Cuba : la croissance économique sera de 3,4% en 2012, par la rédaction d’Opciones.

Source : Opciones, 23 décembre 2011

traduit de l’espagnol et annoté par Marc Harpon pour Changement de Société

La Huitième Session Ordinaire du Parlement, qui correspond à sa Septième Législature, comprend à son ordre du jour l’approbation de la Loi de Finances pour 2012, le progrès du processus de mise en pratique des accords du Sixième Congrès du Parti Communiste de Cuba et le rapport du Tribunal Suprême Populaire et de la Procureure Générale de la République.

Une croissance du PIB de 3,4%, sur la base d’une économie d’environ 120 millions de dollars sur les aliments importés, obtenue grâce à une augmentation de la production nationale de riz, de grains, de lait, est prévue pour l’an prochain, d’après l’annonce faite ce vendredi par le ministre de l’Économie et de la Planification, Adel Yzquierdo Rodriguez, durant la session de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire (ANPP) au Palais des Conventions.

Le Ministre de l’Économie et de la Planification a présenté le Plan Économique pour 2012, élaboré sur la base de la conciliation entre les intérêts des producteurs et des clients, avec leur correspondance pour objectif

Le ministre a expliqué que la nation achèvera l’année avec 2,7% de croissance de son Produit Intérieur Brut (PIB), soulignant que les résultats de l’année sont positifs et correspondent aux efforts du pays pour palier aux difficultés imposées par la crise économique mondiale, le blocus criminel des États-Unis et les insuffisances internes constituant un frein pour le développement des forces productives et sur lesquelles travaille Cuba.

Il a précisé que le non-accomplissement du plan de la construction et des prévisions pour l’investissement ainsi que l’augmentation des prix des aliments et des matières premières sur le marché international avaient influé sur la dynamique de l’économie cubaine.

Le député Osvaldo Martinez, président de la Commission des Questions Économiques du parlement, a ajouté que l’économie devait affronter les défis liés au blocus qu’imposent les États-Unis à Cuba, les changements de prix et de taux de change et l’incertitude générés par la crise économique mondiale, entre autres facteurs.

Martinez a mentionné des faits précis favorisant le développement économique du pays, comme, par exemple, la balance commerciale positive et le dépassement du plan pour les exportations, le résultat satisfaisant de la consommation de combustibles et d’huiles industrielles, ou bien la meilleure efficacité énergétique et les économies permises par une génération électrique stable.

Martinez, également directeur du Centre de Recherche sur l’Économie Mondiale, a annoncé l’amélioration du rapport entre salaire moyen et productivité du travail et expliqué que, contrairement aux années antérieures, à Cuba, la productivité a plus augmenté que le salaire moyen en 2011, bien que la proportion entre les deux reste éloignée des niveaux souhaitables.

La consolidation des schémas sécurisés d’obtention de devises et l’élimination des retards de paiement affectant des fournisseurs étrangers, la remise en ordre d’une partie de la dette de l’année en cours et la mise en application des engagements liés à celle-ci font partie des autres signes favorables, d’après le rapport présenté par Martinez.

La crise économique mondiale, après 39 mois, demeure l’arrière-plan international des efforts du pays pour remettre en ordre son modèle économique et perfectionner sa gestion dans tous les domaines sans laisser de côté la pertinence de la Révolution dans le domaine social, a précisé le député.

Martinez a souligné l’inefficacité des recettes mises en application par le monde capitaliste, comme l’abaissement des taux d’intérêts et les sauvetages à plusieurs millions de dollars d’entités financières, qui rendent vaines les tentatives de sortie de crise.

Il a annoncé que, l’an prochain, le budget serait débattu dans chaque centre de travail dans le cadre d’un processus très important pour que les travailleurs connaissent et se sentent partie prenante de leur centre et soient des acteurs décisifs de l’accomplissement du budget.

On prévoit une croissance économique de 3,4% en 2012

De la même manière, le ministre de l’Économie et de la Planification, Adel Yzquierdo Rodriguez, a annoncé que la croissance prévue pour l’économie cubaine était de 3,4% pour l’année à venir, bien qu’il ait précisé que cela exigerait de travailler avec une plus grande efficacité, dans le but d’économiser 120 millions de dollars sur les importations d’aliments en augmentant la production nationale de riz, de grains, de lait, entre autres.

