La Russie tsariste descend et les britanniques, qui sont souvent des aventuriers. assurent leur empire des Indes, nous verrons qu’ils ont laissés dans leurs expéditions des problèmes frontaliers jamais résolus. Le Royaume-Uni étant la seule des grandes puissances à avoir signé des accords officiels avec le gouvernement tibétain avant la prise de contrôle [du territoire] par les Chinois, en 1951, il ne pouvait guère faire autrement, à moins de dénoncer ces documents que de continuer sur cette lancée coloniale.

Mais voici que tandis que notre petit monarque président s’exhibe avec sa trés féodale sainteté, ce que la presse française se garde bien de rapporter puisqu’il s’agit de sauver la face de notre agité compulsif et celle d’une pseudo unité européenne qui tourne à la farce intégrale, c’est que pratiquement au même moment,  le  chef de la diplomatie britannique, David Miliband, avait annoncé le 29 octobre que Londres avait décidé de reconnaître le Tibet comme partie intégrante de la république populaire de Chine. Miliband s’est même excusé pour le fait que son pays ne l’ait pas fait plus tôt. Miliband a qualifié la position britannique d’anachronique et héritée de l’ère coloniale. Mais comme dans le même temps ils ont publié cette reconnaissance dans un papier cadeau dans lequel ils adjurent les Chinois d’être bons avec les Tibétains, personne n’a voulu voir ce qu’il en était exactement.

La décision du gouvernement britannique sur laquelle tout le monde a gardé un pieux silence tant il importe aux puissances occidentales d’avoir des zones de déstabilisation en Chine mais aussi en inde voir au Pakistan ne concerne pas que le Tibet est pourtant l’affirmation par une puissance européenne du caractère colonialiste de ces partitions du territoire chinois, et plus puisque cela concerne aussi l’Inde.  Si l’Inde revendique  une partie des territoires du nord-est [Arunachal Pradesh], c’est à partir de la Convention de  Simla de 1914, qui avaient délimité la frontière entre l’Inde et le Tibet – que les Britanniques viennent de dénoncer tardivement.  Il s’agit peut-être d’une question mineure pour Londres, mais c’était sur ces mêmes documents qu’une guerre d’envergure avait éclaté entre l’Inde et la Chine en 1962, ainsi qu’un conflit moins grave en 1987.
Après l’admission de la république populaire de Chine aux Nations unies, en 1971, la classe politique britannique s’est abstenue d’évoquer la reconnaissance de l’autonomie du Tibet par son pays afin d’éviter de mettre Pékin en porte-à-faux. Mais cette reconnaissance n’en est pas moins restée, trente années durant, la base juridique légale, quoique jamais évoquée, des discussions entre le dalaï-lama et Pékin, au cours desquelles les Tibétains n’ont toujours réclamé que l’autonomie, et non l’indépendance, une position que la conférence des exilés tibétains en Inde a réaffirmée le 22 novembre. Mais dont nous allons voir que les Chinois disent qu’elle ne sert que de couverture aux tentatives indépendantistes d’un seigneur féodal financé par la CIA.

Le revirement de Londres a été passé sous silence parce qu’il fait voler en éclat les menées de l’ordre impérialiste  international qui n’a cessé de favoriser sur cette question un double langage et oprétendait à travers l’ambiguité favoriser la permanence d’une zone de déstabilisation. En fait il n’y a strictement aucune base internationale à s’imminiscer dans les affaires intérieures chinoises, nul n’osait réellement faire référence aux accord de Smila de 1914, mais désormais ils sont dénoncés comme héritage colonialiste. Que reste-t-il, une chose qui correspond à la politique des etats-unis de soutien à ce qu’ils appellent le respect de la religion et qui n’est que la remise en cause de la laïcité à laquelle les Français sont sensés être attachés.

Que veut réellement le dalaï lama ? selon les Chinois

La nature anticonstitutionnelle de la proposition de la partie du Dalai Lama vu de la liberté religieuse (Quotidien du Peuple, Page 4)
La partie du Dalai Lama vient de publier récemment un document intitulé « Proposition sur la réalisation d’une autonomie réelle et véritable au profit de l’ensemble de la nationalité tibétaine », dans lequel il est cité, au nom du soi-disant « gouvernement tibétain en exil qui symbolise les intérêts du peuple tibétain et qui est le représentant du peuple tibétain », les diverses clauses conditionnelles de l’ « autonomie réelle et véritable », et parmi celles-ci, la clause concernant « la religion » revêt un caractère extrêmement trompeur et mystifiant facile à induire en erreur.

Il est dit dans le document que « Bien que nous reconnaissons l’importance de la laïcisation, mais cela ne signifie pas qu’on peut se servir de cela pour violer la liberté de croyance et la pratique religieuse et adopter une attitude discriminatoire à l’égard de la population croyante. », et il y est ajouté « En expliquant d’après le critère international, le mode de croyance et de pratique est compris également dans le sphère de la liberté religieuse. Ces libertés comprennent entre autres la gestion des temples et des monastères, ainsi que les études et la pratique des méthodes religieux en tenant compte de la tradition religieuse ; la détermination d’après le système religieux du nombre et de l’âge des moines qui désirent vivre en communauté dans un temple ; et la liberté de pratiquer les rites religieux et les activités religieuses, dont le sermon et la prêche. C’est pourquoi, en ce qui concerne les activités religieuses ordinaires, y compris le rapport entre maître et disciple, la gestion des temples et des monastères, l’identification de l’enfant qui réincarne l’âme du précédent Dalai Lama et autres affaires, le gouvernement ne doit ni intervenir ni s’ingérer. »

