Les terribles révélations sur la fin de Kadhafi, par Morice

source : Agoravox

 

Décidément, sur la fin de Kadhafi on en apprend un peu plus chaque jour, et les éléments qui nous parviennent à la longue démontrent de plus en plus que sa mort devient chaque jour un peu plus la résultante soit d’une erreur de communication entre participants à l’intervention, soit à un réglement de comptes entre pays y ayant participé : aujourd’hui, des mercenaires fort proches de ceux qui accompagnaient le dictateur qui tentait de fuir son pays parlent carrément de « trahison ». Selon eux, des « puissances occidentales » avaient donné leur accord pour extraire Kadhafi de son pays. C’est pour cela d’ailleurs que ces mercenaires sud-africains (voir ici ce qui en avait été dit) avaient accepté leur mission qui devait se passer pour eux sans trop de problème avec l’accord passé. Le tir d’un missile Hellfire largué d’un Reaper américain et l’envoi de deux bombes françaises larguées de Mirage 2000 ont semble-t-il anéanti leur mission. Kadhafi ne devait pas mourir ce jour-là : il devait clairement s’échapper, avec l’accord de la rebellion et de certains pays engagés pourtant dans le conflit. Qu’est ce qui a grippé l’opération, et qui a pris cette initiative, voilà qui est désormais la question à résoudre. On peut également poser autrement la question ; qui donc pouvait avoir intérêt à voir disparaître aussi rapidement Mouammar Kadhafi…

L’idée rapportée hier par Kim Sengupta, le correspondant de The Independent était bien de la part des mercenaires qui accompagnaient Kadhafi ce rééditer d’une certaine manière le « coup de Wonga », dont il convient d’expliquer ici la signification, et qui étaient ces fameux mercernaires l’ayant tentée. Ce « Coup de Wonga », en mars 2004, c’est la tentative du mercenaire Simon Mann, le fils de l’ancien capitaine de l’Équipe d’Angleterre de cricket de renverser le régime du gouvernement de Guinée équatoriale, dans la capitale Malabo, et d’y tuer son président, Teodoro Obiang Nguema MbasogoUne opération préparée militairement par les mercenaires menés par Mann, qui avait une formation militaire certaine, ayant tout d’abord suivi une formation d’officier à Sandhurst, puis était devenu membre de la Garde Écossaise avant d’être recruté chez les SAS où il avait exercé jusqu’en 1985. Démobilisé ensuite, il avait été rappelé par l’armée anglaise pour participer à la guerre du Golfe : c’était bien un militaire hyper-expérimenté.

Mann s’était retrouvé entre temps dans l’industrie pétrolière, où il avait rencontré Tony Buckingham, lui aussi ancien militaire, spécialisé dans les équipes sous-marines : devenu plongeur pétrolier, il étaient maintenant tous deux tentés de fonder une entreprise de mercenaires, tant, dans les années 89 l’Afrique et ses conflits violents leur offrait un marché juteux. N’ayant pas les moyens financiers de créer la sienne, Buckinghman s’associa donc à Mann, les deux compères créant ensemble ce qui devait s’appeler Executive Outcomes (la Brigade des Scorpions), basé en Afrique du Sud. Leur premier contrat, qu’avait signé Mann, consitait à maintenir à coup d’attentats ou de meurtres ciblés l’apartheid blanc en exécutant des noirs.  Leur second travail, trouvé par Buckingham, étant de sécuriser les plate-formes pétrolières ou les champs pétroliers africains, au nom de quatre firmes essentiellement : Heritage Oil & GasGulf Chevron, Ranger Oil, Sonangol et Petrangol. Des zones le plus souvent tenues en Angola par l’UNITA. Le pays est alors ravagé par une guerre sans fin, à laquelle participent les mercenaires de tous bords. Peu de temps après, c’est la Sierra Leone qui fera appel à leurs services, et les payera d’une manière plutôt originale : Executives Outcomes recevra en paiement des concessions sur des mines de diamant angolaises. En 1996, à la suite de conflits internes, et d’harassements divers de pays s’étant plaints de leurs activiités, Buckingham et Mann quittent EO, qui est dissous deux ans après, et créent alors Sandline International avec un troisième larron, Tim Spicer, également un ex-SAS.  Outre les contrats précédents d’EO récupérés, Sandline trouvera comme nouvelle « aire de jeux » un contrat signé avec le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui, dépassé par une révolte devenue rébellion sur l’Île Bougainville, ne savait comment la réprimer. Notons alors l’apparition d’un personnage bien connu ici : our faire parvenir ses troupes jusque là-bas, Sandline dut avoir recours à un transporteur particiulier : Viktor Bout, qui les avait déjà « dépannés » en Sierra Leone à plusieurs reprises en leur amenant des armes, notamment.

