A propos des législatives: rapide analyse et propositions par Danielle Bleitrach

Disons tout de suite l’aspect positif, dans un contexte d’abstention record, cette élection confirme le choix à gauche de la présidentielle. C’est une bonne chose et c’est dans cet esprit que l’on doit penser le second tour.

Plus préoccupant paraît la bipolarisation de la vie politique française avec l’ancrage partout du Front national qui n’est pas cependant en situation de disputer l’hégémonie à la droite pour le moment. ce qui est toujours pour le moment une limitation des dégâts.

le PS et les alliés verts qui ont survécu aux candidatures disssidentes confirment le résultat de la présidentielle ce qui est en quelque sorte inscrit dans le fait, voulu par Jospin, que les élections législatives se situent nécessairement dans le prolongement de ce choix initial. Nous avons désormais un régime présidentiel avec une tendance de ce fait irresistible à la bi-polarisation droite gauche. Si le parti vainqueur se constitue autour du président et accroît sa poussée, à droite on a assisté  à partir de l’échec de sarkozy à des luttes pour l’hégémonie entre le Front National et l’UMP. Dans ce cas là, les candidats de droite ont joué non sans efficacité la stratégie du local en  rupture avec les présidentielles.Ce qui leur permet de résister au Front National dont les réussites spectaculaires comme celles de henin Baumont ou du Gard et du Vaucluse ne doivent pas maquer le fait qu’il n’est pas en position d’arbitre et que la droite n’a aucun intérêt à lui faire des cadeaux(1).

L’élection présidentielle au suffrage universel, toute la Constitution comme l’Europe elle-même tendent à la bi-polarisation de la vie nationale et le fait que désormais les législatives sont le simple prolongement de la présidentielle soumet la vie politique française à une situation qui peut devenir catastrophique avec l’accentuation de la crise puisque les couches populaires auront de moins en moins la possibilité de s’exprimer. Le Front de gauche si l’on excepte la vieille implantation du PCF qui se retrecit comme peau de chagrin n’a pas réussi son pari de reprendre pied dans ce monde frappé par la crise, le chômage, la mal vie. Si incontestablement le choix de la candidature de melenchon aux présidentielles, ses capacités tribuniciennes ont permis au PCF de passer ce cap difficile pour lui faute d’un candidat incontestable,les effets aux législatives d’un tel choix en ont montré les limites actuelles. Dans de nombreux endroits, des électeurs du PS ralliés à Melenchon sont retournés au vote utile, j’avais déjà souligné le caractère trés volatile de cet électorat dont une partie s’était déjà détourné lors des présidentielles désorientée par les aspects anti-hollande de la campagne. Dans une élection chacun sait le danger des foucades et d’un positionnement erratique, il aurait fallu ancrer à gauche. mais le problème va au-delà des tactiques électorales et c’est lui auquel le PCF et le Front de Gauche devraient s’atteler : le fait est qu’il  reste l’alliance portentielle et qui n’a pas fusionné entre le monde du service public, les enseignants en particulier et le monde ouvrier, celui des banlieues qui préfère largement voter utile pour le PS. Pire encore on peut se demander si ce qui aurait pu être une bataille courageuse contre le Front national n’a pas servi ce dernier. Un changement de stratégie s’impose si cette force ne veut pas connaître le sort de die linke.

En effet si l’on excepte Dolez dans le nord, le parti de gauche peu ou mal implanté qui a voulu poursuivre autour de la personnalisation et de la médiatisation de la présidentielle essuie des échecs retentissants. Le Front de gauche est pris en tenaille entre la volonté du PS de ne faire aucun cadeau à une force dont il apparaissait qu’elle pouvait lui rendre la vie difficile à l’assemblée et le fait que comme cela était prévisible la surmédiatisation, la personnalisation nationale a été mal vécu dans ces élections locales. C’est l’implantation locale du PCF qui permet les meilleures résistances et encore celle-ci en cas de modification de circonscription (ajout de toute une partie de droite) et de tête d’affiche (passage de André Gérin à Michèle Picard) comme cela se passe à Venissieux dans le Rhône ne résistent pas à la vague rose. le fait est que le candidat communiste y compris dans ce cas réalise un meilleur score que ceux qui ont choisi l’étiquette de Parti de Gauche comme cela se passe dans la Seine st Denis.

