Croisade contre Havana Club : le blocus attaqué, par Waldo Mendiluza


source : El Economista de Cuba (Cuba), 09 juin 2012

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Le récent arrêt de la Cour Suprême des États-Unis contre le rhum Havana Club, plus qu’une question de dépôt de marques renvoie au blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis.

Pour le gouvernement cubain, la décision annoncée le 14 mai dernier de refuser à la compagnie Cubaexport la possibilité de défendre son droit à renouveler l’enregistrement de cette marque en territoire étasunien est loin de n’être qu’un acte judiciaire, comme le prouve le rôle joué dans cette affaire par le gouvernement étasunien lui-même.

En ce sens, le vice-ministre [des Affaires Extérieures, ndt] Abelardo Moreno a dénoncé que le fait que Département d’État ait exigé du Bureau de Contrôle des Actifs Étrangers (OFAC) qu’il empêche l’enregistrement de Havana Club, conformément aux lois instituant le blocus en place depuis plus d’un demi-siècle.

Du fait des restrictions imposées par la Maison Blanche, aucune opération concernant l’île ne peut être réalisée aux États-Unis sans l’émission d’une licence de l’OFAC, a-t-il rappelé mardi durant une visioconférence La Havane-Paris sur la bataille en cours dans l’affaire du rhum mondialement reconnu de l’île caribéenne.

Washington a de nouveau recours à la Section 211 de l’Omnibus Consolidated & Emergency Supplemental Appropriations Act de 1999, lequel empêche à des dirigeants cubains de jouir de leurs droits sur des marques ou des noms commerciaux aux États-Unis.

N’oublions pas que le fondement de tout cela est le blocus économique, commercial et financier appliqué contre Cuba depuis plus de cinquante ans, a affirmé Moreno dans la capitale française.

Le diplomate a qualifié de montage législatif la Section 211 ci-dessus mentionnée, qui constitue une réglementation indéfendable devant l’Organe de Règlement des Différends de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Pour le Vice-Ministre des Relations Extérieures, la solution des différends et conflits avec les États-Unis passe « en premeir lieu » par la nécessité de mettre fin au blocus, mesure rejetée- a-t-il rappelé- de manière quasi-unanime ces vingt dernières années par la communauté internationale.

Pour sa part, Alina Revilla, fonctionnaire du Ministre du commerce Extérieur, a commenté devant les participants à la visioconférence les décisions prises au siège de l’OMC contre la Section 211.

Les États-Unis ont ignoré depuis plus de dix ans les déclarations de l’OMC et continuent, mois après mois, à ne fournir aucune réponse convaincante sur leur violation des conventions en matière de propriété et leur non respect du système multilatéral de commerce, a-t-elle signalé.

Cuba et la protection de marques étasuniennes

La directrice du Bureau Cubain de la Propriété Intellectuelle, Maria de los Ángeles Sánchez, a souligné le contraste entre l’hostilité de Washington et les possibilités offertes par l’île aux personnes naturelles et juridiques étasuniennes pour protéger leurs marques et brevets.

Cuba satisfait aux obligations internationales, ce qui explique qu’il n’y ait pas de traitement discriminatoire envers les américains, qui font l’objet de protection et de bienveillance ici, a-t-elle précisé durant la visioconférence La Havane-Paris.

D’après la dirigeante, il existe dans la nation caribéenne environ « 6000 marques enregistrées et quelques 800 brevets étasuniens ».

Cela démontre deux choses : qu’à Cuba il n’y a pas de traitement discriminatoire envers les étrangers, et en particulier les étasuniens, et aussi le désir qu’ont les entreprises étasuniennes de commercialiser leurs produits dans le pays, a-t-elle expliqué.

Durant l’échange, qui s’est tenu simultanément à la Chancellerie cubaine et à l’Ambassade de l’île caribéenne en France, des intervenants ont expliqué les succès du rhum Havana Club, fabriqué depuis 1878, et ont critiqué les propriétaires de Bacardi, qui essaient d’empêcher le positionnement de Havana Club en territoire étasunien quand cessera le blocus.

Plus de 36 millions de caisses de Havana Club ont été commercialisées ces 18 dernières années, ce que prouve le succès de cette marque touchée par le blocus étasunien, a exppliqué le président de Cuba Ron, Juan González.

Le fonctionnaire a assuré que Havana Club se vendait dans 120 pays grâce aux efforts conjoints de Cuba Ron et du groupe français Pernod Ricard, entreprises unies dans le partenariat Havana Club International.

En dépit du blocus, Havana Club constitue aujourd’hui la seconde marque de rhum la plus vendue au monde, hors Etats-Unis, et la troisième si on inclut ce pays, a-t-il ajouté.

Pour sa part, Olivia Lagahce, directrice Juridique de Havana Club Internacional, a salué depuis la capitale française la croissance de la demande de ce produit cubain.

Son taux de croissance moyen est de 15% par an, a-t-elle précisé.

Lagache a expliqué que devant la défaite subie aux Etats-Unis, il fallait travailler à une stratégie pour promouvoir la marque « Havanista », un produit élaboré et mis en bouteille dans la plus Grande île de l’Archipel Antillais [Cuba, ndt], qui doit être lancé sur le marché étasunien si les restrictions sont levées, comme le demande la communauté internationale.

Un commentaire

  1. On attend une réaction unanime et indignée de nos apôtres du TCE de 2005 pour entrave à la liberté du commerce .et crime contre la concurrence libre et non faussée .
    Hollande va sermonner durement Obama , je le pressens .


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