Quatre réalités inhumaines relatives à la grève de la faim à Guantánamo, par Steven Hsieh

prisonniers_guantanamo_photos[1]

source : http://www.cubadebate.cu/opinion/2013/05/22/cuatro-realidades-inhumanas-sobre-la-huelga-de-hambre-en-Guantánamo/

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit ce texte.

  1. La torture du gavageTrente des 166 prisonniers détenus à Guantánamo sont soumis à un gavage forcé, une pratique que le Bureau des droits humains de l’ONU considère comme de la torture et en violation du droit international. Durant cette semaine, l’ACLU [American Civil Liberties Union] ainsi que des organisations de défense des droits de l’homme ont envoyé une lettre au secrétaire à la Défense Chuck Hagel lui demandant d’arrêter le gavage forcé des prisonniers à Guantánamo.

    Alors que l’armée affirme qu’il serait «inhumain» de permettre aux détenus de se tuer par inanition, les groupes et les médecins des droits humains sont en désaccord.

    « Dans ces circonstances, aller de l’avant et alimenter de force une personne n’est pas seulement une violation de l’éthique, mais peut atteindre le niveau de la torture ou du mauvais traitement», a déclaré Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge.

    La procédure de gavage consiste à insérer un tube dans le nez du prisonnier, par les narines, la gorge pour arriver dans l’estomac. Le processus inflige des douleurs et un inconfort sévère. Selon une analyse des documents militaires menée par Al Jazeera [3], les prisonniers sont forcés « à porter un masque sur la bouche, étant assis enchaînés à une chaise, jusqu’à durant deux heures », tandis qu’est injecté un supplément nutritionnel dans leurs estomacs. « À la fin de la procédure, le prisonnier est levé de sa chaise et amené dans « une cellule où il sèche » sans eau courante », explique Al Jazeera. « Puis un garde observe le détenu pendant 45-60 minutes pour voir s’il montre des signes de vomissements ou tente de se faire vomir. Si le prisonnier vomit, alors il est remis sur la chaise d’alimentation ».

  2. Des tentatives présumées pour «casser» les prisonniers en grève de la faim

    Il y a eu plusieurs rapports indiquant que les gardes de Guantánamo maltraitent les prisonniers en grève de la faim pour essayer de les «casser». Les avocats du détenu yéménite Musaab al-Madhwani disent que les grévistes sont privés d’eau potable et forcés de boire l’eau du robinet imbuvable et que leurs cellules sont maintenues à des températures « très froides », rapporte l’AFP [4]. Dans une plainte, les avocats indiquent: «Quand Moussab et ses codétenus demandent de l’eau, les gardes leur répondent de boire au robinet … Le manque d’eau potable et a causé chez certains prisonniers des problèmes rénaux, urinaires et à l’estomac. »
    Un autre avocat a déclaré à RT [5] que les gardiens retirent les détenus en grève de la faim des espaces publics et les contraignent à vivre dans l’isolement pour briser leur mental.

 

  1. Plus de la moitié des détenus de Guantánamo ont été reconnus libérables. Quatre-vingt dix pour cent n’ont même pas été accusés de crimes.Quatre-vingt-six des 166 détenus de Guantánamo ont été jugés libérables, mais des obstacles juridiques et bureaucratiques les maintiennent indéfiniment en détention. Tout d’abord, le Congrès a imposé des restrictions aux transferts de détenus, exigeant les preuves que ces possibles transférés ne projetteraient jamais de menace pour la sécurité nationale américaine dans le futur. Dans une conférence de presse le mois dernier, le président Obama a réitéré ce fait, en disant qu’il avait « besoin de l’aide du Congrès. » Cependant, comme plusieurs commentateurs l’ont souligné, le Congrès a également accordé à Obama le pouvoir d’utiliser des dérogations pour les transferts de détenus, un pouvoir qu’il n’a pas utilisé une seule fois.

    Les choses sont compliquées par les 56 ressortissants yéménites détenus à Guantánamo. Comme l’a expliqué Alex Kane d’AlterNet [6], le Yémen est « un allié important des Etats-Unis ayant aussi un problème avec Al-Qaïda dans la péninsule arabique, un groupe qui a projeté des attaques contre les Etats-Unis. Après la mise en échec d’un complot terroriste en 2009 ayant censément pris naissance auYémen, l’administration Obama a décidé de suspendre le rapatriement des détenus au Yémen ».

 

  1. Pas d’alternative, sauf un cercueilIl est rapporté que la grève de la faim a commencé comme une réaction aux abus des gardiens de prison sur des exemplaires du Coran appartenant aux détenus. Mais comme plusieurs commentateurs, organisations et les détenus eux-mêmes l’ont souligné, cela a juste été un moment clé. La grève est le résultat de la grande frustration des prisonniers d’avoir été retirés et coupés de leur famille dans des conditions inhumaines, certains depuis plus de 11 ans.

    « Les fonctionnaires déclarent que deux détenus ont tenté de se suicider depuis le début de la grève. »

    « Les prisonniers ne se sont pas engagés dans cette grève de la faim afin de devenir des martyrs … Ils la font parce qu’ils sont désespérés », a déclaré Wells Dixon, un avocat qui représente cinq détenus de Guantánamo. « Ils désespèrent d’être un jour libérés de Guantánamo. Ils ne voient pas d’autre alternative d’en sortir que dans un cercueil. C’est la seule solution. »

    Samir Naji al Hasan Mokbel, par l’intermédiaire d’un coup de téléphone passé à son avocat, a déclaré que la grève de la faim est motivée par un sentiment de dernier et ultime recours, dans un article d’opinion du New York Times [7] du mois passé:

« Maintenant, la situation est désespérée. Tous les détenus souffrent profondément … J’ai vomi du sang.

Et il n’y a pas de fin en vue de notre emprisonnement. La décision que nous avons prise est de refuser la prise de nourriture et de risquer la mort, chaque jour.

J’espère juste qu’à cause de la douleur que nous subissons, les yeux du monde se dirigeront à nouveau sur Guantánamo, avant qu’il ne soit trop tard ».

 

(Extrait de Rébellion)

 

[1] http://www.alternet.org

[2] http://www.alternet.org/authors/steven-hsieh  

[3]https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CDMQqQIwAA&url=http%3A%2F%2Fwww.aljazeera.com%2Fhumanrights%2F2013%2F05%2F201358152317954140.html&ei=I2GWUenaNenW0gHji4CwAg&usg=AFQjCNFxDwW9JkWvnCe_0oD8rulisiW3cg&bvm=bv.46751780,d.dmQ  

[4] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5itBFLqYvtS3T-eqJskEaP7qUmJjA?docId=CNG.f85e5854bf7734842f2130a889c477e7.b1  

[5] http://rt.com/op-edge/gitmo-prison-transfer-weapons-834/  

[6] http://www.alternet.org/news-amp-politics/6-horrifying-facts-every-american-should-know-about-Guantánamo-bay-and-ongoing  

[7] http://www.nytimes.com/2013/04/15/opinion/hunger-striking-at-Guantánamo-bay.html  

Steven Hsieh est assistant éditorial d’AlterNet. Il écrit à Brooklyn. Suivez-le sur Twitter @stevenjhsieh.

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s