Le 22 février 1997, en effet, deux gros porteurs Antonov 12, sous le nom du bulgare d’Air Sofia, (filmé ici au Portugal, et pris en photo ici à... Ostende en 1995 ; ou ici encore à Colombo, au Sri Lanka en 2001), arrivaient , de nuit, à Fort Moresby, la capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée.« Un des deux contient des étrangers et du matériel de guerre sophistiqué apporté dans la ville de Wewak où s’entraînent des mercenaires », indique alors l’Australian News-Times. Le 28 mars1997, des journaux de Sydney annoncent que des chasseurs de l’armée ont intercepté un autre avion entre la province du nord de Fapua en Nouvelle Guinée : c’est un énorme Antonov 124, qui acheminait davantage de matériel encore…

A peine posé, l’inspection de son chargement révèle des hélicoptères d’attaque d’origine russe Hind, des véhicules militaires et tout un arsenal contenant des missiles infra-rouges et 500 caisses de munitions. Tout est destiné aux mercenaires de la société Sandline, société dirigée par l’ancien SAS Tim Spicer, d’Executives Outcomes et d’Aegis (les mercenaires qui tiraient par plaisir sur les irakiens c’étaient eux !). Mais l’opération se révélera un fiasco total, les hélicoptères ayant été saisis.  Le mois suivant, le premier ministre de Papouasie Julius Chan, plutôt embarrassé par les révélations de la presse, mettait au rencart le Brigadier Général Jerry Singirok, en dénonçant le contrat qu’il avait passé avec Sandline et en soulignant que l’argent serait mieux dépensé pour ses propres troupes… A l’annonce de Chan, Des émeutes éclateront par la suite, et des soldats arrêteront des mercenaires de Sandline et en excluront quelques uns du pays. Spicer révélant plus tard que le projet (dont le nom de code d’origine était « Operation Oyster » ) était de fabriquer de attaques contre les séparatistes de l’île de Bougainville, à 500 miles au nord est de la capitale, avec ces hélicoptères d’origine russe.

L’origine de l’intervention mérite qu’on s’y attarde un peu. A Bougainville, était installée une société australienne, CRA (aujourd’hui absorbée par Rio Tinto, le plus grand complexe minier au monde), qui extrayait le cuivre depuis 1972. Les séparatistes de Bougainville voulaient chasser la mine, au nom de problèmes environnementaux (elle saccageait tout le milieu naturel !) or celle-ci rapportait à l’état de Papousie 44% de ses revenus. Ne sachant comment s’en dépêtrer, ce gouvernement , avec l’aide de l’Australie, avait engagé la bande de mercenaires de Sandline pour s’en débarrasser, des mercenaires payés 36 millions de dollars pour l’opération. Le 31 octobre 1999 c’est le N°LZ-SFL, ex-Avioimpex as Z3-AFA, vu ici à Ostende, qui débarque à Brisbane en Australie en provenance de Bulgarie pour leur apporter armes et matériels. Les allées et venues répertoriées des appareils montrent des croisements avec Air Bridge Group (ou Aerocom) de Moldavie, les appareils de Viktor Bout. Le LZ-SFL construit en 1964 n’a pas été vu souvent à Brisbane en 1997, ou il avait été loué à Cargo Air (Nouvelle-Zélande) comme transporteur de chevaux. L’avion avait été cédé à Cargo Air in Hamilton, en Nouvelle-Zélande, le 9 juillet 1997 qui lui appliquera des Kangourous en décoration. Anecdotiquement, l’appareil servira aussi à transporter le matériel de scène du chanteur Sting de Tunis à Innsbruck le 29 avril 2001. L’avion transportera aussi de nouveaux réacteurs pour un 737 d’ Air Europa, ...remis à jour en Floride en 2000.

Dans ces diverses actions de mercenaires, les avions liés à Vikor Bout avaient été en première ligne. Air Sofia sera en ligne de mire en 2008. « En 2008, suite à une mission par les fonctionnaires de l’UE pour évaluer la conformité de la Serbie avec les normes de l’AESA sur la sécurité aérienne, les autorités serbes de l’aviation civile ont retiré le titre AOCS de deux autres entreprises, United Airlines International (UIA) et Kosmas Air. UIA détenait des appareils en Serbie, suite à la fermeture d’Air Sofia, une compagnie de fret aérien enregistrée en Bulgarie qui avait perdu son autorisation bulgare AOC à la suite d’une mission de l’UE d’inspection technique à Sofia. Air Sofia a alors transféré ses avions en Serbie où la société a été inscrite comme UIA. Air Sofia a été citée en en de nombreuses occasions dans des vols d’armes illicites. Kosmas Air a été nommé dans un rapport du Comité des sanctions de l’ONU qui alléguait que leur avion avait été « évoqué dans le contexte de transfert illicite d’armes au Libéria », ainsi que « la fourniture d’armes au Rwanda ». L’opération porte le nom d’Operation Oyster« . L’avion de Kosmas Air utilisé était l’Ilyushin Il-76TD unique immatriculé YU-AMI en juillet 2004. On le verra à Tel-Aviv en juin 2005. Kosmas Air fermera en 2008.

Air Sofia sera aussi retrouvé mêlé à d’autres trafics. On retrouvera Air Sofia en 2008 dans un rapport d’Amnesty : « Air Sofia, certains cas l’indiquent et, le rapport d’Amnesty le met en lumière, a été décrite comme ayant transporté des bombes à fragmentation chargés sur des navires immatriculés au Royaume-Uni et l’Allemagne et livrés à l’armée pakistanaise via la Corée du Sud entre mars 2008 et février 2010. Les livraisons ont eu lieu malgré les engagements pris par la Grande-Bretagne et l’Allemagne de l’interdiction complète sur le transfert et l’utilisation de munitions de type cluster, a déclaré Amnesty ». Quand on connaît le nombre de bombes de type cluster déversées par Israël en 2006 au Liban, on est en droit de se poser la question de la visite de juin 2005 du YU-AMI à Tel Aviv (pris en photo ci-dessous).

