l’enfant de 12 ans en prison est une simple question de bon sens pour rachida dati, c’est logique par danielle Bleitrach

enfant-prison_400j’ai du mal à m’émouvoir sur le sort du journaliste de libération, je sais que ce n’est pas bien ce qu’il a subi, mais je trouve que Libération et la presse en font une tonne, à croire que « l’affaire Libération » est destinée à redorer un peu le blason de ceux qui s’émeuvent peu sur… par exemple le sort réservé aux clandestins.  Ceux qui ont si peur tout le jour d’être reconnu, maltraités, ceux dont le nombre ne va pas cesser d’augmenter, parce que dans leur pays on développe la guerre, on pille, il y a les émeutes de la faim… Ou encore tous ces licenciements à la veille des fêtes de la Noël… Toutes choses qui ma foi laissent assez froide notre presse… C’est pas vendeur… Il y a des choses qui m’émeuvent plus que l’arrestation musclée d’un journaliste… Par exemple le tout sécuritaire que l’on installe partout et qui va se renforcer pour empêcher les gens de lutter, la criminalisation de l’enfance… combien de jeunes sont-ils aujourd’hui condamnés non seulement par ce qu’est la prison, mais par la vie qui les y conduits. les suppressions de postes dans l’enseignement, comme chacun sait une école qui ouvre c’est une prison qui ferme, et l’inverse  ?…

Certes on va trouver que la droite exagère, qu’elle est vraiment trés réactionnaire. Pour cette droite derrière son président il s’agit de traquer l’enfant délinquant à la maternelle ainsi Frédéric Lefebvre, député et porte-parole de l’UMP, a estimé que cette détection faite à «la garderie», permettrait une meilleure prévention. Cela va avec la déclaration de son collègue de l’éducation qui voit dans l’enseignant de la maternelle quelqu’un simplement chargé de changer les couches. Mais ces provocations sont aussi des leurres, on tate le terrain pour savoir jusqu’où on peut aller, et on détruit l’école…A quelques heures de la remise du rapport de la Commission Varinard à la Garde des Sceaux sur la réforme de la justice des mineurs, le député UMP des Hauts-de-Seine Frédéric Lefebvre est revenu sur une proposition qui avait fait polémique en 2006 : la détection des délinquants dès le plus jeune âge.

Défendant la proposition de la commission Varinard(1) d’abaisser la responsabilité pénale à 12 ans, le député a souhaité qu’on aille «  sans doute un peu plus loin », sur la question de la détection précoce des comportements. « Cela a été dans beaucoup de rapports. On dit qu’il faut le faire dès l’âge de trois ans pour être efficace » […] « Je ne suis pas un spécialiste, donc je ne déterminerai pas à quel âge il faut le faire ». « Quand vous détectez chez un enfant très jeune, à la garderie, qu’il a un comportement violent, c’est le servir, c’est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite »

Le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, avait tenté d’inclure fin 2005, dans son avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance, le principe d’une « détection précoce des troubles du comportement » chez le jeune enfant « pouvant conduire à la délinquance » à l’adolescence. En janvier 2006, un collectif de pédopsychiatres et de professionnels de l’enfance opposés à cette proposition issue de rapports de l’INSERM lançait la pétition « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans ». Les signatures – près de 200 000 – qui se sont portées sur cette pétition ont sans doute contribué au retrait de cette disposition du projet de loi par Nicolas Sarkozy, en juin 2006.

L’inévitable Rachida dati avait annoncé dans un discours à la chancellerie un nouveau code des mineurs qui sera prêt fin mars. Alors même  qu’on assite à la multiplication des suicides de mineurs en détention, le garde des sceaux s’est déclaré favorable à la fixation à 12 ans de l’âge où des sanctions pénales sont applicables, donc éventuellement l’emprisonnement dans le cas d’un crime.(2) »Dire qu’un mineur d’aujourd’hui peut justifier une sanction pénale à partir de 12 ans me semble simplement correspondre au bon sens », a déclaré Rachida Dati.