Le secrétaire du Parti communiste dans sa déclaration à la fois vante l’avenir du Front de Gauche et adopte une stratégie de soutien au PS qui se situe a contrario de certaines déclarations de la campagne. je n’épiloguerai pas sur l’échec prévisible de la stratégie autour de Melenchon à Henin Baumont, le candidat providentiel, cet échec était lisible dans l’interview donné à Libération et dont j’avais fait l’analyse ici même en déplorant le show médiatique et le refus de l’implantation communiste traditionnelle.   Comme l’on peut regretter la legereté du choix de la candidature de Balme, le refus de le retirer et s’interroger sur la manière dont dans un contexte d’agression raciste et antisémite un candidat rouge bruna pesé sur l’ensemble du Rhône et au-delà. Comme cela était prévu dans sa circonscription Balme  perd encore par rapport au vote Melenchon de la présidentielle. Il faut que le PCF et le Front de gauche fassent le ménage.

Il faut absolument que la gauche l’emporte au deuxième tour mais une gauche plurielle, combative dans laquelle un groupe Front de gauche prendra toute sa place non pas de trublion mais de force de proposition et d’expression populaire. Tout n’est pas perdu loin de là, le Front de gauche est en mesure d’avoir un groupe à l’assemblée nationale et il faut penser au-delà. D’abord le fait que la situation économique et sociale du pays et de l’Europe ne cesse de s’agraver… que le problème qui va se poser est toujours le même: qui va payer?

Le gros danger est que le PS hégémonique déçoive trés rapidement les espoirs que les français ont placé en lui. Ce qu’il gagne en marge de manoeuvre il risque de le perdre en force réelle pour faire face à une situation qui se dégrade et dans laquelle la mobilisation populaire aurait été le meilleur atout.

Le Front de gauche et le PCF sa force essentielle peuvent effectivement avoir un avenir utile au pays, à condition que soit joué le difficile travail d’une implantation et d’une organisation des luttes et des solidarités. C’est l’éternelle question qui se pose depuis la mutation où dans un contexte de desindustrialisation et d’atteintes au service public il a été choisi de desorganiser le parti communiste, de le couper de sa base. Seuls ses élus locaux ont maintenu ce contact qui était détruit dans les entreprises et les cités populaires. La seule solution d’avenir est dans la réorganisation , le retour à une implantation au plus près des victimes de la crise, c’est de ce choix que dépendront y compris les élections locales, municipales avec une manière de tisser de nouveaux liens avec un peuple français qui a choisi d’aller vers la gauche et de refuser les choix conservateurs.

Danielle Bleitrach

(1) La mairesse d’Aix qui s’était illustrée est en ballotage defavorable face au candidat du PS (PS, 35,6 et UMP 28,34) avec comme réserve pour l’un et pour l’autre FDG 6% ce qui est un bon score pour Aix mais ne récupère pas le score de Melenchon 11% et le FN à16,5%… En général c’est dans ce genre de circonscription qu’il faudra suivre la porosité droite Front national.

20 commentaires

  1. et oui, bien que j’ apprécie  » oulala  » dans son ensemble, René Balme semble naviguer au pif, après son choix de Bové ………………. dommage, le virus du barbu ex-pcf, l’ a contaminé.

    merci Danielle

  2. Je ne partage pas cet optimisme .
    Pour moi , l’enjeu de cette campagne , a été décidée au niveau supranational – fait absolument tu mais incontestable à mon sens .
    L’UE veut tout contrôler .Rien ne doit changer .
    Dans ce contexte de rejet viscéral et connu du sarkosysme , il s’agissait de dissocier le nom de ses fondements idéologiques : le libéralisme , de façon à poursuivre les politiques européennes libérales , tout en en lâchant Sarkosy . Donc « muerte Sarkosy » , il a fait son boulot .
    Le seul cheval de l’UE était FH . Son programme , pour moi , est estampillé UE – il n’invalide rien des politiques de casse des conquêtes sociales de 45 menées depuis des lustres .
    Par contre , il fallait justement éviter une sorte de Front Populaire , c’est-à-dire une poussée de toute la Gauche .
    Le score à l’issue du 1er tour de la présidentielle a confirmé la réussite de cette tactique : certes le FdG monte , mais sa montée est contenue et en outre le FN lui passe devant , alors l’UE est tranquille et les banquiers et bourses de partout peuvent dormir sur leurs deux oreilles .

