Les impôts et les riches, par Martin Hart-Landsberg

source : Reports from the Economic Front (Etats-Unis), 20 Septembre 2012

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Spécialiste américain des économies asiatiques, Martin Hart-Landsberg est chercheur associé à l’Institut pour les Sciences Sociales à l’Université Nationale de Gyeonsang, en Corée du Sud. Il enseigne l’économie au Lewis Clark College, à Portland, dans l’Oregon.

Certains avancent que diminuer le taux marginal d’imposition sur les revenus « ordinaires » (salaires) et les revenus du capital stimulera la croissance économique. Thomas L. Hungeford, dans un Rapport de Recherche commandé par le Congrès, teste et rejette cette hypothèse.

Il n’a découvert aucune relation statistique entre les variations de chacun de ces principaux impôts et l’épargne des ménages, l’investissement, la productivité par tête ou la croissance du PIB par tête. Toutefois, il trouve une forte relation statistique entre les évolutions des ces impôts et les inégalités de revenus. Plus précisément, on peut s’attendre à ce que l’augmentation des principaux impôts fasse augmenter l’égalité des revenus sans faire de mal à l’économie.

Les tendances fiscales

Il y a deux concepts principaux de l’impôt- le taux marginal d’imposition, qui renvoie à l’impôt payé sur le dernier dollar perçu, et le taux moyen d’imposition, qui est la portion du revenu total payée en impôts. Ce que vous payez sur le dernier dollar perçu varie suivant qu’il est classé comme revenu ordinaire ou comme revenu du capital.

Plus important : comme le montre le graphique ci-dessous, les contribuables du sommet de l’échelle ont bénéficié d’une diminution soutenue de leur taux moyen d’imposition.

 

Le graphique suivant montre l’évolution du taux marginal d’imposition sur les revenus ordinaires et les revenus du capital des plus gros contribuables. Le taux marginal d’imposition sur les revenus ordinaires les plus élevés a clairement diminué, passant de 91% dans les années 1950 à 70% dans les années 60 et 70 à moins de 28% en 1986. Il se situe maintenant à 35%. Le taux marginal d’imposition sur les plus hauts revenus du capital n’a pas autant changé. Il était de 25% dans les années 1960 et de  35% dans les années 70 et est maintenant de 15%.

Les Tests

 

Hungerford a utilisé des méthodes économétriques pour vérifier si les changements des taux marginaux d’impositions des plus gros contribuables affectaient l’épargne des ménages, l’investissement, la productivité et/ou la croissance du PIB par tête. La simple superposition du mouvement de ces taux d’impositions et de chacune de ces variables suggère qu’une baisse des taux d’impositions des plus riches est associée à un mouvement positif de chacune de ces variables économiques.

Toutefois, comme l’explique avec raison Hungerford, la corrélation n’est pas la même chose que la causalité. En utilisant la méthode des régressions statistiques, il a découvert que les relations étaient de pure coïncidence ou simplement fallacieuses ; il n’y a aucune connexion statistique significative entre des changements affectant les taux d’imposition des plus riches et les mouvements des autres variables.

Hungerfold a aussi cherché à savoir si les évolutions des taux marginaux d’imposition des gros contribuables avaient un effet sur la distribution des revenus. Le premier graphique ci-dessous montre le nuage de points des taux d’impositions des gros contribuables et de la part des revenus allant au 0,1% les plus riches de 1945 à 2010. Le deuxième montre la même chose avec les 0,01% les plus riches.

Comme on peut le voir, les courbes suggèrent une relation très forte entre les variables. Comme auparavant, Hungerfold a utilisé la méthode des régressions statistiques pour déterminer si la relation était statistiquement significative. Cette fois-ci la réponse a été « oui » dans les deux cas ; les changements affectant les taux marginaux d’imposition des plus riches affectent la concentration des revenus. En d’autres termes, baisser les taux d’impositions des gros revenus augmente l’inégalité de revenus et les augmenter la réduit.

Il est temps pour nous de commencer à militer pour l’augmentation des taux marginaux d’imposition des gros contribuables.

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