Spicer se retrouva exclu de Papouasie, ainsi que son compère Buckingham, mais il leur restait l’Afrique, par laquelle ils avaient commencé : « un des centres d’intérêt en Afrique de Buckingham était la Direction Générale de l’Energie au Kenya. Sur le conseil d’administration de la Direction Générale de l’Energie apparaissait Sanjivan Ruprah, marchand d’armes international et fréquent de partenaires de Viktor Bout. Comme Ray O’Hanlon l’a écrit dans le le numéro du 29 septembre 2004 de l’Irish Echo, »il n’ya qu’un seul degré de séparation entre Ruprah et Tim Spicer, Buckingham étant le point de connexion. Il ne s’agit pas de suggérer un lien direct entre Ruprah et Spicer, mais il suffit de dire, toutes ces personnes sont allées nager dans la mer même opaque » note intelligemment « Counterterrorism.blog ». Bout travaillait bien aussi avec des mercenaires sud-africains et anglais, c’est ce qu’on attend qu’il dise lors de son procès en cours (dont on n’entend rien pour l’instant, vous l’aurez aussi remarqué !).

Spicer recommencera en effet ailleurs :« En Sierra Leone, les efforts de Spicer dans l’industrie militaire privée était appelés « Le travail des anges. » En 1995, la prohibition du mercenariat en Afrique du Sud a chassé Executive Outcomes, transplantée en en Grande-Bretagne et rebaptisée Sandline. En 1998, Sandline a été s’est engagé à vendre 30 tonnes d’armes aux forces d’Ahmad Tejan Kabbah, ancien chef de la Sierra Leone, en violation de l’emabargo sur es armes décrétée par les Nations Unies mais en collaboration avec Craig Murray, un employé subalterne du British Foreign Office », note CorpWatch. Pour y arriver, Spicer soudoiera le British High Commissioner en Sierra Leone, Peter Penfold, et se fera aider financièrement par l’indien Rakesh Saxena. Penfold, disgrâcié en Angleterre, sera reçu en héros trois ans après lors d’une visite privée en Sierra Leone : il était devenu « trop proche du président Kabbah », en concluera la presse. Comme paiement, Spicer recevra en plus des dollars des actions dans les mines de diamants Diamondworks. En novembre 1998, dans ses livraisons d’armes anglaises par le biais du mercenaire Spicer, le Foreign Office sera accusé « d’échec total » à la Chambre. La même année, le Pentagone reconnaîtra qu’il n’avait et n’a toujours aucun contrôle réel sur les mercenaires. Le Pentagone lui-même en effet a dû constater amèrement en 1998 qu’il n’yavait « pas de contrôle central des contrats en cas d’urgence pour les services essentiels, pas de base juridique pour obliger les entrepreneurs à s’exécuter, et aucun moyen d’obliger aux clauses contractuelles « . Résultat, en l’absence de contrôles, les société de mercenaires ne pouvaient que s’entendre avec Viktor Bout qui visait constamment à détourner les contrôles et les législations ! Lui, et les liens qu’il avait tissé avec le réseau d’acheminement de la drogue et des armes, dont la plaque tournante sous l’ère Clinton est à la Mena. Car cet endroit-clé va à nouveau faire parler de lui lors de l’affaire de l’avion d’Harare qui nous intéresse tant aujourd’hui (pour celui du 5 août 2010, nous verrons plus tard je pense-drôle « d’exercice »).

Le 10 septembre 2004, les soupçons de participation ce la CIA a des coups d’Etat à l’étranger vont resurgir, avec la saisie d’un Boeing 727, dans des circonstances plutôt rocambolesques : des mercenaires se faisant pincer lors d’une bête escale de ravitaillement de leur avion à Harare. Le Boeing dans lequels ils étaient assis était bourré d’armes, et en prime, les douaniers constataient ce jour-là que ce n’est pas n’importe quel avion non plus. La provenance de l’avion nous renvoie en effet à quelque chose de connu : il sortait tout droit de…. la Mena ! « Mis en service il y a une trentaine d’années, l’appareil a longtemps volé pour le compte de la Garde Nationale américaine avant d’être cédé à Dodson International, une compagnie de location du Kansas. Qui l’a elle-même cédé, en février 2004, à Logo Logistics, une mystérieuse société britannique basée sur l’île de Jersey. » C’est bien le N4610 comme appareil. C’était un avion de la US Air National Guard ! On retombe sur les mêmes ! Ceux qui préparaient les avions d’Ariana squattés par la famille Ben Laden et de la CIA (voir ici ce qu’en avait dit Julie Sirrs !

L’avion, mais aussi les mercenaires à bord étaient remarquables. Le groupe, très bien organisé, avait prévu une « doublure » de pilotes, débarquée à Las Palmas (dans les îles Canaries) au tout début de mars 2004. Le 4 mars, ce second groupe comprenant Crause Steyl, le frère du pilote du Boeing 727 arrêté, décampait vite fait de l’hôtel Steigen Berger où il est descendu, en apprenant l’échec du putsh, et s’envolait incognito dans un petit d’un Beechcraft B200 Super King Air immatriculé ZS-NBJ. On retrouvera l’avion en 2008 photographié à… Johannesbourg, refait à neuf par National Airways Corporation. Derrière les pilotes impliqués, on découvre alors d’autres participants au coup d’état. Derrière la tentative de Mann, destinée à remplacer le Président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema par son opposant Sevoro Moto, alors en exil en Espagne, on trouvait en effet Sir Mark Thatcher, le propre fils de l’ancienne dame de fer, surnommé  » Scratcher ». Avec lui un autre personnage très intéressant : Servaas Nicolaas – « Nick » – du Toit, ex-officier des Forces spéciales de l’armée sud-africaine et mercenaire. Tous débarqués en Boeing 727-L100 venu de Pietersburg , avec 180 000 livres anglaises à bord. A bord de l’avion également, on avait trouvé 100 RPG7, 61 Kalachnikovs et des caisses contenant près de 100 000 munitions ! L’histoire de Mann sera contée dans le livre de Robert Young Pelton, « Licensed to Kill : Hired Guns in the War on Terror« .

