Plus qu’une phrase à répéter, par Jorge Luis Canela Ciurana

"La révolution, c'est changer tout ce qui doit l'être" Fidel

source : Trabajadores, le 14 Novembre 2011

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Les exposés et conjectures quotidiens se multiplient qui tirent des conclusions éloignées de la réalité cubaine, apportant de l’eau au moulin de leurs auteurs.

Je ne saurais dire avec certitude combien de dépêches d’agences de presse concernant la modernisation de notre modèle économique socialiste j’ai lues depuis qu’a été rendu public le projet de Lineamientos economicos y sociales del Partido y de la Revolucion [1].

Les exposés et conjectures quotidiens se multiplient qui tirent des conclusions éloignées de la réalité cubaine, apportant de l’eau au moulin de leurs auteurs.

Les expressions de « réformes timides », de « lenteur » dans la mise en application des changements, les affirmations que ces derniers sont « insuffisants », sont devenus un lieu commun.

Comme le dit le proverbe, chacun voit le monde de la couleur des verres qu’il a sur les yeux, et ceux qui répètent jusqu’à plus soif de telles affirmations le font dans une optique qui est celle des intérêts de l’Empire.

L’idée ne traverse pas l’esprit de beaucoup de ces analystes que nous, cubains, n’abandonnons ni n’abandonnerons pas le socialisme mais que nous avons plutôt décidé de le perfectionner, en renforçant l’Etat, ses institutions, nos organisations syndicales, en affrontant les problèmes, en éliminant les problèmes, les obstacles bureaucratiques, en dynamisant l’efficaicté de l’entreprise socialiste tout en favorisant, sans peur, la participation entière et l’initiative personnelle de chaque citoyen dans le procesus de transformations.

Il n’y a pas eu de volontarisme bureaucratique dans l’adoption des mesures de tout ordre qui ont été mises en application et il n’y en aura pas dans celles qu’on appliquera dans le futur.

Comme cela a été manifeste dans la discussion populaire des Lineamientos, tout s’est fait en gardant les pieds sur terre et les oreilles ouvertes, en écoutant les avis divergeants, en les analysants sans préjugés, en reconnaissant ce qu’il y avait de vrai dans chaque position- même quand elle ne s’accordait pas à celles qu’on dit oofficielles- reconnaissant sa valeur, même quand elle était l’opinion isolée d’un citoyen de quelque recoin éloigné de notre géographie,

L’application de telles mesures met le pays en condition de limiter les conséquences négatives que la crise mondiale inflige à notre population, et qui se sont ajoutés aux effets du blocus économique, financier et commercial criminel maintenu avec ténacité par le gouvernement étasunien contre notre peuple.

Ces dernières raisons sont plus que suffisantes pour comprendre l’importance du propos du Général Raul Castro, quand il a affirmé, dans son intervention à la cérémonie de clôture du Neuvième Congrès de l’UJC [2], que « la bataille économique constitue, aujourd ‘hui plus que jamais, la tâche principale et le coeur du travail idéologique des cadres, parce que c’est d’elle que dépendent la soutenabilité et la préservation de notre système social. »

Cette affirmation n’est pas une phrase de circonstance. Elle n’a pas été prononcée du bout des lèvres ni ne doit être répétée comme le feraient des automates. On doit plutôt l’intérioriser de telle façon qu’elle nous serve de boussole pour prendre des décisions, dans chaque situation, administrative ou syndicale, à analyser.

Je ne crois pas exagérer si j’affirme que chaque citoyen, employé par l’Etat ou à son compte, doit se demander, c haque matin, ce qu’il pourrait faire pandant sa journée, sa semaine ou son mois, pour que ceux qui l’entourent attiegnent une efficiacité accrue.

Cela serait une preuve que, réellement, les cadres appelés par Raul à faire de l’économie leur principale préoccupation idéologique comme le reste des travailleurs, ont interiorisé son propos en lui donnant le sens avec lequel il a été prononcé.

Le fait de placer l’économie au coeur des préoccupations des cadres chargés de sa direction- dont les dirigeants syndicaux ne sont pas si éloignés- a un contenu idéologique profond, puisqu’il démontrera à ceux qui voient comme unique issue pour Cuba un capitalisme maquillé avec un langage d’apparence socialiste, que nos r^ê de justice et de bien-être des plus de cinquante ans de Révolution peuvent être améliorés et rester viables, en dépit du harcèlement de l’Empire et des aléas de la crise.

[1] C’est le titre du docuement débattu et amendé par la population cubaine et approuvé par le Parti lors du Congrès d’avril dernier.

[2] L’Union des Jeunes Communistes de Cuba.

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