    Ce que veut le peuple ne joue pas : le NON de 2005 continue d’être bafoué : 90% de la Gauche élue est pour le OUI et le TCE , pour l’OTAN , les guerres au Moyen-Orient , pour le FMI , mais contre les politiques progressistes menées en Amérique latine , etc … elle est pour cette forme archaïque de pouvoir volé au peuple : voir la composition socio-professionnelle de l’AN ! voir ce présidentialisme à outrance : pourquoi ne pas nous mettre des Cantonales et des Municipales dans 2 semaines ? non ,là l’effet de saturation pourrait s’avérer un peu aléatoire .. ?

    Nous assistons donc à une défaite du peuple et les désillusions seront amères …pour ceux qui ont cru au slogan du changement .Et y en a-t-il ?

    Je pense que nous aurions « les lendemains qui déchantent » si les électeurs ne renonçaient pas déjà par leur leur vote même à tout espoir de vrai changement .

    Le peuple en avait assez de Sarkosy , mais ne s’est pas levé contre ce qui l’établit .

    Quelle politique a gagné ?

  3. PS : j’ai fait quelques fautes d’orthographe désolé .Je ne sais pas comment les corriger .

    JPR

    • Je partage plutôt globalement l’analyse de Danielle, et je suis convaincu que la proximité est cruciale. Mais pourquoi dire que le PCF a été désorganisé et coupé de sa base, alors que j’ai le sentiment que c’est le contraire qui s’est produit. Sans cette forte organisation du PCF et son ancrage, la campagne du Front de Gauche n’aurait pas eu du tout la même portée.

      Fraternellement

      • Vous avez raison Titus, ce qui reste de l’organisation du pcf malgré « la mutation » et ses suites est la seule chose qui a permis un peu de résistance et après la vague Melechon personnalisée à outrance avec un « combat » front contre front désastreux(1), il faut s’interroger sur ce sur quoi on peut encore s’appuyer… Je crois qu’il faut bien mesurer comment depuis des décennies le PCf résiste aux assauts de l’extérieur… et de l’intérieur. Je crois qu’il faut bien mesurer également qu’après l’opération Bovet, celle équivalente de Melenchon, dont j’ai dit qu’il était le syndic de faillite du PCF, a conduit sur le plan parlementaire le PCF à la catastrophe. Mais je tente non par optimisme mais par nécessité de voir s’il ne reste pas une issue et je la propose. Il est vrai que j’ai peu de chance d’être entendue vu que depuis des décennies je joue les Cassandre.
        Danielle Bleitrach
        (1) par parenthèse il me semble que désormais le terme Front (de gauche) est devenu en soi un piège que la droite a aussitôt mis en évidence… Une sorte d’équivalence dérisoire qui n’a séduit que les têtes folles de l’antisfascisme de parade… alors que lutter contre le fascisme c’est reconquérir pied à pied chaque individu et chaque bastion à partir des problèmes concrets et pas seulement des « valeurs »…

      • Sûr que les « valeurs » morales ne suffisent pas du tout à contrer , puisque le FN s’appuie justement sur les « valeurs » pour se cautionner .
        Quant à la question PCF / FG , le problème est que la réponse varie géographiquement .
        L’assise du PCF est de proximité , bien plus que pour tout autre parti , donc il est difficile de donner une réponse nationale pour être entendu .
        Mais le PCF perd deux députés du parti dans des bastions historiques : Gentilly et Bagneux … où pourtant les militants et les élu(e) se battent et sont reconnu(e)s .
        Je n’y vois pas la main du FdG mais de ces circonstances inédites .

        Maintenant , avec un autre candidat lors des présidentielles , en serait-on là ?
        La dernière fois , le PS avait tenté la même manoeuvre mais a été moins entendu …ayant perdu face à Sarkosy … il y a un aspect conjoncturel aussi .

        Les militants du FG savent ce qu’ils doivent à la structure du PCF . Certains en viennent et y reviennent du fait de ce choix d’ouverture .

        C’est une problématique compliquée . Les uns disant que le PCF s’est effondré par son absence de mutation , les autres le contraire …

        La pédagogie peut venir de la crise elle-même , comme en Grèce ou en Amérique latine .

