Vers la grève générale dans la région d’Athènes le 17 janvier

source : Lyon Communiste

Après 67 jours de grèves dans les Aciéries grecques d’Aspropyrgos, les 400 travailleurs des Aciéries l’ont dit clairement à l’unanimité : ils sont déterminés à poursuivre et intensifier la lutte. Ils exigent la réintégration de tous les licenciés et le maintien de la journée de 8 heures sans réduction de salaire. Rizospastis organe central du KKE le 5 janver 2012

 

C’est ce qui ressort de l’assemblée générale qu’ils ont tenue le 4 janvier, le lendemain d’une réunion avec le ministère du travail, en présence du patronat. Cette réunion a démontré à nouveau l’intolérance de l’employeur, qui a brandi de nouvelles menaces de licenciements et de nouveaux chantages, tout en réclamant à nouveau des faveurs au gouvernement.

Ils ont rédigé une lettre ouverte (voir ci-dessous) qu’ils vont diffuser sur chaque lieu de travail de la région, pour appeler les travailleurs à la grève générale le 17 janvier dans la région de l’Attique (région d’Athènes regroupant quelque 5 millions d’habitants).

« La lutte est maintenant dans une nouvelle phase, plus difficile. Nous savons que la victoire, dépendra de la puissance de ce mouvement, de la discipline envers les décisions que nous prenons, des orientations de l’assemblée syndicale et de la gestion de notre lutte. Sans cela et sans une augmentation de la solidarité des autres travailleurs, nous ne pouvons gagner », a déclaré le président de la délégation syndicale des sidérurgistes, Giorgos Sifonios. Il a ajouté qu’il était nécessaire d’organiser et de mobiliser davantage les syndicalistes, les comités de soutien et les femmes.

« Ceux qui viennent ici, ne viennent pas seulement pour notre bien. L’aide la plus importante qu’ils peuvent apporter à notre lutte, c’est de faire pression sur le patronat et le gouvernement, dans les usines et les entreprises. Les bons vœux, la sympathie, c’est bien, mais si le patronat et le gouvernement ne se sentent pas notre souffle dans chaque usine et chaque entreprise, ils ne reculerons pas », a-t-il souligné.

Lettre ouverte des sidérurgistes pour la grève de l’Attique

« Chers collègues,

Nous vous adressons nos chaleureuses salutations. 2012 peut devenir ‘notre année’, celle de la contre-attaque du monde du travail. Nous ne devons pas perdre une minute, c’est le moment de s’organiser et d’agir. Nous continuons à nous mobiliser résolument depuis le début de notre grève le 31 octobre, sans avoir peur des licenciements et des menaces des patrons. Nous continuerons jusqu’à ce qu’ils acceptent nos revendications : la réintégration des ouvriers licenciés et la poursuite du travail selon les heures et les salaires prévus par nos contrats. Pour nous, il n’y pas ceux qui sont licenciés et ceux qui ne le sont pas, nous sommes tous licenciés, avec le même esprit de lutte.

Notre lutte est ancrée dans toute la classe ouvrière, toutes les couches populaires, avec une vague sans précédent de solidarité concrète et de sympathie. Elle a suscité l’admiration de tous les travailleurs et des jeunes. De tous les coins de Grèce et de l’étranger viennent des messages de soutien. Tous les honnêtes travailleurs, même ceux qui sont confrontés à la peur et la méfiance envers la lutte, ou qui ne croient pas en leur efficacité, estiment que cette lutte est la leur. Ils comprennent que la victoire des Aciéries sera la victoire de tous les travailleurs. Elle créera de la confiance, un climat de lutte, de meilleures conditions et l’exemple des Aciéries sera suivi dans d’autres lieux de travail.

Chers collègues,

Les mesures prises par le patron Manesis ne concernent pas seulement les Aciéries. Elles sont déjà mises en œuvre dans plusieurs endroits, dans de nombreuses industries. L’objectif est de les généraliser partout. Nous avons devant nous un hiver difficile et nous devons nous préparer pour une grande lutte, dure et longue. Les sombres mesures de l’Union européenne, du patronat et du gouvernement nous préparent une année pire que la précédente. Et les aides, les délais, le dialogue social ou les efforts individuels n’y changeront rien. Cela, tout le monde le sait.

