Quelques notes sur un voyage en Algérie par danielle bleitrach(1)

arton119203-12366287071Mes chers amis, le cable qui relie l’Algérie à la France pour internet n’est pas tout à fait réparé mais cela va déjà mieux et je puis vous écrire. Cela faisait plus de vingt ans que je n’avais pas mis les pieds en Algérie mais je n’ai pas été si dépaysée que cela, certes on construit beaucoup mais toutes ces constructions donnent une impression d’inachevé, chacun rêve d’un palais familial mais attend d’avoir l’argent nécessaire pour entamer une autre tranche de travaux, tandis que la précédente rouille et s’empoussière. Les fers du beton à vif se découpent sur un pan de mosaïques et des colonnes trop frèles sont surmontées d’élégants chapiteaux corinthiens. La brique  et le parpaing encore nus sont altérés de crépi. Alger est une ville qui a soif, soif d’idéal, soif de vertu mais la vie et ses compromissions, la survie tout simplement, guident les pas au quotidien et on vaque avec le sentiment que quelque chose s’est défait. Pour qui connait les villes du Tiers Monde Alger est comme les autres: surpeuplée, envahie d’enfants en survêtements addidas (en fait made in China), pourtant elle est aussi relativement ordonnée et prospère. Rien à voir avec Caracas ou le centre de mexico, sans parler de Port au Prince dont la saleté et le misérable désordre des étalages serrent le coeur. Alger n’a pas  l’élégance et la maniaque propreté cubaine mais on subodore vaguement comme à Cuba une organisation, une discipline et pour tout dire cela ressemble au centre ville de Marseille à s’y méprendre.

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL,Une réunion qui valait la peine

Mes chers amis, si vous saviez ce que j’ai du batailler pour ouvrir le texte de Bonaldi et pour l’inscrire ici. Comme je vous l’ai expliqué, il y a eu une tempête et les cables d’internet ont été coupés en haute mer, rien n’est encore totalement réparé et le débit est trés lent, chaque manipulation demande de longues minutes. Mais j’ai tellement apprécié ce texte de Fidel, vous remarquerez que tous les auteurs qu’il cite sont ceux que j’avais selectionnés pour ce blog et que sur le fond son analyse et celle que nous faisons ici sont assez proches. Ensuite, c’est une réponse aux ignominies dont je vous avais parlé, les rumeurs que certains font courir sur lui, pour destabiliser Cuba. J’ai reçu également des choses plus « sérieuses » que je n’ai pas encore lu vu les difficultés d’internet, il s’agit me semble-t-il de reprendre l’idée que tout est possible entre les Etats-Unis et Cuba, on mesure bien de ce fait la nature de l’opération. Malheureusement je manque de temps pour étudier tout cela, mais voici ce texte de Fidel et merci à Jacques françois Bonaldi pour nous l’envoyer.(note de Danielle Bleitrach)

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Immanuel Wallerstein La politique de la catastrophe économique

image00121Par Immanuel Wallerstein
La Jornada. Mexique, le 28 février 2009.

Tous les jours je lis un autre économiste, journaliste ou fonctionnaire du gouvernement qui donne son opinion sur la meilleure façon d’obtenir une reprise économique dans ce pays ou un autre. Il n’est pas nécessaire de dire que les remèdes se contredisent tous les uns avec les autres. Mais surtout tous ces experts semblent vivre dans un monde fantastique. Ils semblent croire que leurs solutions fonctionneront à relativement court terme.

Le problème c’est que le monde est à peine au début d’une dépression qui va durer un moment et qui va devenir bien pire que ce qu’elle est maintenant. Le sujet immédiat pour les gouvernements n’est pas comment s’en sortir, mais comment survivre à la colère populaire croissante à laquelle, sans exception, tous doivent faire face.

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDELMA RENCONTRE AVEC LEONEL FERNÁNDEZ, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE ET AVEC LE PRÉSIDENT ZELAYA (HONDURAS)

    reflexionesfidel11   Elle a eu lieu le lundi 2 mars, à 16 h 58.
J’ai connu Leonel Fernández en République dominicaine lorsqu’il a été élu président pour la première fois. Il avait été plein d’égards envers moi. Il m’avait parlé de ses efforts pour augmenter les capacités de production d’électricité en consommant moins de fioul dont les cours s’élevaient rapidement.
 Personne ne lui a fait cadeau de son poste auquel il a accédé par une sorte de sélection naturelle qui l’a fait grimper les échelons politiques au fur et à mesure des événements historiques.

