La discrimination à l’identité de genre n’est pas vaincue par notre législation, par Mariela Castro Espin.

 

Mariela Castro dirige le CENESEX, le Centre National pour la Santé Sexuelle, à La Havane. Elle est la fille du président Raul Castro.

Source : le blog de Mariela Castro, 21 juin 2014

La récente publication à la Gazette Officielle de la Loi 116 du Code du Travail a soulevé des critiques liées à l’absence, parmi les motifs de non discrimination, de mention de l’identité de genre. Ces critiques mettent en évidence une sensibilité croissante, dans la société cubaine, au thème de l’identité de genre, en continuité avec les recommandations de la Première Conférence du Parti Communiste de Cuba. Cette situation exige la plus grande attention de notre société et met en relief la nécessité de renforcer le travail de la communauté et de ses représentants pour atteindre ces objectifs.

J’interprète les péripéties récentes comme faisant partie des tensions créatives propres à tout processus révolutionnaire. Faire la révolution, ce n’est pas se trouver dos au mur face à la nouveauté, c’est analyser les contradictions, dépasser les imaginaires sociaux hégémoniques qui, durant des siècles, ont stigmatisé de nombreuses personnes souffrant de l’exclusion sociale, c’est travailler pour que les dispositifs sociaux, au moyen d’actions concrètes, réalisent la volonté politique exprimée dans les documents du Parti, c’est travailler à analyser les mécanismes par lesquels nous nous construisons comme sujets historiques, par lesquels nous produisons et reproduisons ce qui nous émancipe comme ce qui nous aliène. Faire la révolution, c’est un acte vaillant et généreux, qui nous permet de nous reconnaître dans les contradictions pour renforcer notre conscience critique même après la transformation révolutionnaire.

Je maintiens que la discrimination à l’identité de genre n’est pas vaincue par notre législation. C’est pourquoi j’applaudis les journalistes critiques révolutionnaires qui sont en train de faire de belles contributions. L’autocritique permanente et engagée doit nous mener à poursuivre la lutte pour ce que nous croyons juste et nécessaire pour continuer la construction d’une société émancipée.

Comme citoyenne engagée dans ce projet historique, je me donne pour tâhce, dans le cadre de ma responsabilité professionnelle et institutionnelle, de formuler de façon toujours plus claire les réflexions qui aident notre peuple à débattre de ces thèmes, pour achever la réalisation de nos idéaux de justice.

Un commentaire

  1. On suppose que sous ce jargon étatsunien (identité de genre!!), c’est la question du rapport social de sexe qui est posée et la nécessité d’aller toujours plus vers des rapports sociaux équilibrés, des rapports qui mettent fin aux dominations et aux représentations (aux idéologies) qui les nourrissent.


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