Le programme de chasse aux terroristes démontre que les Etats-Unis veulent continuer à ajouter des noms à la liste des personnes à éliminer, par Greg Miller

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source : The Washington Post, 24 otobre 2012

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit cet article.

Note de l’éditeur : Ce projet, basé sur des entretiens avec des dizaines d’anciens et actuels responsables de la sécurité nationale, des analystes du renseignement et d’autres, examine l’évolution des politiques américaines du contre-terrorisme et la pratique de l’assassinat ciblé. Il s’agit de la première de trois histoires.

Au cours des deux dernières années, l’administration Obama a secrètement mis au point un nouveau plan pour la poursuite des terroristes ; une liste « nouvelle génération » des ciblages effectués, soit la « Disposition Matricielle » [Bottin des Chasses à l’homme Commanditées. Ndt].

La matrice contient les noms répertoriés des personnes soupçonnées de terrorisme en regard d’une liste des ressources autorisées pour les traquer, comprenant les actes d’accusation scellés/arrêtés et les opérations clandestines. Selon les responsables américains, la base de données est conçue pour aller au-delà des assassinats commandités [kill listes] existants, dressant la cartographie des plans pour la «chasse [disposition]» des suspects hors de portée des drones américains.

Bien que cette matrice soit un travail en cours, les efforts pour sa création reflètent la réalité de la mobilisation dans les rangs nationaux du contre-terrorisme : Les guerres classiques des États-Unis tirent à leur fin, mais le gouvernement prévoit de continuer à ajouter des noms sur les listes de gens à tuer ou capturer pour les années à venir.

Parmi les hauts responsables de l’administration Obama, il y a un large consensus pour que de telles opérations soient susceptibles d’être étendues durant au moins une décennie. Compte tenu de la façon dont Al-Qaïda continue à métastaser, nombre de responsables ont déclaré ne pas voir le bout du tunnel.

« Nous ne pouvons pas tuer tous ceux qui veulent nous faire du mal », a déclaré un haut responsable gouvernemental. « C’est une part essentielle de ce que nous faisons. Nous ne nous retrouverons pas bien frais dans 10 ans, si tout le monde se contente de se tenir par la main en disant : « Nous aimons l’Amérique » ».

Ce calendrier donne à penser que les Etats-Unis sont seulement au milieu du gué, relativement à ce qu’ils ont autrefois connu sous le nom de guerre mondiale contre le terrorisme. Les listes de cibles qui ont été considérées comme des mesures d’urgence immédiatement après les attentats du 11 septembre 2001, sont désormais un accessoire de l’appareil de sécurité nationale. Ces listes se dilatent et se contractent au rythme des frappes de drones mais ne parviennent jamais à zéro.

Pendant ce temps, une étape importante se profile : le nombre de militants et des civils tués dans la campagne de drones au cours des 10 dernières années va bientôt dépasser 3.000, selon certaines estimations, dépassant le nombre de personnes tuées par Al-Qaïda lors des attentats du 11 septembre.

L’administration Obama a vanté ses succès contre le réseau terroriste, tant la mort d’Oussama ben Laden que les réalisations de frappes, qui militent pour la réélection du président Obama. L’administration a pris des mesures provisoires pour une plus grande transparence, reconnaissant officiellement pour la première fois aux Etats-Unis, l’utilisation de drones armés.

Moins visible est la mesure par laquelle Obama a institutionnalisé la pratique hautement classifiée de l’assassinat ciblé, une transformation d’éléments ad hoc en une infrastructure capable de soutenir la lutte contre le terrorisme comme une guerre apparemment permanente. Le porte-parole de la Maison Blanche, le Centre National du Contre terrorisme, la CIA et d’autres agences ont refusé de commenter cette matrice ou d’autres programmes antiterroristes.

En privé, les responsables reconnaissent que le développement de la matrice fait partie d’une série de mesures, à Washington et à l’étranger, intégrant les outils de lutte contre le terrorisme dans la politique américaine sur le long terme.

Le Conseiller à l’anti-terrorisme de la Maison Blanche, John O. Brennan, cherche à codifier l’approche de l’administration pour générer des listes de gens capturer / tuer, qui fassent partie d’un effort plus large pour guider les administrations futures dans les processus de lutte contre le terrorisme que M. Obama a embrassé.

Selon des responsables américains, le Directeur de la CIA, David H. Petraeus fait pression pour une expansion de la flotte des drones armés de l’Agence. La proposition, qui aurait besoin de l’approbation de la Maison Blanche, reflète la transformation de l’Agence en une force paramilitaire. Ceci indique clairement que celle-ci n’a l’intention, ni de démanteler son programme de drones, ni d’en revenir à son niveau d’avant-11 septembre pour la collecte de renseignements.