En réalité, la liberté de croyance religieuse est un droit fondamental octroyé au citoyen par la Constitution chinoise. Il est stipulé dans la « Constitution de la République populaire de Chine » : « Le citoyen de la République populaire de Chine jouit de la liberté de croyance religieuse. Aucun organisme d’Etat, groupement social ou individu n’a le droit de contraindre un citoyen à épouser une religion ou à ne pas la pratiquer et personne n’a le droit de discriminer un citoyen du fait qu’il est un croyant ou un athée. L’Etat protège toutes activités religieuses normales. Personne n’a le droit d’utiliser une religion pour pratiquer des activités visant à saboter l’ordre social, à nuire à la santé du citoyen ou à porter atteinte au système national d’éducation. Les groupements religieux et les affaires religieuses ne sont pas soumis à l’influence étrangère. ». En Chine, en dehors de la « Constitution », d’autres codes et lois, dont le « Code pénal », les « Principes généraux du Code civil », la « Loi sur l’autonomie régionale des nationalités » et la « Loi sur l’instruction obligatoire », comportent également des clauses concernées sur la protection de la liberté de croyance religieuse du citoyen et sur la non discrimination à l’égard des citoyens qui pratiquent ou ne pratiquent pas la religion. Mais il y a un point qu’il est nécessaire d’éclaircir, c’est que la liberté de croyance religieuse ne signifie pas la liberté d’activités religieuses. La pratique ou la non pratique de n’importe quelle religion est une affaire privée de liberté pour chacun, mais pour ce qui est des activités religieuses, vu qu’elles pourraient concernées l’espace social et de tierce gens, c’est pourquoi elles doivent être soumises à des restrictions contraignantes de la loi et cela se fait ainsi dans n’importe autre pays du monde.

La partie du Dalai Lama exige une « liberté religieuse absolue » sans aucune restriction et échappant à la force de loi. D’après elle, tout doit se faire en tenant compte de la « tradition religieuse » et du « système religieux », que ce soit pour ce qui est de la gestion des temples et des monastères ou que ce soit en ce qui concerne le recrutement des moines et des bonzes, c’est-à-dire le rétablissement total et complet de l’ancienne situation précédant la réforme démocratique au Tibet où la religion était « au-dessus de tout » et où le Dalai Lama exerçait une domination autocratique. A cette époque-là, on comptait au Tibet 2.676 temples et monastères et le nombre total des moines atteignait 120.000, soit à peu près le dixième de la population globale tibétaine. Le clergé, qui contrôlait les temples, les monastères et plus d’un tiers des moyens de production sociaux, constituaient alors avec l’aristocratie et la bureaucratie les « trois grands seigneurs féodaux » qui dominaient et opprimaient la société tibétaine. Le résultat de ce genre de domination c’était l’empêchement total et complet du développement social et n’avait apporté aucun bien aux larges masses populaires tibétaines qui croupissaient dans la pauvreté, dans la misère et dans l’ignorance.

Il est prescrit dans la « Loi de la République populaire de Chine sur l’instruction obligatoire » : « L’instruction obligatoire est une œuvre d’utilité publique appliquée de façon unifiée par l’Etat à l’égard de tous les enfants et de tous les adolescents en âge de recevoir l’éducation et l’Etat doit tout faire pour garantir son application ». « Tout enfant ou adolescent d’âge scolaire doté de la nationalité de la République populaire de Chine, quel que soit son sexe, sa nationalité, sa race, l’état financier de sa famille et sa croyance religieuse, jouit d’après la loi l’égalité de droit de recevoir l’instruction obligatoire et ne peut se dérober à l’obligation de recevoir cette instruction. ». Si l’on tient compte le la proposition de la partie du Dalai Lama au sujet de « la détermination du nombre et de l’âge des moines qui désirent entrer dans les temples en tenant compte du système religieux, ainsi que la liberté de la pratique de rites religieux et d’activités religieuses, dont le sermon et la prêche, tout cela est tout d’abord opposé à la loi du développement social, et surtout à la « Loi de la République populaire de Chine sur l’instruction obligatoire ».

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3 commentaires

  1. On voit bien que le projet de ce personnage est un régime théocratique des plus réactionnaires…Donner au clergé la liberté de faire ce qu’il veut d’enfants, qui devraient pouvoir bénéficier d’une éducation publique libre…Et on s’étonne que le Chanoine de Latran, adepte de la laïcité positive, fréquente Sa Sainteté…

  2. Un peu tardif, mais bon.
    Simplement ceci: puis-je ‘utiliser’ votre article pour le site tibetdoc mentionné?

  3. Ces faits historiques, notamment l’admission par la Grande-Bretagne que sa position sur le statut du Tibet était dictée par son besoin de détacher le Tibet du reste de la Chine pour pouvoir l’intégrer au cordon sanitaire qu’elle était en train d’élever autour de son empire des Indes, n’empêchent pas le dalaï lama d’adopter une position intransigeante dans ses contacts récents avec la Chine (fin janv. 2010) par représentants personnels interposés. Reconnaissons que si le dalaï lama commence à s’impatienter devant l’impasse actuelle, la partie chinoise devrait en dire tout autant, avec cette différence que le dalai lama risque de trépasser à l’étranger, par sa propre faute, puisque la clarification récente de la position de la Grande-Bretagne sur ce problème ôte désormais toute base légale aux agitateurs.


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