L’enfant criminel a douze ans heureusement aujourd’hui ce n’est pas une foule, mais en posant cette hypothèse on avance sur le chemin de ce qui peut être stigmatisé, l’enfant vicieux dès l’origine, la maternelle dit son collègue, on individualise au maximum, on désigne le pervers. La seule question qui vaille est quel est le système social qui conduit à ce que l’on fasse de telles lois, quel système de concurrence, de course au profit conduit de fait à préférer la prison à l’école? Pourquoi peut-elle parler de « bon sens » à propos du sens de cette société-là, de sa course vers l’abime?

La ministre de la Justice a également approuvé l’idée de permettre des auditions par la police de mineurs de moins de 12 ans, « avec toutes les garanties qu’impose leur âge », même si ces enfants ne relèveront pas ensuite de la justice mais d’éducateurs.Enfin, elle est favorable à la création d’un « tribunal correctionnel pour mineurs », sorte de juridiction hybride qui comprendrait un juge des mineurs et remplacerait les tribunaux pour enfants pour les délinquants multirécidivistes âgés de 16 à 18 ans. Ils pourraient être sanctionnés comme des adultes.

Cette vision de l’enfance est proprement scandaleuse, mais il ne suffit pas de le dire vertueusement, il faut se demander qui envoie ces enfants soldats de la délinquance sur le terrain ? Je méfie de la compassion  de certains autant que de la stigmatisation du monstre, cela va ensemble, le philanthrope et le capitaliste, le sabre et le goupillon. J’imagine un député socialiste s’élevant contre cette mesure, en regardant si les caméras le suivent – on croirait maître collard, lors des débats à l’assemblée nationale, ces gens paraissent ne pas croire à ce qu’ils disent- il va faire des effets de manche comme lorsqu’il défend le journaliste de libération. Il cherche du regard l’électeur à manipuler, parce qu’en  fait il est d’accord avec cette politique, il n’en a pas d’autres. Alors il lui reste la compassion, le goût de la victimisation, comme spectacle, mais pas la véritable indignation contre cette société dont ils sont tous les parasites.

Alors tous ces gens mécoeurent, ils ne vallent pas mieux que Rachida dati et son président toujours à la recherche d’une publicité auprès des gens qui ont peur… Là ils sont comme la presse qui est en train de faire un héros d’un journaliste molesté pour couvrir toutes ses lâchetés.

Je pense au massacre d’enfants à grande échelle… Il n’y a pas que dans le Tiers-monde…

Parce que le problème est simple: il est résumé par l’histoire d’Alexandre le grand et le pirate. Alexandre le grand a dit au pirate: « n’as-tu pas honte de piller les navires! », et le pirate lui a répondu « on t’appelle emprereur parce que tu es beaucoup plus nuisible que moi, tu pilles à un niveau universel! »
Aujourd’hui il s’agit de traquer le petit pirate à la maternelle, de le mettre en prison à 12 ans, de le corrompre définitivement mais on ne doit jamais traquer ce qui engendre de la criminalité à haute dose. Rachida Dati est logique, elle a accepté d’aller jusqu’au bout de la négation des causes sociales de la délinquance, d’être l’alibi de la réussite individuelle au mérite, il ne lui reste plus qu’à martyriser l’enfant… Qu’elle aurait pu être… de jouer à la courtisane égarée sous les lambris…

Danielle bleitrach

(1)Rapport VARINARD: 70 propositions pour adapter la justice pénale des mineurs – Entre modifications raisonnables et innovations fondamentales – Documentation Française (238 pages) http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/084000743/0000.pdf

(2)Dans le système actuel, la prison est possible pour un crime à 13 ans. Il n’y a pas d’âge général de responsabilité pénale, les magistrats appréciant au cas par cas sur le critère du « discernement » du jeune. En Europe, cet âge est en général de 14 ans, sauf en Grande-Bretagne où il est de 10 ans.

3 commentaires

  1. Voilà un sujet d’analyse intéressant.
    Dati fonde sa réflexion sur « le bon sens », c’est à dire ce qui est déjà tout réfléchi, de sorte qu’il n’y ait plus rien à en redire.
    Et la contestation elle, hélas, se fonde sur « le scandaleux ».