Le Centre de Commandement Unifié des Opérations Spéciales US (US Joint Special Operations Command -JSOC), qui a effectué le raid ayant tué Ben Laden, a déménagé ses équipes de commandos en Afrique, là où l’existence de foyers terroristes est soupçonnée. Un avant-poste américain sauvage à Djibouti a été transformé en une rampe de lancement pour les opérations de contre-terrorisme dans la Corne de l’Afrique et au Moyen-Orient.

D’anciens et actuels responsables américains ont dit que le JSOC avait également mis en place un centre de ciblage secret sur la rivière Potomac à Washington. Les cellules de ciblage des commandos d’élite ont toujours été situées près des lignes de front de leurs missions, y compris en Irak et en Afghanistan. Mais le JSOC a créé un groupe de travail organisé en un « centre national » se trouvant à 15 minutes à pied de la Maison Blanche afin qu’il puisse participer plus directement aux délibérations relatives aux listes d’Al-Qaïda.

Ces développements ont été décrits par les responsables actuels et anciens de la Maison Blanche et du Pentagone, ainsi que les agences de renseignement et du contre-terrorisme. La plupart parlaient sous condition d’anonymat en raison de la sensibilité du sujet.

Ces composants concernant la lutte contre le terrorisme ont été fixés à partir d’un fondement juridique aux assassinats ciblés que l’administration Obama a abordé plus ouvertement au cours de la dernière année. Dans une série de discours, les responsables de l’administration ont cité leurs bases juridiques, dont l’autorisation du Congrès pour utiliser la force militaire accordée après les attentats du 11 septembre, ainsi que le droit de la nation à se défendre.

Les critiques affirment que ces justifications sont devenues plus fragiles au fur et à mesure que la campagne de drones s’est étendue bien au-delà du noyau dur d’Al-Qaïda suite aux frappes sur New York et Washington. Les critiques font remarquer que l’administration n’a jamais confirmé, ni l’implication de la CIA, ni l’identité de ceux qui ont été tués. Certaines frappes sont actuellement contestées judiciairement, dont les meurtres l’an dernier au Yémen, des ressortissants américains d’Al-Qaïda [ou soupçonnés tels], Anwar al-Awlaki et son fils de 16 ans.

Des experts du contre-terrorisme ont déclaré que le recours aux assassinats ciblés est auto-entretenu, ce qui donne d’indéniables résultats à court terme, [mais] pouvant obscurcir leurs coûts à long terme.

« Le problème avec le drone, c’est que c’est comme votre tondeuse à gazon », a déclaré Bruce Riedel, un ancien analyste de la CIA et conseiller d’Obama pour la lutte contre le terrorisme. « Il faut tondre la pelouse tout le temps. Dès lors que vous arrêtez la tonte, l’herbe va repousser. »

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Une base de données évolutive

Les Etats-Unis disposent maintenant de programmes de drones multiples, y compris des patrouilles de reconnaissance de l’armée américaine sur des zones de conflit en Afghanistan et en Libye, et des vols de surveillance de la CIA classifiés sur l’Iran.

Les frappes contre Al-Qaïda sont cependant réalisées conformément aux programmes de meurtres secrets impliquant la CIA et le JSOC. La matrice a été élaborée par le Centre National de Lutte contre le Terrorisme (CNCT), sous l’ancienne direction de Michael Leiter pour renforcer ces organisations distinctes et séparées mais qui se chevauchaient pour l’établissement des listes de meurtres, ont indiqué des responsables.

Le résultat est une base de données unique en constante évolution dans laquelle les biographies, les lieux, les associés connus et les organisations affiliées sont systématiquement catalogués ainsi que les stratégies vivant à les annihiler, y compris les demandes d’extradition, les opérations de capture et les patrouilles de drones.

La décision d’Obama d’assécher les prisons secrètes de la CIA a mis fin à un programme qui était devenu une source de mépris international, mais elle a aussi compliqué la poursuite des terroristes. Sauf si un suspect apparaissait dans le collimateur d’un drone au Pakistan ou au Yémen, les États-Unis ont dû se démener pour comprendre ce qu’il fallait faire.
« Nous avons eu un problème de disposition [une indisposition !? (*)] », a déclaré un ancien responsable du contre-terrorisme ayant participé à l’élaboration de la matrice.

