Quand une ancienne ministre grecque met en garde contre l’impact de l’action du KKE

 

Article EDT pour http://vivelepcf.over-blog.fr/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les media français s’efforcent d’occulter la force de la mobilisation et des actions initiées par le Parti communiste grec (KKE) dans cette période de crise.


Parfois quand même, ils n’arrivent pas à éviter la présence d’un drapeau sur une photo ou une référence à une manifestation organisée par le PAME, le mouvement syndical principalement animé par les communistes.

 

Malheureusement, l’Humanité ne tranche guère privilégiant systématiquement au compte-rendu des initiatives du KKE l’exposé des positions des dirigeants de « Syriza », cet assemblage de groupes réformistes et gauchistes initié par le parti Synapsismos, membre du PGE, adepte de l’Europe sociale et des compromissions électorales locales avec la social-démocratie.

 

Le quotidien économique Les Echos a fait exception dans son édition du 14 novembre 2011 suivant le changement de premier ministre. Son lectorat est sans doute peu enclin à rentrer dans la lutte du côté des travailleurs mais a besoin d’informations moins faussées.

 

Mme Louka Katseli, ancienne ministre PASOK de l’économie et du travail est interviewée. Extrait :

 

« Les E : Quelle forme pourrait prendre une explosion sociale ?

 

Louka Katseli : Tout d’abord, les gens pourraient se trouver dans la situation de ne pas pouvoir payer. Beaucoup de familles reçoivent ces temps-ci des avis d’imposition exceptionnelle sur la propriété immobilière de plus de 700 euros en moyenne. Cet argent peut manquer. Les fonctionnaires ont subi des coupes sévères de leurs salaires. Beaucoup de petits entrepreneurs ont cessé leurs activités. La récession est profonde. Le chômage dépasse déjà les 17%. La première réaction pourrait être de décider de ne pas payer l’impôt. On risque aussi des grèves qu’elles soient explicites ou qu’elles ne disent pas leur nom. Les confédérations syndicales n’ont pas les moyens de prévenir une explosion sociale, car elles sont peu représentatives sur le terrain, notamment dans le secteur privé. Le risque associé est que le Parti communiste [de stricte orthodoxie stalinienne Note des Echos] capitalise la colère. »

 

Bien vu Mme Katseli !

Cette analyse sincère souligne l’impact et la justesse de l’action de nos camarades grecs.

 

Le KKE a été au premier rang dans les initiatives de désobéissance civile, de refus de payer les taxes supplémentaires indues. Le pouvoir fait payer la nouvelle taxe foncière, que mentionne Mme Katseli, sur les factures d’électricité menaçant de couper le courant aux contribuables. Le KKE organise la résistance contre les coupures.

 

Le KKE fait des priorités de la lutte contre les baisses de salaires, les licenciements et la précarité, du rassemblement des travailleurs autour de la classe ouvrière, notamment des petits travailleurs indépendants, dont Mme Katseli souligne la faillite.

 

Mme Katseli dit tout haut ce que l’opinion française, même lectrice de l’Humanité ignore : la plupart des syndicats grecs, organisés par branche, sont contrôlés par la social-démocratie voire par la droite. Ils peinent à contenir à contenir la colère des salariés, même en donnant le change par des journées ponctuelles de manifestation. Mme Katseli indique leur limite dans ce domaine. Quand elle redoute des « grèves qui ne disent pas leur nom » et les explosions possibles notamment dans le secteur privé, elle fait implicitement référence au mouvement syndical PAME qui ne cesse de gagner en crédibilité et en organisation.

 

« Le risque associé est que le Parti communiste capitalise la colère ». On ne saurait mieux dire !

 

L’organisation du KKE, sa recherche du rassemblement le plus large sur des intérêts de classe et des positions anticapitalistes, notamment sa dénonciation totale de l’UE, troublent les scénarios du pouvoir.


Il lui a été ainsi impossible d’organiser des élections anticipées avant l’application du plan européen sous peine d’absence de majorité d’alternance et de poussée spectaculaire du KKE, qui se situe hors compromission électorale.

 

Le pouvoir en Grèce se trouve obligé de se montrer sans couvert politicien : sociaux-démocrates, droite et extrême-droite ensemble dans un gouvernement technocratique dirigé par un commis de l’UE et de Goldman-Sachs !

 

Dans les mois cruciaux qui viennent, nos camarades grecs vont encore intensifier leur action. En tenant compte des différences nationales, leur exemple ne peut qu’éclairer les communistes français.

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