Ils ne changent pas, même avec les luttes que nous avons menées jusqu’à présent. Il est nécessaire de s’organiser dans tous les lieux de travail, de mettre en place de puissants syndicats de classe soutenus sur tous les lieux de travail, dans les organisations de travailleurs, les comités de lutte. Il faut modifier le rapport de forces partout. Il faut en finir avec le syndicalisme patronal et gouvernemental, au service des patrons, qui confond nos propres intérêts avec ceux des patrons. Nous, nous savons par expérience que cela n’est pas possible. Il faut que chaque lutte soit menée par tous les travailleurs comme notre propre lutte. Sans cela, il sera difficile d’affronter les mesures anti-ouvrières du nouveau gouvernement en 2012, qui seront encore pire que celles de Manesis dans les Aciéries.

Nous vous invitons à serrer les coudes dans la grève de l’Attique le 17 janvier, d’imposer la fermeture des lieux de travail de l’Attique. De vider tous les lieux de travail dans tous les secteurs. Et de marquer le début de la dure lutte que nous devons mener en 2012, avec les travailleurs de l’industrie à l’avant-garde. Il s’agira de ne pas laisser passer les nouvelles mesures brutales et d’annuler une série d’autres qui sont passées, d’avancer vers la contre-offensive pour reprendre toutes les richesses qui nous appartiennent. Nous devons montrer notre force, que nous sommes les producteurs des riches, que ‘sans nous, la machine ne tourne pas, que nous pouvons nous passer du patronat’.

Chers collègues,

Votre participation à cette grève sera la meilleure aide à notre lutte et vous aidera vous-mêmes. Si nous échouons, vous échouerez aussi. Si nous gagnons, ce sera une victoire pour nous et pour vous, pour nous tous. Le 17 janvier, ce ne sera pas seulement une grève pour nous, mais pour vous, pour l’ensemble de notre classe, contre votre patron, contre une classe entière de patrons. Il est temps d’intensifier la lutte, nous le devons à ceux qui se sont battus avant nous, à ceux qui sont morts dans la lutte. Nous devons pouvoir regarder avec fierté dans les yeux de nos enfants, leur disant que nous ne nous sommes pas mis à genoux, que nous n’avons pas trahi. C’est ce que nous essayons de faire depuis tout ce temps. Nous comptons sur tous les travailleurs qui nous donnent du courage et notre responsabilité grandit. Maintenant il est temps, tous ensemble, ouvriers, travailleurs indépendants, retraités, jeunes, de faire un pas en avant avec les travailleurs à l’avant-garde. Vive la solidarité des travailleurs. La victoire des sidérurgistes est avant tout celle de tous les travailleurs! »

Tempête patronale dans les chantiers navals

Les métallurgistes des chantiers navals de Perama, près d’Athènes sont dans le désarroi après l’annonce du patronat, qui exige des réduction des salaires d’au moins 50%. Le patronat a ouvert le feu contre le salaire minimum.

« Bas les pattes de nos droits », « Les ports appartiennent au peuple ». Ces deux revendications sont affichées sur des banderoles à l’entrée des chantiers navals. Les travailleurs se sont rassemblés à nouveau depuis deux jours pour affirmer leur détermination à défendre leurs droits et les conventions collectives de travail. Organisés avec le mouvement syndical de classe PAME, ils mènent la lutte contre la violente tempête déclenchée par les patrons, qui réclament des contrats individuels et une réduction du salaire d’au moins 50% : concrètement le patronat veut limiter le salaire journalier à 40 euros et supprimer tous les autres avantages des travailleurs.

Le rassemblement des travailleurs des chantiers navals, dont beaucoup sont en chômage technique depuis 2 ans, s’inscrit dans la lutte menée dans la zone industrielle. Ils ont notamment décidé de cesser immédiatement le travail dans les entreprises qui n’appliquerait pas la convention collective de travail.

Et ils participeront à la grève générale du 17 janvier dans la région de l’Attique. Pour préparer cette grève, une assemblée générale des métallos se tiendra au Pirée le 15 janvier.

Menaces dans le secteur textile

A son tour, la Fédération des industries textiles de Grèce a envoyé un courrier aux ministres des Finances, du développement et de la marine, par lequel il réclame le retrait de la convention collective sectorielle, la flexibilité des relations de travail (notamment du nombre de jours de travail par semaine), une réduction de 50% des cotisations de sécurité sociale et la suppression des cotisations à la Chambre de Commerce.

Rizospastis, 5 janvier 2012

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