Durban, le sommet de la dernière chance, par Leandro Maceo Leyva

source : Granma

LA 17e Conférence mondiale sur le changement climatique qui se déroulera jusqu’au 9 décembre à Durban, en Afrique du Sud, suscite de nombreuses interrogations. Les gouvernements arriveront-ils à un consensus pour reconduire le protocole de Kyoto, qui expire en 2012 ? Parviendront-ils à un accord pour un changement indispensable des actuels patrons de production et de consommation à l’échelle mondiale nous permettant d’évoluer vers un modèle économique vraiment durable ? Les pays responsables de la plupart des émissions de gaz à effet de serre accepteront-ils d’apporter une contribution sensible à leur réduction ? Finira-t-on par reconnaître la dette écologique des pays du Nord envers les nations en voie de développement ?

En 2009, le 15e Conférence de Copenhague s’était achevée par un fiasco complet. Cette rencontre s’était caractérisée par « des procédures antidémocratiques et un manque total de transparence. Un groupe de pays, conduit par les États-Unis, le plus grand pollueur historique par tête, a pris en otage le processus de négociations et imposé un document apocryphe qui ne résout aucun des défis proposés par les recherches scientifiques les plus conservatrices sur le sujet », avait dénoncé le ministre cubain des Relations extérieures Bruno Rodriguez Parrilla, un an après au Sommet de Cancun, au Mexique.

Même si pour beaucoup, la Conférence de Durban représente la dernière chance de sauver la planète, ce rendez-vous, comme les précédents, se déroule dans une étrange atmosphère de défaitisme devant l’égoïsme et le manque de volonté politique des pays développés du Nord de s’engager sur des objectifs concrets en matière de réduction des émissions de gaz polluants, et d’assumer leurs responsabilités historiques face au changement climatique provoqué par leurs modèles de production et de consommation.

Les grandes puissances ne semblent pas disposées à œuvrer en faveur d’un accord juste et équitable. Un manque de consensus à cette conférence reviendrait à perpétuer l’égoïsme et l’irresponsabilité, une attitude que Cuba a dénoncée, en la qualifiant d’éthiquement et de politiquement inacceptable.

Quel contraste avec la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la la Terre nourricière, qui s’est déroulée l’année dernière à Cochabamba, en Bolivie, et qui s’était achevée sur un appel au pays industrialisés à s’acquitter de leurs obligations au titre d’un nouvel instrument international juridiquement contraignant !

À Durban également, d’une manière parallèle à la Conférence de nombreuses organisations indigènes venues du monde entier exigent davantage de présence dans les prises de décisions des gouvernements sur les questions environnementales.

Mais tandis que les peuples exigent des réponses au changement climatique dont ils sont victimes – nombre d’entre elles sont déjà irréversibles –, les principales économies mondiales se prononcent pour une plus grande implication des pays émergents tout en encourageant le gaspillage et la consommation irrationnelle des ressources limitées de la planète.

Les représentants des pays présents aujourd’hui à Durban se doivent de prendre conscience de l’urgence du sujet et profiter de cette dernière chance pour proposer des mesures concrètes pour sauver l’humanité.


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