Euthanasie douce, … de la construction d’une conscience prolétarienne révolutionnaire ! par George Snyder

 

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a proposé et commenté le texte de George Snyder.

 

Simili Communisme, … pour Ère Dorée !

●●●

La présente direction du PCF poursuit la destruction du caractère révolutionnaire

de la classe prolétaire dans laquelle il prétend s’être dissout.

Le désarmement de cette classe la livre impuissante à celle adverse ;

la classe bourgeoise.

●●●

Cette destruction concerne notamment l’histoire populaire, ouvrière,

le matérialisme historique.

 

 

●●●

Pour Georges Snyders,

 

 

Le Web « l’Humanité »a publié le texte suivant{2} écrit ici en italique gras, inséré dans l’extrait de texte de Georges Snyders{1} étant lui écrit en bleu normal ;

 

 « Tribunes – « l’Humanité », le 29 Septembre 2011

Disparition

 

Georges Snyders « Reconstruire une joie nouvelle »

 

Extrait de sa conférence prononcée le 30 avril 2011 au siège du Parti communiste.

Georges Snyders »

 

« Il y a trois hommes en moi : un communiste, un musicien, un professeur.

 

Chacun va avoir droit à un topo, évidemment genre cours de fac, ce qui veut dire qu’il ne sera pas très, très amusant !

[Le premier homme]

J’étais de gauche, je suis devenu communiste après mes épreuves d’Auschwitz. L’expérience du dénuement ; véritablement une mise à nu : on m’a ôté mes vêtements, on m’a enlevé mon nom, remplacé par un numéro matricule tatoué sur l’avant-bras ; on a arraché tout ce qui était cheveux ou poils à tous les endroits de moi-même, y compris les plus secrets. Mon corps n’était plus moi.

Résister, pour la très faible part qui dépendait de nous, ne pas pactiser avec la mort ; ne pas se laisser tomber, garder tout ce que l’on pouvait de dignité dans la façon de se tenir, de manger, de se maintenir propre : toutes choses qui deviennent terriblement difficiles dans un camp d’extermination.

En un mot, témoigner qu’on n’était pas les sous-hommes que les nazis déclaraient juste bons à être brûlés, mais des hommes véritables. Y contribuent des moments de solidarité – mais bien difficiles à tenir, car il s’agissait de donner à l’autre un peu de nourriture ou de lui ménager quelques moments pour interrompre son travail : mais chacun en avait tellement besoin pour lui-même…

Après Auschwitz, mon problème a été de reconstruire une joie, [–] qui ne pouvait être qu’une joie nouvelle, [–] et aider les autres à y parvenir. Si je n’y réussissais pas, le camp aurait été une parenthèse simple et atroce dans ma vie, et non pas une épreuve qui pouvait devenir créatrice.

[Je me suis inscrit au PCF.]

C’est d’avoir connu la faim, le froid, l’injustice, qui m’a obligé de comprendre qu’il n’y a pas de démocratie, de vie heureuse et « bien tempérée », aussi longtemps qu’il y a des exploiteurs et des exploités, des profiteurs et des opprimés.

Je ne trouverai un chemin vers l’apaisement, qu’en rejoignant ceux qui luttent pour que la terreur de la faim – et du même coup la cause de tant de guerres – puisse être surmontée.

C’est au PCF que je me suis inscrit parce que je pense que sont nécessaires des Partis structurés, organisés, réunis dans l’Internationalisme.

[Lutte de classes]

Être communiste, c’est ressentir, presque viscéralement, que notre société ne constitue pas une communauté unie, où les intérêts et la vie de tous s’harmoniseraient ; notre société est en lutte contre elle-même.

Je vois le sort de tant de sans-travail, de salariés à peine au niveau de leur besoins premiers – et à l’échelle mondiale, des pays où une si grande partie de la population est en proie, véritablement, à la faim – face à ceux qui s’enrichissent, tantôt par les prélèvements « ordinaires » de la plus-value, tantôt à coup de spéculations boursières : il y a réellement opposition entre des classes antagonistes.

