Pascale Noizet sur l’un des textes proposés au vote des communistes

https://i1.wp.com/fdata.over-blog.net/1/30/57/63/avatar-blog-1011820533-tmpphpzXI8Vh.jpeg

source : Réveil Communiste, 28 novembre 2012

A l’intention des AG de sections, et pour toute occasion de présenter publiquement notre texte :

Unir les communistes pour un PCF de combat, marxiste, populaire et rassembleur

Chers camarades,

La base commune alternative «  Unir les communistes, pour un PCF de combat, marxiste, populaire et rassembleur » est le résultat d’un travail collectif qui a regroupé plusieurs sections du parti, et obtenu le soutien de 500 communistes environ, répartis dans 60 départements.

La base commune du CN, pour nous, est un texte  d’envolées lyriques, rempli de bonnes intentions, avec une certaine autosatisfaction. Il ne se donne pas les moyens d’une ligne politique précise.

Nous pensons que le congrès est la meilleure instance pour évaluer la politique de notre parti, la ligne qui a été choisie et appliquée. Les communistes depuis plusieurs congrès suivent la ligne réformiste de Martigues. Cette ligne a-t-elle donné des résultats politiques et a-t-elle permis de se faire entendre auprès du peuple français ? Nous ne le pensons pas.

Aux législatives, notre parti est tombé de 10% en 1997 à moins de 5% en 2002 et en 2007. En 2012 il a connu une légère croissance : les candidats PCF et Front de Gauche ensemble ont réuni 7% des votes exprimés, mais seulement 4% des inscrits. Le parti n’a obtenu que 6 députés. C’est le plus mauvais résultat depuis sa création. Les nouvelles adhésions sont loin de compenser les départs ou les décès.

Pourquoi la modernisation du parti lancée à Martigues n’a-t-elle pas convaincu le peuple qui a préféré s’abstenir ou se tourner vers les votes FN ou Sarkozy ?

1)    Le parti a délaissé les classes populaires pour les classes moyennes. Ce choix, qui remonte aux années 1990 et à la gauche plurielle n’a jamais été analysé ni remis en cause. L’organisation du parti  a éloigné les militants du terrain  en négligeant de faire vivre les cellules des quartiers et des entreprises.

2) Ouvriers, employés, classes intermédiaires ne se sentent plus représentés par notre programme. Pour preuve  en 2012, Jean Luc Mélenchon a obtenu un meilleur résultat national  que Robert Hue en 1995, mais il a baissé partout dans les régions ouvrières comme le Nord et précisément à Hénin Beaumont,  zone d’implantation communiste. Cette disparition des points forts électoraux du parti signifie qu’à l’avenir nous risquons de perdre toutes nos municipalités importantes et toute chance d’obtenir des députés.

2)    Au cœur de cette désaffection populaire, il y a le tournant pro-européen : le PCF qui a mené  la bataille contre Maastricht est devenu petit à petit un partisan d’une pseudo Europe sociale, chère à François Hollande, mais aussi à Laurence Parisot, que je cite : « Nous disons aussi qu’il nous faut une Europe sociale, qu’il ne peut pas y avoir de grande avancée économique, qu’il ne peut pas y avoir de discipline budgétaire s’il n’y a pas en même temps une pensée audacieuse sur la question sociale. Et nous, Medef, nous sommes prêts à aller sur cette voie ». Or l’Union européenne, comme le passage en force du traité constitutionnel l’a démontré, est antidémocratique et irrécupérable, l’UE n’unit pas les peuples, les nations, mais les capitalistes. Et les peuples le savent.

3)    Depuis 12 ans le Parti communiste donne le sentiment d’être à la remorque soit des socialistes, soit de l’extrême gauche. Il semblerait que notre parti n’ait plus le choix et qu’il soit destiné à devenir une force d’appoint du PS soit directement soit par l’intermédiaire d’une coalition d’extrême gauche.

Quant à notre texte alternatif, il  propose d’appliquer réellement la politique des fronts de lutte, avec un parti indépendant et souverain, maitre de ses choix.

4)    Le PCF délaisse l’internationalisme et néglige les autres partis communistes d’Europe et du monde en s’appuyant uniquement sur le PGE, qui n’est pas communiste et dont l‘action s’inscrit dans le cadre de l’UE. L’action du PCF  contre les nouvelles guerres de l’OTAN n’est pas à la hauteur des enjeux qui sont d’une extrême gravité.

Il est de notre responsabilité de lutter contre les aventures militaires néocoloniales de notre pays et, d’exiger la sortie de la France de l’OTAN. En particulier il s’agit de nous opposer à la guerre annoncée contre l’Iran qui est la préparation d’une possible guerre mondiale.

5)    Enfin notre texte alternatif préconise un  socialisme du XXIème siècle, un PCF dans la ligne de l’analyse marxiste  qui tienne compte des expériences socialistes passées et présentes, au lieu de les répudier sans examen,  comme c’est le cas aujourd’hui.

Pour ces raisons et d’autres que l’on peut lire dans le texte intégral de notre proposition de base commune, nous estimons qu’il faut produire un texte plus clair et plus précis que celui de la base commune proposée par le CN, pour réorienter et redynamiser le débat des communistes.

Pasquale Noizet, membre du CN du PCF, 19 novembre 2012

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s