Blocus contre Cuba : le mur troué des mensonges, par Orlando Ruiz Ruiz

 

source : Trabajadores  (La Havane), 28 octobre 2013

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

 

 

Les vérités sur l’étendue et les conséquences du blocus qu’imposent les États-Unis d’Amérique à Cuba ont toujours été cachées ou atténuées par Washington. Mais, de la même manière, les prétextes successifs que, durant 51 ans, 11 présidents passés par la Maison Blanche ont avancé, pour justifier devant l’opinion publique mondiale cet encerclement économique barbare, ont été pulvérisés par l’histoire.

 

D’abord, on a prétexté de la prétendue soumission de Cuba au bloc soviétique, une justification invalidée par la position de principe de notre Gouvernement dans ses relations avec tous les pays du monde et en particulier avec l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques.

 

Pour renforcer leur argumentaire, à partir de la décennie 70, les Etats-Unis ont eu recours à de nouveaux prétextes : d’abord, la prétendue exportation de la Révolution à d’autres nations d’Amérique Latine ; et ensuite la présence de troupes cubaines en Afrique, ce dernier fait ayant été essentiel dans l’histoire de l’humanité contemporaine, puisqu’il a permis la préservation de l’indépendance de l’Angola, la victoire en Namibie et la défaite de l’odieux système de l’apartheid en Afrique du Sud.
Depuis un peu moins de deux décennies, suite à la disparition du fondement de ces « raisons », ils mettent en avant une préoccupation incertaine et hypocrite pour les droits de l’homme dans notre pays, alors que précisément l’encerclement imposé aux citoyens de notre archipel est la violation la plus brutale et la plus générale jamais vue des prérogatives d’un peuple souverain, raison pour laquelle il est qualifiable de génocide, dans les termes de la Convention de Genève, adoptée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1948.

 

Cette qualification repose sur le contenu du mémorandum gouvernemental étasunien daté du 6 avril 1960, et désormais déclassifié, dans lequel le blocus est décrit comme ayant pour but de détruire la Révolution en provocant la faim, le désespoir et le découragement du peuple cubain.

 

Un autre mensonge des dirigeants étasuniens- aujourd’hui plus évident que jamais- est l’affirmation que le siège économique, commercial et financier constitue une question bilatérale entre les États-Unis et Cuba, thèse qu’ils assènent dans le but avoué de ne pas reconnaître comme légitime la mise en débat de cette question à l’Assemblée Générale des Nations Unies ou dans tout autre forum international.

 

Il existe des preuves suffisantes de ce que les dispositions juridiques promulguées par les États-Unis pour mettre en œuvre le blocus imposent des restrictions au droit de personnes naturelles et juridiques de tout pays du monde à établir des liens avec Cuba.

 

A partir de la dernière décennie du siècle dernier, surtout avec la promulgation de la Loi pour la Démocratie Cubaine ou Loi Torricelli et de la Loi pour la Solidarité Démocratique et la Liberté Cubaine, connue sous le nom de Loi Helms-Burton, Washington a durci significativement les réglementations applicables dans des domaines relevant de l’autorité d’autres États.

 

Le gouvernement du président Barack Obama, en un peu mois de trois ans et demi, a imposé 2 446 000 000 de dollars en amendes à des personnes physique ou morales étasuniennes ou étrangères pour avoir fait des opérations avec Cuba, un chiffre qui dépasse de loin le montant des sanctions que d’autres gouvernements étasuniens ont appliquées pour les mêmes motifs.

 

Pour ne citer qu’un exemple, il y a quatre mois et 19 jours, le 9 mai 2013, le Bureau des Actifs Cubains a condamné l’entreprise The American Steamship Owners Mutual Protection and Indemnity Association à payer 348 000 dollars pour avoir violé les interdictions établies par la réglementation pour le Contrôle des Actifs Cubains. Le Bureau a avancé que l’entreprise avait traité trois demandes d’indemnisation venues de Cuba, pour un montant de 40 584 dollars.

 

La conduite du gouvernement des États-Unis, depuis novembre 2012- quand 188 membres de l’Organisation des Nations Unies ont condamné le blocus alors que seulement trois l’approuvaient- jusqu’à ce jour, confirme que rien n’a été fait pour changer la politique de harcèlement et de persécutions économiques inaltérablement prolongée depuis plus d’un demi-siècle. Au contraire, les États-Unis sont allés à l’encontre des dispositions de l’Assemblée Générale des Nations Unies en menant de nombreuses actions qui laissent les choses intactes.

 

 

 

 

 

 

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