Le gouvernement du Venezuela travaille avec le secteur privé pour augmenter la production, par Chris Carlson

 

venezuela flag drapeau

 

source : Venezuelanalisis.com 16 Mai 2013

 

 

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

 
Punto Fijo, 16 Mai 2013. En conséquence de la pénurie accrue de biens de première nécessité ces dernières semaines, le gouvernement vénézuélien a annoncé son dialogue avec des représentants du secteur privé et prend des mesures pour augmenter la production nationale.

Le président de la Banque Centrale du Venezuela, Nelson Merentes, a tenu une réunion avec des représentants de plus de 400 compagnies actives dans 24 secteurs différents dans une tentative de régler certains des problèmes qui ont conduit aux récentes pénuries.

 

L’un de ces problèmes a été l’attente des autorisation commerciales pour les compagnies privées ayant besoin de biens importés.
Depuis 2003, le Venezuela a maintenu le contrôle des changes, ce qui a permis au gouvernement de maîtriser ce qui était importé en limitant l’échange extérieur à certaines importations désignées. Les entreprises posent leur candidature auprès de l’État pour pouvoir importer, et l’État transfère des devises étrangères aux compagnies recevant l’approbation. Ces derniers mois, il y a eu des retards significatifs dans le processus, ce qui a interdit à beaucoup d’entreprises d’importer les marchandises et fournitures dont elles avaient besoin, affectant ainsi la production.

 

Une partie du problème est que l’État doit vérifier que les devises transférées aux firmes du secteur privé sont réellement utilisées dans le but affiché, ce qui créer des délai dans le processus d’approbation. Mais les délais ont également été causés par un manque de devises étrangères par rapport aux demandes d’importation.

 

Merentes a dit mercredi que la demande de dollars américains a été supérieure aux sommes dont le gouvernement peut disposer en ce moment, créant ainsi un deficit ».

 

« Nous essayons de trouver des ressources supplémentaires de façon à pouvoir réduire progressivement ce déficit » a-t-il dit.

 

Les réserves étrangères du Venezuela comprennent actuellement environ 25 millions de dollars US, mais une large part de cette somme est investie en or ou sous d’autres formes et n’est pas immédiatement disponible. Certains supposent qu’à peine 3 millions de dollars sont disponibles immédiatement pour financer les importations.

 

Toutefois, Merentes a assuré que la disponibilité des devises étrangères sera assurée pour le court terme.

 

«Nous avons été informés des problèmes rencontrés dans divers secteurs et nous avons réduit les temps d’attente à presque zéro. La situation est revenue à la normale pour plus de 1500 petites et moyennes entreprises » a-t-il dit.

 

A partir de lundi, l’État organisera plus de rencontres avec le secteur privé pour discuter de changements portant sur un certain nombre de mesures économiques et législatives.

 

Les représentants du secteur privé prétendent que le contrôle des prix imposé par l’État sur de nombreux biens de première nécessité est ce qui crée les problèmes, provoquant une réduction de la production du secteur privé.

 

Cependant, les consommateurs vénézuéliens se plaignent que les prix augmentent trop vite, et de nombreux vendeurs ne se plient pas au contrôle des prix.

 

De hauts fonctionnaires assurent que la production totale a augmenté ces dernières années, mais que la demande a augmenté encore plus vite.

 

« Ce n’est pas un problème lié à la production mais à la demande excessive produite par des campagnes médiatiques provoquant des achats compulsifs » a dit le Ministre du Commerce Alejandro Fleming. Le chef de la Fédréation des Petites et Moyennes Industries (Fedeindustria), Migues Pérez Abad affirme également que la croissance de la demande ces dernières années a été continue, du fait de la baisse de la pauvreté.

 

« La pauvreté a été réduite de 50%, ce qui veut dire que nous avons un plus grand nombre de consommateurs » a-t-il déclaré.

 

L’État a pour l’instant pris des mesures consistant à importer de large quantités d’articles affectés par la pénurie, comme le poulet et le papier toilette et a approuvé une augmentation de 20% des prix contrôlés du bœuf, du poulet et des produits laitiers, dans l’espoir d’augmenter la production nationale.

 

Les problèmes liés au contrôle des change sont aussi en train d’être traités, d’après Meerentes.

 

« Nous faisons des progrès, mais nous avons beaucoup de travail à faire » a-t-il déclaré.

