La répression à l’intérieur et la guerre à l’extérieur, par Brian Denny

  

source : The Morning Star, 27 Ocobtre 2011

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Si l’abandon désinvolte des règles de l’Union Européenne échoue à empêcher des troubles, alors nos riches maîtres peuvent toujours s’appuyer sur la nouvelle europolice paramilitaire créée par le Traité de Lisbonne.

La Force de Gendarmerie Européenne (Eurogendfor), fondée il y a cinq ans, est composée de paramilitaires de six Etats-membres- la France, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne et la Roumanie, qui a rejoint la force en 2009.

C’est une force d’intervention européenne, basée sur la Gendarmerie française et les Carabinieri italiens.

Les troupes d’Euorgendfor, qui ont tous les pouvoirs d’une agence de services secrets ont l’imunité face aux poursuites judiciaires, sont stationnés dans leur quartier général dans la ville italienne de Vicenza.

Les plans paramilitaires ont été lancés par l’ancienne ministre française de la défense, Michèle Alliot-Marie, au moment où la France a eu à gérer des batailles de rue lors de soulèvements intérieurs de jeunes immigrés.

Sous le Traité de Lisbonne, l’Eurogendfor peut être déployée dans les moments de crise à la place des armées nationales , dont on peut penser qu’elles seront moins enclines à tirer sur leurs propres concitoyens.

L’étoile en forme de croix sur le blason de l’Eurogendfor symbolise l’unité et la grenade allumée les racines militaires communes de l’unité policière. La devise « Lex paciferat » signifie « La loi pacifie »- la loi de l’UE, pas la loi nationale.

Dans l’article 4 du traité établissant l’Eurogendfor, les devoirs de l’unité sont décrits comme suit :

« Protéger la population et la propriété et maintenir l’ordre public durant des activités troublant l’ordre public »

Durant leur déploiement, les troupes de cette unité paramiliataire européenne doivent respecter les lois de l’Etat dans lequel elles sont stationnées et déployées, mais tous les batiments et terrains pris par les troupes bénéficient de l’imunité face à l’autorité de l’Etat pour lequel elles opèrent, et l’accès en est interdit.

Tony Blair et la classe politique n’ont pas révélé cette merveille quand ils faisaient la promotion du traité connu autrefois comme la constitution de l’UE.

L’existence de ce qui est en fait une armée de mercenaires sous le contrôle des institutions européennes devrait être une inquiétude majeure pour les mouvements de protestation qui se développent à travers l’Europe, en particulier les mouvements « de gauche » qui croient que l’UE devrait être dotée de plus de pouvoirs économiques et politiques pour « gérer » la crise du capitalisme.

Une contre-manifestation anti-G20 est prévue à Nice le premier novembre et la violence éclate à travers « l’empire » européen- pour reprendre la formule candide du président de l’UE Jose Manuel Barroso- donc ce n’est peut-être qu’une question de temps avant que l’UE n’utilise la force paramilitaire sans loi qu’elle a créé pour lutter contre de telles menaces.

Le Traité de Lisbonne donne également une très large marge de manoeuvre pour des aventures militaires extérieures, en développant un bras armé de l’UE, en accord avec son complexe militaro-industriel, pour mener la guerre des ressources dans l’intérêt des plus grandes puissances militaires européennes, à savoir la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

L’ancien gourou de la politique étrangère de Blair, Robert Cooper, architecte des guerres illégales contre la Yougoslavie et l’Irak, a ouvertement promu cette nouvelle forme de colonialisme militaire européen direct.

Il a une fois expliqué que ce nouvel impérialisme exigerait que l’UE s’habitue à avoir « deux poids, deux mesures ».

« En traitant avec des Etats à l’ancienne à l’extérieur du continent post-moderne de l’Europe, nous devons revenir aux méthodes plus dures d’une époque antérieure- la force, les attaque préventives, la supercherie, tout ce qui est nécessaire pour gérer ceux qui vivent toujours dans le monde du dix-neuvième siècle où chaque Etat fait cavalier seul », a-t-il dit.

Ce Lord Palmerston des temps modernes est maintenant conseiller spécial du chef de la politique étrangère de l’UE, la Baronne Ashton et nous a révélé ce « deux poids deux mesures » durant une visite au royaume pétrolier de Bahreïn plus tôt cette année.

Avec le soutien de l’UE, le roi de Bahreïn, aimé de l’Occident, a appelé des troupes mercenaires d’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour écraser brutalement les manifestations pro-démocratiques menées par les chiites en mars, faisant de nombreux morts.

Interrogé sur la violence de cette réponse, Cooper a dit franchement : « les accidents arrivent. Il est faux de suggérer que la violence venait seulement de la police et des autorités. »

« Il y a une une violence indubitable de la part de certains manifestants et au moins deux policiers sont morts. » at-il dit.

Depuis lors, des militants de l’opposition de Bahreïn ont été condamnés à la prison à vie par des tribunaux militaires. Voilà pour le Printemps Arabe.

Ironiquement, le même mois, les forces aériennes françaises et britanniques ont commencé à bombarder des cibles sur le territoire riche en pétrole de la Libye, avec le soutien total de la tzarine de la politique étrangère de l’UE, la baronne Ashton, dans le but « d’aider le peuple ».

Il était depuis longtemps connu que l’Europe cherchait à se construire une dimension militaire pour défendre et étendre ses intérêts financiers dans le monde.

Mais le même pmaintien de l’ordre dotée de l’imunité face à toute poursuite.

La répression à l’intérieur et la guerre éternelle à l’extérieur- tel est le nouveau modèle européen et il ressemble beaucoup à l’ancien.

Un commentaire

  1. La répression est l’expression acérée de la lutte de classe menée contre les masses populaires, et la guerre est la continuation de la politique impérialiste avec d’autre moyen qui est la violence. Qu’est ce que la démocratie en Europe ? C’est tout simplement un processus électoral Sui generis par lequel les peuples européens choisissent, à chaque échéance, les dirigeants les mieux placés pour mener leur répression et exploitation.


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