[Complexité de la lutte des classes : des alliances se nouent]

La lutte des classes, cela ne signifie pas qu’on puisse, qu’on doive mettre d’un côté les bons tout bons – de l’autre, les méchants tout méchants. Chez tous, les intérêts se déchirent, les tendances s’affrontent. Nous ne le savons que trop : des membres des classes opprimées peuvent donner dans les idées de leurs oppresseurs. Il arrive aussi qu’une petite fraction de la classe dominante se détache de celle-ci et se rallie à la classe qui porte en elle l’avenir – « notamment cette partie des idéologues bourgeois qui sont parvenus à l’intelligence théorique de l’ensemble du mouvement historique » (Marx, Le Manifeste).

Ainsi s’introduit l’espoir pour un intellectuel bourgeois comme moi, sans vouloir jouer au prolétaire, de participer à la lutte des opprimés : il y faut une composante de volonté et aussi, dit Marx, une composante intellectuelle – toutes deux renouvelées.

[Être communiste, c’est être révolutionnaire

Je dois bien avouer que le réformisme constitue toujours une tentation : la Révolution est cruelle, coûte très cher en hommes et parmi les meilleurs ; les résultats, jamais assurés, tournant même parfois au contraire de ce qu’on espérait.

… ce texte comptant au total 9 pages. »]

 

●●●

Georges Snyders n’a pas dit « Reconstruire une joie nouvelle ».

Il a dit ; « Après Auschwitz, mon problème a été de reconstruire une joie – qui ne pouvait être qu’une joie nouvelle – … ».

Ce qui manque dans cette prétendue relation qu’a fait la direction du PCF de la pensée de Georges Snyders, c’est ce que celui-ci indique soigneusement, très précisément en le relevant en particulier.

Sa joie existante avant Auschwitz a été totalement et radicalement détruite par son passage à Auschwitz. Sorti de là, le problème [son problème] a été de reconstruire une joie qui, dit-il quasi chirurgicalement, ne pouvait être que nouvelle [autre], faute de quoi elle n’aurait pût être et Georges Snyders n’aurait alors plus existé. C’est pour ça que l’expression est mise entre deux tirets. L’humanité remplace ces tirets par des virgules, escamotant ainsi le marquage de la rupture. L’actuelle direction du PCF remplace la rupture par une évolution tranquille.

Comment a-t-il procédé pour ce faire. Il le dit immédiatement à la suite ; « Je me suis inscrit au PCF [celui de l’époque]».

La direction du PCF parvient ainsi à liquider ce qui a fait que Georges Snyders se soit engagé dans un processus de reconstruction d’une joie nouvelle [autre que la sienne initiale] en s’inscrivant au PCF d’alors.

La présente direction du PCF réussit le tour de force de liquider les deux processus ;

–       celui de la destruction de la joie initiale de Georges Snyders, à savoir son passage à Auschwitz !

–       celui de sa reconstruction d’une joie nouvelle autre que l’initiale détruite, à savoir ce qu’il a réalisé au travers de son engagement communiste !

Une paille !

Nous pouvons dire que la présente direction du PCF a réussi à faire ce à quoi Auschwitz n’était pas arrivé !

On ne s’étonnera donc pas que les extraits donnés par cette « l’Humanité » bradée aux liquidateurs s’arrêtent en toute logique très précisément là où Georges Snyders indique ; « Être communiste, c’est être révolutionnaire », en ayant soigneusement oublié de mentionner ;

–       une phrase du corps du texte, relative au parcours qu’il a suivi, à savoir ; « Je me suis inscrit au PCF. » ! Un détail certainement, une oligophrénie dont il vaut mieux ne pas parler !

–       les titres inclus dans la partie extraite, à savoir ;

  • Le premier homme
  • Lutte de classes
  • Complexité de la lutte des classes : des alliances se nouent

L’abandon du caractère révolutionnaire du communisme va bien entendu de pair avec celui de la lutte des classes. Il n’y a plus que la bourgeoisie qui puisse affirmer une telle chose, …puisque l’arme des prolétaires [le Parti Communiste] lui a été rendue [au sens de rendre les armes ou encore rendre gorge !] par nos liquidateurs ! Voilà pour les deux derniers titres mentionnés ici.

