La juge Lenard, personne douce et conciliante liée au trafic de drogue, par Edmundo Garcia

Les cinq antiterroristes cubains emprisonnész aux USA

source : Cubadebate (Cuba), 17 Mai 2012

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit cet article.

La nuit se meut, Miami

Je suis revenu mardi d’un voyage à La Havane. Comme d’habitude, j’ai commencé par voir la presse qui s’était accumulée, pour rattraper mon retard. Ainsi j’ai trouvé un article du journaliste Jay Weaver paru ce mardi 15 mai, dans le The Miami Herald et El Nuevo Herald, celui-ci intitulé « le juge annule la peine d’emprisonnement à perpétuité. »


Cet article traite de l’un des nombreux crimes liés au trafic de drogue, en particulier la cocaïne, ce qui a fait des vagues à Miami dans les dernières décennies, mais laissez-moi faire une analogie ou comparaison, je pense que cela est important et révélateur des normes mixtes qui peuvent être livrées par la justice aux États-Unis et plus encore dans une ville comme Miami.

Dans cet article, Jay Weaver raconte l’histoire de Yuby Ramirez, une ressortissante colombienne condamnée à un emprisonnement de 41 ans en 2001 pour le crime de « conspiration pour commettre un assassinat ». L’objectif de cette conspiration était d’éliminer un témoin du gouvernement qui devait témoigner contre Willie Falcón et Sal Magluta, trafiquants de drogue notoires dénommés les « cow-boys de la cocaïne » purgeant de longues peines pour ce crime.

Tout semblait indiquer qu’Yuby Ramirez allait être enfermée le reste de ses jours, mais une juge fédérale a admis qu’elle avait été mal conseillée par ses anciens avocats et, accompagnée par les nouveaux défenseurs, a réussi à faire descendre la condamnation à 10 ans ; Yuby Ramirez a donc été immédiatement mise en liberté, la précédente sentence ayant été prise en 2001 et le temps passé en prison couvrant la nouvelle sentence. Une Yuby Ramirez qui non seulement était confrontée à l’accusation de « conspiration pour commettre un assassinat », mais qui avait aussi finalement avoué sa culpabilité.

Raconter cette histoire me permet d’effectuer une comparaison relative précisément à cette accusation de « conspiration visant à commettre un assassinat » dont était chargée la citoyenne colombienne Yuby Ramirez et se terminant par sa mise en liberté. C’est la même que celle attribuée à l’anti-terroriste Gerardo Hernandez, lequel a été condamné non pas à une, mais à deux peines à perpétuité de plus de quinze ans. Gerardo, non seulement ne pouvait pas être poursuivi devant les tribunaux, mais n’a jamais admis ou avoué avoir eu quelque chose à voir avec la tentative d’agir contre la vie d’une personne.


L’accusation de « conspiration pour commettre un meurtre » était tellement insoutenable dans le cas de Gerardo Hernandez que même le procureur, soit le gouvernement des États-Unis, a voulu la rejeter, parce qu’il craignait de lui-même chuter avec toute l’affaire. Comme il s’est avéré avec les documents déclassifiés, le FBI suivait Gerardo Hernandez des années avant son arrestation et c’est pourquoi le gouvernement américain savait précisément que Gerardo était innocent de l’accusation de complot pour abattre les avions de Brothers to the Rescue. Ils savaient ce que faisait Gerardo, ils écoutaient ce que Gerardo disait, qui donc mieux qu’eux pouvait savoir que l’accusation de « conspiration en vue d’assassinat » était irrecevable à son encontre. Comment cette accusation contre Gerardo a-t-elle pu, en tout état de cause persister ? Comment la juge elle-même n’a-t-elle cessé de demander son élimination pour en rester … à rien ? C’est quelque chose que personne ne peut encore expliquer.


On a l’habitude d’affirmer que dans le système judiciaire nord-américain, les juges peuvent administrer une justice selon leurs critères et de leur propre autorité. Bien que l’histoire regorge d’exemples qui démontrent le contraire, on pourrait penser que des juges différents peuvent aboutir à des conclusions différentes,
mais : comment se nomme donc la juge qui a condamné Gerardo Hernández Nordelo à deux emprisonnements à perpétuité de quinze ans pour supposément avoir « conspiré pour commettre un meurtre », sans qu’il ne l’eût aucunement confessé dans une cour ? Eh bien, cette juge se nomme Joan Lenard. Et qui est la juge qui vient d’annuler l’emprisonnement à perpétuité à Yuby Ramirez pour le délit prouvé, déclaré et avoué de « conspiration pour commettre un meurtre » ? C’est la juge Joan Lenard. C’est-à-dire que, la même juge fédérale dans les deux cas, annule la sentence d’un côté et la multiplie de l’autre.


S’il fallait une autre évidence pour en conclure ce que tout le monde sait … ! [la voilà] : que le procès à Miami contre les Cinq Cubains a été un procès politique, biaisé par l’influence des groupes cubains d’extrême droite et la pression d’une presse rendue à leur intérêts. Voici une autre preuve des normes différentes par lesquelles la justice est distribuée aux États-Unis et, dans le même temps, une occasion pour elle de reconsidérer les condamnations injustes de la juge Joan Lenard à l’encontre de nos cinq héros.

http://www.miamiherald.com/2012/04/16/2752743/miami-woman-serving-life-sentence.html#storylink=misearch

http://www.miamiherald.com/2012/05/15/2799441/miami-woman-imprisoned-for-life.html#storylink=misearch

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