La proposition de Charte sociale du Venezuela Approuvée par l’Organisation des Etats Américains après 11 ans, par Tamara Pearson

source : http://venezuelanalysis.com/news/7036 (Venezuela), 5 Jun 2012

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduti cet article.

Mérida, le 5 Juin 2012 (Venezuelanalysis.com) –Hier, l’Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA) a approuvé par consensus la Charte sociale des Amériques, un projet porté par le Venezuela depuis 2001 qui décrit les grandes lignes des droits sociaux, culturels et économiques.

La 42ème Assemblée générale réunie actuellement à Cochabamba en Bolivie, a approuvé la charte près de sept ans après que la commission commise à sa création l’ait écrit, et après avoir été d’abord proposée par le Venezuela en 2001 à la 31ème Assemblée générale, au Costa Rica.


La charte, qui promeut le développement culturel, la diversité, la pluralité, et encourage la solidarité et le travail commun dans les Amériques, devrait être le début « de faire de tous les services de base un droit humain, » a dit le président bolivien Evo Morales.


Le texte approuvé hier stipule, « les peuples d’Amérique ont une aspiration légitime pour la justice sociale et leurs gouvernements ont la responsabilité de la promouvoir. » Il reconnaît également les « contributions des peuples autochtones, des Afro-descendants, et des communautés de migrants au développement du continent » et affirme qu’il est nécessaire que les gouvernements adoptent « des politiques visant à promouvoir l’inclusion, prévenir, combattre et éliminer tous les types d’intolérance et de discrimination, particulièrement la discrimination selon le genre, l’appartenance ethnique et la race. »

La Charte Sociale initiale que le Venezuela a proposé était un document de 129 articles concernant les droits sociaux relatifs à la santé, au travail, à l’éducation, à l’accès aux services de base, à la participation des citoyens, à l’environnement et aux droits des peuples autochtones. Elle venait en complément de la Charte Démocratique de l’OAS existante qui aspire à garantir des droits politiques.


Aristobulo Isturiz, qui au moment de la proposition originale était ministre de l’Éducation nationale vénézuélien, a dit que jusque-là l’OEA avait seulement pris en considération les droits civils et politiques et pas les droits sociaux, culturels et économiques et que la Charte Sociale était nécessaire pour y remédier.


Hier, le secrétaire général de l’OEA, José Insulza, a recommandé un plan d’action qui sera bientôt approuvé. « Il s’agit de mettre ces engagements importants en pratique. »

L’approbation de la charte a été « une bataille diplomatique » pleine « d’obstacles »

Le Président Hugo Chavez a reconnu hier l’importance de l’approbation
de la Charte sociale, en disant : « Cette proposition est née ici. Ils ont essayé de la bloquer, de la tenir sous le boisseau, de la déformer, mais elle a été approuvée ».

Et aussi, parlant dimanche dernier, l’ancien représentant du Venezuela auprès de l’OEA, Jorge Valero a déclaré : « Jusqu’à aujourd’hui, dix ans se sont écoulés [de travail] sur ce projet qui a dû faire face à beaucoup d’obstacles … Cela ne devrait pas être comme ça. La justice sociale et l’égalité devraient être des priorités ».

En outre, dans une interview aujourd’hui avec Noticias24, Valero a dit que « cela a été une bataille diplomatique … à laquelle se sont sérieusement opposés les représentants du gouvernement américain … je me souviens qu’à un moment donné, ils étaient très agressifs ».


La nouvelle charte « pourrait être dite … La nouvelle carte politique », a déclaré Valero.

Chavez a fait valoir également que s’il n’y avait pas que de profonds changements dans l’OEA, il faudra « en finir avec [elle] » et soutenir les «espaces géopolitiques de l’unité» qui naissent, comme l’Union des nations sud-américaines (UNASUR ), et la Communauté des pays d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), des organisations qui ne comprennent ni les Etats-Unis, ni le Canada.

Plus précisément, M. Chavez a déclaré que les USA et le Canada « représentent un obstacle pour les pays de la région qui cherchent le développement et le progrès … Les États-Unis et le Canada tentent d’empêcher les changements, c’est pourquoi la majorité de nos pays exigent des changements dans [l’OEA] … s’il n’y a pas de changements, il faudra en finir avec [eux]. »

Un commentaire

  1. On va bientôt rappeler les 50 ans de la crise des missiles (octobre 1962). Il faut rappeler que les USA avec Kennedy nouvel élu prédident, par son « Alliance pour le progrès » (« qui est le nôtre et auquel tout citoyen du continent a droit »), avaient mobilisé l’OEA pour exclure Cuba (« qui introduit un ennemi incompatible et étranger à notre hémisphère ») déjà avant la crise, et ils l’obtinrent pendant la crise. En même temps (printemps 1962), le blocus s’organisait. Faut-il penser qu’une page est vraiment tournée avec cette charte ? Cuba sera-t-il réintroduit dans l’OUA ?


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