La base de données est destinée à tracer des orientations, à créer des perspectives opérationnelles qui précisent le rôle de chaque agence dans le cas où un suspect ferait surface dans un endroit inattendu. « Si c’est en Arabie Saoudite, on peut le capturer avec les Saoudiens », a déclaré l’ancien fonctionnaire. « En voyageant à l’étranger à Al-Shabaab [en Somalie] nous pouvons le prendre par bateau. Si c’est au Yémen, nous pouvons le tuer ou le faire prendre par les Yéménites. »
Les fonctionnaires ont refusé de divulguer l’identité des suspects répertoriés par la matrice. Ils ont cependant mentionné la capture l’année dernière au large des côtes du Yémen, d’Ahmed Warsame Abdulkadir présumé appartenir à Al-Qaïda. Warsame a été détenu pendant deux mois à bord d’un navire américain avant d’être transféré à la garde du ministère de la Justice et inculpé par le tribunal fédéral de New York.

« Warsame représentait un cas classique de notre questionnement « Qu’allons-nous faire avec lui? », a déclaré l’ancien fonctionnaire du contre-terrorisme. Dans de tels cas, la matrice établit des plans incluant y compris des navires de guerre des États-Unis qui sont dans le voisinage et pouvant charger le ministère de la Justice de se préparer.

« De toute évidence, il y avait des gens au Yémen que nous avions sur la matrice », ainsi que d’autres au Pakistan et en Afghanistan, dit l’ancien fonctionnaire de la lutte contre le terrorisme. La matrice était une façon d’être prêts s’ils avaient déménagé. « Comment pouvons-nous faire face à ces gars-là en transit? Vous n’allez pas tirer un drone quand ils se déplaçaient en Turquie ou en Iran. »

Les fonctionnaires ont décrit la matrice comme une base de données en développement, bien que son statut soit peu clair. Certains ont dit qu’elle n’a pas été mise en œuvre, étant trop lourde. D’autres, y compris les fonctionnaires de la Maison Blanche, le Congrès et les agences de renseignement, l’ont décrite comme un modèle qui pourrait aider les Etats-Unis s’adapter à la structure mouvante d’Al-Qaïda et à ses efforts pour exploiter les troubles en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Un an après que le secrétaire à la Défense Leon E. Panetta ait déclaré la défaite stratégique du cœur d’Al-Qaïda, les responsables voient un tableau de menaces émergentes au-delà du Pakistan, du Yémen et de la Somalie – les trois pays où presque toutes les frappes de drones américains ont eu lieu.

Le printemps arabe a bouleversé les partenariats américains relatifs au contre-terrorisme dans des pays comme l’Egypte, où les responsables américains craignent qu’Al-Qaïda puisse établir de nouvelles racines. La filiale du réseau en Afrique du Nord, Al-Qaïda au Maghreb islamique s’est emparé des territoires au nord du Mali et des armes sorties clandestinement de Libye ont été acquises.

« L’Egypte m’inquiète au plus haut point », dit un haut fonctionnaire de l’administration. « Regardez la Libye, l’Algérie et le Mali, et ensuite au delà le Sahel. Vous avez de vastes étendues de territoire, avec des frontières ouvertes, tandis que les capacités militaires, de sécurité et de renseignement sont fondamentalement inexistantes. »
Rationalisation de l’assassinat ciblé

La création de la matrice et l’institutionnalisation de listes « à tuer / capturer » reflètent un changement tant psychologique que stratégique.

Avant les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis reculaient devant l’idée d’assassinats ciblés. La commission du 11 septembre a raconté comment l’administration Clinton avait transmis une série de possibilités pour cibler ben Laden dans les années précédant les attentats – avant l’existence de drones armés. Le président Bill Clinton a approuvé une série de frappes de missiles de croisière en 1998, suite au bombardement d’ambassades en Afrique orientale par Al-Qaida, mais après de longues délibérations, le leader du groupe s’est finalement échappé.

L’assassinat ciblé est maintenant tellement habituel que l’administration Obama a passé une grande partie de l’année écoulée à codifier et rationaliser les processus qui le soutiennent.

Cette année, la Maison Blanche a abandonné un système dans lequel les rôles du Pentagone et du Conseil national de sécurité se chevauchaient dans l’examen des noms à ajouter à la liste Etats-unienne des cibles.

Maintenant, le système fonctionne comme un entonnoir, commençant avec les apports d’une demi-douzaine d’organismes et se réduisant au travers des couches du processus d’examen jusqu’à ce que les révisions proposées soient posées sur le bureau de Brennan, et par la suite présentées au président.

