Venezuela La nouvelle législation du travail « Première étape de la transition vers le socialisme » par Pedro Conceicao

source : Peoples World (Etats-Unis), 2 mai 2012

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit cet article.


Dans ce que le gouvernement du Venezuela a décrit comme étant « la première loi pour la transition vers le socialisme », le président Hugo Chavez a signé une nouvelle législation complète [ensemble de textes] en droit du travail. Des centaines de milliers de Vénézuéliens ont défilé dans les rues de Caracas le 1er mai, Journée internationale des travailleurs, pour commémorer la signature de ce document historique.

« Le triomphe du peuple, des travailleurs, n’a jamais pu se réaliser sans un long processus de résistance, de lutte et même de souffrance. Cette loi, que je vais avoir l’honneur de signer … est le produit d’un long processus de lutte, » a déclaré le président Chavez.

Le projet de loi réduit la semaine de travail à 40 heures et cherche à abolir la sous-traitance privée du travail dans le pays, que l’État considère comme une pratique d’exploitation [d’autrui] et un vestige des politiques néolibérales des années 1990.

Les groupes de défense des droits des femmes ont salué la loi comme un grand pas en avant pour l’égalité des sexes sur les lieux de travail, avec et par l’augmentation du congé de maternité post-natal de 12 à 25 semaines et la protection des nouveaux parents des licenciements sur une durée maximale de deux ans après la naissance de l’enfant.

Une des plus grandes victoires citées par les collectifs de travailleurs est le rétablissement des droits spécifiques aux travailleurs, droits démantelés par l’administration de Rafael Caldera sous la pression du Fonds monétaire international et des intérêts patronaux en 1997.

Avec le rétablissement de la prime de départ à la retraite – le dernier salaire mensuel d’un travailleur multiplié par leurs années de service – la nouvelle loi exige que les employeurs indemnisent les travailleurs qui sont licenciés abusivement, d’un montant double de leur prime de départ en retraite.

Une agence gouvernementale sera mise en place pour surveiller que les employeurs se conforment à la nouvelle loi qui sera mise en œuvre en 12 mois. Les travailleurs ont maintenant la possibilité d’avoir leur retraite traitée dans une banque privée, une banque publique ou la nouvelle caisse de retraite nationale d’Etat.

Plus tôt cette année, Chavez a annoncé une augmentation de 32,5 % du salaire mensuel minimum, qui sera réalisée en deux phases. La première phase a pris effet le 1er mai avec une augmentation de 1.548 bolivars (360 $) à 1.780 bolivars (413,90 $). En septembre, il augmentera encore de 15 % pour être porté à 2.047 bolivars (476 $).

Le ministre des affaires étrangères, Nicolas Maduro, a interprété le droit du travail comme « un instrument pour construire et accéder au stade supérieur du socialisme », en contraste avec les lois anti-ouvrières qui sont édictées en Espagne, où le quart des travailleurs sont au chômage.

Voici presque neuf années que des législateurs vénézuéliens ont commencé à discuter de la réforme du travail, mais le processus ne s’est accéléré que lorsque Chavez a promis de régler le problème en novembre dernier, après avoir reçu les appels de groupes de travailleurs à «révolutionner» les lois du travail actuelles.

« Nous réaffirmons notre volonté … de passer des rapports de production capitalistes qui condamnent les travailleurs à l’exploitation, à des relations de production socialistes qui nous permettront de construire un nouvel ordre du travail dans la liberté, la solidarité et la participation sans aucune exploitation », a déclaré Pedro Eusse, secrétaire général du Parti communiste vénézuélien.

Le gouvernement a utilisé les institutions de base établies par l’administration Chavez au cours de la dernière décennie pour collecter les avis d’une part importante de la société. Pendant le processus de consultation de cinq mois avec les conseils communaux, les syndicats et les partis politiques, le gouvernement a reçu 19.000 propositions, 90 % d’entre elles provenant des travailleurs eux-mêmes.
   
Selon l’International Consulting Services, une agence internationale d’observation, plus de 80% des Vénézuéliens ont une opinion positive de la loi, contre 13% pour qui elle est négative. La nouvelle loi remplace la loi du travail originelle qui avait été promulguée en 1936 au milieu des tensions allant croissant entre travailleurs et entreprises étrangères, un événement qui a suscité le mouvement ouvrier national.

Quelques organisations ont souligné que la lutte continuait et ont appelé les gens à rester combatifs. Des questions demeurent sur le rôle du secteur informel, le renforcement des conseils ouvriers socialistes, et le transfert de la prise de décisions relative à la gestion et à la production aux travailleurs.

2 commentaires

  1. […] on socio13.wordpress.com Partager : Cette entrée a été publiée dans Venezuela par Jean-Luc Crucifix. Ajouter aux […]

  2. Pour connaître le contenu de la loi en détail (en français) et le débat cotoyen qui l’a précédée : http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/04/nouvelle-loi-du-travail-au-venezuela-un-pas-de-plus-vers-la-vraie-vie/


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