 

Merentes a expliqué que les compagnies du secteur privé recevraient des informations sur les futures rencontres qui seront organisées avec l’État, de façon à ce qu’elles assistent à celles qui les concernent.

 

« Nous sommes maintenant dans une phase de relations plus étroites avec le secteur privé, mais nous n’oublions pas l’économie socialiste » a-t-il affirmé.

 

5 commentaires

  1. Analyse fort utile et éclairante que je n’ai pas trouvée ailleurs .

  2. Dommage que cet article, par ailleurs intéressant n’aborde pas la partie de la pénurie artificiellement crée par l’opposition qui thésaurise et détourne des produits de consommations de base afin de créer une déstabilisation du pays. Cela fait des mois qu’il ne se passe pas un jour sans que des tonnes de ces biens destinés aux marchés populaires et détournés (pour entrer dans des filières de marché noir ou être exportées ou simplement retirées du circuit et planquées dans des entrepôts) ne soient saisis.
    Certains de ces entrepreneurs rencontrés par Maduro font partie de ceux qui organisent cette pénurie, Les négociations étaient donc aussi pour certains une mise au pas des voleurs. D’autre part d’autres mesures sont prises le développement du plan de souveraineté alimentaire (de 1,5 millions hectares cultivés le Venezuela est passé en 10 ans à 2,5) et le gouvernement encourage des initiatives d’agriculture urbaine, qui entraine aussi la création de petites entreprises approvisionnant le marché local.
    Et puis dans ce domaine-là comme dans beaucoup d’autres, les pays alliés viennent à la rescousse, ainsi récemment lors de la prestation de serment de Correa, des accords ont été pris afin que l’Equateur envoie des vivres au Venezuela.

  3. Merci pour ces importantes précisions sur la situation conomique au Venezuela. Ceci explique-t-il cela au moins en partie du mauvais score de Maduro? Si oui je suis inquiet et je me pose la question de savoir si réellement les entreprises privées jouent le jeu avec le Gouvernement ou si c’est du sabotage économique? Auquel cas quel intérêt discuter avec elles? Mais si c’est ainsi ça doit bien pouvoir apparaître quelque part la preuve qu’elles traînent les pieds ? J’aimerais être rassuré ! .

    • Le mur de l’argent ou le sabotage économique , de l’intérieur ( comme ici ) ou de l’extérieur ( blocus contre Cuba ou autre ) n’est pas nouveau , que ce soit en Amérique latine ou ailleurs .
      Cela incite à mettre en regard les pays socialistes , ou le pouvoir économique n’est pas aux mains du patronat et cette mise en place du socialisme dans un pays qui demeure capitaliste .
      Le socialisme ne se fait jamais tout seul et l’enjeu est trop grand pour que le capital se laisse détrôner .

      Capriles représente une droite dure , celle du patronat . Il a été un membre actif de la tentative de coup d’Etat contre Chavez en 2002 .
      Tout est possible .
      Maduro n’a pas tous les leviers
      Mais il suffit de lire les blogs sur le pays pour voir que cette guerre froide civile a changé : Chavez était dénoncé comme une sorte de tyran par ses opposants . Maduro est dénoncé comme un incapable .
      Les gens voient la pénurie et , de façon cartésienne , peuvent y voir la preuve du discours des ultras qui jouent les démocrates .
      Mais pourquoi cette soudaine pénurie ?
      Je crois que jamais les patrons ne joueront le jeu du socialisme .

      • Merci et c’était bien mon sentiment , le sabotage économique du patronat ! Mais alors  » Que faire » a écrit Lénine ! Maduro doit savoir tout ça, il faut s’armer de ripostes économiques et politiques, je crois?. Le patronat sait manier le pouvoir économique qu’il détient encore et on doit pouvoir faire face par des directives allant dans le sens d’améliorer constamment les besoins du Peuple. Ils ne suivent pas ? Faudra aller jusqu’à la menace de confiscation avec l’accord des travailleurs de chaque entreprise qui traînera les pieds ! Il faut avancer toujours démocratiquement sans arbitraire mal compris des travailleurs ! Et attention à trop de tolérance avec les saboteurs, Capriles il y a longtemps qu’il aurait dû finir en prison ! Notre faiblesse pourrait faire la force de l’adversaire pro-capitaliste !


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