Pourquoi le système électoral cubain est différent ?

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit cet article.

source : Cubadebate, 20 Octobre 2012.

Le système électoral cubain se distingue de celui d’autres pays, principalement par la possibilité donnée aux citoyens ordinaires de s’approprier [prendre, exercer] la responsabilité publique, a déclaré aujourd’hui l’universitaire Juan Mendoza.

Le doyen de la Faculté de droit de l’Université de La Havane [est intervenu] sur les spécificités du modèle cubain, relativement au déroulement du scrutin de demain pour élire les délégués (conseillers) aux assemblées municipales du pouvoir populaire.

Se référant à la façon dont les gens peuvent parvenir à devenir des candidats, il a déclaré que dans de nombreux pays ils doivent faire partie des listes électorales des partis et sont essentiellement des citoyens avec une performance économique.

Il a ajouté que dans ce scénario, il est très difficile de se présenter comme candidat indépendant en raison du coût que peut présenter la campagne.

De telles situations ne se produisent pas dans le système cubain, où l’on doit ;
•    avoir plus de 16 ans,
•    résider dans le pays
•    et bénéficier du soutien de ses voisins.

C’est une des raisons pour lesquelles c’est un modèle « particulier, original et profondément démocratique », selon le professeur d’université.

Mendoza relève qu’il y a des pays où les médias présentent les élections comme paradigmatiques à partir de l’existence d’un jeu traditionnel de confrontation entre les parties.

« Certains experts dénomment cela non la démocratie mais la partitocratie, précisément parce que les partis représentent certains intérêts sectoriels au sein de la société et se présentent comme protagonistes pour ce conflit soi-disant démocratique », indique t-il.

POURQUOI EST-CE DIFFÉRENT À CUBA ?

Le modèle électoral cubain est né de la Constitution adoptée en 1976, qui a été la base de la première loi électorale. Après les amendements constitutionnels de 1992, la norme a dû être restructurée et c’est celle qui reste en vigueur aujourd’hui.

La loi organise les élections [cubaines] en deux temps :
•    [Elections] Générales ; tous les cinq ans pour élire les députés à l’Assemblée nationale et les délégués à la provinciale
•    et [Election] Partielle ; tous les deux ans et demi pour sélectionner les délégués aux assemblées municipales.

Dans l’étape de la partielle, il y a un facteur de grande valeur qui est la nomination. C’est un acte de participation éminemment citoyen puisque, pour la réaliser, la communauté se réunit à un niveau de zones de nomination et où des personnes se proposent avec leurs conditions pour la représenter [la communauté], a déclaré l’avocat.

Les propositions approuvées aux réunions permettent d’intégrer directement l’accès à la présentation au vote pour cette circonscription. C’est le « concept preuve de la qualité démocratique de nos élections », a souligné Mendoza.

Selon les règles, les candidats ne font pas campagne, comme cela est courant dans d’autres modèles. La commission électorale locale est responsable de la divulgation des biographies et des photos afin que le public soit informé et puisse discerner qui présente et a les meilleures conditions.

Un autre point fort noté par le vice doyen est l’universalité des élections cubaines, en particulier dans « le droit de tous à voter pour [pouvoir] engager son esprit citoyen ».

L’universalité, c’est que tous les Cubains en âge de voter entrent automatiquement dans les listes électorales, tandis que pour les autres nations ils doivent s’inscrire, remarque t-il.

« Ceci est important parce que quand vous écoutez les nouvelles de tel pays ayant voté à 40% des électeurs, il ne s’agit pas du pourcentage de citoyens, mais de toutes les personnes qui sont inscrites dans le registre. Quand nous disons ici que le taux est de 90% environ, c’est de fait en tenant compte de l’ensemble de la population », a t-il dit.

ELECTIONS, DEMOCRATIE ET SYSTÈME POLITIQUE

L’un des objectifs de la Commission Nationale Electorale est d’amener les gens aux urnes.

Cependant, Mendoza a déclaré que le vote n’est pas une obligation, « rien ne se passe pour qui ne vote pas, mais c’est un droit civil, exigeant de la société son appel au civisme [exigeant que la société procède à un appel au civisme]. La personne qui exerce son droit de voter exprime son engagement avec la société. »

L’importance du vote de chaque individu réside en ce que les élections sont un mécanisme de validation du système politique, affirme le professeur.

À cet égard, concernant certains pays estimant et se vantant d’être démocratiques et d’avoir de bons systèmes politiques, quand on fouille quelque peu les chiffres des gens qui votent par rapport au total de la population, on découvre que c’est une façade, car le véritable niveau de validation et de légitimation est sanctionné par la participation des citoyens.

« Quand une personne vote, elle consolide ce système politique, il en résulte que la réussite démocratique d’un modèle est d’autant plus grande que la mobilisation du vote est importante. En Cuba, les hauts niveaux de vote durant ces dernières décennies ont démontré la force et l’engagement des gens avec le modèle politique », a déclaré l’avocat.

Selon les données officielles, dans toutes les élections tenues depuis 1976 les électeurs ont voté à plus de 95 pour cent.

(Extrait de Prensa Latina)

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