Evo Morales : « Il n’y aura plus de sommets sans Cuba »

sources : EL Tiempo (Colombie), repris sur Cubadebate, 16 avril 2012

traduit de l’espagnol et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société

Le refus des États-Unis de réintégrer Cuba dans l’Organisation des États Américains est en train de provoquer l’implosion de l’organisation, d’après Evo Morales, le président bolivien. Le dernier Sommet des Amériques s’est achevé dimanche sans déclaration finale. L’Equateur a boycotté Sommet et une forte proportion de pays s’est montrée solidaire de Cuba. Le président colombien lui-même Juan Manuel Santos, s’est prononcé en faveur de l’île révolutionnaire et donc contre son allié américain. Le texte ci-dessous est la traduction d’un extrait de l’entretien accordé par Morales à El Tiempo publié par Cubadebate.

Evo Morales a l’habitude de se lever tôt ; en général, à cinq heures du matin, bien qu’à deux reprises, il ait commencé sa réunion hebdomadaire avec son cabinet à 4h30. Quand il arrive pour son entretien avec El Tiempo, journal colombien, à 6h00, cela fait un moment que sa journée a commencé.

Le président Bolivien a fait l’éloge du rôle de son homologue colombien, Juan Manuel Santos, a réitéré ses critiques sur la position des États-Unis concernant le Sommet, ainsi que sa conviction que celui qui s’est achevé hier devait être le dernier sommet sans Cuba.

Pourquoi dites-vous que ces sommets sont en voie de désintégration ?

Nous avons non seulement un pays absent, Cuba, mais deux : l’Équateur qui, à juste titre, proteste contre l’absence de Cuba. La présidente du Brésil, quelques dirigeants de la Caraïbe, d’autres d’Amérique du Sud, y compris des dirigeants extérieurs à l’ALBA, et nous disons : il n’y aura pas de prochain sommet sans Cuba. C’est pourquoi nous sommes dans un processus de désintégration par la faute d’un gouvernement : les États-Unis. Si tous les pays d’Amérique Latine et de la Caraïbe demande la présence de Cuba, comment est-il possible que les États-Unis s’y opposent ? Si tous les pays appuient l’Argentine pour qu’elle commence un processus de négociation avec le Royaume-Uni, pourquoi les États-Unis ne l’épaulent-ils pas ? La vérité est que, nous les latino-américains, nous avons un mauvais associé. Les choses ne se passent pas comme l’a affirmé Obama hier, quand il a dit qu’il voulait des relations de respect mutuel ; il n’y a pas de respect pour tous les latino-américains.

Bien que l’on parle de position unitaire des pays de l’ALBA, vous êtes le seul [président, ndt] à être allé assister Sommet. Ils vous en envoyés en solitaire ?

Non. Je ne suis pas venu représenter l’ALBA. Nous en sommes membre, mais ici, il y a une liberté totale et les pays peuvent ou non participer. Ce n’est pas parce que nous sommes de l’ALBA que nous devons être unanimes quand il s’agit de venir ou pas.

Comment percevez-vous le rôle de la Colombie dans ce sommet ?

Je vois que le président Santos et son gouvernement sont comme pris en sandwich. Ils sont avec les pays de l’Amérique Latine et de la Caraïbe, mais aussi avec les États-Unis. Évidemment, n’importe quel pays hôte ferait la même chose : essayer de nous unir, de chercher un certain équilibre. Son intervention m’a plutôt plu. Santos m’a impressionné, je ne m’attendais pas à tant de sa part sur le thème de Cuba. Mais en dépit du rôle du pays hôte et du fait que, au moins de loin, la Colombie et les États-Unis semblent alliés, Obama ne répond pas. Il y a beaucoup de cynisme, et le fait d’être resté sans réponse de son allié doit être une source de profonde souffrance pour Santos. Pour cette raison, quand Martinelli a demandé que le prochain sommet se tienne à Panama, Santos a déclaré : « Ils ne savent pas dans quoi ils se fourrent ».

Quelle est votre opinion sur la dépénalisation de la drogue, vous qui, depuis des années, avez lutté pour la dépénalisation de la feuille de coca ?

Dans notre législation nationale, elle est déjà appliquée. Mais la convention unique sur les stupéfiants de l’ONU l’a mise hors-la-loi. Ces conventions ne sont pas issues d’accords avec les pays andins. Nous ne défendons pas la cocaïne ni la légalisation de la consommation. »

Un commentaire

  1. Etonnante position du Président Colombien lorsque l’on sait en effet ses positions pro-Etatsuniennes ! Mais bon un pas en avant est toujours à prendre bien sûr pour quelconque raison que ce soit.Il lui manque encore beaucoup pour être complètement crédible et notamment : les négociations avec la Guerilla et des élections libres ! C’est surtout ce dernier point qui achoppe toujours me semble -t-il !


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