Bienvenue à notre époque: L’assassinat comme style des Etats-Unis, par Chris Floyd

terreusa

source : Empire Burlesque, 24 Octobre 2012

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit cet article.

 
Le Washington Post vient de nous dispenser, avec une méticulosité horrifiante, l’âme d’abatteurs d’hommes présidant aux efforts en cours de l’administration Obama pour développer, consolider et «codifier» la pratique de l’assassinat et du terrorisme par le gouvernement des États-Unis. L’intention avérée, délibérée de ces machinations sinistres est d’inscrire l’utilisation des escadrons de la mort et des attaques terroristes de drones dans l’appareil politique des administrations futures, pour que le meurtre d’êtres humains en dehors de toute prétention de procédure judiciaire puisse se poursuivre, année après année, même si le lauréat du prix Nobel de la paix a quitté ses fonctions.

 

Ils ont même mis au point un nouvel euphémisme d’Etat pour assassiner : « Disposition ». La nouvelle « matrice de lutte contre le terrorisme » est « conçue pour aller au-delà des listes d’assassinats existantes, cartographiant la liste des plans pour la « disposition » des suspects hors de portée des drones américains », rapporte le Post.

En d’autres termes, il s’agit d’élargir et de varier le menu des assassinats arbitraires, mélanger le tromblon des coups de drones et des raids de nuit avec la « balle-dans-la tête » plus sélective et d’autres approches comme la « bombe dans le bloc moteur », le « polonium dans le potage » et le « saut par la fenêtre ». L’assassinat arbitraire par des élites irresponsables et leurs espions, payés par l’argent tiré des citoyens ordinaires qui n’ont rien à dire et aucune connaissance de ce qui se fait en leur nom (et qui seront les victimes des inévitable retombées de la terreur d’Etat et de la campagne d’assassinats : ceci est maintenant «codifié», officiellement, formellement, à la manière américaine.

Pour être juste – et par tous les moyens, soyons justes avec ces bouchers – «disposition» le terme s’entend également pour couvrir une multitude de turpitudes : l’enlèvement, l’interprétation [abusive], la détention indéfinie, l’expédition de captifs à des tortionnaires par procuration. Mais il est bon de rappeler que l’ensemble de ces dispositions – y compris les meurtres, en commerce de gros et détail – font participer de « présumés » terroristes, des « suspectés » terroristes, des gens qui se sont retrouvés, pour une raison quelconque (ou aucune raison du tout) sur une des innombrables «listes» recueillies par n’importe quelle méthode (ou pas de méthode du tout) par les nombreuses agences grassement financées maintenant impliquées dans le «contre-terrorisme».

Mais ce n’est pas tout, tant s’en faut. Ces meurtres codifiés sont aussi infligés à des gens qui ne sont sur aucune liste du tout : leurs noms, affiliations, croyances, intentions – et en effet, dispositions – sont parfaitement inconnus de ceux qui les tuent. Ils sont les cibles impersonnelles « de frappe de signature » qui permettent aux escadrons de la mort américains de tuer les gens sur la base de « modèles d’activités » pouvant – ou non – nous signaler une intention maligne possible – ou aucune – vers quelqu’un – ou personne – quelque part – ou nulle part. Ce processus rigoureux repose entièrement sur les capacités de télépathie magiques des jockeys de drones décochant une oeillade à un écran d’ordinateur. Si le guerrier en fauteuil n’aime pas la mine d’un quelconque quidam, il saisit son joystick et efface l’étranger dans un « splat ! », pour reprendre le terme favori utilisé par nos hardis défenseurs de Civilisation.
Comme l’an dernier, avec la présentation par le NY Times, du détail de cette première escroquerie des assassinats en cours, exécutés directement par et de la Maison Blanche, la nouvelle histoire du Washington Post regorge de citations de « hauts responsables de l’administration » qui ont évidemment été autorisés à parler. Encore une fois, c’est une histoire que M. Obama et son équipe VEULENT dire. Ils veulent que vous sachiez le programme d’assassinats et leurs efforts acharnés pour le rendre permanent, ils sont fiers de cela, ils pensent qu’il leur donne l’air bons. Ils veulent qu’il fasse partie de leur héritage, quelque chose qu’ils peuvent transmettre aux générations futures : l’arbitraire, sans foi ni loi, l’assassinat systématique [et systématisé].

Peut-être devrait-on porter ce fait en mémoire à tous ces progressistes angoissés qui là-bas continuent à se dire à eux-mêmes qu’Obama sera « différent, qu’il va « virer à gauche », s’il peut obtenir un second mandat. Non ; l’héritage de l’assassinat arbitraire, sans foi ni loi, systématique est l’héritage qu’il veut. C’est l’héritage qu’il a construit, avec une énergie remarquable et une attention méticuleuse aux détails, jour après jour, semaine après semaine, pour les quatre dernières années. Il s’agit de ce dont il se soucie. Et c’est ça – pas les emplois, pas la paix, pas l’environnement, et pas non plus des droits égaux pour les femmes et les minorités ethniques et sexuelles, pas les pauvres, pas la classe moyenne, pas l’éducation, pas l’infrastructure, pas de la science, pas de la diplomatie -, ça qu’il s’appliquera à réaliser en second mandat. (Avec sa seule autre passion politique : forger un «grand marchandage» avec Big Money pour liquider les lambeaux restants du New Deal.)

Il n’est pas indispensable d’en passer par le commentaire détaillé offert par le Post. La nature écœurante du mouvement perpétuel de cette machine à tuer – et l’inhumanité des coquilles vides de ceux qui opèrent et des flagorneurs qui applaudissent – ne sont que trop claires. Il suffit de lire le tout, et de voir par vous-même. Voir comment ces bouchers – nos élites bipartites, tout notre respectable, bien-pensant establishment – nous ont tous piégés dans cet ère de l’Enfer.

MISE À JOUR : Arthur Silber insiste beaucoup plus sur les implications morales -et les résonances historiques- déchirantes du programme d’assassinats d’État. Allez-y maintenant, lisez – et pleurez pour là où nous en sommes et là où nous allons.

 

 

Les complices d’Assassinats
I. Une réunion dans un parc

 

Arthur Silber

 

20 octobre 2012

http://powerofnarrative.blogspot.co.uk/2012/10/accomplices-to-murder.html

 

Chemins de la Résistance (I):

le refus d’identifier et de rejeter le mal

 

Arthur Silber

 

24 octobre 2012
http://powerofnarrative.blogspot.co.uk/2012/10/paths-of-resistance-i-refusal-to.html

 

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