L’Ecole Latino-Américaine de médecine aujourd’hui (2/5), par Don Fitz

source : Monthly Review, février 2011

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Voici la suite de l’article publié par la Monthly Review sur l’Ecole Latino-américaine de Médecine, à La Havane. La première partie est publiée .

Des brigades médicales étudiantes

Après la remise des diplômes de la troisième promotion de l’ELAM, le Congrès des Etudiants a proposé de créer l’opportunité de travailler sur des projets spécifiques durant les mois de vacances d’été. Les professeurs ont approuvé et les étudiants ont commencé à concevoir des projets connus sous le nom de Brigades Etudiantes pour la Santé (Brigadas Estudiantiles por la Salud, ou BES), dans le cadre desquelles ils vont dans des cliniques dans des communautés pauvres des villes ou des campagnes d’Amérique du Sud et d’Amérique Centrale, de même que dans le reste du monde, y compris les Etats-Unis.

La Brigade Yaa Asantewaa (YAB), organisée entre autres par Omavi Bailey et Ketia Brown, illustre la façon dont fonctionnent les projets BES [12]. La YAB conduira le « Projet Ghana du corps Médical Africain. » Ce projet a été conçu par l’Organisation des Médecins Africains [Organisation of African Doctors, OAD], un groupe d’étudiants en médecine africains et africains-américains. Fondé en 2009 sur le campus de l’ELAM, l’OAD s’est donnée pour mission de développer « des programmes, des projets et des institutions dans le but de produire et d’organiser un corps médical politiquement conscient et socialement responsable et capable de satisfaire les besoins d’africains souffrant de problèmes de santé sur le continent noir. L’OAD se compose de 160 étudiants, internes et résidents, issus de plus de 35 pays [13].

Aujourd’hui, la « fuite des cerveaux », avec des médecins africains trouvant du travail en Europe ou aux Etats-Unis, laisse le Ghana avec seulement un médecin pour 45 000 habitants. De la même manière, il y a plus de médecins éthiopiens à Chicago qu’en Ethiopie [14]. L’OAD se donne pour but d’affronter ce problème en renforçant l’obligation imposée par l’ELAM que les africains (et tous les autres)  étudiants en médecine retourne pour servir les communautés pauvres de leurs patries.

La phase 2010 de la proposition pour le Ghana a commencé par un voyage des étudiants de l’ELAM au Ghana pour rencontrer des médecins formés à Cuba déjà installés là-bas. Dans les communautés qu’ils visitent, les étudiants de l’ELAM s’efforcent de :

  1. Répertorier les sources de soins qu’ont déjà les habitants
  2. Construire des groupes d’étudiants en médecine qui pratiquent des examens médicaux et apprennent la médecine traditionnelle ghanéenne.
  3. Organisent des réunions de villageois pour renforcer leurs liens avec les habitants en cherchant à savoir quel genre de soins ils souhaiteraient.

En fonction des résultats de ce travail, la YAB espère créer un système de stage permettant aux étudiants de sixième année de l’ELAM de terminer leur formation au Ghana. Les étudiants de l’ELAM au Ghana auront des expériences largement différentes de celles des étudiants en médecine des Etats-Unis. Contrairement aux pays surdéveloppés,  où les causes majeures de décès sont les maux liés au « style de vie » comme les crises cardiaques, « les dix causes principales de décès au Ghana sont toutes des maladies infectieuses évitables ». [15] Ce n’est pas par hasard que  la YAB souhaite  observer l’accès des ghanéens aux services de santé, leurs croyances sur les soins et leurs désirs de changement, plutôt que de débarquer et de fournir des services prévus d’avance qui pourraient ne pas s’intégrer dans la vie d’un village africain. La formation à l’ELAM met lourdement l’accent sur le contexte social mouvant de la médecine, un modèle qui s’applique particulièrement aux communautés au tissu social très serré.

Bien que les médecines traditionnelles et naturelles fassent souvent l’objet de moqueries en Occident, elles sont « restées le premier mode de prévention et de traitement pour 85% des africains » [16]. Ainsi, le modèle cubain de Médecine Générale Intégrale (Medicina General Integral ou MGI), qui « qui propose une vision englobante de la médecine, prenant en considération ses dimensions biologique, psychologique,  culturelle et spirituelle », prépare les étudiants à être des médecins-à-l’écoute et des médecins-formateurs. [17]

[12] L’information sur la YAB provient d’un entretien avec Ketia Brown et du document fourni par Omavi Bailey : Yaa Asantewaa Brigade, August 15-September 5, 2010 (édité par l’ African Medical Corps—Ghana Proposal. Latin American School of Medicine, Carretera Panamericana 3 ½ KM, Santa Fe, Playa, La Habana, Cuba CP 19142). Pour toute information sur l’Organisationd es Médecins Africains, voir : http://africanmedicalcorps.com. Bien que Cuba soutienne le Projet Ghana, celui-ci a besoin de fonds. Vous pouvez faire des dons à : http://birthingprojectusa.org.

[13] Ibid., 2.

[14] Cliff DuRand, “Humanitarianism and Solidarity Cuban-Style,” Z Magazine, November 2007, 44-47.

[15] Interview avec Ketia Brown et document fourni par Omavi Bailey: Yaa Asantewaa Brigade, 6.

[16]Ibid.

[17] Ibid., 7.

Un commentaire

  1. UNE VIDEO SUR L’ELAM:


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