    L’histoire c’est celle de la responsabilité des enfants.
    On dit bien dans les crimes sexuels que même consentants, ils ne sont pas responsables.
    Pourtant quand il s’agit de stéréotyper les gens, de façon à les classer comme « délinquants » ils en gardent les stigmates à vie. Un adulte peut accepter d’avoir comit un crime et de se réhabiliter, tandis qu’un enfant gravera définitivement la condition à laquelle il aura été assigné. C’est pourquoi on doit toujours rendre prioritaire l’éducation afin de préparer un meilleur futur pour les enfants.

    Leur responsabilité est bien moindre, on peut trancher ça facilement, qu’un adulte. Souvent l’enfant réplique les actions vues chez les adultes, et dans ce cas ceux-là aussi ont une part de responsabilité égale voire supérieure dans le crime.

    je trouve que la politique Sarkozy, dont les sbires sont comme des commerciaux qui vantent un produit sans n’avoir le droit d’émettre aucune analyse critique, consiste, depuis l’affaire Guy Môquet, à avoir une portée psychologique préparant le terrain à l’avènement d’un monde dictatorial.

    8119

  2. Je suis assez d’accord avec toi sur le journaliste de Libération…Il y a beaucoup de bruit quand la démesure des moyens au service de l’ordre touche…ceux qui ont le monopole des moyens officiels de faire du bruit…

  3. Effectivement le tout sécuritaire que l’on installe partout c’est le debut de la fascisation dans notre pays.
    Tout désormais est prétexte à la filature de l’individu, de la carte bancaire à la carte de crédit, du GSM au GPS en passant par les caméras dans les rues de nos villes. Jamais dans l’histoire, en temps de paix, n’a été aussi publiquement évidente une prévention-répression qui nous fait glisser vers la fascisation de notre pays ! Nous vivons le stade crucial d’un système qui, tout en se proclamant démocratique fait l’impossible pour enfermer l’individu tant dans l’ignorance par la désinformation que dans un cadre policier étatique aidé en cela par la vidéo surveillance et bien d’autres procédés. Système d’un gouvernement hanté par ses injustices et obsédé par ses peurs. Oui part ses peurs….Apeurés par une population révoltée, tout est prémédité pour faire peur de façon à empecher l’organisation des luttes ouvrieres, paysannes ou estudiantines qui surgissent de plus en plus fortes.
    Les politiciens « droitistes » ou « gochistes », pour la plupart tributaires de la caste des nantis planétaire, savent bien qu’ils sont moins que rien, moins que l’ombre de leurs maîtres. C’est pourquoi, ils choisissent de traquer le peuple – dont le travail forcé et l’argent nourrissent les banquiers voyous, ces voleurs officiels du système libéral et PDG filous. Les milliards versés par le gouvernement aux crapules prodigues des banques et compagnies par ces temps de crise financière dont ils sont les seuls coupables, en est une nouvelle preuve flagrante et révoltante. Tout cela en souriant au peuple, en lui arguant de sécurité publique en violant l’intimité des citoyens le constituant. Surveillance de toute activité humaine et service abondant quasi sans restriction aux riches, voilà un cocktail qui s’appelle du despotisme déguisé, de la violence légalisée mais illégitime et inhumaine du pouvoir sarkoziste. L’actuelle crise financière apprend à qui sait regarder et voir avec intelligence, que l’état appartient à quelques-uns alors que toute la société d’une manière ou d’une autre, est asservie à cet infime groupuscule qui détient les richesses et le pouvoir. La liberté politique et sociale des peuples ne peut advenir que par la mise à l’écart de cette oligarchie tyrannique qui tire les ficelles de tous les gouvernements. Mais cela exige que le peuple soit socialement instruit et politisé à minima, qu’il prenne son destin en main comme en Amerique du Sud . Et si les etats-majors syndicaux et politiques censés défendre la classe ouvrière lorgne vers un accompagnement de la social-démocratie, comme c’est le cas actuellement, nous devrons nous passer d’eux !
    C’est urgent. Dans notre société contemporaine surpolicée, surcontrôlée et constamment surveillée, société de désinformation paroxystique ou le tout sécuritaire se renforce partout, nous devons neutraliser l’oppresseur rapidement sous peine de voir ressurgir la bete immonde


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