L’Ecole Latino-Américaine de médecine aujourd’hui (3/5), par Don Fitz

source : Monthly Review

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Voici la troisième partie de l’article publié par la Monthly Review sur l’ELAM. Les deux parties précédentes sont disponibles ici et .

La croissance de l’ELAM

La capacité qu’ont les médecins formés à Cuba d’écouter les gens et de travailler avec eux, plutôt que de leur imposer un modèle occidental, est un facteur qui augmente le désir des pays d’envoyer des étudiants à l’ELAM. Les américains progressistes qui souhaitent un système de santé comme ceux du Canada et de l’Europe Occidentale ne semblent pas conscients de l’extraordinaire prestige que la médecine à la cubaine a dans les pays pauvres. Le système de santé cubain prouve que « la technologie médicale coûteuse n’est pas nécessaire pour des soins préventifs efficaces à l’échelon local ». Il a « éradiqué la polio, mis sous contrôle la malaria et la dengue, et réduit la mortalité infantile et la mortalité en couche à des niveaux inférieurs ou égaux à ceux de pays beaucoup plus riches et plus développés comme les États-Unis » [18]

L’ELAM offre l’espoir que d’autres pays puissent atteindre des objectifs similaires. Elle a ouvert en 1999 avec des étudiants de 24 pays : 19 pays d’Amérique Latine, 4 pays d’Afrique et les Etats-Unis [19]. Le programme en six ans a décerné ses premiers diplômes en 2005. En 2007, l’ELAM avait des étudiants de 27 pays [20]. En 2008, le nombre de pays ayant des étudiants à l’ELAM avait atteint les 40 [21].

Le Directeur des Relations internationales de l’ELAM m’a parlé d’une extension à des campus de tout Cuba. En avril 2010, les campus avaient un total de 21 018 étudiants, de cent pays. Toute l’Amérique Latine est représentée. Des étudiants viennent de 36 pays africains. Il y a aussi beaucoup d’étudiants du Moyen-Orient, d’Asie, du Pacifique et des Caraïbes. [22]

Quand j’ai demandé à la Secrétaire Générale du Projet ELAM s’il y avait des étudiants du Royaume-Uni ou d’Australie, elle a dit : « Non, les pays développés fournissent habituellement des soins médicaux et l’ELAM est conçue pour aider les pays pauvres » [23]. Mais cela pourrait être interprété comme signifiant que l’ELAM ne tend pas la main aux pays développés. Si les étudiants sont vraiment déterminés à travailler dans des communautés défavorisées, ils peuvent être admis en postulant à l’Ambassade leur pays. C’est ce que montre le tableau des inscriptions pour l’année 2010, qui mentionne des étudiants d’Allemagne, du Canada, d’Israël et de Corée [du Sud, ndt].

L’internationalisme de l’ELAM reflète celui qui traverse la médecine cubaine. Les professeurs de l’ELAM disent à leurs étudiants de participer aux efforts humanitaires après des désastres au Guatemala, au Honduras et en Haïti. Les étudiants ont également des nouvelles de leurs camarades dans divers pays africains, en Haïti et au Venezuela.

Quand les étudiants font des permanences à des consultorios (centres de santé de proximité) de quartier ou dans des polycliniques communautaires, ils travaillent avec un personnel médical doté d’une expérience mondiale. Lors d’une visite au Policlinico Universitario, la vice-rectrice des lieux, Teresa Frias, m’a dit qu’elle avait travaillé en Angola, en Tanzanie, au Brésil et en Bolivie. Sa collègue, elle aussi prénommée Teresa, alors qu’elle me faisait faire le tour du propriétaire, a mentionné qu’elle avait travaillé au Ghana, au Venezuela et au Brésil.

Tout rassemblement de personnel médical à Cuba a des chances de compter des gens pouvant raconter des histoires de l’autre bout du monde. L’internationalisme n’est pas seulement un slogan ou une idéologie au sein de la médecine cubaine- c’est une composante centrale de la culture médicale qui prévaut dans l’enseignement et la pratique de la médecine.

17]Document provided by Omavi Bailey: Yaa Asantewaa Brigade,p. 7.
18]Linda M. Whiteford, and Laurence G. Branch, Primary Health Care in Cuba: The Other Revolution (Lanham: Rowman & Littlefield Publishers, Inc., 2008), 2.
19]Escuela Latinoamericana de Medicina (ELAM).
20]Emily J. Kirk and John M. Kirk, “Cuban Medical Aid to Haiti.”
21]Brouwer, “The Cuban Revolutionary Doctor.”
22]Interview avec Nancy Remón Sánchez, ELAM, 30 Mai, 2010.
23]Interview avec Wuilmaris Pérez Torres, 30 Mai, 2010.

2 commentaires

  1. que faire pour etre admis a l’elam

    • Je ne connais pas les détails de la procédure, mais je crois savoir qu’il vous faut postuler auprès de l’Ambassade de Cuba dans votre pays…


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