L’exécutif du quartier, par Alberto Núñez

 

source : Trabajadores, 5 mai 2013

 

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

 

 

Ces jours-ci, et jusqu’à la fin du mois de juin, les plus de 8 millions d’électeurs cubains ont le droit et le devoir de participer aux réunions durant lesquelles les délégués de circonscription rendent des comptes- premier événement de ce type pour la période actuelle pour les 14 537 représentants élus au Pouvoir Populaire à la base, parmi lesquels on compte 52,64% de personnes nouvellement élues.

 

Ensemble, délégués et électeurs, dans la plus grande liberté, assument le rôle d’exercer le pouvoir exécutif local, dans les quartiers. Le système politique cubain a la particularité de demander la participation effective des habitants dès le moment de la désignation [des candidats, ndt], puis à celui de l’élection de ceux qu’ils considèrent comme les plus capables, jusqu’à la révocation, si la majorité considère qu’ils ne se sont pas acquittés de leur noble tâche de direction du travail communautaire.

 

Les limitations économiques ne peuvent d’aucune manière devenir des obstacles ou des prétextes qui empêchent le bon déroulement de la vie là où nous vivons.

 

S’il est vrai que de nombreux problèmes affectant les habitants nécessitent des ressources matérielles pour être résolus, question qui mérite l’attention et peut faire partie du plan économique local (de la municipalité), d’autres difficultés trouvent des réponses viables avec l’adoption de mesures reposant sur la participation du voisinage lui-même. Je connais des zones, des quartiers et des villages dont la perfection de fonctionnement étonne, parce que, surtout, plus que l’utilisation de ressources, elle est le fruit de l’initiative et de l’apport des habitants.

 

Il ne s’agit pas de sous-estimer la réalité complexe créée par des manques plus que connus, ni de ne valoriser que des solutions de type cosmértique ou formel. Encore moins d’imaginer une baguette magique capable de changer la boue en or. Mais il est convenable d’exiger d’autrui et de nous-mêmes que les services fonctionnent et que l’ordre règne dans nos quartiers.

 

Une engagement essentiel des délégués est de travailler constamment pour connaître les problèmes de leurs électeurs et les causes qui les génèrent, de même que de réclamer, à qui de droit, l’adoption des mesures nécessaires pour les résoudre.

 

C’est pourquoi, dans ces réunions de compte-rendu, est indispensable la présence des dirigeant d’entités administratives localisées dans la juridiction convoqués par l’exécutif. Il arrive souvent que, en dépit des convocations répétées des gens, certains fonctionnaires ne se présentent pas à ces rencontres semestrielles. On peut alors citer le dicton populaire : Que peut faire le délégué ?

 

On pourrait ajouter la question : que se passe-t-il quand un dirigeant ne donne aucune réponse lors des requêtes courantes et ne se montre même pas au moment de la réunion ?

 

Chaque fois qu’elle est possible, la présence à ces rencontres des délégués provinciaux et des députés de l’Assemblée Nationale est d’une grande valeur. Leur apport dans l’éclaircissement de sujets importants et l’accompagnement des électeurs qui ont approuvé leur élection est une autre caractéristique originale de notre système.

 

Par ailleurs, le lien entre le délégué et ses électeurs ne se limite pas aux réunions de compte rendu. Dans ces réunions l’auditoire peut formuler des questions et des inquiétudes qu’il estime convenables, mais les citoyens ont le même droit dans les permanences hebdomadaires établies par le délégué, pratique qui permet un exercice quotidien du pouvoir populaire.

 

Pour ce moment démocratique du compte-rendu, notre représentant de circonscription n’est pas seul. Il fait partie de l’Assemblée Municipale, instance qui doit transmettre les informations recueillies concernant les intérêts de la population au Conseil d’Administration.

 

Dès le mois d’août 1974, quand était lancée à Matanzas l’expérience du pouvoir populaire à la base, le Général Raul Castro Ruz, en parlant des délégués, disait avec insistance qu’ils devaient offrir aux électeurs tous les arguments liés à tel ou tel thème. Et il affirmait : « Rien ne doit rester sans explication devant les masses. »

 

Cette nouvelle occasion de dialogue ouvert et utile pour trouver des façons de faire allant dans l’intérêt du quartier ne doit pas se diluer dans le formalisme.

 

Le dévouement continue d’être la maxime du délégué et de tous ceux qui désirent une meilleure vie en commun. C’est ainsi que le laisser-aller, l’indiscipline sociale, la délinquance ne prendront pas racine dans nos circonscriptions.

 

Il faudra mesurer de façon conséquente l’efficacité des organes locaux de gouvernement.

 

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