  4. Je me souviens que la bataille de l’opinion sur les retraites a été gagnée en 2010.

  5. à JP Reau; je suis d’accord avec vous sur le caractère complexe de la situation. Je crois avoir souligné dans mon article le score présidentiel de Melenchon et le fait que le PCF n’avait pas de candidat de cette envergure méfiatique, ce que quoi semble se jouer la présidentielle. Mais adhérer totalement aux régles de cette présidentielle est-il la solution? Je vais être cynique mais les verts malgré Eva Joly s’en sortent mieux parce qu’ils ont joué la gauche plurielle. Si l’on veut jouer réellement la rupture avec cette logique là, il faut une autre ligne politique, pas d’afftontement front contre front sur la base des valeurs mais une stratégie de rassemblement au-delà du Front. Il faudrait une véritable reflexion politique sur cette ligne de rassemblement, des contenus, pas de provocation sur la forme et rien sur le fond (sur l’euro, sur la paix par exemple)… Je le dis comme je le pense la campagne de Melenchon a été une catastrophz, erratique, personnalisée à outrance, guignolesque. Sans parler du soutien à Balme, le candidat négationniste alors même que l’on prétendait affronter le Front national, on avait un candidat proche de Dieudonné et Soral… Les réponses étaient insultantes, peovocatrices… Qui est revenu au FG, tous ceux que je connais sont revenus la haine au coeur bien convaincus d’avoir toujours eu raison… De véritables repoussoirs… Je me suis retrouvée le premier mai entre deux camps se détestant, les anciens du PCF, en particulier ceux des boites comme l’EDF, hostiles ne s’y reconnaissant pas et les autres arrogants, méprisant le PCF, donneur de leçons… Ils continuaient sur la logique d’un Robert Hue et les autres se fermaient. Peut-être qu’il y a de l’idée dans tout cela mais il n’y a aucune ligne… Ce qui fait la ligne ce sont des sites merdiques comme oulala ou Grand soir mais il n’y a aucune perspective. A force de se répéter qu’on va ressembler à la Grèce on ressemble faute de ligne à Die Linke. Quant à l’Amérique latine, j’y ai longtemps cru mais malheureusement nous n’en conservons que les aspects les plus contestables, l’apologie de Bilbenberg, de Marx à Fu Manchu avec l’antisémitisme en plus… Aujourd’hui quand Melenchon est accusé de valoir le Front national au niveau de son antisémitisme, la protestation unanime fort heureusement porte sur ce qu’est le PCF, le parti des fusillés qui parle à la France… Alors qu’une canaille comme Balme ne peut être défendu par personne… Triste dérive…
    Danielle Bleitrach

    • Autour de moi , la gauche plurielle a été mal perçue et le FdG comme l’élaboration d’un projet politique nouveau , à plus long terme , avec changement de société effectif . Que n’a-t-on entendu sur ce que le parti a laissé faire étant au gouvernement .
      Les collectifs anti-libéraux n’avaient rien donné et le score de MGB avait donné prétexte ici à diviser par 2 le nombre d’élus et d’adjoints dans les municipalités d’union à gauche …( « union ») tout en augmentant les autres
      Il va de soi que Robert Hue n’a pas la cote …

      EELV , pour moi , n’a pas joué la carte gauche plurielle , mais a été une façon pour le PS de contrer la montée FdG .Il n’a de poids que celui dont a besoin le PS pour additionner des électorats face au FG .
      Quant au projet il est flou . On voit d’ailleurs que le score aux présidentielles n’influe pas pour le PS en ce qui concerne EELV , ce parti voulant des postes plutôt que la concrétisation d’un programme .Par contre , le PS se montre bien plus soucieux du score à sa gauche et n’a de cesse de le minimiser , plutôt que de l’additionner afin de mener une autre politique .

      Depuis le FdG , on a de nouveaux adhérents et ici au sein du FG pas de dissensions du tout . Les plus rétifs à une entente avec le PS sont les PG . Les réunions sont animées et dans une ambiance fraternelle mais ce n’est pas le cas partout autour …

      Au delà , certains conditionnent leur vote au fait que le FG représente une union tandis que le PCF seul ne le serait pas … il reste de vieux schémas qui nous sont opposés , comme si enfin on entendait raison …une sorte de chantage perce ….