De son côté, depuis quelques années, Spicer c’était diversifié. En 2000, il avait abandonné Sandline, installé à Chelsea pour fonder une nouvelle compagnie,« Strategic Consulting International (SCI) » qu’il installait à Knightsbridge, une société qui prendra aussi parfois le nom de Trident Maritime. Puis il héritera d’un contrat juteux pour faire l’audit du système de défense du Sri Lanka après que les Tigres Tamouls aient à plusieurs reprises percé les défenses du pays. Un peu plus tard, avec Mark Bullough, un vétéran des Falklands, il créait Aegis, qu’il fera diriger par Major General Jeremy Phipps, un autre ex-SAS. Enfin le 25 mai 2004, Aegis Defense Services, remportait un contrat faramineux de 293 millions de dollars des USA, venu de l’US Military Command, pour coordonner la sécurité dans les projets de reconstruction en Irak, dont très peu verront le jour à vrai dire. Ce sont par exemple ces mercenaires qui se feront payer rubis sur l’ongle pour protéger des pylones électriques où ne circulait pas de courant, faute de centrale électrique qui marcje à l’autre bout. Avec ça, Spicer peut bien avoir droit à un article de Vanity Fair sur le « roi de l’Irak » !!! Les autres gagnants des contrats seront le bien connu Dyncorp, le Military Professionals Resources Incorporated (MPRI), et une association entre Control Risks Group, Erinys, et Olive Security, le deuxième plus gros fournisseur en Irak. Les trois firmes feront un appel intensif aux avions de transport de Viktor Bout pour assurer leur intendance.

En Indonésie toujours, Viktor Bout a aussi ravitaillé d’autres groupes. Notamment celui d’Abou Sayaf, déclaré comme lié Al-Qaida. Dans son livre « Les dollars de la terreur », Richard Labévière, le édacteur en chef de Défense, la revue de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), précise que « Certes, les islamistes ne contrôlent pas l’ensemble de ces flux, mais le groupe Abu Sayyaf joue un grand rôle. Ses mercenaire surveillent le transport et l’expédition de cargaisons par les aéroports dans la jungle [du sud des Philippines.] Par les canaux aéreins, et par la mer aussi, les armes sont livrées aux unités de combat du groupe. Cette chaîne d’approvisionnement est géré par des intermédiaires pakistanais qui sont directement formés dans les camps afghans autour de Peshawar « au Pakistan. » Le journal qui relate les faits, le New-York Tlmes, précise qu’’il (Labévière) ne donne pas sa source pour cette information »’.

Des armes, ils en ont, et même beaucoup : à chaque traque, à chaque combat, à chaque arrestation on le constate  : les revenus de la drogue sont engrangés dans les Kalachnikovs ou les M-16, plutôt, d’ailleurs. « Un article du Washington Post du 26 Février 2002 indiquait que le plus grand réseau de trafic d’armes dans le monde a été identifié, qui a fourni des armes à Al-Qaïda en Afghanistan, Abu Sayyaf aux Philippines et aux forces rebelles en Afrique. Victor Bout, un ancien officier militaire soviétique est le principal architecte de ce réseau qui est actuellement basé aux Emirats Arabes Unis ». Les Philippines, terre chrétienne, avec des rebelles islamistes terroristes ultra minoritaires (4% de la population) faisant circuler la drogue, normalement bannie dans cette religion. Cocktail explosif : les attentats et surtout les juteuses prises d’otages sont le lot quotidien. Dans le reportage de France 24, la mosquée et annoncée par un imam local comme un bastion armé. La population remarquant surtout une très imposante présence militaire US. Le plus étonnant étant comment les avions de Viktor Bout ont fait pour acheminer les tonnes d’armes présentes chez les rebelles. Un bon nombre de terrains clandestins existent en réalité, ou des pilotes virtuoses on réussi à poser leurs ANT-12 ou plus souvent leurs ANT-24.

Or que nous raconte aujourd’hui Kim Sengupta ? Que ce sont les mêmes encore que Kadhafi avait recrutés pour l’extraire du pays, car c’est tout simplement le « vétéran » Crause Steyl, le pilote en soutien de l’opération de Mann qui lui a raconté toute l’affaire qui vient de se dérouler en Libye. Selon lui, en effet, « les mercenaires privés Sud-Africains auraient entrepris la tâche d’extraire 
 Kadhafi hors du pays via un convoi et la croyance comme quoi ils avaient le soutien de puissances occidentales. Les hommes ont été recrutés, affirme-t-il, par une femme d’origine britannique 
 – dont le nom ne peut pas actuellement être publié pour des raisons juridiques 
 – vivant au Kenya, et en travaillant pour le compte d’une société à Londres. Toutefois, l’extraction de Kadhafi s’est terminée dans la violence féroce et la confusion lorsque son convoi près de Syrte, sa ville natale dont il avait fait sa position définitive, a été pris dans une embuscade de frappes aériennes soutenues par des avions de guerre français et les attaques au sol des combattants rebelles ». Selon le journaliste de l’Independent, Kadhafi avait donc bien reçu l’accord de pouvoir s’échapper sans être inquiété : on comprend mieux alors ce dont je vous avais déjà parlé qui avait tant intrigué : le fait qu’arrivés aux portes de Syrte, les rebelles du CNT aient soudainement arrêté leur progression et aient attendu pour donner l’assaut final. Le temps des discussions entre le CNT et Kadhafi et ses mercenaires : or leur brusque arrêt et leur stand-by avait étonné tout le monde (ci-dessous une des rares photos d’une voiture de Kadhafiu ayant échappé aux incendies dans le convoi).

