Cuba : la possible implantation de Pemex à Cuba défie le blocus

Le Scarabeo 9 est arrivée à cuba le 19 janvier.

source : La Jornada (Mexique), lundi 9 avril 2012

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société


Sur le pétrole cubain, on lira l’article traduit en deux parties ici et.

LA HAVANE- 8 avril. Petrolelos Mexicanos (Pemex) pourrait travailler directement à Cuba pour la première fois, en louant des concessions pour la recherche de brut en eaux profondes dans le Golfe du Mexique, dans le cadre d’un accord en cours de négociation, qui doit être signé durant la visite du président Felipe Calderon, cette semaine (1).

L’entreprise mexicaine détient déjà des intérêts dans l’île à travers sa participation de 9,49% dans la compagnie hispano-argentine Repsol-YPF, mais le nouveau choix lui donnerait un accès direct à la zone économique exclusive (ZEE) de Cuba dans le Golfe du Mexique, d’après des sources proches du dossier.

Calderon Hinojosa devrait arriver le mercredi 11 pour une visite de 24 heures, au cours de laquelle il s’entretiendra avec le président Raul Castro.

Après la signature du contrat avec Cuba Petroleo (Cupet), le monopole étatique du secteur, des mois et des années de recherches précéderont l’éventuelle exploitation, mais Pemex s’insérerait dans une opération qui défie frontalement le blocus des États-Unis.

Certains secteurs de l’industrie pétrolière étasunienne ont demandé des dérogations légales au blocus pour vendre des fournitures à l’île une fois que Repsol aura commencé à forer dans la zone. Mieux : la découverte de ressources exploitables changerait la capacité financière de l’île de même que son futur économique.

En ce qui concerne les forages, Pemex aura son arrière-base dans le port de Mariel- en plein travaux d’agrandissement et de modernisation- pour le convertir en rampe de lancement du commerce de Cuba avec la région.

Les émissaires de Pemex, du premier ministre et de la secrétaire d’État à l’énergie du Mexique ont circulé entre Mexico et La Havane depuis au moins le mois de novembre dernier pour explorer les possibilités qui s’ouvrent devant Pemex.

L’offre cubaine serait identique à celle faite à neuf autres compagnies étrangères, qui louent déjà des concessions.

La tentative d’exploiter la richesse pétrolière potentielle cubaine dans le Golfe du Mexique a commencé au cours de la décennie 2000 et les premiers intéressés ont obtenu les concessions les plus proches de la côte. Les zones disponibles pour Pemex se trouvent dans un triangle proche des eaux étasuniennes et mexicaines.

L’offre cubaine est ancienne. Elle remonte au début du gouvernement de Vicente Fox, il y a dix ans, mais la possibilité s’était refermée à cause de la crise des relations bilatérales. Une tentative antérieure d’installation de Pemex à Cuba avait également échoué. C’était en 1994, quand les deux gouvernements s’étaient accordés sur la modernisation de la raffinerie cubaine de Cienfuegos, de fabrication soviétique. Le chantier n’a jamais commencé et le contrat a été annulé deux ans plus tard, les deux parties le qualifiant de « non viable ».

Petroleos de Venezuela Sociedad Anonyma (PDVSA) a modernisé la raffinerie, qui est en cours d’agrandissement, pour augmenter sa capacité de 65 000 barils par jour à 150 000 en 2014.

Si l’accord est consommé cette fois-ci, Petroleos Mexicanos deviendra la dixième entreprise étrangère à louer des concessions dans la ZEE cubaine, après Sonangop (Angola), la Compagnie Nationale du Pétrole Chinois, ONGC Videsh (Inde), Petronas (Malaisie), Statoil (Norvège), Gazprom (Russie), Pétroleos de Venezuela (PDVSA) et Petrovietnam, en plus de Repsol-YPF.

De toutes ces entreprises, PDVSA est celle qui loue les concessions les plus proches des eaux mexicaines, dans un quadrilatère dont le commet est à seulement 100 kilomètres de Cancun.

Deux autres compagnies se sont retirées sans forer dans la ZEE de Cuba : l’entreprise canadienne Sherritt et la compagnie brésilienne Petrobras.

Avec la stagnation des productions terrestres et en eaux peu profondes à à peu près 60 000 barils de pétrole par jour, qui, avec le gaz naturel, couvrent la moitié la consommation nationale, Cuba regarde le Golfe du Mexique comme la seule solution alternative pour augmenter radicalement la production de brut. L’île importe du Venezuela l’autre moitié de ce dont elle a besoin- plus un excédent qu’elle raffine et revend- pour un total de quelques 113 000 barils par jour.

Repsol-YPF a foré son premier puits en eaux profondes cubaines en 2004 et a trouvé du brut de qualité, mais sans possibilité d’exploitation commerciale. La même entreprise a recommencé ses recherches en janvier dernier, cette fois en partenariat avec Statoil et ONGC Videsh. Pour se plier aux règles du blocus étasunien, le consortium doit louer la plate-forme Scarabée-9, fabriquée en Chine et à Singapour et contenant moins de 10% de composants étasuniens, à l’entreprise italienne Eni Spa’s. Jusqu’ici, il n’y pas de nouvelles des résultats de ces forages, mais la plate-forme est visible depuis la côte de La Havane et on peut constater qu’elle s’est déjà déplacée depuis un point situé en face de la partie Ouest de la capitale jusqu’à une nouvelle position, face à la zone centrale de la ville.

Production sur mesure

Aux prix actuels, la plate-forme Scarabée-9 coûte 511 000 dollars par jour à la location, plus que la moyenne commerciale d’une plate-forme de ce type, à cause de la « production sur mesure », d’après le chercheur de l’Université du Texas Jorge Piñón, ancien dirigeant de l’entreprise pétrolière Amoco. L’expert a calculé qu’en huit ans l’investissement étranger dans la ZEE cubaine atteindra les 500 millions de dollars.

La ZEE de Cuba représente 112 000 kilomètres carrés et a été délimitée en 1977, lors d’un accord définissant les frontières maritimes avec les États-Unis et le Mexique. Les réserves n’ont pas été calculées mais Cupet estime que les ressources exploitables avoisinent les 20 milliards de barils de brut.

Cupet applique dans ce domaine la formule de « production partagée ». Il n’y a pas de limite autre que la désignation directe de l’entreprise contractante. La durée du contrat est de 30 ans pour le pétrole et 35 pour le gaz, et son exécution se fait en deux parties (exploration et exploitation). La première se divise en sous-périodes et, au terme de chacune, l’entreprise étrangère peut décider de continuer ou d’arrêter.

Le mode de partage de la production et le pourcentage du retour sur investissement font l’objet d’accords au cas par cas. Selon le schéma retenu, Cuba la priorité pour acheter le pétrole produit.

(1) Calderon a annoncé la signature d’un accord « non contraignant » (no viculante).

Un commentaire

  1. Bon, la crise capitaliste aidant et qui n’en est pas encore à son apogée , ce n’est pas forcément surprenant que certaines entreprises optent finalement pour le dégel des relations avec Cuba ! Et puis la concurrence en temps de crise se fait plus âpre ! La crise aura peut-être un peu de bon pour notre chère Ile ? Même si elle en subit aussi quelques conséquences .


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