      Sinon , des électrices et électeurs alentours ne comprennent pas tellement que le PCF ne maintienne pas ses candidats , espérant une progression chez les sortants PCF au 2ème tour …

      Pour Balme , je comprends , mais je n’étais pas au courant des détails .C’est assez ahurissant de la part d’un élu et scandaleux . J’ignorais qu’il fût soutenu par JLM …

      C’est vrai qu’il y a un paradoxe avec JLM qui en appelle à une 6ème république et a été porté par la personnalisation de cette élection …

      Mais dans ce cas , qui va casser ce système de verrouillage des élections ? pas ceux à qui ça profite …peut-être est-ce justement un projet à porter comme préalable dans les campagnes futures et même d’ici là … un projet de société déjà fondé sur le choix des citoyens permis par un autre processus électoral .

      Enfin , on voit aussi que die Linke a quelques soucis …et apparemment les Pirates ont cartonné à Berlin et puis votent tantôt avec la CDU tantôt avec le SPD voire die Linke …. une vraie indépendance ? une vraie incohérence mais qui s’installe bien Outre-Rhin … pas évident de convaincre avec du politique plus sérieux .

      • je suis assez d’accord avec vous sur le fait qu’il y a là un processus dont nous avons du mal aujourd’hui à mesurer les implications dans le futur. Ce à quoi je tiens personnellement -peut-être par entêtement de vieille coco- c’est un parti qui s’organise au plus près des victimes de la crise, un parti qui ne donne pas des léçon (type le militant ATTAC la jouant compétent à la classe ouvrière), et surtout un parti qui n’accueille pas des pommes pourries comme Balme et prétende en faire des élus… Pour le reste, je n’ai rien au contraire contre une ouverture, un dialogue… Les gens du FG ne sont pas seulement des bobos mais souvent des profs et des gens du service public jouissant s’une certaine sécurité de l’emploi et pourtant étant « les fantassins » du social en première ligne face à la crise. Bref je serai convaincue le jour où un dirigeant aura comme priorité premièrement l’organisation du Parti et deuxièmement un travail sur les aspects concrets de la perspective. Tout à fait d’accord sur la stratégie du PS cherchant à minimiser le FdeG et le fait que les verts (trés politiciens) servent à cela.
        Danielle Bleitrach

      • Pour le fait qu’il y ait plein de profs ou d’intellos jouissant de la sécurité de l’emploi au FG ( moi je suis prof mais au PCF) , c’est sûr et ça change le rapport . Mais justement , au sein du FG ça pose quelques soucis et un camarade du FG membre du PG me disait que leur réunions étaient ennuyeuses au possible , avec une enfilade de belles analyses sans décisions d’action concrète … il préfèrait de beaucoup nos réunions avec une représentation sociale élargie , unique et où chacun(e) avait voix au chapitre . Sa description était vraiment marrante . Sûr que bien des profs ont tendance à se prendre pour une élite intellectuelle apte à enseigner les masses .( Se pose la question de la praxis ).
        Cotoyant des militants du PCF , ils les apprécient et apprécient leur organisation irremplaçable, quand bien même , celle-ci , au niveau interne du PCF , est mise en cause .
        Le PG sait s’appuyer sur un allié qui est un parti solide , malgré une baisse dans les scores électoraux .

        Le FG s’avère un lieu d’échanges politiques plus passionnant que le PG et j’en connais qui ont renoncé à y adhérer du fait de ce côté club , un peu symétrique du côté populaire des militants du PCF , repoussoir pour certains . ( le préjugé de classe existe ; toutefois on y substitue d’autres qualificatifs ) .

        Il me semble que parmi les militants du PCF , il y en a pas mal qui n’aiment pas les divisions internes et taisent leur désaccord .
        Il manque quand même du débat pour élaborer collectivement et consciemment une stratégie et un projet clair .