Kim Sengupta expliquant dans la foulée quelque chose de plus surprenant encore : « la co-entreprise a connu une fin sanglante
, avec la torture et la mort de Kadhafi, et certains des Sud-Africains 
 avec lui qui ont été tués, blessés et capturés. Cela a conduit à 
des récriminations et des accusations de trahison. Certains de ceux qui y ont pris part 
 ont crû que le but caché de ceux qui les avaient embauchés n’était pas de sauver 
 l’ancien dirigeant libyen, mais de le livrer entre les mains de ses ennemis. Parmi ceux dont Steyl affirme avoir fait partie de cette tentative de sortir de la Libye, il y aurait un ancien mercenaire d’ Afrique du Sud qui a été impliqué dans le putsch manqué à la fois par Sir Mark 
Thatcher, le fils de Margaret Thatcher, et M. Mann. On raconte également qu’un autre groupe de mercenaires du même contingent, a été chargé de « protéger » Saif al-Islam, un fils de Kadhafi, le visage belliqueux du régime pendant la guerre civile, qui aurait 
 fui vers une région limitrophe de Algérie, du Niger ou du Mali. » Ce sont les mêmes, qui, des années après, avaient repris du service. Au profit cette fois d’un dictateur, qui entre temps clamait sous son grotesque parapluie ou à la porte de sa voiturette de golf que tout son peuple était derrière lui, alors que dans sa fuite finale, seule une poignée d’une cinquantaine de mercenaires le défendaient encore. Des mercenaires chevronnés, payés obligatoirement très cher. Des sud-africains, sur tous les coups foireux depuis des années.

Des mercenaires, qui, après leur cuisant échec, ont fait appel à leurs amis pour les sortir du guêpier dans lesquels ils étaient tombé, avec ce terrible bombardement, comme là aussi je l’avais laissé entendre. « M. Steyl souligne qu’il a refusé la mission de transport aérien des 50 combattants hors 
 de la Libye. L’ancien officier Guard Ecossaise Simon Mann, qui a effectué de la prison au Zimbabwe et en Guinée équatoriale pour son rôle dans la tentative de 
 coup d’Etat, a déclaré la nuit dernière : « Nous sommes préoccupés par ce qui est arrivé à 
 ceux qui avaient été blessés, qui ont été arrêtés . « Je tiens personnellement à aider de quelque façon que je peux, légalement, pour les aider à sortir 
 … Ce sont des gens que je connaissais et évidemment je ne veux pas les voir 
 souffrir. Je m’empresse d’ajouter, bien sûr, que je n’était pas impliqué en aucune manière dans cette opération 
libyenne ». Des blessés graves, notamment brûlés sur tout le corps, ce qui semble logique à voir les dégâts sur les véhicules existants, dont certains ont vu tout leur arrière de pick-up ouvert comme une boîte de conserve après l’explosion des munitions qui s’y trouvaient et qui jonchaient encore le sol après l’attaque. Si les bombes françaises expliquent certains dégâts, seul l’usage d’un missile « spécial » envoyé du Reaper peut expliquer pareils dégâts incendiaires. Un missile du type thermobarique Hellfire modèle « Agm-114N Metal Augmented Charge », capable de provoquer de pareils dégâts et d’enflammer tout un convoi. Mais elle n’est pas la seule. Les photos des restes des pick-up détruits (les 35 Toyota demandés par les mercenaires dans le contrat retrouvé par hasard) laissent penser à des dégâts occasionnés par des bombes de type DIME.
Comme le précise en effet un document, « les armes thermobariques explosent à des températures très élevées et provoquent un effet de souffle qui étouffe les êtres humains présents dans la zone (lorsqu’il ne les calcine pas). Des alliages d’uranium peuvent être conçus pour produire du lest ou des enveloppes de bombes capables d’éclater et de produire des températures très élevées ; les armes classiques ainsi perfectionnées provoquent un effet de souffle avec une boule de feu et des fragments d’uranium brûlant. Des vidéos filmées en Iraq et au Liban montrent des explosions avec de tels effets ». Un système destructeur que l’on peut « améliorer encore », nous dit le même document : « un examen de brevets américains laisse apparaître une autre évolution inquiétante : le Dense Inert Metal Explosive (DIME), qui utilise officiellement de la poudre de tungstène32. Concrètement, les alliages d’uranium et de tungstène pourraient être interchangeables. Si les personnes touchées par l’explosif DIME souffrent de graves brûlures ou de blessures de shrapnel brûlant, la question se pose de savoir si de l’uranium est ajouté ou utilisé pour obtenir un explosif de haute densité plus réactif. » Les Mirages français savent larguer des GBU-12, on le sait, des bombes guidées par laser. Le Rafale également. La bombe thermobarrique de type DIME est une GBU-39, guidée par inertie ou GPS (INS/GPS). Mais les français ont la leur, de bombe guidée par GPS ou par inertie : celle appellée Armement Air-Sol Modulaire (ou AASM). Une variante à détection infra-rouge, la SBU-54 existe aussi, qui peut aussi s’attaquer à des cibles mouvantes. Une bombe de de type de 250 kg, en version tir nocturne IR avait été tirée de Rafale à Biscarosse en décembre 2010 : peu de temps donc avant l’intervention en Libye. Des bombes toutes larguables de Mirage 2000 comme de Rafale ou de Super-Etendard, ou même le Mirage F1M. Le 24 mars 2011 une AASM missile tirée d’un Dassault Rafale avait détruit (au sol bien sûr) un appareil libyen d’entraînement, un petit G-2/Galeb. Preuve que les français savaient en larguer avec précision. « ​​Sagem Défense et Sécurité a confirmé le 13 octobre que la bombe AASM Hammer SBU-54 à double guidage GPS/infrarouge, avait été déployée été utilisée en Libye depuis juillet » nous confirmait la défense. l’AASM, ou plutôt les deux tirées par le Mirage français étaient-elles à charge de type DIME, voilà ce qui serait intéressant de savoir : toute guerre sert de banc d’essai, et la Libye sans nul doute pour l’armée française, sous la férule directe d’un Benoît Puga, l’homme qui avait décidé de tirer au Niger sur les preneurs d’otages, tuant par la même occasion les deux jeunes malheureux. Fabriquée à Pont-sur-Sambre (SAMP) chaque AASM coûte à l’unité dans les 143 000 €. Enfin, jusqu’ici : ironie du sort, l’usine de la Société des Ateliers Mécaniques de Pont sur Sambre (SAMP), vient juste de fermer le 10 octobre dernier  : les français ont-il utilisé leurs dernières « world smartest bomb » ce jour là ? Est-ce leurs bombes testées jusqu’à la dernière minute qui ont causé un tel embrasement généralisé ?
Des mercenaires blessés, qui semblent pas avoir reçu le même traitement que les autres, ce qui pose là aussi question : un favoristime dû à quoi ? A la reconnaissance indirecte d’une énorme bavure, ou celle de vouloir minimiser un acte délibéré ? « Certains des Sud-Africains capturés par les rebelles libyens semblent avoir été traités avec une clémence 
remarquable » pouruit notre journaliste, qui s’étonne de la dispartité de traitement sur place. « Parmi les mercenaires capturés, la vaste majorité d’entre eux
 noirs Africains sub-sahariens, à dû faire face aux exécutions sommaires dans les mains 
des révolutionnaires. Mais certains de ceux pris après le bombardement de Syrte se sont « évaporés » et même certains transportés à l’étranger pour traitement médical. L’un des combattants, a affirmé qu’il était avec Kadhafi lorsque le convoi a été attaqué. Il a déclaré aux médias sud-africains que trois groupes de Sud-Africains 
 ont été transportés à la Libye en passant par Dubaï et Le Caire pour aider la famille Kadhafi 
 dans une affaire conclue avec l’Otan. » Des mercenaires dont on avait réclamé d’urgence d’être soigné à l’étranger, vu leur état… Que s’est-il donc passé exactement pour que dans les minutes qui ont suivi on a vu se bâtir dans l’improvisation la plus totale toute une chaîne de médicalisation passant par les voies aériennes ?