Les Visio-conférence qui étaient préalablement convoquées par l’amiral Mike Mullen, alors président du Staff de liaison entre Chefs d’Etat-major, ont été abandonnées. Les fonctionnaires ont déclaré que Brennan pensait que le processus ne devrait pas être géré par ceux qui appuient sur la gâchette pour la frappe.

« Ce qui a changé c’est plutôt que le président fasse cela, John présidant la réunion », a déclaré Leiter, l’ancien chef du CNCT.

L’administration a également élevé le rôle du CNCT, qui a été conçu comme une chambre de compensation centrale de données relatives aux menaces sans avoir aucune capacité opérationnelle en propre. Sous Brennan, qui a été son directeur fondateur, le centre était devenu une plaque tournante du ciblage.

D’autres entités ont beaucoup plus de ressources axées/concentrées sur Al-Qaïda. La CIA, le JSOC et le Commandement Central US ont des centaines d’analystes dédiés à la franchise du réseau terroriste au Yémen, tandis que le CNCT en a moins de deux douzaines. Mais le Centre contrôle une fonction clé.

« Il est le gardien des critères, » a déclaré l’ancien fonctionnaire du contre-terrorisme américain, ce qui signifie qu’il est en charge de vérifier que la sélection des noms d’al-Qaïda puisés dans la base de données en question pour être ciblés à destination d’abattage (la kill list arrêtée) est bien basée sur les critères dictés par la Maison Blanche.

Les critères sont classifiés mais la question centrale est évidente : Qui sont les responsables opérationnels? Qui sont les principaux facilitateurs? Le NCTC devra produire une liste d’agents d’al-Qaïda impliqués dans la réalisation ou le projet d’attaques contre le personnel américain à Sanaa au Yémen, suite à la demande inévitable de la maison blanche.

Les listes sont régulièrement revues tous les trois mois au cours de réunions au siège NCTC impliquant des analystes d’autres organismes, dont la CIA, le Département d’Etat et le JSOC. Les fonctionnaires soulignent que les ajouts sur les listes de gens à tuer issus de ces séances ne correspondent pas à ceux recevant approbation, une autorité qui incombe exclusivement à la Maison Blanche.

En l’absence d’objections – et les responsables indiquent qu’elles ont été rares – les noms sont soumis à un jury formé de représentants du Conseil national de sécurité, qui est présidé par Brennan, comprenant les directeurs adjoints de la CIA et du FBI, ainsi que des hauts fonctionnaires du Département d’Etat, du Pentagone et le CNCT.

Obama approuve les critères pour les listes et donne le feu vert aux attaques de drones à l’extérieur du Pakistan, quant la décision d’ouverture du feu est prise par le directeur de la CIA. Mais au-delà de la présence d’Obama aux réunions du « Terrible Mardi » – qui sont généralement consacrées à la discussion des menaces terroristes et aux tendances plutôt qu’à l’approbation d’objectifs ciblés – l’implication du président est plus indirecte.

« Le président ne viendrait jamais à une réunion d’adjoints, » a déclaré un haut responsable gouvernemental, bien que les participants se soient rappelés des cas dans lesquels Brennan est sorti de la pièce pour obtenir l’avis décisionnel d’Obama sur des questions que le groupe n’avait pu résoudre.
Le processus d’examen est comprimé mais pas ignoré quand la CIA ou le JSOC ont l’intelligence incontestable d’une étroite fenêtre pour une frappe, indiquent les responsables. L’approche s’applique aussi à l’élaboration de critères pour les «frappes de signature», qui permettent à la CIA et au JSOC de frapper des cibles sur la base du modèle d’activité – un véhicule avec des explosifs est retenu comme une cible, par exemple – même si l’identité de ceux qui risquent d’être tués n’est pas claire.

Une approche modèle

Pour une administration qui est la première à adopter l’assassinat ciblé à grande échelle, les responsables semblent convaincus qu’ils ont mis au point une approche qui est si bureaucratiquement, légalement et moralement avisée que les administrations futures feront de même.

Au cours du débat présidentiel de lundi, le candidat républicain Mitt Romney a précisé qu’il poursuivrait la campagne de drones. « Nous ne pouvons pas fermer notre porte de sortie, » a t-il dit, mais il a ajouté plus tard que M. Obama représentait le « droit suprême de l’usage » des frappes de drones et qu’il ferait de même.