        Pour moi , le fait FG a mobilisé et a trouvé un écho . Mais on est encore pris de vitesse par les mouvements de société .Tout s’accélère et notre projet doit aller plu svite que le courant pour s’imposer , un peu à l’image d’un kayakiste en eaux vives …

  6. sur mon nouveau site http://histoireetsociete.wordpress.com , il y a selon moi deux articles riches d’enseignement; le premier a été publié dans l’huma, il s’agit de la position d’Alain Bocquet dans laquelle je me reconnais et qui dans la même région que celle où a été parachuté Melenchon, a mené une autre campagne et a marqué ses critiques avec celle de Melenchon. Il y a un ou deux articles autour de Valerie Laupies, la candidate du Front National à Arles pour laquelle s’est desistée le député UMP contre Vauzelle. Il y a un article de « riposte laïque » dans laquelle la dite candidate,issue des milieux de gauche et même mariée avec le fils d’une famille communiste de Tarascon, explique comment elle a été recrutée par Soral (le bouffeur de juifs) pour le Front national (pour y bouffer de l’immigré musulman). C’est édifiant des passerelles existant entre ces deux mondes et que symbolise bien un candidat comme Balme avec son site putride publiant Soral, Dieudonné et d’autres. Je suis entrée en conflit à propos de ce choix, en particulier celui de publier un certain Mehr licht et je peux garantir qu’il n’y a aucune naiveté chez Balme, il sait qui il soutient. Alors quand Melenchon et le parti de gauche font du cirque à Henin Baumont et soutiennent dans le Rhône un type pareil, où est la ligne? A qui cela profite-t-il sinon comme au Danemark, aux pays bas et en belgique à la constitution autour des conservateurs d’une droite xénophobe ? Oui je suis trés critique sur ces gens qui s’agitent et semblent ignorer ce qui se constitue dans la confusion autour d’eux.
    danielle Bleitrach

  7. OK pour les Bocquet qui ont à faire face à une bande de voyous pro-UMP depuis les présidentielles, une bande de sales connards qui veulent le beurre et l’argent du beurre. Alors, nous devoir aller jusqu’au bout de la purge puisque on s’est débarrassé de Sarko : droit de regard sur les licenciements, chômage, salaires, retraites ( ce qui intéresse les gens ) : le Front de Gauche a des choses à dire.
    C’est pas Hitler qui est aux portes du pouvoir, c’est Mélenchon qui se l’est joué plus à droite que De Gaulle. Et alors le PS s’est cru en position de la ramener mais il est mal placé pour parler avec la tête d’oeuf giscardienne alias Hollande qu’il se coltine !

  8. oui nous sommes au début d’une situation qui risque de s’agraver et tout va se jouer sur la capacité à apporter des réponses concrètes à ce que vivent et vont vivre des gens pour qui la vie devient de plus en plus rude. Mais on ne doit pas non plus la capacité à trouver le ton juste celui qui permet d’être entendu, celui qui ne divise pas mais rassemble.

  9. Pourquoi je parlais de choses abstraites ?
    j’ai dit :
    Les bateleurs de foire sont priés d’aller se rhabiller et de passer aux choses sérieuses.

  10. quelques questions (critiques) à danielle :

    « lutter contre le fascisme c’est reconquérir pied à pied chaque individu et chaque bastion à partir des problèmes concrets et pas seulement des “valeurs”… » Cette phrase aurait pu être prononcée par Mélenchon (par exemple), et il me semble que la dynamique FdG se faisait justement sur ce constat, et même que la campagne FdG, inédite pour cela, mettait « la lutte contre le fascisme » au premier plan. Depuis des années, la « lutte contre le fascisme » à la sauce rose était une lutte « platonique » (sur les « valeurs »), et la campagne FdG a clairement établi la dimension classiste de la lutte anti-fasciste. C’est ce qu’il me semble, et je sais que pas mal de militants (à la CGT par exemple) s’appuient sur cela pour engager un vrai combat de terrain sur cette question. Mais peut-être veux-tu dire autre chose ?

    « la campagne de Melenchon a été une catastrophz, erratique, personnalisée à outrance, guignolesque ». Mais à qui la faute ? Personnalisée ? C’est bien les institutions qui le veulent, et guignolesque, ce sont les medias qui la font. J’ai vu autour de moi des gens que ça a regonflé. Mais bien sûr cela a des limites, visibles immédiatement. Ce qui me paraît important c’est que l’idée que ce n’est pas à nous de payer la crise et que le FN est un piège à cons, cette idée s’est répandue dans les masses et qu’il tient à nous de la faire vivre pour construire une alternative politique.

    « Balme, le candidat négationniste » : l’accusation est gravissime, il y a quelque chose qui a dû m’échapper. Je ne connais pas ce monsieur. En quoi est-il négationniste ?