Odendaal, un mercenaire brûlé, envoyé après l’attaque au Caire, puis rapatrié dans un pays européen (il possédait sur lui un passeport grec !), qui enfonce le clou, en précisant à nouveau qu’un « plan » avait bien été mis en place, avec l’accord de tous les belligérants, pour faire sortir Kadhafi du pays : « Le plan, dit-il, était initialement d’emmener Kadhafi au Niger. « Nous avons tous cru qu’ils 
 [certains pays occidentaux] voulaient le faire sortir de la Libye. Mais alors l’Otan 
a attaqué. Ce fut un horrible, horrible massacre je pense que nous avons été trahis ».Le dictateur 
a subi des sévices brutaux avant d’être tué. « Le pauvre a crié 
comme un cochon, » dit-il Toutefois, certains rebelles ont ensuite aidé les Sud-Africains à
 s’éloigner de la scène. » Autour de lui, des mercenaires tués, des… blancs comme Odendaal : les combattants révolutionnaires présents au moment de la capture de Kadhafi parlent d’avoir vu « des corps de mercenaires blancs » qui ont ensuite disparu. Abdullah Hakim 
 Husseini, de la brigade de Misrata, l’a rappelé : « Il y avait, je pense, trois ou 
 quatre corps d’étrangers qu’on nous a dit de ne pas toucher, et qui ne seraient pas 
remontés à Misrata … Plus tard, j’ai entendu dire qu’ils étaient originaires d’Afrique du Sud et du Zimbabwe » Un mercenaire qui confirme complètement l’information donnée par News24, sur la date du recrutement des mercenaires et précise même leur salaire : « il a été rapporté que les hommes étaient payés 
 15 000 $ (9300 livres) pour l’opération, avec des recrutement réalisés au mois d’août – 
 deux mois avant que Kadhafi ne soit traqué. »
Des mercenaires ayant reçu après l’attaque un traitement bien étonnant : « selon Danie Odendaal, ces combattants libyens ont pris garde à ne pas tirer sur les étrangers, les aidant même à s’enfuir », ce qui laisserait clairement entendre une connivence de fait avec le CNT. Ordre avait été donné de les épargner ! Des mercenaires qui auraient donc bien été bernés eux-mêmes, ajoute aujourd’hui News24. Ou dont certains auraient joué un jeu dangereux, précuse encore le journal : c’est peut-être bien chez eux qu’il faut chercher l’origine de la « trahison » qui a conduit au bombardement ! Un lien falgrant que révèle aujourd’hui News24 :« s’adressant à l’un des mercenaires d’Afrique du Sud qui était aux côtés de Kadhafi, et à une source de haut rang dans le monde du renseignement, City Press a découvert que les mercenaires étaient sans doute aussi trompés en lui faisant croire qu’ils aidaient Kadhafi. Il apparaît maintenant que leur participation était véritablement une partie d’un vaste plan pour capturer Kadhafi ». News24, qui lâche cette fois le nom de la responsable du choix des mercenaires sud-africains : « le recrutement a été fait par Sarah Penfold, un nom bien connu dans l’industrie basé au Kenya, qui a apparemment agi au nom d’une entreprise à Londres. » ( nota : Je n’ai pu à ce jour vérifier si ce nom était en relation avec l’ancien envoyé anglais remercié pour avoir fourni des armes). toujours selon News24, « Kadhafi lui a apparemment demandé l’assistance de l’industrie de la sécurité privée. Par la suite, des négociations ont eu lieu dans lesquelles il aurait fait des demandes au sujet de son séjour prévu en Afrique du Sud. L’un des opérateurs, Danie Odendaal, a déclaré à la presse que dans sa correspondance Kadhafi a insisté « pour qu’il soit logé dans une tente dans une région chaude – de préférence de type désertique ». Il dit avoir toujours pensé que le seul endroit approprié en Afrique du Sud serait le Karoo. Après avoir délivré de faux passeports, trois groupes de Sud-Africains se sont envolés pour Dubaï et Le Caire, d’où ils précipitamment pris l’avion pour la Libye pour aider Kadhafi. » Un scénario qui repose sur quelque chose de surprenant : l’Otan, qui exerçait une interdiction aérienne du pays, aurait laissé voler un appareil parti du Caire pour se poser sur un aérodrome libyen ?
Un avion du successeur de Viktor Bout, Tomislav Damnjanovic comme j’avais déjà pu le préciser ici-même ? « en 1996, Khadafi, lui aussi sous embargo, exprime le souhait de pouvoir obtenir des pièces de rechange pour ses avions d’entraînement. Des Galeb yougoslaves ! On ne peut mieux tomber : Damnjanovic va lui fournir, via un transport par Ilushyn-76, celi de Spair Air, société d’origine russe mais sous la direction de Victor Bout. « Mais l’opération prévue ne va pas se passer comme annoncé. Le 18 avril 1996, le pilote recruté signale que l’appareil présente des difficultés électriques. Miskovic, le fidèle lieutenant, est dépêché sur place à Ekaterinenburg pour régler le problème. Pressé par Khadafi, qu’on ne fait pas attendre, Damnjanovic accorde 2000 dollars par tête de pipe à l’équipage s’il décolle de nuit malgré les problèmes techniques rencontrés : au total ils sont douze à bord : 24 000 dollars de perdus pour Damnjanovic. Le 18, en pleine nuit, vers minuit, l’Il-76 RA-76513, relativement récent (il n’a que 12 ans d’âge) décolle vers Malte : il n’ira pas bien loin. Moins d’un quart d’heure après, l’équipage en perd le contrôle complet au dessus de Valjevo. Panne électrique intégrale à bord. L’avion volera encore pourtantpendant 3 heures d’affilée en naviguant à vue et en tentant désespérément de rejoindre Belgrade par fort mauvais temps, pour finir par s’écraser sur l’aéroport de Surcin, avec des tentatives répétées des pilotes pour tenter d’éviter la capitale. Il y aura 12 morts (10 membres d’équipage et 2 loadmasters). A peine la catastrophe survenue, la police et l’armée mettent un cordon de sécurité autour de la zone de l’impact et interdisent tout accès. On ne saura jamais le détail de de qu’il avait emporté : selon les témoins, l’explosion avait été phénoménale. Il ne devait pas y avoir que des pièces d’avions à bord ! Le 7 novembre 1996, le New-York Times rend compte de la catastrophe aérienne. (Un compte rendu plus est lisible complet ici). Car une question demeure pour le convoi de Kadhafi : comment sont donc arrivés les 35 4×4 neufs réclamés par contrat en juillet dernier par les mercenaires ? Par la route, mais par quel aérodrome limitrophe avant ? Un algérien ?
Car beaucoup de détails coincent, relève le journal sud-africain News24 : « ensuite, les détails et l’incroyable « coïncidence » du projet avorté ont commencé à paraître. City Press a découvert qu’il n’y avait pas de demande auprès des autorités sud-africaines pour amener Kadhafi, , ici un fugitif de la Cour pénale internationale. Il n’aurait jamais été autorisé, dit une source gouvernementale fiable. Les sources de renseignement croient qu’il y avait des agents parmi les mercenaires, ou dans certaines des entreprises de sécurité, qui espionnaient pour le gouvernement de transition et effectuaient des apports sur les mouvements des mercenaires. L’OTAN a lancé son attaque sur Kadhafi avec une précision mortelle, et Odendaal croit que quelqu’un chez eux avait été retourné. » Signalons qu’en ce cas le mercenaire interviewé ignore visiblement que le téléphone satellitaire de Kadhafi était « monitoré » (écouté et décrypté à distance). Un scénario encore plus incroyable pointe alors, mais pas si éloigné que ça de ce qu’on avait pu supposer au départ, à savoir la connivence nécessaire entre le CNT et Kadhafi, qui a crû pouvoir être sauvé (et se sauver), et un ou deux mercenaires enrôlé devenu le ou les traître(s) de l’opération (c’est un choix fort risqué avec la méthode de bombardement utilisée !). Un scénario qui se tient tout autant, pourtant, car selon toujours News 24, des mercenaires sud-africains, il y en avait également déjà en libye… du côté du CNT ; et il y en a encore. « Il y a un autre groupe de Sud-Africains en Libye, mais City Press a appris qu’ils n’étaient pas sous arrestation. Ils vont et viennent comme ils veulent, et certains vivent dans des hôtels », précise le journal qui fait là une révélation fracassante. Par la même occasion, News24 lâche aussi le nom de la société contactée par Kadhafi, qui serait selon lui Hart Security, belle et bien recensée comme société de mercenariat. Une des 9 existantes en Angleterre, qui n’a pas toujours fait très attention aux curriculum de ceux qu’elle recrutait…