Quand Georges Snyders parle du premier homme, on peut le comprendre comme étant l’une des trois facettes de ses activités (le militant, l’enseignant, le musicien), mais à mon avis et dans le sens de l’ensemble de sa conférence transcrite, je pense qu’il s’agit aussi et surtout de l’homme reconstruit par lui au travers de son engagement communiste, après qu’il ait laissé la défroque de l’homme initial à Auschwitz. C’est essentiellement de ce premier homme dont il traite dans son exposé, et qu’on retrouve chez l’enseignant et chez le musicien.

Ce premier homme s’exprimant ce 29 septembre 2011 a entamé son parcours le 28 avril 1917 à Paris. Il y a pesé ce que peut être la cruauté humaine et les coûts qu’elle entraîne. Ce premier homme -la joie nouvelle- n’a pu naître que de la rupture avec l’initial qu’il était. Et concernant notre société présente il constate ;

« …pour que tous les hommes accèdent à une vie au moins décente, ce sont les structures fondamentales des sociétés qui doivent être bouleversées – et seules des Révolutions peuvent y parvenir. »

Il sait que cette rupture est obligée, pour simplement « une vie au moins décente » [et possiblement, plus simplement encore, pour la vie], qu’elle devra affronter la cruauté et risque d’être coûteuse. Raison de plus d’ailleurs pour que la classe porteuse de cette rupture ait un grand souci de son organisation propre. 

Bien entendu, il va sans dire que concernant Georges Snyders, un encart en « tribune » était bien suffisant ! Ce parti du Consensus [et non plus Communiste] voulu par ses dirigeants actuels se montre décidément fort méprisant de ses militants !

{1} Conférence prononcée par Georges Snyders, le 30 avril 2011 au siège du PCF

http://www.lafauteadiderot.net/Georges-Snyders-le-texte-de-sa

http://lepcf.fr/Il-y-a-trois-hommes-en-moi-un

http://www.pcfbassin.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=2080:l-il-y-a-trois-hommes-en-moi–un-communiste-un-musicien-un-professeur-r-conference-prononcee-par-georges-snyders-le-30-avril-2011-au-siege-du-pcf&catid=52:actualites&Itemid=6

{2} L’article de l’Humanité sur le web

http://www.humanite.fr/tribunes/georges-snyders-%C2%AB-reconstruire-une-joie-nouvelle-%C2%BB-480514

{3} On peut lire aussi ;

● La version papier de l’Humanité est un peu plus complète en ce sens qu’elle inclut deux des titres des paragraphes, mais oubliant cependant elle aussi « Le premier homme », tout en transformant le « Je me suis inscrit au PCF » en titre, alors que cela est partie du corps du texte. Version visible chez ;  http://www.pierreassante.fr/dossier/Snyders_Huma_3mai2011.pdf

● Jean-Claude et Georges Snyders: Snyders père et fils: le malentendu d’Auschwitz

Entretien réalisé par Jean-Paul Monferran in l’Humanité (20 novembre 1996)

http://www.anti-rev.org/temoignages/Snyders96a/

● Duos intimes (4): Georges Snyders fut déporté à Auschwitz. Jean-Claude, son fils, est l’héritier d’une souffrance qui «ne passe pas». Auschwitz en héritage.

Par Schwartzbrod Alexandra

http://www.liberation.fr/france/0101221177-duos-intimes-4-georges-snyders-fut-deporte-a-auschwitz-jean-claude-son-fils-est-l-heritier-d-une-souffrance-qui-ne-passe-pas-auschwitz-en-heritage

● Georges Snyders, un itinéraire engagé.

Institut de Recherche de la FSU.

http://institut.fsu.fr/Georges-Snyders-un-itineraire.html

● Georges Snyders. La pédagogie en France aux XVIIe et XVIIIe siècles

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1966_num_52_149_3820_t1_0176_0000_2

● Les Cahiers Pédagogiques. Un militant infatigable pour la cause de l’éducation

Entretien avec Philippe Meirieu

http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article7577

● Georges Snyders, J’ai voulu qu’apprendre soit une joie. Institut de recherches

de la FSU- Syllepses, 2008.

Le 8 avril 2009 par Janine Reichstadt

http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article34

● Georges Snyders, pédagogue de la joie et de l’exigence, est mort à 94 ans

Luc Cedelle. Le Monde.Fr du 28.09.11

http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/09/28/georges-snyders-pedagogue-de-la-joie-et-de-l-exigence-est-mort-a-94-ans_1579277_3382.html


Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s