    Je viens de faire quelques recherches hâtives et je vois que c’est très soudainement (mais pourtant avec un long travail de recherche), et par le biais de personnes et medias assez éloignés de mon camp, que ce monsieur est ainsi qualifié : négationniste, antisémite, pro-chavez, pro-iranien, etc. Il y a là un faisceau qui démontre :

    1 – que la gauche française est infestée par l’antisémitisme et que dès lors tout soutien envers, par exemple, la lutte des Palestiniens, ou même les expériences cubaine ou venezuelienne, serait par définition suspect. Ou :

    2 – que ceux qui soutiennent le projet sioniste et l’impérialisme auraient établi une stratégie visant à décrédibiliser, par l’amalgame et le raccourci, ceux qui le combattent, en accolant leurs noms aux adjectifs les plus infâmants qui soient. Et il semble que la liste des conspirationnistes antisémites soit très fournie (Kassowitz ? Morin ? Boniface ? Bientôt Mélenchon ?)

    Si la proposition 1 est la bonne, c’est très inquiétant, car dans mon quotidien militant, je ne m’en étais pas aperçu. Ceci dit, un complot se joue peut-être dans mon dos, et n’aurais-je pas les bonnes lunettes pour démasquer les « islamo-gauchistes » qui se terrent derrière les drapeaux rouges…

    « Ce qui fait la ligne ce sont des sites merdiques comme oulala ou Grand soir  » Je ne fréquente pas le premier mais beaucoup le second. Je ne le trouve pas « merdique » et je trouve cet adjectif quelque peu déplacé. Mais peut-être encore une fois que quelque chose m’a échappé ? Pourquoi « merdique » ?

    « Quant à l’Amérique latine, j’y ai longtemps cru mais malheureusement nous n’en conservons que les aspects les plus contestables, l’apologie de Bilbenberg, de Marx à Fu Manchu avec l’antisémitisme en plus… » Là, je décroche complètement. L’Amérique latine c’est l’apologie de Bildenberg ? Et Marx avec l’antisémitisme ? Merci de m’éclairer.

    « Aujourd’hui quand Melenchon est accusé de valoir le Front national au niveau de son antisémitisme » Je ne comprends pas cette phrase non plus (excusez-moi).

    « Il y a un article de “riposte laïque” dans laquelle la dite candidate,issue des milieux de gauche et même mariée avec le fils d’une famille communiste de Tarascon, explique comment elle a été recrutée par Soral (le bouffeur de juifs) pour le Front national (pour y bouffer de l’immigré musulman). C’est édifiant des passerelles existant entre ces deux mondes et que symbolise bien un candidat comme Balme avec son site putride publiant Soral, Dieudonné et d’autres.  » Issue des milieux de gauche ? Par le père, la mère ou la belle-soeur ? Mariée avec « le fils d’une famille communiste ». Au Front National par Soral. Conclusion René Balme ? Personnellement, j’ai un oncle électeur du FN, issu d’un milieu de gauche, et ma femme est musulmane. Suis-je antisémite ? Je ne veux pas nier qu’il existe des gens dont le parcours est discutable, mais de quelques trajectoires individuelles, parfois établies de l’extérieur de façon un peu capillo-tractée, ne font pas la démonstration de « passerelles » politiques entre les « deux extrêmes » (comme on dit au Figaro).

    « A qui cela profite-t-il sinon comme au Danemark, aux pays bas et en belgique à la constitution autour des conservateurs d’une droite xénophobe ? » Je ne comprends pas du tout.

    Pour le reste : construire un parti communiste et prendre la mesure de la crise du capitalisme et des menaces qu’elle entraîne sur la vraie vie des gens, et d’abord sur les boucs émissaires (juifs, musulmans, tziganes, homosexuels, femmes, communistes, syndicalistes, chômeurs, SDF…), ce sont là des questions qui me préoccupent. C’est pourquoi je suis en attente de clarté. La confusion sur la confusion, je ne m’y retrouve pas.