Hart Security, ainsi jugé par Vanity Fair dans son mémorable article sur les mercenaires en Irak : « trouver le bon personnel peut poser un problème. Hart Security, une société militaire privée avec des racines en Afrique du Sud, a recruté plusieurs de ses sous-traitants dans les rangs de l’armée époque de l’apartheid sud-africain, parmi les plus impitoyables forces contre-insurrectionnelles jamais connues. Un des hommes de Hart était Gray Branfield, un ancien mercenaire sud-africain qui passé des années à assassiner les dirigeants du Congrès national africain. Après que Branfield ait été tué, à Kut (en Irak), pendant le soulèvement de 2004 de l’Armée du Mahdi, et que son histoire est devenue publique, Hart Security a déclaré qu’il n’avait pas eu connaissance de son passé. Quand j’ai interrogé la société sur Branfield récemment,un porte-parole a expliqué qu’il avait été embauché « par un sous-traitant. » Branfield avait effectivement assassiné à Harare (Zimbabwe) le 31 juillet 1981 Joe Nzingo Gqabi, leader de l’African National Congress. Gqabi avait reçu 19 coups de pistolet. il avait fait partie également du sinistre »Project Barnacle, » des forces d’Afrique du Sud, un précurseur de l’encore plus sinistre Civil Co-operation Bureau (CCB), véritable escadron de la mort sud-africain pro-apartheid. Hart Security, versé depuis comme Xe-Blackwater dans la surveillance anti-piraterie pour protéger les pétroliers… (allemands). On le voit ici, ce sont pourtant les anglais et leurs sociétés de mercenaires liées à des sud-africains qui sont davantage en ligne dans ces révélations : si l’on cherche l’origine de la « trahison », il ne faut pas oublier non plus que les révélations qu’aurait pu faire Kadhafi sur les nombreux voyages de Tony Blair en Libye auraient pu être désastreuses pour le pays, même si entre temps il a changé de parti politique au pouvoir.

