Deux articles sur le niveau de vie des cubains (2/2)

L’économie et la frustration professionnelle, par Manuel Alberto Ramy (correspondant à La Havane de Progreso Weekly)

source : Progreso Weekly/Progreso Semanal (Etats-Unis), 30 avril 2012

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Por Manuel Alberto Ramy

Cuba n’est ni l’enfer ni le paradis et les réformes menées en ce moment sous la direction de Raul Castro n’auraient aucun sens si tout allait bien dans le pays. Les deux articles proposés portent sur un des gros problèmes de Cuba : le niveau de vie des habitants. Le premier texte a été écrit par un économiste de l’Université de La Havane et le deuxième, qui traite du rapport entre la question économique du niveau de vie et l’émigration des professionnels cubains, a été rédigé par le correspondant à La Havane de l’hebdomadaire Progreso Weekly(Etats-Unis) . Il reprend la substance d’un entretien accordé à Radio Progreso Alternativa  par le président de la Fédérations des Étudiants Universitaires (FEU),  l’organisation étudiante cubaine.

Les Facteurs de l’émigration professionnelle. Le président de la Fédération des Étudiants Universitaires (FEU) répond aux questions de Radio Progreso Alternativa.

Le nombre de nos compatriotes avec une formation professionnelle est impressionnant. D’après les chiffres de 2010 du Bureau National des Statistiques (ONE), les citoyens en âge de travailler étaient 6 829 100, dont 5 112 500 actifs, soit 74,8% de la population en âge de travailler.

Selon l’ONE : au sein de la population active, 805 900 professionnels ont fait des études supérieures, ce qui représente 15,7% du total des travailleurs en activité, chiffre qui fait envie à n’importe quel pays de notre région. Si l’on y ajoute les travailleurs dotés d’une éducation technique supérieure (les techniciens moyens de diverses spécialités), qui sont 2 733 200, le lecteur se fera une idée de l’investissement fait dans la formation de la main d’œuvre.

Une contradiction

Évidemment Cuba a donné à son peuple une éducation technique et professionnelle typique des pays riches, mais la réalité dans laquelle s’insère cette main d’œuvre qualifiée reste éloignée de ce qu’offrent ces pays. Cette contradiction pèse lourdement sur toutes les sphères de notre société et s’exprime de diverses manières par des multiples attitudes. En matière de technologies de l’information, de justice de la rémunération, ou d’application des avancées scientifiques et techniques dans la production, ce que beaucoup en retirent laisse un arrière-goût amer : formation de pointe en technologie, mais structures productives inefficaces, réalité économique et sociale du Tiers-Monde. Cette situation touche les jeunes étudiants et diplômés des universités et a des conséquences concernant l’émigration de professionnels cubains.

L’opinion de président de la FEU.

L’économie et la frustration professionnelle sont deux des facteurs qui provoquent l’émigration des jeunes professionnels cubains. C’est ce que pense le président de la Fédération des Étudiants Universitaires (FEU) de Cuba, Carlos Rángel Irola, sur l’émigration de ce secteur si important de la population et de la société cubaines.

« En premier lieu, la nécessité économique […] parce que le salaire ne permet pas de rétribuer ce qu’apporte le citoyen à la société » affirme Rángel- motif présent chez les émigrés en général, de même que le blocus imposé par les administrations successives de Washington.

D’après le président de la FEU, l’inadéquation entre le salaire et les besoins empêche de faire le projet « d’un avenir en tant que couple, famille, foyer », ce qui va à l’encontre de l’installation permanente des professionnels et de la main d’œuvre qualifiée.

La « frustration professionnelle » est une autre cause d’émigration.

« De nombreux professionnels ne voient pas leur projet scientifique, leur projet de recherche » avancer « dans leur pays », ce qui fait qu’il y a des professionnels qui, pour mettre leur idée en pratique, décident de s’en aller. Néanmoins, ajoute Rángel, tous les professionnels, scientifiques et techniciens « ne prennent pas cette décision », de sorte que, par « conviction » ou par « engagement » envers la société cubaine, ils choisissent de rester dans leur pays et de persister à tenter de réaliser leurs aspirations en tant que professionnels de diverses branches.

Bien que le président de la FEU qualifie la décision d’émigrer de « quelque peu facile, je ne juge pas ce qu’ils font, chaque personne a sa propre vie mais beaucoup de gens ont décidé de mener à bien leur projet ici à Cuba ».

L’entretien exclusif a été réalisé par Harold Cardenas (dont je salue la gentillesse), du blog La Joven Cuba, pour Radio Progreso Alternativa et Progreso Weekly/progreso Semanal.J’invite les lecteurs à écouter les paroles du président de la FEU. (lien vidéo)

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