    cordialement

    • je suis désolé de n’avoir aucune réponse

      • En tout cas , je pense pertinentes ces remarques . Quelques éclaircissements seraient les bienvenus ; je pense qu’il y avait effectivement de la confusion .
        Quant à l’Amérique latine , on voit bien que les politiques progressistes qui s’y ébauchent mettent les pieds dans le plat de la lutte des classes .
        Les oligarchies locales et les puissances capitalistes ne s’y trompent pas .
        On peut remarquer l’espèce de symétrie de ces luttes :
        – les derniers gouvernements de gauche ont pris le pouvoir par les élections et par une élection au suffrage direct des président(e)s, suite à l’impasse des politiques libérales menées par les dictatures ou régimes très droitiers . Donc pas de prise de pouvoir par les armes .
        – les derniers coups d’état – au Honduras il y a 3 ans et au Paraguay il y a quelques jours se sont donnés un vernis légal : destitution du président sans effusion de sang apparente , et par les députés en lieu et place de l’Armée . En Bolivie , après les tentatives des gouverneurs des régions riches de déstabiliser le régime progressiste , c’est la Police soi-disant pour de meilleurs salaires … donc cette police ferait tomber un gouvernement voire un régime sur des revendications salariales …

        Du coup , nos gouvernants d’ici n’y trouvent rien à redire : tout est aussi démocratique dans ces coups d’état que la confiscation du pouvoir des citoyens ici-même .

        C’est ce qu’André Tosel appellerait peut-être un usage rétorsif des concepts : les USA sont dénoncés pour leur barbarie au Vietnam et ailleurs : ils dénoncent alors la barbarie de régimes ennemis pour justifier leur politique expansionniste . Ils sont expansionnistes ? on nous serine que la Chine est expansionniste commercialement etc même chose pour la bombe atomique et l’Iran .
        Et cette rétorsivité fonctionne aussi pour le concept de démocratie , avec , au bout du compte , les mêmes visées que nous devons combattre .
        Après , les conditions de prise de pouvoir par la Gauche en Amérique Latine sont le fruit aussi d’une stratégie nouvelle , mais au bout du compte , on a bien la volonté de mener des politique de progrès et de contrer l’oligarchie .
        Il n’y a pas de dictature du prolétariat il me semble et ça rend la lutte d’autant plus âpre , car la classe bourgeoise n’est pas du tout liquidée et tient des leviers .
        D’un côté ces régimes sont présidentiels , mais d’un autre , s’y élabore l’intervention directe des citoyens , et notamment des plus défavorisés .

        Ces régimes ne sont pas soutenus par l’IS …

  11. Le rôle du Front de Gauche est en quelque sorte de remplacer le NPA, c’est à dire, donner une perspective politique, relever un défi.

    Le PS, au regard des résultats électoraux, si sur le plan tactique et uniquement tactique a permis de virer le sarko jusqu’au bout, est maintenant surtout en mesure de se casser la gueule tout seul.
    J’ai compris, c’est pour ça que il n’y avait rien à boire dans mon bled, ce soir, au dépouillement.

    allez, du niak !

    signé Fidel.

    • Je dirais que le rôle du FdG n’est pas celui du NPA , car le FdG est inclusif et ouvert à tous ceux qui veulent le changement – ce n’est pas un parti – et d’autre part , comme pour le PCF , il a pour vocation de résoudre l’équation de prise de pouvoir immédiate – gestion des municipalités , CG , AN – avec idéologie non dominante au sein d’une société capitaliste .

      Le PS a dit qu’il voulait virer Sarko , mais ce qu’il veut vraiment , il le réalise à présent . Virer sarko c’était l’argument électoral pour prendre le pouvoir .
      Il veut à présent contraindre son partenaire EELV à marcher dans ses traces « les 60 points » – en fait suivre le PS sans discuter .
      Le FdG , il a voulu le neutraliser et ne le considère plus comme un partenaire : voir la façon dont il le traite à l’AN : le FdG n’a rien – sauf son groupe in extremis , ce qui lui confère des droits .. Mais le PS a cherché à virer le FdG de l’AN . Nous sne sommes plus , pour moi , au temps de l’Union de la Gauche .
      Pour quoi ? parce qu’il s’agit de l’Europe et des politiques que Bruxelles veut nous imposer .
      A cet effet , tout ce qui conteste Bruxelles doit être mis sur la touche , par les partis de pouvoir locaux , inféodés au libéralisme euro-atlantiste .

      C’était ça l’enjeu réel de cette campagne , comme pour la Grèce .


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