Les grecs font face à de nouvelles baisses de salaires, en échange du dernier plan de sauvetage, par David Gow

source : The Guardian (Royaume-Uni), 21 février 2012

traduit de l’anglais et présenté par Marc Harpon, pour Changement de Société

Un récent rapport de l’Organisation Internationale du Travail signalait que les bas salaires pratiqués en Allemagne étaient une des causes de la crise actuelle de l’euro. L’économiste étasunien Martin Hart-Landsberg, reprend cette analyse dans un article traduit cette semaine sur ce blog (L’Allemagne : un faux modèle), et explique que, pour faire face à la concurrence allemande, les autres pays d’Europe devraient peu à peu s’engager sur la voie des diminutions de salaires. Le propos de Martin Hart-Landsberg est parfaitement cohérent avec ce que l’on impose aux travailleurs grecs : après 30% de baisses de salaires, ils devront accepter de voire leur rémunération diminuer de 15% supplémentaires, dans un pays où le taux de chômage devrait rester durablement au-dessus des 15%.

Des fonctionnaires européns disent que les 15% de baisses de salaires -en plus des 30% déjà appliqués- ne suffiront pas.

Les grecs subiront des baisses de salaires supérieures aux 15% prévus pour les trois prochaines années dans le but de restaurer la compétitivité de leur pays, d’aprés de hauts fonctionnaires européens.

L’ampleur de la contribution du FMI au plan de sauvetage à 130 milliards d’euros – accepté finalement mardi après 14h00 de négociations- doit encore être décidée, tandis que, plus tard cette semaine. la Commission Européenne se contentera de présenter des propositions pour « une présence accrue et permanente » d’inspecteurs chargés de veiller au remboursement à Athènes.

Admettant à plusieurs reprises que leurs prévisions étaient sujettes à un haut risque d’erreur, les fonctionnaires ont dit que l’économie grecque se contracterait de 4,5% cette année après une baisse de 7% l’an dernier et qu’elle stagnerait en 2013, avant de renouer avec la croissance en 2014.

Le chômage, qui atteint maintenant plus de 18%, devrait rester au-dessus de ce niveau cette année et l’année prochaine, mais descendre légèrement sous les 17% en 2014 et sous les 15% en 2015. Mais les salaires devront être dévalués encore plus pour réorienter l’économie grecque vers l’exportation.

Le gouvernement de Lucas Papademos, ou de son successeur élu, devra aussi trouver des moyens d’économiser l’équivalent de 5% du PIB, d’ici à la fin de 2014, et les fonctionnaires parlent d’aller plus loin dans la lutte contre l’évasion fiscale.

Les Grecs ont déjà souffert d’une baisse de 30% de leurs salaires et peuvent s’attendre à des coupes brutales dans le salaire minimum et dans les pensions, prix à payer pour s’assurer de recevoir les 130 milliards du plan de sauvetage, qui, avec le 34,4 milliards restants du précédent plan, représentent 164 milliards d’euros de liquidités pour les trois prochaines années.

La très grande échelle de la nouvelle dose d’austérité, les doutes sur la capacité du gouvernement grec comme de la zone euro d’atteindre les objectifs fixés et les zones d’ombres dans l’accord de l’Eurogroupe ont poussé les cyniques à suggérer que l’accord ne tiendrait que quelques mois. Certains diplomates extérieurs à la zone euro ont déjà commencé à spéculer sur le moment où un troisième plan de sauvetage sera nécessaire pour garder la Grèce dans l’euro.

Papademos, qui a pris l’avion pour Bruxelles pour aider à négocier l’accord, s’est assuré un soutien suffisant d’un large groupe d’obligataires privés pour l’augmentation de 53% du prix nominal de la « coupe ». Il a également gagné 10 milliards d’euros de plus dans le plan, pour la recapitalisation des banques grecques, auxquelles sont réservés maintenant 50 milliards d’euros.

Le programme de privatisation, dont on attend déjà 50 milliards d’euros, a jusqu’ici rapporté 1,6 milliards, venus de cinq transactions, et le nouveau programme envisage un gain de 19 milliards, issus de 35 transactions. Mais ce programme ne sera pleinement réalisé que si l’État grec vend d’énormes étendues de terrains et quantités de biens immobiliers, ont admis les fonctionnaires.

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