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Une planète au bord de la catastrophe ? par Michael T. Klare

lutte_classes12289923831Le point aveugle du discours d’Obama dont parle Paul Jorion dans l’article qui suit est sans doute là dans ce que Michael T.Klare décrit comme la catastrophe et qui est la violence de la lutte des classes. Une fois de plus voici un texte dont je suis loin de partager tous les attendus mais qui met l’accent ce que je crois être un phénomène essentiel,  à la racine d’une lutte des classes. D’abord celle menée depuis quelques décennies par le Capital, l’impérialisme, d’une violence totale sans merci, sous des discours techniques, voir psychologisant comme le décrit paul Jorion et quand il s’agit de défendre leurs priviléges leur profit le retour à Marx. C’est le talon de fer de la contrerévolution qui s’est écrasé sur la planète. Et à partir de là, alors que leur domination apparaît une véritable catastrophe pour l’immense majorité, pour la planète elle-même, jusqu’où iront-ils pour maintenir leur exploitation, leur domination? Il y a la peur de l’insécurité qui nous jette dans leurs bras, il y a la division, les écrans mais si tout cela ne suffit pas ils ont prouvé que Hiroshima, le hors-droit de Guantanamo était leur finalité réelle. Fini le discours des droits humains, de la démocratie, qui n’a jamais servi qu’à masquer leur pillage, on tire dans le tas. La violence des mouvements sociaux que décrit Klare n’est que le produit de cette violence là. Elle n’apparaît violente que parce qu’elle dénonce l’intolérable violence et refuse de subir. Toute lutte va montrer cette racine radicale, on le voit bien à la Guadeloupe, la manière dont l’union se fait sur le fond, sur l’exploitation, sur la base de classe, cela balaye les positions traditionnelles de droite et de gauche, indépendantiste ou pas, toute solution doit être mesurée à l’aune de cette question de classe. Mais il faut bien  voir que la classe capitaliste est prête à aller trés loin, à utiliser les divisions ethniques, confessionnelles, tout pour ne pas se laisser remettre en cause. La catastrophe c’est eux, mais il leur faut démontrer que la catastrophe c’est la révolte contre leur pouvoir. L’enjeu est là, et toute confusion  est préjudiciable, la prise de conscience rapide est nécessaire. (note de Danielle Bleitrach)

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«C’était comme retenu, ça nous a sauté à la figure»

POINTE-A-PITRE, envoyé spécial ÉRIC FAVEREAU

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 Elie Domota, porte-parole du LKP (1), s’en amuserait presque. Nous sommes samedi soir, c’est-à-dire dimanche matin à Paris. «Vous savez, lâche-t-il, on est un peu susceptible.» Dans une pièce voisine du port autonome de Pointe-à-Pitre où s’achèvent les négociations, le préfet vient de tenir une conférence de presse, où il a déclaré avec solennité : «L’essentiel est maintenant acquis. La revendication des 200 euros, portée par le LKP, a été signée. Ce soir, les médiateurs ont fini leur travail. Au nom de l’Etat, le retour à la vie normale s’impose. Rien ne justifie la poursuite du conflit.» «Ah bon ! C’est qu’a dit le préfet… Il décide à notre place maintenant» , ironise Elie Domota, en reconnaissant peu après que le LKP devrait appeler à «la suspension du mouvement».

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féminisme et révolution Le 8 mars de Clara Zetkin et Rosa Luxemburg

rosa_luxembourg_and_clara_zetkin1On sait que ce fut en 1910, à Copenhague, lors d’une conférence des femmes socialistes que Clara Zetkin (1857-1933), soutenue par son amie Rosa Luxembourg mène une campagne internationale pour que la journée du 8 mars soit retenue comme « journée internationale de la femme », pour commémorer la lutte des femmes pour le droit au travail, des conditions meilleures de travail, le droit de vote. Les 17 pays présents l’adoptent à l’unanimité.  Avec Bebel et Engels, elle fait entrer le féminisme dans le socialisme, soutenant le droit de vote et le droit au travail des femmes, s’opposant ainsi à Proudhon.

Clara Zetkin et rosa Luxembourg c’est d’abord une histoire d’amitié, une de ces amitiés féminines aussi méconnues que le rôle révolutionnaire des femmes. Ces deux communistes  partagèrent cet engagement  jusqu’à leur dernier souffle. Elles ont des discussions, s’opposent parfois mais se font une confiance totale   » À Clara, lui écrivant n’avoir aucune compréhension pour ces «  dames  » qui semblent se contenter d’être belles, Rosa répond que la beauté ne se situe pas uniquement dans le visage, mais dans la finesse et la grâce intérieures, et que, si Clara devait leur interdire la porte de l’État de l’avenir, elle, Rosa, interviendrait en leur faveur  » même si elles ne servent qu’à orner la terre comme les colibris et les orchidées ! « La façon dont elle parle à Clara, l’ardente féministe, des femmes  montre qu’avec sa sensibilité à fleur de peau Rosa  décèle chez beaucoup de femmes,  » une souffrance indicible et une peur inexprimable, la peur que les barrières de la vie se soient déjà refermées et de ne pas avoir touché, goûté à la vie réelle « . Il n’y a pas que sur les femmes futiles qu’elles s’opposent parfois, Clara suit totalement Lénine alors que Rosa est de son côté contre les opportunistes mais se distingue de lui par exemple sur la question de la nation et de l’organisation.

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