Kadhafi aura fait confiance en définitive à ceux qui auront provoqué sa mort : ceux que d’aucuns appellent toujours le « guide » n’avait pas nécessairement une lucidité à toute épreuve, et avait cru que l’argent seul gagné sur le dos de son peuple le garantissait de tout. Une grave erreur qui lui aura été fatale, visiblement.

PS : « La tentative de coup d’État en Guinée équatoriale est le sujet du film Coup !, écrit par John Fortune. Simon Mann est incarné par Jared Harris, et Mark Thatcher par Robert Bathurst. Le film prend garde à ne pas suggérer que Mark Thatcher avait connaissance de cette tentative de coup d’État. Il fut diffusé sur BBC 2 le 30 juin 2006 et sur ABC (Australie) le 21 janvier 2008″.

2 commentaires

  1. Qui gouvernent véritablement le monde? Sur quelles valeurs fonctionnons-nous? Matière à réflexion permanente

  2. Mouais… j’ai l’impression que cette histoire est encore une enième tentative de salir la mémoire d’un dirigeant dont on peut certes ne pas approuver toutes les actions mais qui a quand même périt au combat dans les ruines de sa ville natale. Apparemment c’est encore trop demander à certains « journalistes » ( dont on se demande où ils étaient pendant les sept mois où le « dictateur » résidait à Tripoli avec pour seule menace les bombes de l’OTAN, tandis que les « révolutionnaires » étaient incapables de mener la moindre offensive digne de ce nom contre l’armée libyenne sans l’aide de…5000 soldats du Quatar et autant de forces spéciales et de -vrais- mercenaires). Si Kadafhi était vraiment le tyranneau d’opérette qu’on nous décrit ici, pourquoi ne s’est-il pas enfui avec le butin ( les milliards de dinars « volés à son peuple ») quand il en avait l’occasion ? Pourquoi attendre encore deux mois après la chute de Tripoli ? Et ou sont passés ces milliers de mercenaires africains soit-disant payés a prix d’or ? Cette farce à permis aux bandits et aux islamistes de faire une épuration ethnique de milliers d’Africains et tout ce que ce « journaliste » trouve à dire c’est que les mercenaires de Kadafi se sont volatilisés avec » l’accord du CNT » ?

    Jusqu’à preuve-convaincante- du contraire, Mouammar Kadhafi n’a pas été renversé par une « révolution populaire » mais par un coalition d’états étrangers parmi lesquels les derniers régimes de monarchie absolue de la planète. Il continuait à jouir d’un soutien populaire massif ( cf manifestation du 1er juillet à Tripoli, poursuite de la résistance à Syrte, Bani Wallid et dans le Sahara, après la chute de la capitale, etc..) et s’il avait vraiment voulu « négocier » sa sortie, il aurait vendu son pays aux multinationales du pétrole (cf son testament du 17 octobre, reproduit dans les médias).


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