Cuba : les Etats-Unis reconnaissent que la plate-forme chinoise qui sera utilisée pour la prospection est sûre, par Gerardo Arreola

source : Progreso Weekly/La Jornada, 11 janvier 2012

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Gerardo Arreola est le correspondant du journal mexicain La Jornada à La Havane. Un article cubain sur les tentatives de certains membres du Congrès des Etats-Unis d’empêcher l’arrivée de Scarabée 9 à Cuba devrait nuancer son propos en cours de semaine prochaine.

La Havane. Le 10 janvier. Cuba est entrée dans la dernière ligne droite de sa prospection pétrolière en eaux profondes dans le Golfe du Mexique, depuis que les Etats-Unis ont reconnu que la plate-forme chinoise qui sera utilisée était sûre.

Washington a confirmé de plus que la coopération pour prévenir les désastres pétroliers dans la Mer des Caraïbes faisait l’objet d’une discussion internationale en marche, dans laquelle Cuba, les Bahamas, le Mexique et la Jamaïque sont impliqués.

La plate-forme marine Scarabée neuve était stationnée mardi [3 janvier] à Trinidad et Tobago, prête pour accomplir la dernière partie de sa traversée vers Cuba, commencée il y a quatre mois. Une source proche du dossier a dit à La Jornada qu’après les manœuvres d’installation, les forages pourraient commencer à la fin de la semaine prochaine.

Le Bureau de la Sécurité et de la Législation sur l’Environnement du Département Intérieur des États-Unis a informé vendredi dans un communiqué que son personnel et des Gardes Côtes inspecteraient la plate-forme sur « invitation » de l’opérateur, l’entreprise espagnole Repsol.

L’inspection a conclu que la plate-forme « satisfait globalement aux normes internationales en vigueur et à celles des États-Unis, conformément à ce à quoi Repsol,s’était engagé. »

Repsol est une des neufs entreprises étrangères qui ont obtenu un lot dans la zone économique exclusive cubaine dans le Golfe du Mexique. Après une tentative infructueuse en 2004, elle entreprendra une nouvelle campagne de prospection en association avec l’entreprise norvégienne Statoil et l’entreprise indienne ONGC-Videsh.

La note étasunienne témoigne une fois de plus de l’intérêt de Washington pour des discussions régionales incluant Cuba : « Prévoyant une augmentation des activités de forage dans la Mer des Caraïbes et dans le Golfe du Mexique, les États-Unis prennent part à des discussions multilatérales » avec les Bahamas, Cuba, la Jamaïque et le Mexique, dans une large variété de sujets, qui comprennent la sécurité du forage, les normes et la formation et la réponse à un éventuel désastre pétrolier, discussions qui apportent une information inestimable sur les plans et les capacités de chaque pays et qui améliorent la coopération bilatérale et régionale en cas de grande contamination accidentelle »

Les consultations multilatérales et l’inspection de la plate-forme constituent le point le plus avancé atteint par le gouvernement de Barack Obama dans le sens de la coopération avec Cuba en matière de sécurité pétrolière, bien qu’aucun mécanisme bilatéral ou dialogue direct n’ait été établi et qu’aucune modification n’ait été faite aux lois portant sur le blocus économique.

On aurait pu s’y attendre dès l’année dernière, en lisant entre les lignes de messages indirects. En avril 2011, Cuba a présenté son schéma de sécurité pétrolière devant un Congrès technique à La Havane. Un expert cubain a exposé le plan, en mai, à une convention de chefs d’entreprises étasuniens de ce secteur, à Trinidad et Tobago, pour lequel les participants avaient reçu une autorisation du Département du Trésor.

Peut-être l’élément décisif remonte-t-il à Juin. Le Secrétaire à l’Intérieur d’Obama, Ken Salazar, a rencontré à Madrid Nelesio Fernandez Cuesta, directeur de Repsol pour l’Exploration. Le représentant des États-Unis avait rapporté, sans mentionner Cuba, que l’entreprise espagnole avait accepté « volontairement de respecter toutes les régulations des États-Unis » dans ses forages dans le Golfe du Mexique.

Fernandez a dit que la compagnie n’aurait pas de problème avec les États-Unis concernant ses opérations dans l’île parce que « nous respectons les lois sur l’embargo ». Durant la rencontre, d’après la version étasunienne, Repsol a également accepté « volontairement » l’inspection de la plate-forme.

En décembre 2011, des fonctionnaires cubains et étasuniens ont participé à Nassau à une réunion sur la sécurité préventive et les pratiques les meilleures en cas de fuite de pétrole. Le gouvernement de La Havane a gardé le silence sur tous ces contacts.

Le Scarabée neuf a été fabriqué en Chine et est la propriété de l’entreprise pétrolière italienne Eni SpA’s. Repsol l’a loué pour son haut niveau de technologie et, de plus, parce qu’il respecte la législation sur le blocus, qui exige que le matériel contienne moins de 10% de composants étasuniens pour être employé dans l’île.

Dans sa note de lundi, le Département de l’Intérieur a déclaré que l’inspection portait entre autres sur l’équipement de forage et les systèmes de sécurité, avant que la plate-forme n’exécute ses « opérations de forage durant les prochains mois dans la ZZE de Cuba ».

Le communiqué soulignait que les autorités étasuniennes n’avait exercé aucune prérogative légale ou juridique sur la plate-forme ou ses opérations en eaux cubaines et que la révision n’équivalait en rien à une homologation d’après le droit international ou étasunien.

Dans une référence implicite au désastre du puits de British Petroleum en 2010, la note évoquait les efforts de Washington pour minimiser les possibilités de fuite de pétrole. Elle a ajouté que les Gardes- Côtes actualisaient leurs plans d’urgence sur le littoral du Sud-Est des États-Unis, en cas d’un accident pétrolier hypothétique.

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s