Comme Obama se rapproche de la fin de son mandat, les responsables de la liste des assassinats ciblés de terroristes d’Al-Qaïda [ou présumés] ont indiqué qu’au Pakistan ces derniers ont diminué à moins de 10, contre pas moins de deux douzaines. L’agence attend désormais beaucoup de son Predator pour ses frappes contre le réseau Haqqani qui a été mis en cause concernant les attaques contre les forces américaines en Afghanistan.

Les responsables ont indiqué qu’au Yémen, le nombre de militants sur la liste varie entre 10 à 15 et n’est pas susceptible d’évoluer hors des ces limites de sitôt, même s’il y a eu 36 attaques aériennes des États-Unis cette année.

Le nombre de cibles sur les listes n’est pas fixe, ont indiqué les responsables, mais fluctue en fonction des ajustements aux critères. Les officiels ont défendu l’arrangement, tout en reconnaissant une érosion de la qualité des agents placés dans le réticule des drones.

« La personne actuellement numéro 4 est-elle aussi bonne que le numéro 4 il y a sept ans? Probablement pas », a déclaré un ancien responsable du contre-terrorisme américain impliqué dans le processus jusqu’au début de cette année. « Mais cela ne signifie pas qu’il n’est pas dangereux. »

En mettant l’accent sur les améliorations administratives / bureaucratiques, l’administration a largement évité sa confrontation à des questions plus fondamentales, relativement à ces listes. Des doutes internes sur l’efficacité de la campagne de drones sont presque inexistants. Il n’y a pas d’alternative apparente.
« Quand vous comptez sur une tactique particulière, elle commence à devenir le coeur de votre stratégie – vous voyez le nuage de fumée, mais il est parti », a déclaré Paul Pillar, un ancien directeur adjoint du centre de lutte contre le terrorisme de la CIA. « Lorsque nous institutionnalisons certaines choses, et cela vaut pour les assassinats ciblés, elle franchissent un seuil qui rend plus difficile tout retour en arrière. »

Depuis une décennie, les dimensions de la campagne de drones ont été conduites par des objectifs à court terme : la dégradation provoquée par al-Qaïda et la prévention d’une extension, une attaque de grande envergure sur le sol américain.

Les effets secondaires sont plus difficiles à mesurer – y compris de mesurer que les frappes induisent plus d’ennemis des Etats-Unis – et pourraient être encore plus importants si la campagne se poursuit 10 ans de plus.

« Nous sommes à la recherche de quelque chose qui est potentiellement indéterminé », a déclaré Pillar. « Nous devons prêter une attention particulière, peut-être plus que nous l’avons collectivement fait jusqu’ici, aux avantages et aux inconvénients à plus long terme des méthodes que nous utilisons. »
Les responsables de l’administration Obama ont de temps en temps cherché à déclencher un débat sur la durée durant laquelle la nation pourrait employer les assassinats ciblés. Mais ces responsables ont déclaré que les discussions étaient devenues des impasses.Sans titre

Mullen, l’ancien responsable du Commandement Unifié, revenu du Pakistan a raconté une confrontation orageuse avec son homologue, le général Ashfaq Parvez Kayani.

Mullen a dit à la Maison Blanche et aux officiels du contre-terrorisme que le chef militaire pakistanais avait exigé une réponse à une question apparemment raisonnable : Après des centaines d’attaques de drones, comment les États-Unis peuvent-ils toujours poursuivre dans cette voie avec leur liste « Top 20 » ?

La question a refait surface après le raid américain qui a tué Ben Laden. Cherchant à réparer un désaccord grave avec le Pakistan, Panetta, le directeur de la CIA a déclaré à Kayani et à d’autres que les Etats-Unis ne comptaient qu’une poignée d’objectifs résiduels et qu’ils seraient en mesure de réduire progressivement leur campagne de drones.

Un des principaux collaborateurs de Panetta a contesté cette assertion, et dit que Panetta avait mentionné la réduction de cette liste pendant son voyage à Islamabad, mais n’avait pas envisagé la perspective de la fin des frappes de drones. Deux anciens responsables américains ont déclaré que la Maison Blanche avait même indiqué à Panetta d’éviter de faire allusion à des engagements que les États-Unis n’étaient pas prêt à tenir.

« Nous n’avons pas voulu entrer dans une entreprise de listes illimitées », a dit un ancien haut responsable du contre-terrorisme américain ayant passé des années à superviser ces listes. « Il y a cet appareil créé pour faire la lutte antiterroriste. C’est toujours utile. La question est : Quand cessera-t-il d’être utile ? Je ne sais pas. »

Karen DeYoung, Craig Whitlock et Julie Tate ont contribué à ce rapport.

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