A propos de la tuerie de Toulouse, l’analyse du Parti Communiste Maoïste de France

sources :  Réveil Communiste/Drapeau Rouge

La première réacRtion après la tuerie de Toulouse est celle de l’horreur devant le massacre d’enfants juifs. Comment ne pas faire le lien avec un passé pas si lointain où les « terroristes » de l’époque, les résistants, communistes, juifs dont des milliers d’enfants, étaient remis entre les mains des nazis par Papon, préfet du fasciste Pétain.

Au-delà de l’horreur que représentent ces meurtres, cette tuerie pose la question des causes justes et des causes injustes et de la manière dont elles sont défendues.

Le massacre perpétré par Mohamed Mehra à Toulouse trouve ses sources dans la haine contre l’impérialisme occidental, particulièrement l’impérialisme français en Afghanistan, mais aussi contre la répression israélienne envers le peuple palestinien. Il aurait voulu venger les afghans tués par les troupes d’occupation et les enfants palestiniens tués par l’armée israélienne à Gaza.

S’en prendre à des enfants déconnectés de la politique sioniste d’Israël fait de Mohamed Mehra un antisémite. Mais il a également exécuté des militaires parce que les troupes françaises occupent l’Afghanistan où dernièrement un soldat américain a abattu une vingtaine de civils dont des enfants. Ses meurtres n’étaient donc pas uniquement à caractère antisémite. Pendant un temps, le doute planait même si le tueur n’était pas néo-nazi. Dans tous les cas, l’auto-reportage vidéo réalisé par Mohamed Mehra est du même type que les vidéos de Bagram de l’armée américaine ou que les films nazis.

Une cause juste peut être défendue par différentes forces avec différentes idéologies. Ce qui nous permet de distinguer qui est qui est donc l’objectif que chaque force veut atteindre.

Par exemple, la lutte contre l’occupation de l’Afghanistan par les impérialistes est une cause juste et il est juste que sur place, la résistance s’organise pour les chasser. Comme le disent nos camarades du Parti Communiste (Maoïste) d’Afghanistan [PC(M)A], l’ennemi principal sont les occupants impérialistes et les talibans sont l’ennemi stratégique. L’objectif premier est de chasser les impérialistes d’Afghanistan et l’objectif à plus long terme est de battre les talibans qui veulent faire marcher la roue de l’histoire à l’envers et veulent imposer un système d’exploitation. Ainsi, il y a dans la résistance afghane plusieurs forces, dont le PC(M)A a comme idéologie le marxisme-léninisme-maoïsme et les talibans et Al-Qaïda qui ont comme idéologie l’islam politique.

Pour défendre une cause juste, il y a une différence fondamentale dans les méthodes de lutte et le choix des cibles.

D’un côté, la stratégie des maoïstes ne s’arrête pas à la libération nationale. Leur objectif est d’instaurer la démocratie nouvelle, ouvrant la voie au socialisme. Les maoïstes s’attaquent à l’ennemi sur le terrain même où se déroule la Guerre Populaire. Ils construisent avec le peuple le nouveau pouvoir, exproprient les propriétaires fonciers dans les zones où ils sont présents, aident à la création de comités populaires, ouvrent des écoles, etc., préparant la démocratie nouvelle. Dans la Guerre Populaire menée par les maoïstes, les femmes se libèrent et prennent le fusil à côté des hommes.

De l’autre côté, la stratégie des talibans est d’instaurer la charia après avoir libéré le pays. Cela ne vise pas à instaurer une démocratie nouvelle, ni à libérer la femme et encore moins à s’appuyer sur la lutte de classes pour instaurer une société égalitaire, le socialisme, et encore moins le communisme.

Ainsi, même si la lutte est commune contre l’occupant impérialiste en Afghanistan, les objectifs stratégiques et les méthodes s’opposent : d’un côté les Camarades du PC(M)A visent les occupants (troupes US, britanniques, françaises, etc.) et en même temps mobilisent le peuple pour son émancipation sociale, pour se débarrasser de tous les réactionnaires (y compris les talibans), pour la révolution en construisant pas à pas le nouveau pouvoir populaire ; de l’autre côté, les talibans combattent les occupants pour mettre en place un régime qui opprimera le peuple et qui maintiendra l’exploitation, préservant l’élite féodale.

 

Pour les maoïstes :

 

·         On n’exporte pas la révolution, ni la lutte de libération nationale, car ce n’est pas compris par la population où cette exportation a lieu (cela échoue, même quand on s’appelle Che Guevara). Un soutien peut être organisé mais il doit consister à gagner la sympathie des masses et non à des actions isolées criminelles.

·         Même si la cause est juste, elle ne peut être comprise comme telle si elle prend comme cible de simples gens, des enfants. De manière générale, dans toutes les luttes et tous les combats, les communistes doivent obéir fermement au principe de « ne pas toucher à un cheveu des masses » et s’opposer au terrorisme aveugle qui ne sème que la confusion.

·    Agir comme Mohamed Mehra ne fait que renforcer le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme. L’ennemi de classe en appelle toutes tendances confondues à l’unité nationale contre le terrorisme, renforce l’appareil d’Etat. Il met en place au nom de la « sécurité » un appareil policier encore plus fort, une surveillance de toute la population, poursuit la construction du fascisme moderne en piochant dans l’arsenal idéologique de l’extrême droite.

La lutte en Afghanistan est celle du peuple afghan, qu’ils soient musulmans, maoïstes ou autres. La lutte en Palestine est celle du peuple palestinien. Le meilleur des soutiens à ces luttes justes est de mener la lutte dans son propre pays pour la révolution, par la mobilisation des masses.

La tuerie de Toulouse montre que la tactique est le reflet de la stratégie. Si la stratégie n’est pas celle de la défense du peuple, la tactique fausse qui en découle ne peut produire que le rejet du peuple et nuire à la cause juste qui existe réellement.

Que ces remarques permettent que de tels drames soient évités afin que progresse la lutte de libération nationale du peuple afghan, du peuple palestinien, des peuples du monde contre l’impérialisme et ses chiens de garde et qu’au cœur des citadelles impérialistes se lèvent les masses pour la libération sociale jusqu’au communisme à l’échelle mondiale.

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