Il a ajouté que cela impliquerait, de plus, d’atteindre une balance commerciale positive, de réaliser une hausse de plus de 15% des revenus touristiques et de meilleures ventes de matériaux de construction et d’intrants agricoles sur le marché. Il a ajouté que le plan avait été élaboré sur la base des Lineamientos de la Politica Economica y Social del Partido y de la Revolucion [1], et des directives approuvées en Conseil des Minsitres.

Ces dernières prévoient d’accélérer les investissements rapportant des devises et de les amortir avec les revenus qu’ils rapporteront, d’augmenter les entrées de devises sans s’exposer à des dépenses supérieures aux possibilités, d’économiser l’énergie et de diversifier l’offre de biens et de services.

Yzquierdo Rodriguez a souligné que, compte tenu du contexte international toujours défavorable de la crise économique, et de l’augmentation des prix des aliments, des carburants et des matières premières, 2011 avait représenté une amélioration de l’économie par rapport à l’année précédente.

Il a précisé que le plan de production de viande bovine et porcine, de lait, de haricots, de maïs, de café et d’agrumes n’avait pas été atteint, ce qui a forcé le pays à recourir à des importations imprévues, qui ont coûté 48 875 000 dollars. Le non-accomplissement du plan de production de matières premières comme les tuiles, les revêtements céramiques, le ciment et les sanitaires, entre autres, a eu pour conséquence que les ventes à la population n’ont pas été effectuées. [2]

Concernant le transport public de passagers, l’orateur a signalé qu’il restait de 3,5% inférieur aux objectifs.

Au sujet de la mise en œuvre du budget de cette année, il salue la réduction des dépenses totales, lesquelles n’ont pas atteint le niveau prévu, du fait d’une heureuse réduction des coûts dans les activités budgétisées et parce qu’aucun désastre naturel n’a frappé le pays durant une saison cyclonique sans problèmes.

Le Ministre de l’Économie et de la Planification a expliqué qu’en 2011 la faiblesse du processus de recours aux contrats a été manifeste, avec des défauts allant de la rédaction, qui omet parfois des précisions fondamentales, à sa violation et sa non-utilisation pour exiger l’accomplissement des engagements des parties.

Un budget soutenant l’assistance sociale

Lina Pedraza, ministre des Finances et des Prix, a informé les députés que l’État consacrerait plus de 800 millions de pesos à l’octroi d’allocations à des personnes à bas revenus, dans le cadre de la Loi de Financement pour 2012 approuvée aujourd’hui par l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire. Elle a expliqué que le chiffre mentionné allait permettre l’acquisition de matériaux de construction et de réparation du domicile pour des travaux entrepris individuellement, pour répondre ainsi à la réparation et à l’augmentation du parc de logements du pays.

La Ministre a également précisé que le budget de l’État préservait les activités liées à l’Éducation, à la Santé et à d’autres nécessités sociales, lesquelles représentent 52% du total de l’activité budgétisée, avec 17 347 800 pesos, dans le cadre de la politique du pays pour favoriser la qualité de vie et le bien-être social de ses habitants.

Pedraza a déclaré que 400 millions de pesos seraient affectés à la protection de personnes en situation financière critique- parmi lesquelles des personnes handicapées- et au soutien à plus de 420 centres comme les maisons de retraite et aux mécanismes garantissant un revenu à ceux tenus pour disponibles dans le cadre de la remise en ordre du marché du travail.

Conformément à la Loi, ces dépenses seront adossées aux possibilités réelles et aux recettes générées par l’économie nationale, et l’utilisation de ces fonds sera rigidement définie pour garantir les niveaux d’activités budgétisés sans affecter la qualité des services, conformément au lineamiento 64 de la Nouvelle Politique Économique et sociale [3].

A la fin de cette année, le Budget de l’État présente un déficit estimé à 3,8% du Produit Intérieur Brut, ce qui équivaut à la limite du déficit approuvée par l’Assemblée Nationale dans la Loi de Financement 2011.

[1] Le texte débattu et amendé par la population d’âge électoral puis approuvé en avril dernier lors du Congrès du Parti Communiste de Cuba. Changement de Société a publié une traduction de quelques articles de la version initiale de ce document.

[2] Les ventes directes au consommateur ont été autorisées au dernier trimestre 2011.

[3] Chacun des articles numérotés du texte mentionné dans la note 1 porte le nom de lineamiento, qui signifie « gande ligne ».

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