Réchauffement entre les banques canadiennes et Cuba, par John Greenwood

sources : Progreso Weekly/ The Financial Post, 18 décembre 2011

traduit de l’anglais et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société

L’espoir des banques canadiennes que « Cuba finisse par s’ouvrir aux entreprises privées » repose sur une méconnaissance du système cubain (qui s’explique peut-être par cinquante ans d’absence), qui, depuis la période spéciale et les réformes constitutionnelles des années 1990, accueille des entreprises privées ou des entreprises à capitaux mixtes, afin de mettre leurs capitaux et leurs technologies au service de son développement. Bien que ces partenariats de l’Etat cubain avec de grandes compagnies étrangères aient des chances de se multiplier dans les années à venir, le cœur des réformes en cours se situe plutôt du côté des cuentapropista, les petits entrepreneurs cubain employant parfois quelques personnes. L’attachement des cubains à leur indépendance, c’est-à-dire au socialisme,  rend peu probable une conversion capitaliste du pays. Si les plans évoqués dans cet article sont autre chose que des rumeurs, c’est à l’intérieur même du socialisme que, souverainement, les cubains accorderont aux banques étrangères le rôle qu’ils décideront.

Trois grandes banques canadiennes construisent discrètement leurs relations avec Cuba alors que la nation caribéenne avance sur la voie de réformes favorisant le marché libre, d’après le Financial Times.
Après une absence de plus de 50 ans, la Royal Bank of Canada et la Bank of Nova Scotia explorent toutes deux les opportunités qui se sont ouvertes sous la direction du Président RauL Castro, affirme le journal.
La Bank Of Nova Scotia a demandé à ouvrir un bureau pour la représenter en tant que banque d’affaires tandis que le bruit court que la Royal Bank en serait aux premiers pas d’une possible création de filiale à Cuba.
Les deux banques faisaient des affaires avec Cuba au siècle dernier mais ont été forcées de l’abandonner quand le frère de Raul, Fidel Castro, est arrivé au pouvoir en 1959.
La National Bank of Canada a aussi une petite base d’opérations à La Havane, agissant surtout comme banque d’affaires, affirme le Financial Times.
Depuis que Fidel Castro a pris le pouvoir, Cuba a été largement hors du champs d’action des entreprises occidentales, bien que cela ait changé ces dix dernières années avec l’installation de compagnies comme Sherritt International of Toronto.
En dépit d’une richesse considérable en ressources naturelles- Cuba possède une des plus grandes mines de nickel et de cobalt du monde- le pays de onze millions d’habitants reste pauvre.
De récentes réformes économiques amorcées par Raul Castro ont suscité l’enthousiasme et l’espoir que Cuba finisse par s’ouvrir aux entreprises privées, ce qui créerait des opportunités non seulement pour l’extraction minière et le secteur de l’énergie mais aussi pour les banques qui financent de telles activités.

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